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Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .

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HYGIÈNE

En ces temps d'épidémie Titivillus s'est interrogé sur  l'hygiène des livres !

HYGIÈNE                             

                                   1)La nécessité d’un nettoyage régulier des livres a été reconnue très tôt et , déjà au XVII° siècle , les diverses règles des abbayes comportant des bibliothèques préconisaient le nettoyage  , le battage et l’aération  de ceux-ci une fois par an,plus,d’ailleurs , dans l’intérêt des livres que pour des considérations hygiéniques...

                       Il ne semble cependant pas que ces préoccupations aient été très vives  jusqu’au début du XX° siècle comme en témoigne le “Dictionnaire  de l’administration des lycées  “ de Léon Cantemerle daté de 1887 qui consacre dix pages aux bibliothèques des établissements scolaires en détaillant tenue des catalogues,inventaires, inspections etc ...mais en restant totalement muet sur le chapitre de l’hygiène . 

                        Il fallut attendre les années 1900 pour que les questions d’hygiène  liées à la circulation des livres soient gravement et longuement débattues :les livres sont ils susceptibles de porter et transmettre germes et microbes  ? Quelles précautions prendre pour éviter les contagions?.... autant de questions  sans réelles solutions   qui ont suscité bien des débats !

                       Des cas ont été cités de contamination par des documents  : une lettre écrite en 1877 par une personne atteinte de la scarlatine aurait provoqué  la maladie chez le destinataire ,une épidémie de tuberculose qui sévit aux archives de Kharkow fut imputée à un archiviste tuberculeux qui tournait les pages après s’être humecté les doigts de salive et l’on signala un cas semblable aux archives de Lansing dans l’état du Michigan...

                       On peut d’ailleurs rencontrer des livres et des manuels scolaires  de cette époque comportant une vignette * rajoutée pour mettre le lecteur en garde contre les dangers présentés par l’humectation des doigts avec de la salive .

                       De nombreuses thèses (Saint Pétersbourg 1894 par exemple ...) ou études   furent consacrées à ce problème à la fin du XIX° siècle : Le docteur Knopf de New-york publia “Infection des livres par la tuberculose  “ , Arthur Krausz fit des recherches sur “ Le pouvoir infectieux et les procédés de désinfection des livres  “ et arriva à la conclusion que certains germes pouvaient rester virulents dans les livres pendant de longues périodes ( 130 jours pour le bacille de koch )

                       Ces débats ayant été largement répercutés dans la presse de l’époque les divers responsables de bibliothèques publiques interpellèrent leurs autorités de tutelle et c’est ainsi que le conseil municipal de Paris décida en 1900 de recouvrir les livres des bibliothèques de pétaloïde * lavable,à Romainville on songea en 1903 à la création d’un service départemental de désinfection des livres , à Courbevoie on se livra à des expériences mettant en œuvre le formol...

                       De nombreuses méthodes de désinfection ont été expérimentées :mécaniques ,chimiques,physiques biologiques etc....et de longues études menées sur la capacité de résistance des germes à l’intérieur d’un livre....certains,donnant à l’autodafé * des lettres de noblesse inattendues ,  allant même jusqu’à préconiser la destruction annuelle par le feu des livres de prêt !

                       Une étude des années 30 concernant les bibliothèques d’hôpitaux  préconisait la création d’une  bibliothèque par service afin que les livres restent entre les mains de malades souffrant de pathologies semblables et le laboratoire de l’hôpital Cochin à Paris procéda,vers 1950, à des  contaminations de livres par le bacille de Koch d’où il ressortit qu’une mise hors circulation de  quinze jours  était suffisante.

 

                       En périodes d’épidémies ,des mesures spéciales furent  prises pour désinfecter les correspondances * : les premiers essais eurent lieu à Venise pendant l’épidémie de peste *   de 1493 ,d’abord par fumigation ,ensuite par lavage au vinaigre et enfin par trempage dans une solution antiseptique après perçage multiple du pli* avec une pince spéciale pour que la solution y pénètre profondément  (l’histoire est muette en ce qui concerne la lisibilité* des plis ainsi traités .....)

                       Un “ Musée de la peste “  (qui serait aujourd’hui disparu ?...)installé au Lazaret du Frioul à Marseille en portait encore  témoignage il y a quelques années  en présentant un four spécial pour fumigation et une pince perforatrice de correspondances .

                       Le livre qui circule n’étant pas d’avantage porteur de germes que bien  d’autres vecteurs ( le papier monnaie par exemple...) ces préoccupations sont peu à peu passées au second plan  et , de nos jours , on s’accorde à penser que,sans pouvoir être totalement écarté ,  le risque de contagion par les livres est très faible et ne pourrait ,à la limite , concerner que variole , varicelle, scarlatine ,diphtérie et tuberculose toutes maladies dont les germes ne résistent guère dans les livres 

                       Pour ce qui concerne le papier monnaie , qui circule en beaucoup plus de mains que les livres et dont la première cause de retrait de la circulation est la saleté, des études ont cependant été menées qui ont conduit à la mise en évidence d’une population très riche d’algues, de moisissures , de bactéries et de microbes divers dont certains  sont spécifiques des monnaies ( “ Chroococcus monetarum “ et  “ Pleurococcus monetarum “ par exemple ...) ,études qui ont conduit à la fabrication de papiers et encres bactéricides et antiseptiques .

                       Les hygiénistes se sont également préoccupés des conditions de travail dans les ateliers typographiques et les imprimeries et ont dénoncé les inconvénients du travail sur certaines machines ,notamment les  “ Minerve  *  “actionnées par une pédale , ou de certaines tâches comme celle de correcteur qui selon l’un de ces observateurs “ jette la perturbation dans les centres nerveux , provoque l’afflux du sang vers les régions supérieures ,cause de l’engourdissement dans la périphérie du crâne et , par suite des troubles de la vue  ....”

                       Pour ce qui concerne les bibliothèques il était courant de les considérer au XIX° siècle comme des lieux malsains pour ceux qui y travaillaient , principalement en raison de l’absence de chauffage  et l’on considère que nombre de bibliothécaires  de cette époque , dont Alex Nicoll de la bibliothèque d’ Oxford pour ne citer que lui ,décédèrent de maladies dues à l’inconfort de leurs locaux de travail .

 

                        Un problème très spécifique est posé par les dépôts d’archives anciens ou les fouilles archéologiques mettant à jour des masses de documents écrits ( tombeaux * , génizas*, koms * , greniers* etc ..) car , par souci de sécurité ou par destination ces lieux sont souvent restés hermétiquement clos durant de très longues périodes et l’absence d’aération et l’humidité  ont favorisé  la prolifération de moisissures et de champignons  pouvant s’avérer très toxiques lorsque leurs poussières sont inhalées.

              On connaît de nombreux cas  d’archéologues ou d’archiviste qui furent victimes de maladies  respiratoires graves voisines de l’histoplasmose ,  à la suite  de leurs investigations  dans les monastères du Sinaï ou la Géniza* du Caire par exemple et certains pensent que la «  malédiction des pharaons «   n’aurait pas eu d’autre cause .

              Gabriel Peignot , dans son « Dictionnaire raisonné de bibliologie « (An X -1802) insiste longuement sur ce phénomène à l’article «  Archives «  et propose,avec les moyens de son époque ,  des solutions pour y remédier : aération , combustion de soufre , passage à la flamme , eau de senteur , port d’un habit « Musqué » ….

 

              Les insectes*  sont généralement présents eux aussi  dans ces dépôts ...

              2)On classe aussi  sous ce vocable les préoccupations visant à procurer un certain confort aux lieux de lecture ou d’enseignement  par le biais du mobilier, de l’éclairage , de l’exposition , de l’aération , du volume des locaux ,des accès  etc ….

                                               3)On a nommé “ Livres d’hygiène  des livres traitant  d’économie domestique et des mesures à prendre pour conserver la santé.

                       Parmi les plus anciens on peut citer  le “ Tacuinum sanitatis  “ ( “ Tableau de santé “ ) recopié au XIV° siècle sur le  manuscrit  de Ibn Butlân , médecin à Bagdad au XI° siècle et  le “Livre des simples médecines  “ de Plantearius ( XV° siècle ) qui comporte 386 illustrations .

              On peut aussi mentionner les divers almanachs * qui , au XIX° siècle se lancèrent dans ce que l’on a pu nommer la «  Bataille de l’hygiène «  en donnant conseils, procédés ,recettes et remèdes  de nature à améliorer la santé …

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