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Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .

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LISIBILITÉ    .

 

 

LISIBILITÉ                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  

           

            Qualifie la facilité avec laquelle un écrit peut être lu.

            La lisibilité d’un livre dépend de beaucoup de facteurs dont :longueur des lignes  ,interlignage*,couleur et texture du papier,nature et corps * des caractères d’imprimerie choisis ( leur largeur comptant plus que leur hauteur ...),destination du texte ,lecture de prés ou de loin ,  etc.... :c’est l’assemblage harmonieux de ces caractéristiques qui donne une bonne lisibilité et il faut  savoir , par exemple , qu’ un texte en corps inférieur à 7 devient difficilement lisible ou que  l’italique et la capitale , ralentissent  la lecture ….

 

            Il est à noter que lorsque l’on parle de lisibilité il ne s’agit que de la facilité de lecture résultant des éléments matériels et non de la facilité de compréhension du texte qui , elle est  nommée “ intelligibilité * “    :un texte très difficile,voire incompréhensible ,peut être imprimé de façon très lisible....

 

            Cette préoccupation est ancienne:Pétrarque reprochait déjà aux copistes * de son époque de la négliger et de nombreuses personnes se sont souciées de ce problème dont , au XVIII° siècle , Anisson , directeur de l’imprimerie royale  puis ,au XX° le directeur du laboratoire d’ophtalmologie de la Salpétrière qui publia en 1905  une “ Physiologie de la lecture et de l’écriture “

 

            Les investigations ont concerné la rapidité de perception ( Tachitoscope * ),la perceptibilité ( distance, vision latérale…),la fatigue visuelle , les mouvements oculaires , les cillements etc ….

 

            De nombreuses expériences ont été menées concernant les couleurs de fond et d’impression donnant les meilleures lisibilités : l’un des meilleurs résultats est une impression noire sur fond jaune ,le plus mauvais étant une impression rouge sur fond vert ou bleu ...ces expériences semblent bien ignorées de nombre de concepteurs de publications modernes ou de sous-titreurs de films  qui ,pour un parti-pris d’esthétisme global de la page,négligent totalement sa lisibilité et choisissent des caractères trop petits et de couleur ne s’harmonisant pas avec le fonds sur lequel ils sont imprimés voire provoquant des illusions d’optique du plus désagréable effet ....

 

            Et que dire de certaines impressions “ artistiques “ réalisées en noir sur noir  ?....le livre “ Blackness  “ ( Brighton 1983 ) réalisé de la sorte et qui n’est  “ lisible “ qu’en raison des différences de texture ou de matité entre les encres du fond et de la typographie doit-il être considéré comme un livre à part entière ou comme un livre-objet ?

 

            D’autres travaux ont été menés visant à conserver une lisibilité minimale tout en réduisant les frais d’impression ...ce fut le cas ,par exemple d’un notaire ,maître Leclair qui ,en 1843, proposa de n’imprimer que la partie supérieure des lettres au prétexte que le lecteur faisait une acquisition globale de la page et ne regardait pas la partie inférieure des caractère...proposition qui n’eût aucun succès....!

 

            Dans le même esprit , l’université de Cambridge,se basant sur le fait que l’acquisition des mots se fait globalement et non lettre à lettre, a procédé à des essais démontrant que , pourvu que la première et la dernière lettre des mots restent à leur place ,l’ordre des lettres intermédiaires n’intervient que peu dans la lisibilité d’un mot : c’est ainsi que le texte “ Sleon une édtue de l’uvinertisé de Cmabrigde , l’odrre des ltteers dnas un mto n’a pas d’ipmrotncae  “ est lu sans réelles difficultés  par la plupart des lecteurs.

 

            Certaines études récentes  tendent à montrer que  , pourvu que le sens de la phrase soit logique le cerveau est capable d’en décrypter  le sens  même si la rédaction en est très fautive : le docteur Jean-Jacques Charbonier en donne des exemples dans son ouvrage « La Conscience intuitive extra-Neuronale » :

« La cencsoiene est un gnard msyèrte puor l’hnuamtié »

(« La conscience est un grand mystère pour l’humanité « )

  Mais si le sens du  texte fautif n’a pas de logique  ou s’il diffère totalement des schémas de pensée habituels il ne sera lu que très difficilement ou pas du tout :

            Ainsi le texte ci-dessous tenant du «  cadavre* exquis »ne sera que difficilement d écrypté …

            « La fraige mgeana un rpoblmie eetetrsrtrerxe qui rluoe un pqreerout « 

            («La girafe mangea un plombier extraterrestre qui roule un perroquet « )

 

            Des phénomènes psychologiques entrent aussi en compte dans la lisibilité d’un texte et il est  courant de constater que ses fautes  et imperfections apparaissent beaucoup plus nettement sur une page imprimée que sur un manuscrit   , la remarque restant valable pour le traitement de texte  concernant lequel les fautes sont souvent moins visibles à l’écran que sur un tirage papier ...Le cardinal Du Perron faisait déjà cette remarque au XVIII° siècle lorsqu’il disait qu’ » on juge mieux  des défauts d’un ouvrage  quand il est imprimé  et qu’il serait  à souhaiter qu’on fit toujours  une édition préliminaire  pour l’auteur et un petit nombre des des amis « 

            Si , d’une façon générale, c’est une lisibilité toujours meilleure qui est recherchée ,il arrive que, pour quelques cas précis, ce soit l’inverse....c’est , entre autres , le cas de certains messages publicitaires rédigés de façon volontairement peu lisible pour forcer l’attention du lecteur ou de certaines clauses de contrats (assurances ....) conçues de façon à en rendre la lecture peu commode et  rebutante ....ou à y camoufler un «  Sous*-Marin « (Voir à ce mot : * )

            Un cas particulier est constitué par les écritures anciennes qui demandent toutes un certain entraînement,t pour être lues mais dont certaines se caractérisèrent par une toute particulière difficulté de déchiffrement : c’est , entr’autres le cas des écritures curiale * et bollatique  *

            Les manuscrits d’auteurs difficiles à lire sont innombrables ...parmi les anciens , citons Saint Thomas d’ Aquin ...mais on pourrait  y ajouter Balzac , Flaubert , Victor Hugo et bien d’autres ….

 

            Concernant ces manuscrits , Ménage recommandait de ne fournir aux imprimeurs que des manuscrits difficilement lisibles afin qu’ils ne soient pas confiés à des apprentis !

 

            On peut aussi remarquer que l’écriture identique des « i » et des j* «  ainsi que des « u » et des « v* » qui fut longtemps de mise ne contribuait pas à faciliter la lisibilité des texte ainsi rédigés …            

De nombreux chercheurs,Laine et Villemereux par exemple, se sont penchés sur le cas des manuels scolaires qui , d’une façon générale sont très lisibles , encore que la tendance actuelle de présenter des textes  avec de nombreux « incrusts * «  ou «  encarts * «  puisse être discutée ….( Voir à ces mots : * )

            Durant longtemps  les graphistes et imprimeurs tinrent compte des recommandations  émises au début du XX° siècle par l’ ophtalmomologiste Louis Émile Javal  avec en arrière-plan l’idée que le caractère le plus lisible é »tait le plus beau puisdes études  de lisibilité furent entreprises , notamment dans les années 70  par  le département de «  Lisibilité des imprimés «  du Royal collège of art  qui utilisa le test du  « Clignements «   consistant à noter le nombre de clignements de paupières d’un lecteur au cours de la lecture d’un  texte ...

 

            2)Le mot est souvent employé au figuré pour qualifier  la facilité de compréhension d’un chose , fut-elle non écrite ;

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