Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
ARCHÉTYPE
1) Dans les bibliothèques Grecques anciennes c’était un manuscrit , voisin du prototype * , établi par copie trés soigneuse d’un original pour servir de modèle parfait et destiné à être recopié (L’exemplar* en est l’héritier).
La plupart des archétypes connus s’échelonnent de 100 à 450.
Alphonse Dain en donne la définition suivante : « L’archétype est le plus ancien témoin de la tradition où le texte d’un auteur se trouve consigné dans la former qui nous a été transmise . »
Les « Préarchétypes « sont des formes de textes plus anciennes que l’archétype mais pouvant comporter des altérations qui ont été corrigées lors de l’établissement de l’archétype lui-même .
2)Par extension désigne une œuvre ou un objet qui est le modèle d’un genre.
Les livres “de prix*” sont,par exemple, l’archétype des cartonnages* d’éditeur de la fin du XIX° siècle.
3)En matière de codicologie * “ et de diplomatique * l’archétype est le manuscrit* le plus ancien connu d’une famille de documents dépendant de lui et présentant les mêmes caractéristiques (on emploie aussi le latinisme “Optimus * “ , le germanisme “ Urtext * “ ,et parfois le mot “ Réalia * “ qui parait avoir la même signification mais n’est attesté ,avec ce sens , dans aucun des dictionnaires consultés .... on peut donner comme exemple d’archétype l’ »Oum* el Kittab » qui serait le texte originel d’où seraient issues toutes les copies existantes du Coran .
L’établissement de la généalogie des manuscrits est une opération de “ Recherche * textuelle “ parfois trés ardue et certains paléographes* distinguent un sous-genre qu’ils nomment “ Subarchétype “
L’archétype n’est parfois connu que de façon abstraite au travers des manuscrits qui en dérivent et il est ,en outre , souvent arrivé qu’on lui attribue une valeur apotropaïque*.
Karl Lachmann fut , au xix° siècle le promoteur d’une méthode qu’il voulait proche des sciences exactes et censée permettre de remonter de façon quasi-mécanique à la source d’une famille de documents, méthode qui avoua vite ses limites dans la pratique ...
Les portulans anciens paraissent tous dériver d’un seul et même archétype dit “ Portulan normatif “ que l’on n’a pas retrouvé et dont on connaît seulement l’existence .
Il arrive que , toutes les éditions connues d’un document étant différentes , on ne puisse définir les caractéristiques d’un archétype autrement que de façon arbitraire : c’est , par exemple, le cas de « L’Amphithêatre de l’éternelle sapience … » de Heinrich Khunrath (1609) dont la quinzaine d’exemplaires connus diffèrent tous les uns des autres par l’ordre des planches .