Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
ÉCHELLE
1)Ligne graduée figurant en marge d’un plan ou d’une carte pour indiquer la correspondance entre ses dimensions et les dimensions réelles des objets représentés.
2)Le mot désigne aussi le rapport * adopté pour la reproduction d’un document (photocopie par exemple ...)désigne aussi le rapport de réduction adopté pour la représentation.
L’ “ échelle 1 “ ou “ à tel “ est la reproduction à l’identique , les autres rapports étant indiqués par un chiffre (2,3,4, ...) pour les macrocopies * ou par une fraction ( 1/2 , 1/3 ,1/4 ....) pour les microcopies * .
3)En typographie :
-L’échelle des titres désigne le rapport existant entre la dimension des lettres de titre et celle des lettres du texte.
- Le mot paraît avoir été utilisé en matière de typographie pour désigner un ornement terminant certaines lettres : parlant de l’édition faite en 1926 par l’imprimerie nationale des « Lettres Persanes « de Montesquieu un commentateur écrit « …on a remis à la mode les échelles qui terminent certaines lettres … »…faut-il y voir un ornement semblable aux « bouts * de lignes « des manuscrits du moyen-âge ?...la question est posée ….
4)En reliure ,la “ Couture * à l’échelle “ était une fraude consistant à sauter des points lors de la couture des cahiers pour gagner du temps et de la matière première .
5)Les grandes bibliothèques nécessitent l’usage d’échelles ou d’escabeaux * pour accéder à leurs rayonnages supérieurs , il en existe deux types principaux:
-Échelles ordinaires à crochets pouvant coulisser sur une tringle fixée au sommet de la bibliothèque .
-Échelles à roulettes qui sont des espèces d’escabeaux aux marches larges et comportant souvent à leur sommet une petite plateforme permettant de consulter confortablement et en sécurité les ouvrages : le bibliothécaire de la bibliothèque de l’arsenal , Hubert-Pascal Ameilhon se fit attribuer en 1796 les monumentales échelles à roulettes de la Sorbonne qui sont encore utilisées aujourd’hui et c’est sans doute de l’une de celles-cis que Gabriel Nodier ,alors conservateur de la dite bibliothèque , chuta en 1833…
A côté de ces deux grand types il existe aussi des échelles camouflées qui, repliées, prennent l’aspect d’une chaise ,voire d’un bureau* pour les plus grandes , certaines d’entr’elles incluant même un “ Siège de commodité “ afin qu’aucune contingence bassement matérielle ne vienne interrompre les recherches du lecteur ...
Certains auteurs se sont penchés sur le problème des échelles tel Le Turc père qui publia une brochure à ce sujet vers 1797.
Comme toutes les échelles , celles des bibliothèques ne sont pas exemptes de dangers et sont susceptibles de provoquer des accidents.
Pour n’en citer qu’un seul , rappelons la mémoire du marquis de Morante qui , en 1868, se tua en tombant de l’échelle de sa bibliothèque ...pour certains esprits il n’en faut pas plus pour considérer le livre recherché ou consulté à ce moment là comme “ Maudit * “ ....le cas se compliquant lorsqu’il s’agit d’un livre réputé sacré comme , par exemple pour le pianiste Charles Valentin Alkan qui mourut écrasé par sa bibliothèque en y saisissant le « Talmud* « ….
Nicolas Gogol ,pour sa part, serait mort en criant « L’échelle ! Vite, l’échelle «…sans que l’on sache très bien le sens de cette exclamation …certains y voyant cependant l’échelle d’accès au paradis …
Ces chutes d’échelle ont parfois inspiré certains auteurs comme , par exemple Anatole France qui , dans « L’anneau d’ Améthyste « (1890) évoque un anonyme et imaginaire livre intitulé « Des bibliophiles qui moururent en tombant de leur échelle « qui aurait fait partie de la bibliothèque du héros du livre Lucien Bergeret
6)Dans le langage des diffuseurs de presse une échelle est un présentoir à journaux conçu pour être suspendu .
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7)Certaines reliures religieuses portent un décor dit « à l’échelle « représentant un saint porteur d’un échelle soit en rappel de son supplice (St. Immeran) soit en rappel de l’une de ses œuvres (St ;Jean Climaque auteur de « L’échelle de dieu « )
L’échelle a eu aussi , une valeur symbolique de lien entre la terre et le ciel évoquée dans le « Songe de Jacob «
8)La mention « Échelles du Levant « qui apparaît dans divers ouvrages désigne les ports de l’empire ottoman dans lesquels
Le terme vient du langage de la marine dans lequel il désignait aussi les ports non spécifiquement désignés dans les contrats d’assurance ou les bateaux pouvaient « Faire échelle « c'est-à-dire des escales d’opportunité décidées en fonction des circonstances .
L’origine de l’expression tient peut-être au fait que dans certains de ces ports les bateaux restaient sur rade sans accoster et déployaient une échelle pour permettre l’accès au navire …@mais ceci n’est qu’une hypothèse à confirmer
9) L’expression « Faire la courte échelle « , connue de tous , apparaît parfois dans un contexte littéraire : « Chaque dictionnaire ,depuis qu’il y a des dictionnaires en France ,épaule les autres dictionnaires. On se fait la courte échelle « (Vincent Brugère Trelat répondant à Benard Pivot [émission « apostrophes « du 12/9/1980] )