Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
LICORNE
La licorne a, depuis les temps les plus reculés ,été un symbole fort auquel ont été attaché des valeurs ou significations variables selon les époques et les lieux.
Elle se présente sous la forme d’un cheval portant un corne torsadée sur le front ,aux sabots d’ivoire , aux dents d’acier,au corps de neige , à la tête de pourpre,écoutant avec ravissement le roucoulement des colombes et ne pouvant être dompté que par une vierge...
Animal mythique qui a suscité une abondante littérature et,tour à tour symbole de force,de puissance divine,de fécondité,d’intuition,de pureté,de religion ou de bonté,elle apparaît souvent comme motif de nombreux filigranes * anciens (535 recensés dans le “dictionnaire des filigranes “ de Briquet ...) , et a été prise pour marque * par quelques imprimeurs ou éditeurs comme , par exemple , Christophe Plantin dont la première officine portait ,vers 1570,le nom de “Licorne d’or “ , Thielman Kerver et Chappelet (Paris) ,Boulé (Lyon ) ou l’éditeur anglais “Curwen Press “ qui adopta la licorne blanche comme emblème en 1915 et figure comme sujet principal de nombreuses enluminures , en particulier sur le thème de la “ Dame à la licorne “ .
Elle fait partie du bestiaire * mythique du moyen-âge et se rencontre à ce titre dans des illustrations * , des blasons *, des ex *-libris etc ...
Elle figure en outre dans certains blasons apparaissant sur des reliures “ Aux armes * “ soit comme attribut principal soit comme élément de support du blason :l’ “Armorial du bibliophile “ de 1870 en recense une sorte à une licorne , une sorte à deux, une sorte à la licorne “ naissante “ et une sorte à trois ....
Elle est parfois nommée “ Unicorne “ ou « Brehis «
Pour ne citer qu’un seul des ouvrages qui lui ont été consacrés on peut mentionner : « De unicornum observationes novæ… » de Thomas Bartholin ( 1645)
Elle est aussi présente dans de nombreux ouvrages alchimiques ou elle y symbolise l’essence originelle du mercure .
La corne de licorne étant censée préserver des poisons de nombreuses personnes s’en munissaient en guise de « Pierre d’épreuve « (mais c’était le plus souvent un morceau de rostre de narval…. ) parmi lesquelles on peut signaler le grand inquisiteur espagnol Torquemada …d’autres ne buvant que dans un gobelet en « Corne de licorne « et les arabes utilisant des couteaux à la lame revêtue de corne de licorne pour trancher leurs viandes
..Cette vertu fut cependant dés cette époque contestée par certains dont Ambroise Paré dans son « Discours …assavoir :De la mummie *,des venins,de la licorne et de la peste « (1582)
Certains auteurs ont traité la licorne en animal bien réel comme , par exemple , Geoffrey Fule , cuisinier de la reine Philippa de Hainaut qui écrivit vers le milieu du XIV° siècle un livre de cuisine comprenant,illustrations à l’appui , une recette pour accomoder la licorne (London british library-MS additional 142012-f-137r)…sans préciser ou il se la procurait ….