Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
MACABRE
1)Les reliures “ Macabres “ sont des reliures à décor funèbre parfois improprement nommées “ De Deuil* “ et comportant des décors, attributs ou fers * tels que candélabres,faux, larmes, têtes de mort ,ossements, sabliers simples ou chargés d’ossements,croix tréflées, toilesd’araignées , lanternes , marottes,fleurs ,cadavre dans son linceul , cercueils, chien hurlant à la mort,torches renversées, pelles,bêches, pioches, cloches, chandelier, bénitier et son aspersoir, flêches, catafalque , cordes,ailes du temps,devises telles que « Hodie mihi, cras tibi « ( « Aujourd’hui moi, demain toi « )etc …. etc …
On connaît plusieurs reliures de ce genre portant les armes d’Henri III qui en fut friand : »Psautier de David « (Jamet Mettayer-1586-) par exemple ….
Peu prisée de nos jours ,elle perdura cependant jusqu’au XIX° siècle en se cantonnant aux sujets funèbres : « Le triomphe de la mort » de Holbein par exemple (1780) relié au XIX° avec attributs funèbres, larmes, crânes ,certaines œuvres de Charles Baudelaire .etc ..
Quelques auteurs ont introduit dans leurs manuscrits des attributs macabres : c’est le cas de certains « Tombeaux * « mais aussi de mémoires comme ceux de Saint Simon qui nota le décès de son épouse dans ses mémoires par une ligne complète de Croix et de larmes
2)Les livres à sujet macabre ou comportant des passages dits « Gore * « de cette sorte sont légion avec , cependant une plus grande fréquence dans le roman policier * ,le roman noir*,le roman Gothique * ou le roman fantastique * .
3)Les “Danse macabre” sont des ouvrages très prisés au moyen-age comportant des illustrations présentant la mort prenant riches et pauvres sans distinction.
L’origine de l’appellation paraît être la » Chorea machabæorum »(danse des Macchabées )qui était une sorte de farandole religieuse que chacun quittait à son tour .
Le premier ouvrage du genre semble être la “ Danse macabre “ de Guyot Marchant datée de 1485 en qui certains voient la copie de la fresque qui ornait le cimetière des innocents à Paris (1424); elle fut suivie de nombreuses autres éditions et d’encore plus de copies avant de gagner la province ou l’un des premiers ouvrages du genre réalisé hors Paris, “ La grant danse macabre “ , fut établi en 1499 par Mathieu Husz ,imprimeur à Lyon...qui n’hésita pas à montrer la mort s’emparant des imprimeurs d’un atelier de typographie .
A côté des ouvrages dont la “ Danse macabre “ est le sujet principal , il en existe nombre d’autres dans lesquels elle intervient au titre d’illustration accessoire : “ Livres d’heures * “, “ La nef des fous “ , “ La chronique de Nurenberg “ » Les trois morts et les trois vifs « par exemple ....
Elle fut parfois déclinée de façon plus originale comme , par exemple , dans “L’alphabet * des morts “ de Holbein (XVI° siècle ) qui présente en outre la particularité d’employer des iconophores * bien avant la date de naissance qu’on leur attribue habituellement .
Le thème du temps s’y accordant assez bien elle fut aussi déclinée en calendriers dont certains mettent en regard signes du zodiaque et figures macabres …
Par extension , l’expression “ Danse macabre “ est parfois employée pour désigner tout ouvrage apparenté aux « Ars Moriendi « dont le sujet principal est une réflexion sur la mort ou les fins dernières .
4) André Antibi a découvert en 1988 qu’il existerait,en matière de docimologie (art de la notation des examens ...) un phénomène qu’il nomme « Constante * macabre « et qu’il définit ainsi : « Par constante macabre j’entends qu’inconsciemment les enseignants s’arrangent toujours , sous la pression de la société ,pour mettre un certain pourcentage de mauvaises notes. Ce pourcentage est la constante macabre «