Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
FLEUR
1)En reliure
-Désigne le côté extérieur d’un cuir par opposition au côte intérieur appelé “chair*”.
Pour ce qui concerne le parchemin * , le terme est ambigu car les marchands nommaient “ fleur “ le côté chair alors que les parcheminiers * employaient ce terme pour désigner le côté “ poil “ ....
On peut rencontrer le terme “ Arrière-fleur “ pour qualifier la couche sous-jacente à la fleur .
-Une reliure “ Aux fleurs du mal “ est une reliure comportant des attributs décoratifs érotiques comme , par exemple , “Entretiens galants “ de Nicolas Chosier (1782)relié par Trautz-Bozonnet avec un décor “Phallophore * “ d’attributs phalliques éjaculatoires .
2)Un livre ancien est qualifié de “fleur de presse” lorsqu’il est dans un état identique aux livres sortant de presse.
On peut aussi et avec le même sens rencontrer l’expression numismatique “ Fleur de coin “
3)Les fleurs ont quelques rapports avec le livre :
-Il est fréquent que l’on trouve des fleurs séchées entre les pages des livres anciens ...si ces reliques sont évocatrices du temps passé ,elles laissent ,en général, un souvenir indélébile sur les pages qui les ont enserrées;il est donc sage de réserver aux fleurs les livres qui sont conçus pour elles : les herbiers * .
-Le “ Langage des fleurs “ détaillé dans les « Anthographies * « les « Floraires * « ou les « Parterre* de Flore « qui attribuent à chaque fleur une signification particulière semble avoir son origine dans les harems orientaux et a suscité diverses publications sous forme de livres en expliquant les arcanes ou , plus communément sous forme de cartes postales sentimentales qui jouirent d’ une grande vogue à la belle époque.
-De nombreux écrivains furent passionnés par les fleurs, certains composèrent des “Flores * “ ,”Floraires * “ et des ouvrages de botanique spécialisés ou de “ Floriculture * “ , d’autres s’en inspirèrent ,ou, comme l’académicien De l’Estoile, dédaignèrent les charmes de la ville pour vivre à la campagne prés des fleurs qu’ils aimaient ...
Proust , pour sa part entretint des rapports ambigus avec les fleurs car , bien qu’il n’en supporta pas la présence dans son environnement à cause de leur odeur * il en offrait volontiers et il en glorifia quelques unes , les plus connues étant sans doute les Catleyas mais aussi comme le rapporte sa gouvernante Céleste Albaret dans ses mémoires , les aubépines : « Mais moi , je les aime tant [les aubépines ] que j’ai écrit un article sur ces fleurs , les roses et les blanches …Vous verrez quel miracle c’est , dans sa petitesse , je ne connais rien de plus joli ! « (in « Monsieur Proust « )
On nomme « Femmes-Fleurs « les décors « Art nouveau* « présentant la femme sous un aspect floral ou entourée de fleurs
4)Lors de la réalisation d’une frappe à la machine* avec copies carbone * on appelle “ Fleurs “ les traces laissées sur les copies par suite du frottement de la main de l’opérateur sur l’original
5)Certains livres sentimentaux sont qualifiés de “ Fleur Bleue * “
6)Les cachets * et sceaux * des gens d’église portaient très souvent une fleur dans leur décor .
7)Certains ouvrages sont baptisés de ce nom comme , par exemple les “ Fleurs de paradis “ du rite chrétien orthodoxe qui rassemblent les textes de la période du carême , les “ Fiorettis * “ ou « Petites fleurs « de Saint François ou les « Fleurs de la maison de Charlemaigne … »de Fauchet(1601) etc …
8)L’expression « Fleur*-au-fusil « eût cours dans certains milieux littéraires et estudiantins pour désigner les adeptes de la poésie sans contraintes dut-elle être obscure et difficile .
Elle s’opposait à « Garde*-à-vous « qui , elle , désignait les tenants de la poésie respectant strictement les règles de la prosodie classique .
9)L’ »Académie des jeux floraux « est une institution toulousaine remontant au moyen-âge et organisant des joutes poétiques récompensées par des fleurs symboliques d’or ou d’argent :violette, souci, amarante et lys.
10)Les décors floraux sont très courants en reliure , certaines fleurs , tel le lys* , ayant cependant une nette prééminence ; c’est Marie de Médicis qui fut l’instigatrice des décors de reliures fleurdelisés recouvrant entièrement les plats comme ,par exemple sur l’ exemplaire de « Histoire de S.Loys IX du nom,Roy de France « de Joinville paru en 1617 illustré ci-dessous :
11)Il semble qu’il ait existé une sorte de papier nommée « fleur « , sans doute en raison de sa très belle qualité par analogie avec les cartiers qui nommaient « Cartes de fleur « les cartes à jouer de premier choix …
12) Au sens figuré on parle de « Fleurs de rhétorique ou de style « pour désigner des ornements de langage ,des expressions poétiques ou des images empreintes d’une certaine préciosité.