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Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .

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LANTERNE

 

LANTERNE

 

            1)Lanterne magique :                                                                                                                              813-803/301-784/31-596n°1/2005p29 -917/482-228-923/154 -925/234 -967/15-693n°61p14-1059n°24 -1232 p 556

                             )La “ Lanterne magique  “ est un appareil optique permettant de projeter une image ou un texte sur un écran.

                              D’abord baptisée  « Catadioptrique » , »Thaumaturgique «  , «  Mégalographique « , «  Lampascope «, «  Fantascope «     l’appareil  prit cette appellation à partir de   1668.

                                Elle aurait été inventée vers 1639 soit  par le hollandais Huygens soit  par le père jésuite allemand Athanase   Kircher soit par  un curé romain nommé Mathieu Campani  (ou les trois  simultanément ?...) mais il y eût probablement des réalisations plus anciennes car on cite Apollonius de Tyane (1° s.) comme utilisateur (des vestiges  de cet appareil ont été découverts à Herculanum…), Roger Bacon ( XIII° s.)qui serait l’inventeur de son type “Moderne “  , Léonard de Vinci qui le perfectionna et Della porta  qui aurait donné le premier spectacle en 1646...

                                Longtemps peu accessible à l’usage privé c’est le ferblantier  Auguste Lapierre qui , vers 1843,en vulgarisa l’usage par une fabrication industrielle .

                                L’une de ses premières descriptions détaillées figure dans l’ouvrage du père Kircher “ Ars magna lucis et umbræ in mundi  “ daté de 1645 et l’ appelation «  Lanterne magique «  est apparue en 1668…

                                Les plaques projetées étaient en verre et les sujets dessinés et peints à la main dans un premier temps puis reportés d’après une épreuve imprimée ensuite  et enfin imprimées directement sur le verre , des dispositifs de plaques multiples permettant de recréer l’illusion du mouvement

                               Elle fut d’abord présentée comme attraction foraine par des « Montreurs de lanterne « et des bateleurs  savoyards ou auvergnats parfois  nommés «  Termaji * «se déplaçant comme les colporteurs *  

                              Puis vint son utilisation à des fins didactiques , d’abord par  le marquis de Paroy (par ailleurs inventeur du” Tour * à portrait “ )  qui , pour l’éducation des enfants de Louis XVI, fit réaliser des vues historiques , géographiques , bibliques etc ...puis par

          Madame de Genlis qui  l’utilisa  pour l’enseignement de l’histoire et de la géographie au futur roi Louis Philippe , précurseurs qui furent suivis  de bien d’autres dont L’abbé Moigno qui ,au second empire,  fut surnommé l’” Apôtre de la projection  “ tant il mettait d’ardeur à la vulgarisation des sciences par ce moyen . 

                                 Considérée à ses débuts comme un objet un peu magique,voire diabolique  on la surnomma la  “ Lanterne de la peur  “ et les projections ,souvent qualifiées de “ Fantasmagories  “ ,    suscitèrent  des commentaires émerveillés comme celui de Charles Patin  qui,après avoir assisté à une projection du célèbre Griendel (ou Gundler ..),   écrit en 1676 : “ Il ( le projectionniste ...) remue les ombres comme il veut et  sans le secours des enfers je vis des spectres ....”  ....l’un de ses premiers modèles était d’ailleurs nommé “ Kinéphantascope  “ ....

                                    Elle devint ensuite rapidement un objet ludique et un jouet  disposant d’une importante série de plaques adaptées

             

                                    La lanterne magique à permis la présentation collective de nombreuses œuvres littéraires adaptées pour cet usage mais aussi des sciences , de la géographie , de l’histoire , sans oublier les œuvres de distraction destinées à la jeunesse .

                                   Elle accompagna les progrès de la photographie naissante et contribua à sa diffusion comme , par exemple , lors des projections d’autochromes * effectuées vers 1908 par  Gervais Courtellemont lors des conférences contant ses voyages .

                                  Elle figura très tôt dans le matériel pédagogique des écoles des villes dont le budget communal en permettait l’acquisition ….les écoles des  petites villes et des campagnes demeurant des parentes pauvres dans ce domaine …sauf dans quelques cas ou des instituteurs passionnés acquirent cet appareil sur leurs propres deniers …alors que quelques autres ,rétifs au progrès, en refusaient l’usage …

                                 Les modèles à usage scolaire furent très variés : à pétrole , à arc système Dubosq,électrique à incandescence système Mazo etc …

                                 Son usage  s’est poursuivi durant tout le XIX° et une bonne partie du XX° siècle et son utilisation dans les années 1940/50 était encore si courante que presque toutes les aventures de “ Tintin “ eurent leur version en noir et blanc destinée à la projection fixe ....on peut même estimer qu’elle est encore en usage si l’on veut  bien considérer que les rétroprojecteurs *, épidiascopes  et projecteurs de diapositives  en sont les ultimes évolutions ...

                                 Outre le fait qu’elle a été un incontournable vecteur de la chose écrite, elle a suscité  la rédaction d’ouvrages de plusieurs  sortes :

                             -Traités destinés aux projectionnistes contenants conseils et directives pour mener à bien les séances de projection :” Ars magna lucis et ombræ “ de Kircher (1639 ?) “ L’art des projections “ de l’abbé Moigno (1872) ,”Le grand manuel de  projection  “ de Albert ( 1897), “Traité général des projections  “ de Trutat ( 1897) etc ...

            L’union des conférenciers projectionniste fonda même une bibliothèque ou l’on pouvait consulter les ouvrages spécialisés et louer des séries de plaques.( “ Magicothèque  “  ?...” Lanternothèque “  ? ...”Fantasthèque  “ ?...”Phantasthèque  “ ?...”Fantasmathothèque  ? “...)

                             -Revues spécialisées donnant conseils , actualités et informant sur les dernières parutions de séries de vues ; il y en eût deux principales , l’une laïque “Ombres et lumière “ (1895 à 1914), l’autre catholique “ Le Fascinateur  “ (1903 à 1914 ?),suivies de la  “ librairie spéciale de la projection  “ et de quelques autres ... 

                            -Séries de vues d’une très grande diversité embrassant presque tous les domaines de la connaissance  aussi bien laïque que religieuse et incluant une importante part ludique destinée à la jeunesse .

                                           De qualité très variable allant de l’excellent au franchement médiocre , elles étaient présentées en séries de six à douze vues réalisées  par des maisons spécialisées alors nombreuses sur le marché dont le  volume de ventes était important  ( 67513 plaques en 1905 pour la seule “ Maison de la bonne presse “ ...) et dont certaines éditaient des catalogues et parfois même des revues destinées aux projectionnistes.

                                         Mais il arrivait aussi que les amateurs réalisent eux mêmes leurs plaques comme cet instituteur  de Paris qui signalait réaliser une notable économie en fabriquant  pour 0,30 francs des plaques vendues 0,75 dans le commerce...

                                         En raison de l’importance prise par le domaine enfantin l’expression  “ Lanterne magique  “ eût un moment cours pour désigner un genre littéraire présentant les œuvres écrites fantastiques ou  merveilleuses  destinées à la jeunesse .

                                         Un certain nombre d’œuvres  n’ayant rien à voir avec la lanterne magique l’ont cependant prise pour thème soit dans leur titre soit dans leur corpus, soit en la citant  :

               -” La lanterne magique nationale   “ de Mirabeau ( 1790) ,

               - “ La lanterne magique républicaine  “ de Rochefort-Luçay (1830-1913)

               - Voltaire dit d’elle que “ Tout passe rapidement , comme les figures grotesques de la lanterne magique ..”

               -”Le singe qui montre la lanterne magique “ de Florian (1792)

               -Balzac la cite : “ Le soir une lanterne magique étala sur une toile blanche ses pièges et ses mystérieux tableaux ...” ( “ Une double famille “1830 ) et “ ...l’histoire ....n’est guère qu’une lanterne magique  ...” ( “ Le feuilleton “   )

               -Hervey de Saint Denys dit d’elle que “ L’image du rêve est donc exactement à l’idée qui l’appelle ce que l’image de la lanterne magique est au verre éclairé qui la produit . “                                      

                                      La Lanterne magique a parfois été nommée  “ Phantascope  “, “ Fantasmascope  “ ,“ Fantasmatoscope  “   et  les appareils de “ Pré-cinéma “ qui en sont directement issus ont porté des noms trés variés tels que “Zootrope  “ , “ Héliocinégraphe  “ ,”Praxinoscope  “ , “Zoopraxinoscope  “ , Biophantascope  “ , “Tachyscope  “ , “Viviscope “ ,”Polyorama panoptique “ , « Praxinoscope », »Stéréorama », » Chromatrope «  , «  Anorthoscope «  , « Kaléidoscope «  , « Kinora «  , « Phénakisticope «  , « Thaumatrope * «  etc ....etc…

 

                                     On peut aussi lui associer les dérivés plus modernes  que sont le “Rétroprojecteur * “ ,l’ “Épidiascope * “ et le “ Bibliophote * “ ....

 

                          Les fabricants de lanternes magiques étaient les «  Lunetiers «

 

                                 2)L’expression «  Lanterne magique «   a servi de titre à certains ouvrages s’apparentant aux «  Keepsakes * «(Voir à ce mot )et   présentant des sujets variés et , plusieurs  journaux pamphlétaires  ayant parus à l’époque révolutionnaire et sous le second empire ont été  désignés sous le titre générique de “ Lanternes  “ .

                                 Il s’agit de journaux d’opposition qui , imitant  la célèbre «  Lanterne  “ de Rochefort , critiquèrent parfois violemment le régime en place .

                               Héritiers de “ La lanterne “ de Camille Desmoulins ils ont souvent imité  le journal de Rochefort à la fois dans le titre, le format et même parfois le nom de l’auteur :cet hebdomadaire très polémique, fut maintes fois interdit sous le second empire et n’eût que 11 parutions en France à  partir du 30 Mai 1868 avant de devoir émigrer en Belgique d’où parurent ,et furent distribués clandestinement , les 63 numéros suivants .  ..

                                 C’est ainsi qu’il y eût “La Veilleuse  “ de Barbey d’ Aurevilly , “ La Lanterne des femmes “ , “ Le Falot  “ de Blaguefort , “ Le Lampion  “ de Nicolas Flammèche (Poupart Davyl ) , “ Les Lanternes des Français ,sans phrase,de Diogène ,de poche,Décrochée,du Quartier Latin , de Boquillon(A.Humbert) , Belge ,Suisse, Espagnole , de Falaise ,etc ...., “ Le réverbère à deux sous  “ ,”La chandelle , journal des misérables   “ , “Le Lampion  “ , “ Le Bougeoir  “   etc ...etc ....

                                Les auteurs de ces publications furent parfois nommés “ Lanterniers  *  “ .et d’autres journaux similaires prirent des titres tels que “ Le diable à quatre  “(Alphonse Duchêne )  ,”La Cloche de Ferragus  “ (Louis Ulback ) , les “ Impurs de Figaro  “ de CH. de Bussy ,” L ‘éteignoir “ de henri de Ragefort , “ La chandelle “ (anonyme )

 

                                  3)Le mot “Lanternes  “ était employé au  XVIII° siècle pour qualifier le contenu d’un livre jugé faible et insignifiant : “Ce livre ne contient que des lanternes !”

 

                                  4)Madame de Sévigné a parfois employé cette expression à propos de certains passages de ses lettres dans lesquels elle  a laissé courir sa plume sur des “ Riens “ et des futilités ...ou concernant des passages des lettres auxquelles elle répondait : « Lanternes, fadaises, contes absurdes, ridicules Voilà bien des lanternes, ma chère enfant »

                                 On disait parfois aussi :”Lanternerie ”  , “ Fagot  *  “ , “ Lande  *  “ et   “ Pétoffe  *  “   (Voir à ces mots)

 

                                 5)Gérard de Nerval mit fin à ses jours  ,le 24 Janvier  1855,en se pendant à une grille  de la rue de la vieille lanterne  *  ce qui contribua à accréditer l’idée fausse  ,mais  très souvent reprise illustrations à l’appui , qu’il se serait pendu à un réverbère...

 

                                  6)Dans le langage de la papeterie à l’ancienne le mot désignait la pièce de la presse située au bas de la vis et dans laquelle s’engageaient les leviers de manœuvre .

 

                                 

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