Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
BOÎTE
1)En typographie
-Synonyme de : “Casse* “ et aussi de l’ atelier lui-même avec parfois une connotation péjorative .
-La “Boite à merde “ est l’encrier de la presse mécanique .
-La “ Boite aux pâtés “ servait à rassembler les caractères défectueux mis au rebut et avait un usage analogue au “ Cassetin * du diable * “ et au “ Sabot * “
- “Faire sa boite ” signifie : distribuer les caractères*.
-Sur les presses anciennes la boite était une pièce de bois servant à centrer la vis .
Dans le cadre des rites initiatiques d’admission nombre d’apprentis se sont vus confier la mission de chercher une hypothétique « Boîte à guillemets » qu’ils n’ont jamais trouvée …
2)Étui* de carton réalisé aux dimensions d’un ouvrage et destiné à l’abriter:quand il est totalement fermé on parle parfois de “ Livre- boîte “ cette dernière appellation étant parfois rencontrée pour désigner assez improprement les “ Schraub * médaille “
Ces étuis sont réalisés par les relieurs * mais peuvent l’être aussi par les layetiers * (là ou ils existent encore ...)
La bibliothèque nationale ,qui en emploie beaucoup ,a mis au point un système informatique qui ,en transmettant au fabricant les côtes et le poids de l’ouvrage à protéger , permet à celui-ci de confectionner une boîte adaptée sans manipulations physiques du livre à protéger .
La “ Mise en boîte “ est parfois adoptée par certains bibliophiles qui trouvent commode de regrouper sous un même contenant tout ce qui concerne un seul et même objet .
Le procédé a parfois été adopté pour dissimuler des ouvrages interdits et dans son livre “ Le bonheur de vivre en enfer “ , Emmanuel Pierrat cite le cas d’un samizdat * de Boulgakov présenté sous forme de clichés placés dans une boîte * et mélangés à des photos de famille .
Le même ouvrage signale également le néologisme “ Biliopyxidiste * “ désignant les collectionneurs mettant leurs livres dans des boîtes .
²Certains collections d’ouvrages éditées sous emboîtage sont qualifiées de « Bibliothèques* portative , du voyageur, des dames ,de l’enfance etc … »
3)Étal de bouquiniste sur les quais de Paris constitué d’une caisse fixée à cheval sur le parapet dans laquelle les amateurs viennent fouiner*: on parlait parfois de “ Boite à quatre sous “ pour désigner les étals à bon marché .
Les boites mesurent deux mètres et,nombre de bouquinistes en possédant quatre, l’exercice de laprofession est parfois nommé par la métaphore “ Faire ses huit mètres “ .
Parmi bien d’autres Léo Larguier a chanté leur charme :
“Je connais chaque boîte et tous les bouquinistes
Sédentaires ainsi que de vieux alchimistes ...”
4)Etui de carton ou d’autre matière servant à contenir divers accessoires du domaine de l’écrit:papier*,crayons,plumes, timbres etc... ou de domaines divers mais dont la décoration comporte souvent un texte écrit et décorées selon une multitude de techniques : peinture , laque * ,”Fixé * sous verre “ ,lithographie * etc ...
Les plus recherchées semblent être les boites de plumes dont il existe une infinie variété ...leurs collectionneurs sont des “ pyxicalamophiles * “mais il existe aussi des “ Pyxiatélophilistes * “qui collectionnent les boîtes à timbres * , des “ Pyxilithophilistes * “ qui collectionnent les boîtes portant un décor ou des inscriptions réalisées par un procédé lithographique * et des « Publipyximétaphiles * « qui collectionnent les boîtes publicitaires .
Les boîtes à timbres sont apparues en Angleterre vers 1840 et en France vers 1854 .
Destinées à conserver les timbres et à en permettre un usage commode certaines bénéficiairent immédiatement de commodités telles que distributeur à ressort, humecteur* intégré ou couplage avec un Pèse*-lettres. ou/et un encrier
Pour ce qui est de leur aspect elles furent déclinées en toutes les matières(métal, carton, bois, paille etc …) et leur forme varia de la simple boîte à tous les sujets imaginables : animaux, bureau, trône,enveloppe etc..etc ..
-Certains livres ont été transformés en boîtes par suppression des cahiers : c’est le cas , par exemple , d’un livre de fête * aux armes de Louis XV établi à l’occasion du mariage du dauphin avec sa seconde épouse Marie-Josèphe de Saxe qui figura , transformé en boîte à la vente des livres de Roger Peyrefitte en 1977.
Parfois ce sont plusieurs livres qui sont accolés et creusés pour créer une boîte de grandes dimensions .
D’autres livres ne le sont que partiellement et sont aménagés pour le rangement de lunettes * ou,comme certains manuels de changeur ,pour le logement d’un trébuchet.
D’autres boîtes encore sont , dés l’origine, façonnées en forme de livres et s’apparentent alors d’avantage au “ Livre feint * “
Certains relieurs, Randeynes & fils dans les années 30 par exemple ,s’étaient fait une spécialité de la transformation de livres en boîtes
5)Certains livres “ à système * “ comportent une boîte à musique* ,parfois nommée « Componium* « pour produire un effet sonore en rapport avec le contenu du livre :ce dispositif peut être actionné par ressort , manivelle * ou , pour les plus modernes, être électronique (mais on dit plutôt “ puce * “ dans ce cas ...)
D’autres forment des “ Boites - bibliothèques “ en forme de meuble abritant une série de livres miniatures * en général destinée à la jeunesse .
6)En matière d’administration postale on distingue :
A)Les boîtes destinées à la collecte du courrier à expédier dont les premières ,nommées “ Boëtes pour les lettres “ “ ,furent mises en service à Paris par Renouard de Villayer vers 1653 ; d’abord à usage interne puis pour la “grande poste “.
Sous diverses appellations (“Boîte de la poste “ [académie 1788] ) elles ont ensuite ont donné lieu à une foule de déclinaisons :
- “ Boites à la fleur de lys “ portatives et en bois.
-Boîtes fixes en bois puis vers 1895 bornes en fonte supportant des « Réclames * « .
-Boites “ Mougeotte “murales ou sur pied mises en service en 1899 par Louis Mougeot alors sous-secrétaire d’état aux postes et télégraphes : en fonte de couleur bronze et décorées de palmettes, feuilles d’acanthe et écailles, elles avaient l’inconvénient d’être peu faciles à vider .
-Boîtes Lanaud mises en service vers 1900 et comportant deux compartiments pour le courrier intra-muros et pour le courrier extérieur ;elles eurent peu de succès…
-Boites “ Vincent “ mises en service en 1908 par le sous-secrétaire d’état Simyan :de couleur vert empire rehaussé d’or elles arboraient l’emblème du coq gaulois et avaient un fond incliné facilitant leur vidage .
-Boîtes « Symianette « inventées par le sous-secrétaire d’état à la poste Symian en 1908 : en fonte de couleur bronze et décorées du coq gaulois certains modèles avaient un fond incliné pour faciliter leur vidange…..elles ne survécurent pas au départ deleur inventeur …
-Boites en tôle apparues en 1911 et toujours vertes avant de passer au bleu foncé en 1912.
-Boîtes « Delachenal « :
-Fixes en tôle de couleur bleue et munies d’un écusson « RF « doré.(1918)
-Mobiles dites « de gare » destinées au courrier déposé dans les gares pour être embarqué dans les wagons postaux au passage du train .(1930)
-Boites en tôle “Foulon “ apparues en 1929 sous une livrée bleu foncé pour le courrier normal et bleu clair pour le courrier aérien.
-Boites type « Dejoie «(1950)en fonte d’aluminium ,de couleur bleue,murales ou sur pied .
Suivront divers modèles avec adoption de la couleur jaune plus visible .
-La boîte à lettre la plus isolée du monde se trouve aux îles Galapagos et le courrier qui y est déposé n’est relevé que trés épisodiquement par les navires de passage.
Il existe des collectionneurs de boîtes à lettres qui sont nommés « Pyxilitteraphilistes* «
-Les Wagons postaux ont durant longtemps comporté une boîte aux lettres , certains d’entr’eux ayant été à une certaine époque la seule boîte disponible pour toute une région : c’est le cas du Wagon qui desservait au début du XX° siècle la ligne Rosheim-Ottrott en Alsace, wagon qu est en passe d’être classé monument historique .
Beaucoup l’ont célébrée dans leurs écrits , parfois en lui donnant des noms inattendus comme par exemple lorsque Sébastien Lapaque désigne « Comprador * « une boîte* aux lettres dans « Théorie de la carte postale » : « …ce truchement mimosa de ses bonnes et mauvaises humeurs ,ce comprador de ses mots rouges… »
B)Les « Boîtes à caractères « qui contenaient l’assortiment de caractères typographiques nécessaires à la mise à jour quotidienne des tampons* d’oblitération des timbres.
C)Les boîtes idividuelles des particuliers destinées à abriter le courrier dont ils sont destinataires dont l’apparition est plus tardive que celle des boîtes de départ mais très difficile à dater de façon précise .
Elles n’ont longtemps eu aucun type standard et la plus grande fantaisie a pu s’exprimer dans leur conception jusqu’a ce qu’une norme les réglemente à partir de 1979.
7) -Une “ Boîte aux lettres morte “ est une appellation utilisée par les espions pour désigner une cache sur la voie publique ( trou de mur,banc de square, poubelle etc ...) servant à l’échange de courrier entre deux personnes qui ne se rencontrent jamais .
Par opposition , une « Boîte à lettres vivante « est une personne servant d’intermédiaire dans la transmission de renseignements .
8)Pour les imprimeurs en taille douce le mot peut désigner deux choses:
-Un accessoire en bois en forme d’arc utilisé pour faire tourner le rouleau de la presse.
-Une sorte de réchaud à braise utilisé pour réchauffer les plaques gravées avant leur encrage .
9)Dans certaines régions (Isère par exemple ..) le mot désigne un claquoir * en forme de livre .
10)Certaines boîtes destinées à contenir des matières qui n’ont rien à voir avec le domaine de l’écrit s’y rattachent cependant lorsqu’elles portent un texte imprimé ou un dessin : c’est , entr’autres , le cas des boîtes lithographiées dont les collectionneurs sont les “ Pyxilithophilistes * “ et des boîtes publicitaires collectionnées par les “ Publipyximétaphiles * “
Ces boîtes en tôle, ornées de lithographies à compter de 1877, furent l’un des premiers supports publicitaires .
Certaines d’entr’elles ont par ailleurs été utilisées pour la réalisation de livres d’artiste * comme par exemple pour celui présenté en 2010 par Mya Frey La Coutellerie à l’expostion des livres miniatures de Lyon et qui s’enroule dans une boîte à sardines .
11)Les graveurs pratiquant l’aquatinte * nomment “ Boîte à grains “ une sorte de grosse salière leur permettant de répandre uniformément la résine sur la plaque à graver ;
12)Certains livres ou florilèges * portent ce titre comme , par exemple, “La boîte à esprit “ (collectif-1801),ou”La boîte en argent “ de John Galsworthy(1906)
13)Dans l’argot du XIX° siècle la tête d’un écrivain ou d’un homme de lettres était parfois qualifiée de “ Boîte à surprises “ .(Delveau ) et le sexe féminin de « Boîte à lettres « .
14)Les messagers d’autrefois parfois nommés “ Messagers à boîte * “ étaient munis de boîtes ou de coffrets * très solidement construits , fermant à clé et comportant sur le dessus un compartiment séparé destiné à abriter le « passeport * « accréditant le porteur en cas de contrôle .
Ces coffrets,attachés à la ceinture ou portés en bandoulière, comportaient tous , à l’intérieur de leurs deux couvercles, des images pieuses qui , en raison de leur situation ont la plupart du temps été très bien conservées ,certaines d’entr’elles étant même devenues des pièces uniques .
Lorsque ces boîtes étaient destinées au service de personnages importants , elles pouvaient être de réalisation luxueuse comme, par exemple , celle commandée par Jean le Bon en 1352 qui , émaillée aux armes du dauphin et diaprée de feuillages, avait coûté 75 livres(# 2500 € ..)
Au fil du temps ces boîtes sont devenues non fonctionnelles et , au XVII° siècle , elles n’étaient plus qu’un insigne symbolique de fonction …certaines d’entr’elles ,conservées de nos jours dans des musées, sont encore parfois arborées en certaines circonstances comme , par exemple , à Ribeauvillé ou l’appariteur municipal l’exhibe lors des fêtes sur sa tenue de cérémonie .
15) On emploie parfois l’expression « Boîte à outils « pour désigner la panoplie des moyens employés par un écrivain pour la réalisation de son œuvre : outre les outils matériels tels que plume, encrier , etc ….peuvent y entrer dictionnaires , ouvrages de références , banques de données numériques ,presse , enquêtes de terrin , photographies etc….etc…