Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
POT
Les divers « Pots « ont de nombreux rapports avec la « Chose écrite « … :
1)Format de papier dit aussi “ Écolier “ mesurant 0,31m x
2)Sorte de papier servant à l’impression des faces avant des cartes à jouer
3)Dans le langage de l’imprimerie la “Cuiller à pot “ est un composteur* profond
4)L’emblème du “Pot cassé” était celui du célèbre imprimeur Geoffroy Tory (1480/1533).( Le pot était percé d’un “ Toret * “ par allusion au nom de l’imprimeur )…on dit que cet emblème lui aurait été inspiré par des reliures génoises du XVI° siècle dites « Á l’annonciation » , ornées d’une plaque * représentant un vase fleuri ….
Un éditeur adopta la raison sociale”À l’enseigne du pot cassé” et publia dans les années 20/30 les grands textes classiques dans diverses collections (Antiqua-Lumen animi-Scripta manent etc...) aujourd’hui recherchées des amateurs en raison du soin apporté à leur réalisation :belle typographie,bois gravés de qualité,couvertures bicolores,non rognés,existence de tirages de tête* etc.....
5)Un “ Pot à crayons* ou à pinceaux * “ est un accessoire de bureau décliné en une multitude de formes et de matières et destiné à rassembler des crayons ou des pinceaux .
Une foule d’ objets dont ce n’était pas la destination première ont été recyclés pour cet usage :pistons de moteurs,sabots * de cheval,vases,récipients divers et ...même...crânes humains !
Le pot n’est pas le récipient idéal pour ranger feutres* et stylos * qui s’accommodent mieux de la position couchée et le désordre qui y règne ne facilite pas la recherche ce que Régine Detambel fait remarquer dans « Graveurs d’enfance « lorsqu’elle y écrit : « Le stylo que l’on cherche est défendu par une muraille de feutres géants ….et il n’est pas de meilleur endroit pour dissimuler un crayon court…. »
Les pots à pinceaux chinois sont nommé « Pitong «
6)Le “ Pot de chambre “ dit aussi “ Jules * “ , “ Thomas * “ ou « Michel » en Allemagne ,« Jerry « en Angleterre et « Pot de fesses « au Canada a souvent été le support d’illustrations ou de textes sentencieux et pas toujours de très bon goût , voire grivois....
Le décor classique était un œil ou une tête d’homme entouré de la devise : “ Je te vois ! “ ou , pour l’Angleterre ou cette tradition a persisté jusqu’à nos jours : “ Oh, what do i see ! “ …. »Vive la mariée « fut aussi un classique …
.Quelques devises,cependant ,ont adopté un registre moins léger comme par exemple sur un pot allemand : »Je me tiens modestement sous ton lit et je te préserve de gros ennuis ! «
D’autres , établis à titre publicitaire et souvent distribués en guise de prime, portent des inscriptions publicitaires ou des marques commerciales .
Certains pots à usage militaire ont pu porter des devises adaptées telles que “ Vive l’artilleur qui tire dans le trou ! “ et , durant les deux guerres mondiales, les anglais nommèrent « Jerry « le casque allemand en raison de son analogie de forme avec un pot de chambre …surnom qui finit par désigner les allemands eux-mêmes …
Bien que des portraits de personnalités aient été utilisés (dont celui de Hitler ...) cette iconographie * spécifique demeure d’une certaine banalité tombant souvent dans la grivoiserie et ne présente pas la variété des décors de certains autres ustensiles tels que,par exemple , les assiettes*.
Le pot de chambre a parfois eu droit de cité en littérature :
- Mme Du Deffand rapporte dans l’une de ses lettres à Mme de Choiseul que ses domestiques voulaient utiliser comme soupière un pot de chambre que celle-ci lui avait offert et qu’ils trouvaient trop beau pour l’usage auquel il était destiné ...
-Les sermons * de Bourdaloue ,dont la longueur avait provoqué la naissance du verbe « Bourdaliser « pour caractériser une verbosité excessive, , avaient suscité vers 1660 l’apparition de petits urinoirs en porcelaine utilisés par les dames et baptisés du nom de ce prédicateur .....ces ustensiles ,aujourd’hui promus au rang d’antiquité , se voient parfois de nos jours sur la table de certains amateurs ignorants qui les confondent avec des saucières ..
-Georges Sand qualifia de « pot de chambre « le livre « Lui « que Louise Colet avait écrit en réaction à la publication du roman « Elle et lui «inspiré par ses amours avec Alfred de Musset …
Et pour conclure , on peut remarquer qu’ils ont souvent voisinés avec les livres de la « Bibliothèque bleue * « dans la hotte des colporteurs ….
Les pots de chambre ont leurs collectionneurs nommés « Noctévasophiles « ou plus trivialement « Pissadouphilistes «
On peut rencontrer l’apellation « Scaphium « désignant le pot en usage dans l’antiquité ….
7)Les “ Pots à tabac “ anthropomorphes ont souvent pris le visage de célébrités de la chose écrite et Victor Hugo , Balzac et bien d’autres furent “ Statufiés “ de la sorte notamment par le céramiste autrichien Bernhard Bloch à la fin du XIX°siècle .
Flaubert , pour sa part ,usait d’un pot à tabac en forme de crâne sur lequel rampaient des lézards et des crapauds aujourd’hui conservé dans ce qui reste de sa maison de Croisset
Stéphane Mallarmé mettait à la disposition des auteurs fréquentant ses “ Mardis * littéraires “ un pot à tabac en porcelaine de chine .
Certains pots à tabac portent des devises ou des sentences ou , à l’instar des assiettes « Chantantes * », des partitions de musique et des extraits de chansons .
8)L’anodin pot de confiture a souvent vu autrefois son couvercle de papier constitué par une page d’un livre alors jugé sans intérêt ...on imagine volontiers un pot dont l’opercule constitué d’une page de la “Justine “ du marquis de Sade aurait permis au lecteur de commettre avec délices le double péché simultané de la luxure et de la gourmandise !
9) Et l’on ne peut pas ignorer les pots à pharmacie qui sont des supports de la chose écrite souvent très ornés collectionnés par les « Pharmaképhiles «
Si leur usage n’est plus à présent que décoratif , ils ont longtemps eu un rôle utilitaire et ont été déclinés dans des styles très divers allant des pots de faïence ou de porcelaine au décor polychrome et aux inscriptions églomisées * aux bocaux de verre simples ne portant qu’une simple étiquette
Il en a existé une multitude de forme allant des bocaux de taille ordinaire aux gigantesques flacons de vitrine parfois nommés gourdes .
Selon leurs formes on peut rencontrer les appellations : Albarelle,Chevrette , Bouteille,Pot à canon , ou à Thériaque , Pot de monstre etc .....
Leur décor dans le goût de leur époque fait des références très variées Bâton d’ Esculape,Coupe d’ Hygie , serpent ,rochers, palmiers ,fleurs,anges erc .... à la médecine et à ses dieux mythologiques ,à la pharmacopée,et aux règnes minéral, végétal et animal :
Les inscriptions , d’abord en latin puis en français sont fréquemment abrégées , les abréviations étant suivies de deux points superposés ( : )
Les désignations latines (Digitalis ...Oleum Lauri EtC.. ;) sont si nombreuses que Le pharmacien du XIX° siècle Paul Dorvault les a rassemblées dans un lexique donnant leur traduction en français
Les pots de faience souvent réputés être en « Vieux Paris « ont eu de nombreux fabricants parmi lesquels on peut citer : Acloque,Vignier,Gosse, Collin, Deroche,Fontemoing & Peygney,Lefebure ,Vimeux ,Bobin,Pochet,Tissier etc ....
Leur identification est affaire d’expert car tous ne portent pas de marques de fabrique et l’engouement des collectionneurs a suscité l’apparition de nombreux faux
Pour conclure on peut remarquer que les quelques pharmacies qui arborent encore des pots sur leurs rayons ne le font qu’à titre décoratif et en utilisant des copies contemporaines ....
10)Les marbreurs nommaient « Pot à beurre « le récipient contenant la gomme qu’ils utilisaient et qu’ils agitaient à l’aide d’une tige de bois nommée mouvette*
11) L’expression anglaise « Pot Boiler « désigne la « Littérature alimentaire* «