Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
COTE :
1)La cote en langage typographique désigne:
- La copie remise au typographe: il s’agit ,en général ,d’une fraction du texte à imprimer ,la répartition des diverses autres étant faite par le metteur* qui fractionne l’ouvrage en fonction du nombre de compositeurs disponibles (dans les journaux ce fractionnement peut aller jusqu’à des cotes d’une vingtaine de lignes )
-La numération des feuillets d’un manuscrit.
2)Dans une bibliothèque ou un service d’archives la cote est la référence de classement d’un livre permettant de le retrouver et de le reclasser rapidement.
Constituée d’un système de chiffres et de lettres elle figure sur une étiquette , souvent ronde , apposée au bas du dos du livre lors de l’opération de “ Rondage * “ (Voir à ce mot ) et sur les fiches le concernant
Les bouquinistes * , les libraires en ancien et certains bibliophiles * utilisent un système semblable rappelant de façon discrète provenance , date et prix d’achat etc ...
Parfois une cote figurant sur un livre ancien pose problème et s’avère difficile à identifier : c’est le cas de la cote dite “ Cote brune “ qui intrigua longtemps les responsables de la bibliothèque Mazarine avant qu’on ne découvre qu’elle figurait sur les livres ayant appartenu au bibliophile Claude de Laubespine vivant au XVI° siècle.
Les livres ayant longtemps séjourné dans les bibliothèques et en ayant “vécu” les diverses vicissitudes ,déménagements , réformes et remaniements sont souvent revêtus de multiples cotes qui imposent aux “archéobibliothécaires “ de se livrer à une véritable “Paléographie des cotes “ pour essayer de restituer le parcours parfois fort complexe du livre qui les porte ;
A l’époque ou les livres de la bibliothèque nationale faisaient l’objet d’une recherche manuelle les préposés à celle-ci se plaignaient des fréquentes erreurs de cote figurant dans les fiches de demande remises par les lecteurs .
Certains auteurs ont pu parler de « vertige des cotes « et Umberto Eco dans une description de bibliothèque cauchemardesque écrit dans « De Bibliotheca « (1986): « La cote doit être impossible à transcrire …si possible très longue ..de telle façon …qu’on n’ai jamais assez de place pour mettre la dernière indication …
»
3)C’est aussi une publication établissant la valeur d’objets d’un certain type d’après les transactions constatées sur ces objets en ventes publiques et , par extension le mot désigne cette valeur elle-même .
Il existe diverses publications de ce genre concernant le livre dont certaines sont baptisées « Argus * « comme , par exemple le « Répertoire bibliographique des ventes publiques « publié annuellement par le cercle de la librairie ou le »BDM »(du nom de ses auteurs Michel Bera,Michel Denni et Philippe Mellot)donnant les cotes des bandes dessinées.
Lorsque le prix d’un livre ou d’un document s’écarte notablement de la cote on parle de « Surcote « ou de « Décote « les causes pouvant être très diverses : état exceptionnel ,reliure originale, ouvrage truffé*,appartenance illustre etc … pour la surcote ;mauvais état,apparition sur le marché d’autres ouvrages de même type, mode etc …pour la décote .
5)Le mot désigne aussi les indications portées sur un document ,concernant sa mise en page , les caractères à utiliser, etc ...
La cote peut parfois être conçue de manière à donner de façon discrète et rapide des indications sur la nature du document : c’est ainsi que les services de renseignements et les espions utilisent un système de cotation indiquant par une lettre la fiabilité de la source d’ou émane le document et par un chiffre l’importance de l’information qu’il contient .( la cote “ A 1 “ , par exemple,concerne un renseignement capital obtenu de source trés sure ...)
6)Autrefois les clercs de notaires procédant à un inventaire et se réservant un objet pour leur usage personnel ,pratique alors courante semble-t-il , disaient l’avoir inscrit sous la cote “ G “ (“j’ai “ ...)