Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
SILENCE
1)La lecture silencieuse ne se généralisa qu’à partir du XIII° siècle ; auparavant la lecture était soit collective soit solitaire mais à voix basse avec subvocalisation *.
La première mention connue de lecture silencieuse se trouve dans les “ Confessions *” de Saint Augustin (VI,3,3 ) concernant saint Ambroise .
La longue persistance de la lecture à haute voix ( lecture dite “ de bouche “ ) fut causée par la présentation des manuscrits qui ne comportaient pas de ponctuation * et souvent pas de séparation des mots ou des paragraphes * .
La lecture silencieuse dite aussi , “ Lecture de cœur * “ fut favorisée par l’apparition de la ponctuation * , et elle a contribué à modifier la forme des manuscrits vers d’avantage de clarté
Au-delà des conditions matérielles de lecture , on considère que le passage de la lecture à haute voix à la lecture silencieuse fut un tournant capital dans l’évolution des idées ….
2)La nécessité du silence pour se livrer à la lecture est à peu prés unanimement reconnue et même imposée en certains lieux, comme les salles de lecture des bibliothèques publiques , par l’apposition de panneaux d’injonction …et de rappels à l’ordre si nécessaire .
Certains y perçoivent cependant un « Vacarme * « virtuel et c’est ainsi que Kamel Daoud y a entendu , au figuré bien sûr , : » Un vacarme de livres qui vous réclament , veulent que vous les lisiez,insistent,harcèlent ou sombrent dans l’archive et l’oubli et vous le reprochent « (in « Le droit de ne pas achever un livre « -Le Point N° 2319-16/2/2017)
Mais , bien que la plupart des lecteurs recherchent un lieu calme et silencieux, on ne peut en faire une généralité car quelques uns se plaisent à lire dans une ambiance plus bruyante telle que celle d’un lieu public , d’un café * ,d'un train etc ..quelques auteurs,Sartre par exemple, y ayant même rédigé nombre de leurs œuvres .
Le fait que l'inspiration soit ,chez certains , favorisée par un environnement bruyant a parfois été qualifié de façon un peu hermétique de " Résonance stochastique-* " ....
Le cas des personnes lisant dans les transports en commun est particulier puisque le lieu de lecture est , dans ce cas , imposé au lecteur par les circonstances ….lieu bruyant par nature avec ,depuis l' avènement des téléphones portables , l’obligation de subir l’écoute de conversations ne le concernant pas ... !!
Éric Orsenna ,dans son livre « Sur la route du papier «, a bien souligné les rapports du livre et du silence : « Quant au papier , je lui fait confiance. Il y a en chacun de nous un désir de lenteur , de silence, de recueillement . «
3)Dans le langage des bibliothécaires on nomme “ Silence “ la recherche infructueuse d’un livre dans un catalogue * .
4)Les copistes *des scriptoriums * des ordres religieux pratiquant la règle du silence communiquaient entr’eux à l’aide de signes codés tels que « Mains sur la tête « pour désigner un psautier * , « Signe de croix « pour un missel * , « Simulacre de mouchage de chandelles » pour un lectionnaire * etc …
5) Au figuré , on parle de silence lorsqu’un auteur cesse d’écrire comme , par exemple pour Arthur Rimbaud qui n’écrivit plus rien de littéraire ou de poétique après 1875