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Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .

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OPIUM

OPIUM                                                                                                                               

                                   L’opium et,à un moindre degré son dérivé le laudanum  ,furent durant un siècle à partir de 1850  inséparables du fait littéraire car nombre d’écrivains , sacrifiant à un certain snobisme jugeant son usage raffiné , s’y adonnèrent  à titre personnel ou le mirent en scène dans leurs œuvres et , parmi bien d’autres ,  :Nerval, Gautier ,Maxime du Camp , Flaubert , Balzac , Baudelaire ,Dickens,Caroll, Jarry , Apollinaire ,Desnos,Cocteau, Monfreid  et même Colette le célébrèrent ou le fumèrent ....

 

 

                                   Parmi l’abondante bibliographie de l’opium littéraire on peut citer : »Les confessions d’un anglais mangeur d’opium «  de Thomas de Quincey(1821)  “La pipe d’opium” de Théophile Gautier ( 1838), “ Le livre posthume , mémoires d’un suicidé “ de Maxime du Camp ( 1853),”Essais sur l’opium  “ de Charles Baudelaire (in “La revue contemporaine  “ ) et les “ Paradis artificiels “ ( 1860), “ L’opium “ de Alfred Jarry ( 1893), “ Les soirs d’opium  “ de Maurice Magre ,”Le rêve opiacé “ de Roger-Gilbert Lecomte ( 1924), “ Le pur et l’impur “ de Colette ( 1941), , «  Les détraqués de Paris «  de René Schwaéblé (1910) , »Opium » de Jean Cocteau (1930)ou ”Fumée d’opium  “ de Claude Farrère (1906) à propos duquel Jean Abadie professeur agrégé à la faculté de médecine de Bordeaux écrivait en 1913:    » La production littéraire moderne sur l'opium, en particulier le livre de Claude Farrère , intitulé Fumée d'Opium, le charme profond et pervers de certaines de ses pages, ont dû faire naître bien des appétits curieux de l'opium. Comment ne pas goûter, au moins une fois, à cette « ivresse sublime », qui fait devenir l'homme , en quelques pipées, » l'égal des héros, des apôtres, des dieux », qui fait   comprendre sans effort les pensées d'un Newton , dominer le génie d'un Napoléon, corriger les fautes d'un Praxitèle , unir enfin, dans un cœur devenu trop vaste, toutes les vertus, toutes les bontés, toutes les tendresses, aimer démesurément tout le ciel et toute la terre , qui réserve à ses élus  des béatitudes plus pleines que l'Olympe des Helléniques et le Paradis des Chrétiens ! »

 

                                   Pour ne citer que lui  , notons que Baudelaire, bien qu’ayant exprimé sa répulsion pour le mot «  Opiomane « tout en se l’appliquant à lui-même  , trouvait chez Edgar Poe les «  Sensations profondes de l’opium «  , que  la vue des peintures de Boudin ou l’écoute de la musique  de Wagner  lui rappelaient les «  vertigineuses conceptions de l’opium «  et qu’au travers de l’usage de cette drogue il espérait trouver  la « Note éternelle « …en ayant cependant conscience des dégâts , désillusions  et visions d’apocalypse provoqués par la drogue…comme le montre cette strophe du sonnet des «  Fleurs du mal «   «  Poison « :

 

                                   « L'opium agrandit ce qui n'a pas de bornes,
                                   Allonge l'illimité,
                        Approfondit le temps, creuse la volupté
                        Et de plaisirs noirs et mornes,
                        Remplit l'âme au delà de sa capacité. »

 

 

            Pour ce qui concerne les effets à court terme de l’opium et les «  voluptés «  éprouvées lors de son usage Jean Abadie déjà cité plus haut , écrivait  en 1913:

 

« Quelques minutes après l'inhalation de la dernière pipe, le fumeur est envahi par un sentiment de bien-être physique que suit bientôt une exaltation des facultés intellectuelles. Une lumière douce remplit l'atmosphère de l'esprit, le ciel de l'intelligence devient pur et limpide, pas un nuage n'obscurcit l'horizon de la pensée dont les limites paraissent se reculer à l'infini. La mémoire, prodigieusement active, évoque un e foule de souvenirs dont la précision étonne et procure des sentiments agréables. L'imagination est en suractivité. Les idées se présentent, abondantes, bien coordonnées ; elles s'affinent, s'élèvent et atteignent des hauteurs jusqu'alors inconnues.

 . A ce degré, …. l'érudit et le savant jouent avec les pensées littéraires ou scientifiques les plus subtiles. Dans cet état, le travail cérébral utile est possible, la production est facile, la fatigue lente à venir, les résultats obtenus sont franchement supérieurs au rendement habituel. 

 

Le fumeur comprend tout, élabore les plus savantes dissertations, solutionne les problème s les plus ardus ; il s'attribue le pouvoir des plus grandes choses, il plane dans la plus haute sagesse philosophique. 

 

Mais , les vapeurs de l’opium dissipées le tableau  dépeint devient sensiblement différent …

 

« En réalité, si l'on analyse froidement la rêverie du fumeur, on s'aperçoit que sa fécondité idéative est plus apparente que réelle. L'opium ne donne pas de l'esprit, il ne crée pas d'idées nouvelles. Sa rêverie est faite surtout d'idées flottantes se succédant sans lien, de réminiscences plus ou moins bizarrement déformées, de jeux automatiques des représentations mentales. Le rêveur n'est plus capable d'attention soutenue , de lecture profitable , de jugement sûr, de discipline cérébrale et de travail intellectuel : sa conversation se fait sans associations logiques, à bâtons rompus ; loin d'être aussi élevée qu'il le croit, elle porte sur le cercle habituel de ses causeries et de ses occupations, elle est souvent pleine d'idées puériles et de lieux communs, exposés avec une grandiloquence disproportionnée . « 

 

 

Les   «  Opiomanes « devenus dépendants et esclaves de cette drogue fumaient plusieurs dizaines de pipes par séance et même plus  pour certains ,.et  Abadie déjà cité  décrivait ainsi leur état de décrépitude physique :!

 

« Ces grands fumeurs, se reconnaissent à ce que l'on pourrait appeler les stigmates de l'opium. Le teint hâve, d'une pâleur maladive, le visage flétri et prématurément vieilli, émacié, toujours grelottant, tel se présente le fumeur chronique. Son regard est fixe, ses yeux humides et luisants, ses traits expriment l'indifférence, sa démarche est lente et mal assurée, son corps se traîne péniblement. Il parle peu, sa voix est blanche. Sa tenue est négligée, il est malpropre . »

 

Ceux qui ne purent se désintoxiquer (des cures ont existé dès les débuts  de l’apparition du phénomène ) vécurent une lente déchéance les conduisant à la cachexie,à la dégradation de toutes leurs fonctions vitale et , très fréquemment , au suicide .

 

 

On est très  loin de ce que Claude Farrère fait dire à un vieux fumeur. ! :

 

 « L'opium est réellement une patrie, une religion, un lien fort et jaloux qui resserre les hommes... »,

 

Les opiomanes répugnant  à nommer l’opium par son nom on peut rencontrer les appellations « Chandoo », «  Touffiane », «  Confiture «  , » O « , et «  Dross » pour les résidus de fumage de basse qualité et les expressions «  Tirer sur le bambou » ou «  Têter le bambou « pour désigner l’action de fumer .

              Pour sa part Henry de Monfreid qui en fut un fumeur assidu sans sombrer dans l’addiction le nommait «  Ki »  ou «  monsieur Ki « par allusion au mot japonais « ki « qualifiant le souffle et l’énergie

 

.

                        Les autres substances stupéfiantes ne furent pas absentes du monde des lettres  qui compta  un certain nombre d’ adeptes de la morphine * , de l’éther , de la cocaïne  et de ce qu’il est convenu de nommer pudiquement «  Paradis artificiels «  …

 

N’ayant pas d’éléments pour en juger Titivillus ne  dira rien de l’époque actuelle ….si ce n'est  que le fait d'avoir commis sous l'emprise d'une substance illicite les fautes qu'il relève sera considéré comme une circonstance aggravante le jour du grand jugement !..

.Vous voilà prévenus !

 

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