Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
CODE
1)Recueil d’ordonnances,de lois,de textes législatifs,etc...relatifs à un domaine déterminé.
Les plus anciens connus sont ceux qui figurent sur les tablettes d’Esnunna datant de 5000 Ajc et le le “ Code d’ Hammourabi “ gravé sur une stèle de basalte datant des environs de 1760 Ajc.découverte en 1901 sur le site de Suse par l’archéologue J.de Morgan.
Ce dernier code, comprenant 282 articles , a aussi été rédigé en caractères cunéiformes * akkadiens sur une stèle de 2,5 mètres de hauteur retrouvée en 1902 par le père Jean-Vincent Scheil et dont on pense que plusieurs autres exemplaires auraient pu exister et être exposés dans les lieux publics.
Il existe une foule de codes : civil, du commerce, pénal, de procédure civile ,du travail du commerce , forestier etc ..etc ...
Les premières tentatives en France,qui restèrent inabouties , furent celles de Barnabé Brisson au XVI° siècle et de Thomas Cormier au XVII° suivies de celles de Louis XIII et Louis XIV avant que les travaux de la commission créée par Bonaparte en Thermidor de l’an VIII ne figent le code civil dans la forme qu’on lui connaît encore .
Certaines professions ont le leur , par exemple :
-Les traducteurs * qui ont un “ Code des usages “ récapitulant leurs droits et ceux des éditeurs.
-Les enseignants pour qui ont leur “ Code Soleil “(voir n°6)....
-Les imprimeurs se réfèrent au Code typographique qui est un ensemble des règles régissant leur profession et définissant les critères auxquels doivent répondre les ouvrages réalisés ....sa première rédaction officielle date de 1926 mais il avait été précédé dés le XVIII° siècle par des codes et manuels divers variant avec les ateliers :”Science pratique de l’imprimerie “ de Fertel (1723) , “ Traité de l’orthographe française “ par le prote * Le Roy ( 1747),”Manuel typographique “ de Fournier ( 1764)
L’unanimité ne s’est pas encore faite à l’heure actuelle et il existe plusieurs codes parfois utilisés conjointement par un même atelier “Somme typographique “ d’ Audin , »Code du syndicat du livre « , « Mémento typographique de Gouriou « , »Lexique des règles typographiques en usage à l’imprimerie nationale « , « Guide du typographe romand «, « « Ramat de la typographie « d’aurel Ramat et Anne-Marie benoît dit « Le Ramat « etc ...
Le code d’un atelier , parfois appelé “ Marche * ”,donne des règles générales mais laisse une large part à l’expérience et au savoir-faire de l’imprimeur ...
-Il faut faire une mention spéciale pour le « Code noir « qui ,à partir de 1685 et durant plus d’un siècle officialisa et réglementa la traite des noirs et l’esclavage.
Les codes sont en général rédigés dans un style concis et précis ou chaque mot a son importance...c’est sans doute pour cette raison que Stendhal ,dans sa crainte de se laisser aller à des fioritures de style , s’astreignait à lire régulièrement le code civil à l’époque ou il rédigeait “ La chartreuse de Parme “ :il signale lui-même le fait dans une lettre adressée à Balzac le 30 Octobre 1840 et insiste en écrivant “ La chartreuse est écrite comme le code civil ...” ….mais peut-être s’agissait-il du code civil que Decombrousse publia en 1810 en alexandrins ?
2)En matière de livre des indications appelées” codes” sont parfois employés par les marchands pour repérer un ouvrage et savoir à simple lecture du code affiché (lettres,chiffres ou les deux...) sa provenance,la date d’achat,la catégorie,limite de négociation admissible etc... ces signes généralement facilement effaçables sont diversement appréciés des amateurs …certains les honnissent d’autres les louent comme , par exemple ,Annie François qui écrit dans « Bouquiner »en 2000 : « J’aime , en page de garde, en haut, à droite, ces signes cabalistiques crayonnés par les libraires , ces petits secrets de gestion du stock,ces mystères de boutique «
Au XVIII° siècle des codes étaient utilisés par les libraires pour commander discrètement des ouvrages interdits ou censurés:les systèmes étaient très variés mais la lettre “X” y apparaissait souvent...(faut-il voir la une origine possible de notre désignation actuelle des œuvres érotiques ou licencieuses ?).
Les colporteurs avaient eux aussi leur code numérique composé d’un mot de dix lettres permettant d’inscrire des indications chiffrées de manière discrète :par exemple le mot « Saint Flour « …
Depuis la fin des années 70 les livres n’ont pas échappé à l’apposition de “Codes- barre” permettant , après lecture à l’aide d’un crayon optique , leur repérage instantané par les systèmes informatiques ....
On peut s’interroger sur les qualités esthétiques de cette “vignette*” apposée ou imprimée de façon très visible en général sur le deuxième plat* mais , il en existe cependant des collectionneurs (plutôt dans le domaine alimentaire ...) appelés “ Codophilistes * “
Parfois nommée à tort “ Code SODIS “ ,outre le jeu de barres il comprend un numéro comportant de multiples chiffres et identifiant le genre de produit ( livres ...etc ..)le pays , l’éditeur,,l’article etc ...
Une évolution récente en est le « Flash*-code « ou " QR -Code " permettant d’obtenir un complément d’information sur un téléphone ou une tablette numérique
Dérangés par « l’esthétique « du code-barres certains ont tenté de le transformer en graphisme , la cage et le Parthénon venant tout de suite sous la plume , le zèbre étant un peu plus inventif et ,plus élaborée, l’image de deux serre-livres le transformant en mini-bibliothèque …
Pour sa part Annie François écrit en 2000 dans « Bouquiner » qu’elle lui trouve son air « Lautréamonesque « « Beau comme la rencontre fortuite d’un tiroir-caisse et d’un manuscrit «
3)Il arrive qu’un système de notation appelé “code” soit employé pour rendre un document incompréhensible à qui n’en possède pas la clé*:l’écrit ainsi rédigé est un cryptogramme*
Le Code substitue des groupes de lettres à des syllabes ,locutions ou phrases ; il est différent du chiffre * qui procède par substitution ou changement d’ordre des lettres d’un texte .
Il existe des livres dits “ Livres -codes “ et des “ Dictionnaires - code “ destinés à chiffrer et à traduire des messages codés (dictionnaires Sittler,Nilac,Bazeries,Katscher,Bavarelli par exemple …)...la sécurité des messages ainsi codés dépendant de la protection de ces livres, il va sans dire qu’ils font l’objet d’une surveillance attentive ; ceux destinés à être utilisés à bord des navires militaires ont une reliure plombée afin qu’ils puissent être jetés par dessus bord en cas d’urgence sans risque de flotter ,cette précaution ne garantissant d’ailleurs pas formellement la confidentialité des codes qui sont parfois retrouvés par les plongeurs comme ce fut le cas en 1914 pour les codes du croiseur allemand Magdebourg ou,en 1916 ,après la bataille du Jutland , pour le nouveau code allemand retrouvé dans l’épave d’un sous-marin coulé ...
Les textes codés sont parfois surchiffrés pour plus de sécurité , on parle alors de “ Placode *” , et d’ “ Énicode * “ si ce surchiffrement est pratiqué deux fois ...
Il arrive que des codes soient employés dans un but de concision et non plus de sécurité , c’est le cas du “ Code Q “ longtemps employé en aéronautique pour abréger les communications radio et qui consistait à remplacer certaines expressions ou notions par un groupe de trois lettres commençant par la lettre “ Q “ : “ QFE” =”Pression barométrique au niveau de l’aérodrome “ , “ “QRF” = “ “ J’ai fait demi-tour “ , “ QUA “ = “ Avez vous des nouvelles de ....? “ etc ...etc ...
Tombé en désuétude avec l’apparition des moyens radio modernes et la disparition de la “ graphie “ ce code survit néammoins dans l’aéronautique moderne à travers quelques groupes qui ont subsisté ..( “ QFE “ , “ QNH “ , “QBB “ , “ QBA “ etc ...)
Le thème du code a très fréquemment été utilisé dans les œuvres littéraires de fiction parmi lesquelles on peut,entre de nombreuses autres , citer : « L’île au trésor « d’ Edgar Allan Poe(1881),diverses aventures de Sherlock Homes (« La vallée de la peur « [1915]…), »Voyage au centre de la terre « de Jules Verne (1864) dans lequel le professeur Lidenbrock découvre la voie d’accès dans un manuscrit runique codé par Arne Saknussemm »Cryptonomicon « de Neal Stephenson (1999), »Le code Rebecca « de Ken Follett (1983), et le récent « Da Vinci Code « de Dan Brown (2003)….
Il existe aussi des systèmes de codage ne faisant appel ni au chiffrage ni à aucun des procédés classiques mais consistant en une disposition convenue de certains éléments d’un document .
On peut en citer comme exemple le code de disposition du timbre sur une lettre , employé par les amoureux du XIX° siècle et du début du XX° permettant de délivrer un message au destinataire à l’insu des autres observateurs …en voici une variante parmi les nombreuses ayant existé :
- Timbre droit: je pense toujours à toi!
- Timbre incliné à gauche: même lieu de rendez-vous que d’habitude!
- Timbre incliné à droite: tendres baisers!
- Timbre tête en bas: je t’aime!
- Bas du timbre incliné vers la gauche: à toi à jamais
- Bas du timbre incliné vers la droite: j’ai rêvé de toi!
Il arrive que des codes résistent longtemps au déchiffrage , voire demeurent indéchiffrés comme , par exemple le code du roi soleil demeuré indéchiffré jusqu'à l'ère moderne ou le manuscrit de Voynish toujours indéchiffré à ce jour ....
4)Aux États Unis un code spécial,le “comics* code” intéressait la BD* qu’il avait pour but de censurer en lui conservant une certaine moralité
5) Synonyme de “codex*”
6)Le “ Code Soleil * “ est un résumé des règles ,lois, usages et coutumes régissant la pratique de la profession d’instituteur.
7) Au XVIII° siècle on nommait “ Code des curés “ un document récapitulant les doléances du bas clergé à l’encontre de leur hiérarchie et des évèques
8)Sans qu’il s’agisse d’un code à proprement parler on peut faire en sorte que certaines indications ne soit comprises que par un nombre limité de personnes en utilisant des allusions littéraires , religieuses,scientifiques ou autres compréhensibles des seuls initiés .
On peut en donner comme exemple le subterfuge employé par le pape Benoît XV qui , devant choisir l’inscription figurant sur l’un de ses portraits qu’il jugeait trés peu ressemblant et ne voulant pas froisser le peintre, fit inscrire “ Mathieu 14,27.Benoît XV “ ce qui, pour le commun des mortels, ne signifie rien mais dont les fins biblistes * apprécièrent l’humour puisque les passages cités disent “ Ayez confiance ,c’est moi ; ne craignez pas “ .
10)Quelques écrivains ont eu recours à un code pour certains de leurs écrits:
-Le cas de Léonard de Vinci est bien connu , encore qu’il ne soit pas absolument certain que ses écrits aient rédigés à l’envers dans une volonté de secret mais plutôten raison du fait qu’il était gaucher (voir : “ miroir * “ )
-Descartes tint un carnet codé que Leibnitz décoda partiellement et dont il ne reste qu’une copie à finir de déchiffrer ...
Charles Dickens utilisa un code personnel pour sa correspondance
À COMLÉTER ...
11)Certains imprimeurs prétendent qu’au moment de choisir une police de caractères , il faut respecter un « Code social « visant à adapter la police choisie à la catégorie sociale ou au caractère du destinataires .....