Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
ROULEAU
1)Le rouleau des morts était un rouleau de parchemin établi par les communautés religieuses pour perpétuer le souvenir de ses morts .
Il pouvait porter divers noms : “ Rotulus “ , “ Billet * de mort “ , Littere currentes “ , “ Brévia mortuarum “ , »Rotolo », “ Brèves * de défunctis “ ou “ Brèves “ tout court ...
D’abord établis pour tous et par de nombreux ordres , le rouleau des morts ne le fut plus ensuite que pour les dignitaires et surtout par les Bénédictins .
La concordance qui devrait exister entre les rouleaux des morts d’une communauté et ses obituaires * n’est pas toujours effective ....
Il en existait trois sortes : perpétuels, annuels et individuels .
Les rouleaux perpétuels, souvent volumineux étaient conservés sur les autels des églises et tenus à jour des derniers décès.
Les rouleaux annuels concernaient les décès d’une année pour s’informer mutuellement des décès survenus au cours de l’année écoulée .(ils furent parfois nommés “ Bréviaire * “ ou “ Encyclique * “ )
Le rouleaux individuels était établi,de façon plus ou moins soignée selon la position hiérarchique du défunt , lors du décès d’un membre d’un ordre monastique et exposait sa biographie ,ses vertus,ses travaux etc...
Confiés à un moine nommé “Rotuliger * ” ou « Brevetier* « ces rouleaux étaient présentés à toutes les communautés de l’ordre ,chacun de ceux qui avait connu le défunt inscrivant une pensée ou un commentaire nommés “ Titulus * “ (il n’était pas rare que le messager* soit,dans ce texte pris comme bouc émissaire et l’objet d’invectives ....)
Le nombre d’abbayes visitées était parfois très élevé et le parchemin ,en fin de parcours ,fort volumineux : on peut citer en exemple les rouleaux annonçant la mort de Saint Vital en 1122 qui comporte 206 réponses et mesure
Ces rouleaux , parfois appelés :”lettre de mort ” ,circulèrent en France jusqu’au XV° siècle .
Le musée de la poste en expose un fac*-simile car il est considéré comme ayant été la première forme de liaison postale....
Dans certains cas et à partir du XIII° siècle , le “ Rouleau des morts “ fut remplacé par des tablettes * de cire noire .
2)Les rouleaux mortuaires étaient des documents recensant la généalogie d’une famille...ce furent les derniers à être conservés sous la forme de rouleaux (volumen*).
3)Outil d’imprimeur ayant remplacé,au XVIII°siècle, les balles pour encrer les formes*.
Le Broyon* fut un outil intermédiaire entre les balles et le rouleau.
Le rouleau était connu de longue date mais son emploi était prohibé ( décret du 10 Mai 1728) car son usage beaucoup plus silencieux que celui des balles * entraînait des difficultés de repérage des imprimeries clandestines .
Les rouleaux furent , au fil du temps ,composés de diverses matières :cuir de chien analogue à celui des balles *, mélasse, colle de poisson,goudron, gélatine,caoutchouc ,glycérine , gutta-percha,sucre etc ...et ils devaient périodiquement être regarnis .
C’est un certain Gannal qui , vers 1819, mit au point la pâte à base de mélasse et de colle forte
La refonte et le regarnissage des rouleaux était l’un des secteurs d’activité des imprimeries et de la qualité des rouleaux dépendait en partie celle du travail effectué .
Le nettoyage des rouleaux ,comme celui des formes * était une tâche ingrate et fort salissante dévolue aux apprentis ou à des ouvriers non qualifiés...cela n’a pas empêché certains typographes poètes de chanter le “ Laveur de rouleaux “ comme, par exemple E.Leclerc qui écrivait en 1890 :
“Mon métier n’a guèr’ d’agrément
Y’a rien de ma faute :j’ai pas d’culture;
J’m’en cach’ pas, je dis carrément:
“Moi ,j’lav’les rouleaux chez Lahure . “
La typographie mécanique n’a pas fait disparaître les rouleaux mais a , au contraire ,suscité l’apparition de diverses sortes nouvelles : Rouleaux preneurs , distributeurs , broyeurs, toucheurs etc ....souvent fabriqués industriellement en dehors des ateliers d’imprimerie .
4)Papier ou parchemin roulé ce qui était la première forme des livres (volumens*) ...le “ Rouleau de Josué “ conservé à la bibliothèque vaticane est considéré par certain comme l’ancêtre de la bande dessinée .
L’expression « Cinq rouleaux « désigne les cinq livres de la bible hébraïque lus lors des offices de la religion juive .
On peut rencontrer la forme ancienne « Rôlet * »
5)Nom ancien des “Banderoles*” et “Phylactères*” dans lesquels sont inscrites les paroles des personnages dans les gravures anciennes.
6)Les “Rouleaux d’Esther*” sont ,dans la religion juive, des textes présentés sous forme de rouleau lu lors de la fête de Pourim et contenus dans des étuis richement ornés .
7)Certains manuscrits * d’écrivains ou documents officiels se présentent sous la forme de rouleaux ininterrompus : c’est le cas ,par exemple, :
-Du manuscrit des “ 120 journées de Sodome “ écrit en 1785 par Sade à
Après de nombreuses pérégrinations , il a été acquis en 2014 par le musée français des manuscrits …
-Du manuscrit du livre “Sur la route “ de Kerouac devenu le livre-culte * de la génération beatnik qui est un rouleau dactylographié ininterrompu
-Du « Parchemin de Chinon » qui est un rouleau de
-De l’écrivain espagnol Juan Benet qui , en 1969, dactylographia « Una Medicatiòn »sur un rouleau équipant une machine interdisant tout retour en arrière et tout « repentir * «
Parfois certains documents officiels ont pris cette forme comme , par exemple, , la rétrospective du combat naval de Velez-Malage ayant eu lieu durant la guerre de succession d’Espagne le 24 Août 1704 en impliquant 194 navires dont les positions sont répertoriées sur un rouleau peint mesurant
8)Les “Rouleaux magiques” Éthiopiens (qui sont en fait des “ Rotulis * “ ) aussi appelés “ Noms * “ et “ Yä branna ketab * “sont des rouleaux de parchemin spécialement établis à destination d’une personne et censés la protéger des maladies,démons et autres agressions .
Réalisés sur parchemin fabriqué à partir de la peau d’un animal que le bénéficiaire doit avoir lui-même tué , ils ont une longueur égale à la taille de la personne à laquelle ils sont destinés ( d’où leur nom local de “ Mae’ro qumät “ ( “ Pleine taille “ ) et comportent le texte d’incantations en amharique * ou en écriture Copte * illustré de figures symboliques telles que anges armés d’une épée,étoile à huit branches ( dite parfois “ Sceau de Salomon “ ),visages multiples aux yeux surdimensionnés,motifs géométriques abstraits ...
Ces rouleaux sont portés,enfilés sur des cordes, par leurs destinataires qui y attachent une valeur de talisman * ou d’amulette * et sont établis par un officiant nommé “ dabtara ” qui détermine la teneur du rouleau en fonction des dangers à conjurer et des caractéristiques des personnes à protéger (signe astrologique en particulier )
Ces rouleaux et les autres écrits éthiopiens sont parfois classés sous la rubrique “ Æthiopica * “ .
9)Il a existé un instrument à rouleau permettant de tracer d’un seul trait les portées musicales (analogue , dans son usage, à la plume “ Griffe * “ ) : il comportait un rouleau portant cinq stries qui , aprés passage sur un tampon * encreur, permettait de traçer rapidement et régulièrement les portées de musique.
L’instrument était ,en général livré avec plusieurs rouleaux interchangeables permettant de traçer des portées de largeurs variant de 7,9 à
10) Les “ Rouleaux Biliter * “ étaient un dispositif d’aide au classement des fiches de recensement de la population .
11)En Orient les “ Rouleaux des mille Bouddhas “ étaient des rouleaux xylographiques * gravés permettant l’impression répétitive de bouddhas dans un but religieux ....leur utilisation , vers le VIII° siècle , est l’un des premiers exemples d’impression à l’aide d’une forme imprimante unique
12)Dans l’antiquité on plaçait dans les tombes des martyrs chrétiens des rouleaux * de plomb * sur lesquels on avait inscrit la relation de leur supplice.
13) Les compagnons du devoir du tour de Françe nommaient “ Rouleau “ l’ étui cylindrique en zinc équipé d’un bretelle qui leur servait à transporter leur diplôme
14)Le “ Rouleau à endosser “ est un outil de relieur destiné à remplacer le marteau pour réaliser l’opération d’endossure *
15)Le « Rouleau de cartouche «était un cylindre de bois utilisé pour la fabrication des cartouches de fusil en papier , tâche qui employa souvent des écrits jugés , souvent à tort , sans intérêt.
16)Parfois le « Livre d’artiste * « se remémore la forme ancienne du livre et lui restitue à sa façon sa forme de rouleau …