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Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .

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INCUNABLE

 

INCUNABLE         

              Désigne un ouvrage publié entre les débuts de l’imprimerie (1454)et le 31 Décembre  1500 ( on dit aussi:”Livre du berceau*”( du latin “incunabulum”) .

              Le premier incunable daté publié en Français le fut en 1476 ( “ Chroniques de France “ )
La bibliographie * de cette catégorie est très abondante:la première  les concernant est “Incunabula typographica” de Cornélius Beughem publiée en 1688 qui  recense environ 3500 titres publiés en 2700 éditions et 50 ans pour un total d’environ 20 millions d’exemplaires dans environ 250 villes d’ Europe, la plupart en latin (77%),le reste en Français (5%),Allemand (6%),Flamand (2%),Italien (7%)...les sujets étant pour la plupart  religieux (45%)de droit (10%)de sciences (10%)de littérature (30%)..

              On pourrait également  citer les bibliographies de Hain,Copinger  ,Burger, Reichling,Mattaire,Panzer,Pechelet,Proctor,Polain,Hain,Holtrop,Hæebler et d’autres encore....  

              Les livres les plus diffusés ont été la Bible* (> 120 éditions),Cicéron (316 éditions),La “Divine Comédie” (15 éditions) le “Roman de la rose” et “L’imitation de Jésus Christ”

              De format in-folio*,in-quarto* ou in-octavo*,ils étaient imprimés sur deux colonnes* , illustrés de bois *gravés  de facture rustique et 77% d’entr’eux étaient rédigés en Latin ...

              Ils ne comportaient généralement pas de page de titre et présentaient de nombreux points communs avec les manuscrits (abréviations,lettres rubriquées*,absence de pagination...) car ,l’imprimerie étant parfois considérée comme diabolique par certaines autorités religieuses  , ils ont longtemps cherché à imiter les manuscrits anciens et ce n’est que plus tard que l’imprimerie put être revendiquée par des mentions telles que “Per impressionem multiplicatum  “  figurant vers 1470 sur un livre de ArnoldThœrnen             

              Généralement imprimés sur papier , il n’est toutefois pas rare de rencontrer dans un même ouvrage des papiers d’origines et de qualités  fort diverses (il n’est pas exceptionnel d’y rencontrer huit à dix filigranes * différents ...) en raison de la pénurie de papier due à la faible capacité de production de beaucoup de moulins à papier de l’époque .

              On distingue les incunables tabellaires* imprimés selon une technique xylographique* et les incunables typographiques imprimés  à l’aide de caractères mobiles.

              Les premiers titres furent la “Biblia* pauperum” et les”‘Donats*”.

              Leur illustration est de qualité très variable allant de splendides  enluminures réalisées à la main  dans des réserves laissées par l’imprimeur à des gravures xylographiques de médiocre qualité et souvent sans rapport réel avec le texte car réutilisées pour plusieurs ouvrages différents , voire partiellement modifiées par découpage de certaines parties.(il faudra attendre les environs de  1570 pour que  l’adéquation du texte et de l’image tende  à devenir effective mais avec encore de nombreux exemples de gravures n’ayant aucun rapport avec le texte …)

 ..           L’intérêt pour ces premières éditions n’a pas toujours été très vif et de nombreux incunables ont  été détruits par des usages  utilitaires telles que reliure,emballage etc ...Vigneul-Marville cite , à ce propos, le cas d’un bibliothécaire  d’Orléans qui,au  XVIII° siècle , visitait les épiciers  de cette ville pour sauver les incunables promis à la protection des denrées alimentaires..

              Le mot est parfois rencontré avec le sens assez vague “ d’ouvrage ancien “ comme , par exemple dans la mention “ incunable bien antérieur à Gutemberg  “  expression qui , au  propre, est un contresens

              On nomme “ incunable princeps  *  “   un incunable établi directement d’après un manuscrit d’origine et sans recours à un quelconque texte imprimé .

              On qualifie de “ post*-incunables “  les ouvrages imprimés  dans les trente à quarante années  après 1500.

              Il est à noter que le mot “ incunable “ ,s’il a de tous temps évoqué la notion d’origine ou de source ,ne s’est pas toujours appliqué au livre et à l’imprimerie mais , jusqu’au XIX° siècle,à un champ beaucoup plus vaste 

              Il est à présent inconnu ou mal connu  de beaucoup qui ,tel ce journaliste italien signalé par Umberto Eco dans » N’espérez pas vous débarrasser des livres « qui parlait d’ »Incunables du XIII° siècle « ,le prennent pour un synonyme de «  Livre ancien «  ou de «  Livre enluminé « .

 

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