Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
LIGNE
1)Série de mots disposés côte à côte sur la largeur d’une page et , aussi trait destiné à servir de guide à l’écriture.
La longueur des lignes est réglée lors de la justification* et conditionne en grande partie l’harmonie de la page.
Le coût de l’impression d’un ouvrage est fonction de son nombre de lignes...
Si l’écriture manuscrite moderne s’inscrit au dessus de la ligne tracée , la pratique était inverse dans le passé et nombre de textes anciens sont calligraphiés sous les lignes préalablement tracées .
Les fins de lignes ont toujours posé les délicats problèmes de la justification * et de la coupure des mots .
Les manuscrits anciens témoignent de ces soucis de diverses manières:
-Graphie resserrée (ce serait l’origine du « Monogramme * « …) ou ,au contraire étendue , pour rester dans les limites de la ligne.
-Pointillés en fin de ligne ou décors dits « Bouts* de lignes «
pour remplir les blancs et empêcher des ajouts .
On peut citer quelques lignes particulières et quelques expressions ou ce mot intervient:
-Ligne de tête: Première ligne d’une page.
-Ligne de pied ou « de blanc « :Ligne du bas de la page.
-Ligne en blanc ou de blanc:ligne laissée blanche et sans impression.
-Lire entre les lignes:-ce gallicisme désigne le fait de deviner les intentions non écrites par le rédacteur d’un texte .Deviner le sens caché d’un texte
-Ligne à voleur:ligne courte qui aurait pu compléter la ligne précédente .
-Ligne bloc:Ligne fondue d’un bloc par les machines à composer (linotype*)
-Ligne principale :Ligne qui ,dans un texte, doit être vue d’abord.
-Ligne perdue:Ligne qui comporte un blanc* à chaque extrémité.
-”Ligne Vedette * “ : ligne mise en valeur pour attirer l’attention .
-Tirer à la ligne: ou “ Pêcher à la ligne “ chercher à terminer un alinéa par une ligne courte et aussi allonger volontairement un texte payé à la ligne (voir ci-dessous )
-Ligne pleine:Qui se termine aux deux extrémités par une lettre ou un signe.
-Ligne pointée : constituée de pointillés *;elle est employée à une multitude d’usages et , sur les manuscrits anciens , signalait une citation défectueuse .
2)En matière de bande dessinée:
-Ligne claire* :Terme inventé par Joost Swarte (« Klare Lijn ») vers 1977 pour désigner un style clair ,dépouillé,sans dégradés et une illustration simple et très réaliste avec des bulles* généralement carrées:le créateur en est Hergé suivi de nombreux autres tels E. Jacobs,J. Martin,Bob de Moor etc …..
-Ligne “crade*”:Terme de BD* désignant un style dont les personnages sont sales ,vulgaires ou ignobles:Le créateur en est Reiser.
-Ligne Atome* : Style de BD trés épuré voisin de la ligne claire*.
-Ligne frêle : Style aux traits grêles et tremblés .
-Ligne Gore : Style mettant l’accent sur le sanglant et l’horrible .
Mais selon les domaines concernés , il existe une multitude de lignes diverses : géométriques,équinoxiales, de terre, de sation , horaires, sous-stylaires,des syzigies,des nœuds,proportionnelles etc …etc …
3)On emploie parfois le mot pour désigner l’ensemble des illustrations d’un ouvrage ...il est alors un peu synonyme de “ Suite * “
4)On nomme « mise en ligne « l’action de publier un ouvrage sur un site internet :lorsque cette publication est faite illégalement elle s’apparente aux moyens de piratage classiques que sont le « Photocopillage * « et le « Scannage * « mais avec un lectorat potentiel infiniment supérieur . j
5) Certains écrivains tel Émile Zola ont pris pour devise l’adage latin « Nulla die sine linea « : « Pas un jour sans une ligne «
6)Et il ne faut pas oublier les « Lignes-punition » qui furent si courantes dans l’école d’autrefois ou elles étaient infligées par paquets de « Cent lignes « , une variante plus éducative consistant à conjuguer un verbe à tous les temps de tous les modes ….
Certains auteurs surréalistes , Marcel Lecomte notamment ,s’infligèrent à eux-même ce genre de « punitions « en recopiant des dizaines de fois une phrase telle que : « J’accomplis ma tâche avec toujours plus de souplesses servile « qu’ils envoyaient en guise de lettre à leurs correspondants .
7)Nombre d’auteurs de romans populaires ou de feuilletons * furent payés à la ligne , cette rémunération modeste, 5 à 10 centimes la ligne , entraînant chez certains une forte tendance , dite « Tirer à la ligne « , à allonger artificiellement leur texte