Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
TAMPON
1)Morceau de feutre ou de tissu utilisé par les graveurs pour encrer leurs plaques ou pour vernir celles destinées à la gravure à l’eau* forte.
2)Procédé d’impression analogue à la xylographie* mettant en oeuvre un texte ou un dessin gravé sur un support (bois,caoutchouc...) encré avant utilisation .
Le mot désigne à la fois le tampon lui même et le dispositif d’encrage (voir 5)
Il existe des tampons auto-encreurs comportant leur propre dispositif d’encrage et des tampons préencrés disposant d’une réserve d’encre ;
L’usage en est ancien puisque l’on trouve certaines miniatures * du moyen-âge signées à l’aide de ce procédé .
Employé ponctuellement et depuis 1695 pour la poste ,le tampon s’est généralisé avec la découverte du caoutchouc par Goodyear en 1839 et son usage a conquis absolument tous les secteurs d’activité y compris scolaires pour les « Cartes –mémoire * « ,industriels pour les tampons de contrôle apposés sur les objets manufacturés (tampons « Q * » & « A * » de l’industrie aéronautique par exemple ) ou vétérinaires pour le contrôle des viandes de boucherie .
Très souvent employé à titre utilitaire,il donna rapidement lieu à des interprétations artistiques dont les premières furent celles de Marinetti en 1910 suivies de bien d’autres comme Ray Johnson,Bill Gaglione,Anna Banana etc ....
On rencontre fréquemment des gravures au tampon rajoutées sur des livres :ex-libris*,cachets de bibliothèque etc...
L’action d’apposer un tampon est appelée “ Tamponner “ et l’on peut parfois rencontrer la dénomination québécoise “ Étamper “ ..le mot pouvant être employé de façon péjorative pour désigner une personne n'ayant plus toute sa raison .
Lors des pèlerinages du Moyen-Âge on faisait usage de tampons pour apposer sur les bras des pèlerins des images pieuses qui étaient parfois transformées en tatouages * .
3)Morceau de bois recouvert de peau servant autrefois à encrer les formes* et analogue aux balles* des premiers imprimeurs.
4)Tampon-buvard:Accessoire de bureau garni de papier buvard*,servant à éponger les excès d’encre et qui à été décliné en tous styles et en toutes matières.
On peut rencontrer son appellation anglaise « Hand Blotter « dans certains textes en français …
5)Tampon encreur : morceau de feutre imbibé d’encre servant à encrer les timbres à empreinte et les cachets * avant leur usage .
Le mot désigne en principe exclusivement l’accessoire servant à encrer un cachet mais , dans la pratique, il est souvent utilisé pour désigner aussi bien l’instrument que l’empreinte qu’il laisse .
Il en a existé une foule de modèles et certains inventeurs se sont évertués à les perfectionner et c’est ainsi que l’on a pu voir des Tampons “Inépuisables “ ou “ Automatiques “ .
L’opération de rechargement en encre demandait toutefois un certain tour de main et générait souvent taches et cachets trés humides ou baveux ....
À l’époque ou leur usage était courant ils étaient accompagnés de divers petits accessoires:
-Fioles * d’encre spéciale, brosses * ou frotteurs * pour répartir l’encre.
-Supports plus ou moins ouvragés.
-Boites nécessaires* etc ....
Il existe de nombreuses formules d’encre à tampon faisant appel à une foule de produits chimiques ...
Certains tampons dits “ inépuisables “ ou “ perpétuels “ sont hygroscopiques et , absorbant l’humidité de l’air assurent durant très longtemps une régénération de l’encre qu’ils contiennent ;
Les diverses professions lui donnent des noms variés : “ Camembert * “ chez les postiers , “ fromage * “ à la banque ou “ Machine à broyer les couleuvres “ chez les douaniers , « Cul* de plomb * « à la SNCF …
De nos jours les tampons rechargeables sont en voie de disparition au profit des timbres * à auto-encrage ou des tampons préencrés non réutilisables ..
Selon sa profession , son usage est plus ou moins fréquent et tout le monde n’a pas , comme « Rond *de cuir « , le privilège d’arborer sur son bureau un manège à tampons à deux étages bien garnis mais quel que soit son domaine d’action presque tout le monde doit , à un moment ou à un autre, officialiser son action par un coup de tampon !
On pourrait gloser longtemps sur l’art et la manière de donner ce coup de tampon car selon les circonstances ou l’humeur cela peut aller de l’application soigneuse au coup de tampon exutoire et ravageur en passant par la longue hésitation sur le choix (vu ?...vu & transmis ?…m’en parler ?….non à tous ?....)ou le coup de tampon distrait qui , de travers , empiète sur le texte ..
La plupart des non administratifs affectent de le mépriser mais est il si sûr qu’ils n’aient pas éprouvé un vrai plaisir narcissique en voyant leur nom et leur fonction ainsi gravés pour la postérité dans le caoutchouc ??
6)Dans une démarche analogue à l'ancien "Envoi chez la beurrière* ou l'épicier* " , la marine d'autrefois nommait « tampons « des boulettes de papier mouillé et comprimé confectionnées à l'aide de tous les papiers jugés inutiles ou superflus....