Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
ACCENT
1)Petit signe placé au dessus d’une syllabe pour en préciser la prononciation ou la fonction grammaticale .
On dit qu’ils furent introduits par Aristophane de Byzance au II° siècle ajc pour faciliter l’apprentissage du grec que les enfants des romains venaient étudier à Athènes mais ... il fallut attendre le XVI° siècle pour les voir se répandre en occident .
L’accent Aigu fut introduit par Robert Estienne en 1530 (certains disent Ronsard d’autres Giles du Guez et Sylvius ,d’autres encore Geoffroy Tory...),l’accent grave sur le “ a “ par Montfleury en 1533 mais ne devint courant qu’après le XVIII° siècle ,l’accent circonflexe (aussi nommé “chevron * “ ou « Chevron brisé « ) par Plantin en 1560 (on en attribue la paternité à Gunther Zeiner en 1469 , à Jacobus Sylvius en 1531 ... et à Dolet en 1540),l’accent grave par Corneille .....
Didot inventa même un accent dit « Moyen « qui , intermédiaire entre l’accent aigu et l’accent grave était noté par un trait vertical
mais qui ne connut pas le succès .
L’un des premiers livres comportant une accentuation “ moderne “ est un ouvrage sur l’orthographe publié en 1533 par Antoine Augereau .
Dans la pratique actuelle de l’orthographe l’accentuation est souvent mise à mal ou absente et le phénomène ne peut que s’accélérer avec la multiplication grandissante des échanges écrits via des moyens informatiques : la langue anglaise qui y est omniprésente ne comporte pas d’accents, pour éviter les problèmes de compatibilité entre machines différentes il est parfois conseillé de les oublier lors de la rédaction des messages ( E *.Mail ) et , sur nombre de traitements de textes leur placement exige la mémorisation de nombreuses combinaisons de touches …
Il faut dire , à la décharge des scripteurs , que certaines règles d’accentuation sont loin d’être simples : si “ Bohême “ prend un accent circonflexe lorsqu’il désigne le pays ,il revêt l’accent grave lorsqu’il désigne ses habitants ou un mode de vie ( “ La vie de bohème “ )et le mot “ Bohémien “ prend un accent aigu !
De plus , certains mots ont vu leur dotation en accents varier au cours du temps ;c’est le cas ,par exemple , de « évènement « qui , avant que l’académie officialise son accent grave en 1979, s’écrivait « événement «
L’usage des moyens informatiques pose aussi la question des majuscules pour lesquelles l’accentuation est très souvent omise ...(et pourtant il y a une différence entre “ SALE “ et “ SALÉ “ ou entre les “ CONGRES “ et les “ CONGRÉS “ “ ....! )
Il semble à ce propos que l’évolution se fasse vers la suppression de l’accentuation des majuscules et que cette suppression , prônée par certains enseignants , soit effective dans quelques manuels scolaires ...le “ Lexique des règles typographiques en usage à l’imprimerie nationale “ et l’académie française sont pourtant formels : les majuscules doivent être accentuées !
La tendance à cette suppression viendrait du fait que les machines à, écrire classiques ne comportaient pas de majuscules accentuées et que la plupart des traitements de texte informatique n’y donnent accès que par une combinaison de plusieurs touches exigeant un effort de mémoire ( ALT+0201 pour É par exemple .dans Word ..)
L’accent circonflexe “ ^ ” ,issu du « Périspomène « grec et dont Jules Renard disait qu’il est « L’hirondelle de l’écriture « , a autrefois servi à indiquer l’abréviation * d’un mot : par exemple “ Môt “ pour “ Mont “ ou “ ôbre “ pour “ ombre ou à remplacer un « s « devenu muet …la tendance actuelle serait de le supprimer mais alors pour différencier « Mur « et « Mûr « ou « Jeune « et « Jeûne « il faudra avoir recours au contexte …..
L’usage des accents est très inégal d’une langue à l’autre , les langues Anglo-Saxonnes en comportent peu ou pas , les langues latines en usent parfois avec profusion le record* étant détenu par un mot hongrois comportant six accents suivi par les mots français “ Hétérogénéité “ et le nom propre d’un atoll polynésien “ Héréhérétué “ qui en comportent cinq .
Ces différences entre les diverses langues dans l’usage des accents induit parfois des difficultés comme par exemple lors de l’usage de claviers de saisie anglo-saxons sur lesquels les touches accentuées sont absentes et en particulier lorsqu’il s’agit de l’accentuation de langues rares comme , par exemple l’espéranto qui nécessite le recours an clavier “ Latin étendu “ assez souvent absent des logiciels usuels ...
Les graphologues ont constaté que ,en vieillissant , on décale de plus en plus les accents vers la droite …
2)Lorsqu’il désigne une intonation , accent marseillais par exemple , l’accent n’est que trés difficilement rendu par l’écrit qui doit user d’indications complémentaires au texte ou d’artifices voisins de l’onomatopée tels que “ Soupièrrre “ ou “ Frannce “....