Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
INCENDIE
Les incendies figurent parmi les causes majeures de la disparition et de la destruction des livres et des documents:des millions d’écrits ont disparu dans des incendies,soit volontairement soit par accident.
Les incendies, étaient fréquents autrefois en raison du mode d’éclairage et de l’omniprésence de matériaux combustibles :bois,paille etc...et aucune bibliothèque ancienne n’y a , à un moment ou un autre échappé …
Pour qualifier un incendie violent et soudain , on peut rencontrer le terme presqu’inusité « Ecpyrose * «
Aux dégâts provoqués par le feu lui-même s’ajoutent en général ceux provoqués par l’eau utilisée pour son extinction ou l’ odeur empyreumatique * très désagréable qui imprègne de façon quasi irréversible les documents.
Les livres en partie brûlés sont parfois restaurables au prix d’opérations délicates et coûteuses ...et les documents entièrement calcinés sont parfois restituables si leurs restes peuvent être recueillis avec précaution …et si leur importance le justifie …
Des techniques modernes permettent ,dans certains cas ,de restituer le contenu des documents brûlés:le procédé,délicat,consiste à assouplir le document brûlé par imprégnation d’un produit gras,à le mettre à plat entre deux plaques de verre et à le photographier pour obtenir un document de travail solide et maniable.
Dans l’étude visant à la détermination de leur provenance et de leur ancienneté interviennent de nombreuses techniques de laboratoire et , notamment l’Anthracologie* pour les parties de reliures réalisées en bois : c’est l’étude des bois carbonisés anciens dans le but d’en déterminer l’essence et de les dater.
Cette science peut venir en appui de l’étude de livres anciens reliés à l’aide d’ ais * ,de bois et ayant subi un incendie *
Les guerres* ont provoqué de nombreux incendies de bibliothèques : de celle de Xianyang en 206 AJC à celle d’Alexandrie* (en 47/A/JC ,391 et 646) en passant par la “ Basiléenne “ en 830 ,les bibliothèques de l’Hôtel de ville et du Louvre en Mai 1871 ou Mostar il y a peu, des foules de bibliothèques majeures sont parties en fumée.....et continuent à disparaître, les dernières en date étant celle de Jaffna au Sri-Lanka (97000 ouvrages et de nombreux manuscrits détruits le 1°Juin 1981..) , celle de l’académie des sciences d’ URSS en 1988 (400000 ouvrages détruits et 3600000 détériorés...) la bibliothèque Vijecnica se Sarajevo en Août 92, et l’incendie du “ Bhandarkar Oriental Research Institue “ située en Inde à Pune , le 4 Janvier 2004,dans lequel 30000 manuscrits anciens furent incendiés par des émeutiers .
La fermentation des chiffons avant leur triage provoqua parfois des incendies dans les papeteries …ce fut , par exemple, le cas en Juin 1878 à la papeterie de Vaumoise près de Crépy en Valois …
Il faut ajouter aux incendies les destructions volontaires par le feu
-D’ouvrages censurés* :c’est l’autodafé* .
-Volontaires pour des raisons diverses allant du désir d’échapper à la censure au dépit en passant par la vengeance,l’ignorance et toute la gamme des sentiments humains ...c’est ainsi que , par exemple , le marquis de Chastelet,ayant hérité de la bibliothèque et des œuvres de son oncle académicien , les brûla pour que personne ne puisse les utiliser ....
La protection des locaux de stockage contre le feu doit se soucier de la détection précoce des foyers d’incendie et de leurs extinction en abîmant le moins possible les documents conservés : les extincteurs à poudre ou au dioxide de carbone sont à privilégier et , pour les locaux de stockage inoccupés les systèmes automatiques répandant un gaz ( Halon, Argon ) sont très efficaces.
Certains livres ne sont recherchés qu’en raison de leur rareté due à un incendie ;c’est par exemple le cas de “La vie de monsieur de Chasteuil , solitaire du Mont Liban “ (1666) dont la quasi-totalité de l’édition brûla dans l’incendie du collège de Hoiulayn ou se trouvait la librairie de l’éditeur Pierre le Petit .
Parfois l’incendie provoque la naissance de nouveaux livres comme , par exemple , pour “Les cahiers impudiques “ rédigés par Jean Edern Hallier à la suite de l’incendie de sa bibliothèque .
L’incendie d’une bibliothèque privée ,bien que ressenti très diversement selon les individus ,est presque toujours un drame intime dont on connaît les affres au travers des écrits de quelques auteurs ayant été victimes de ce désastre ( Prosper Mérimée par exemple ...) la pire situation paraissant être celle ou les livres ,non entièrement calcinés, ont été noyés les rendant physiquement toujours présents mais muets à jamais ...
À toutes les causes ,naturelles, physiques,politiques , religieuses ou autres peuvent s’ajouter des causes sentimentales comme , selon certaines allégations , pour la bibliothèque d’Antioche qui aurait été incendiée en 363 par l’empereur Jovien pour plaire à son épouse….
L’incendie des bibliothèques a donné lieu à de nombreux écrits …pour n’en citer qu’un seul mentionnons le témoignage de Kemam Bakarsic assistant en Août 1992 à l’incendie de la bibliothèque Vijecnica de Sarajevo « Le soleil était assombri par la fumée des livres :partout sur la ville il neigeait de fragiles pages de cendres grise.Vous pouviez en attraper une et sentir la brûlure, lire un instant son texte ,étrange négatif gris sur noir jusqu’à ce que la chaleur se dissipe ,et ,alors , la page tombait en poussière entre vos doigts «