Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
LATIN
Le Latin a été ,durant des siècles la langue la plus couramment écrite et la plupart des manuscrits et 80 % des incunables* sont rédigés dans cette langue.
Il faut cependant remarquer que le latin employé est souvent très éloigné de la langue classique et comporte de nombreux,solécismes, barbarismes et autres irrégularités.
L’alphabet latin,qui selon la mythologie aurait été inventé par la déesse Caria devenue Artémis , est apparu au VII° siècle ajc. et les premières inscriptions connues en latin archaïque figurent sur des stèles funéraires .
Le latin médiéval, qui était le plus employé ,était qualifié de “ Latin courant “ ou de “ Moyen latin “ et il en existait deux variantes l’une à dominante religieuse , l’autre à dominante païenne .
Il existait aussi un “ Bas latin “ utilisé pour des écrits de moindre importance .
Les écrits anciens rédigés en Français étaient rares et qualifiés d’ ” Écrits en langue vulgaire * “ ...encore plus rares étaient les traductions d’œuvres latines en Français ...
Le Latin est resté en vigueur ,dans certains domaines , jusqu’à la révolution : c’est le cas entr’autres des inscriptions paroissiales si importantes pour les recherches de généalogie et , jusqu’à la fin du XIX° siècle, pour soustraire certains passages de livres à l’entendement du lecteur ordinaire (passages touchant au sexe des “ Manuels des confesseurs “ par exemple ou certaines notes de Flaubert qui , entr’autre dans son carnet n° 15, note un passage concernant les mœurs des “Mahoos “(travestis ) polynésiens en latin ...
La proportion des livres en latin a commencé à décroître dés 1500 : de 80 % à cette date elle est progressivement passée à 70% en 1535 puis à 50 % en 1565, le léger rebond des années 1595-1600 n’étant du qu’à une floraison d’ouvrages de controverse * et n’ayant pas endigué l’accroissement irréversible du nombre d’ouvrages en “ Langue vulgaire “ .
La langue macaronique * et le latin “ de cuisine * “ ou “ Gastrolatinophonie “ ) en sont des emplois déformés .
Quelques expressions populaires ont survécu à sa quasi-disparition :
-”Latin de cuisine,de sacristie ou de bréviaire “ pour désigner un latin médiocre.
-”Être au bout de son latin (ou le perdre ) “ pour désigner l’incompréhension . etc..etc..
-Moins courante est « Parler latin à des cordeliers « qui désigne le fait de disserter doctement d’un domaine que l’on maîtrise mal auprès de gens qui en sont spécialistes .
Un certain nombre de locutions ou d’expressions en langue latine ont survécu dans la langue française courante ou elles apparaissent avec des fréquences variées ,et , dans les secteurs s’intéressant aux documents anciens ( Codicologie*, Paléographie * etc ..) les mots ou expressions latins ne sont pas rares…..
Sans vouloir être exhaustif ni trop spécialisé voici une liste de quelques unes de celles qui concernent le domaine de l’écrit que l’on rencontre , le plus souvent sous la forme d’abréviation :
-Ab initio (ab.init. ) : De puis le commencement ;
-Anno Domini ( A D ) : En l’an de grâce .
-Ad libitum ( ad lib. ) : à volonté ou au choix .
-Ad Locum (ad. Loc.) : à l’enfroit correspondant .
-A M D G* : Ad majorem dei gloriam
-Circa* ( ca ) : environ
-Confer ( cf. ) : se reporter à …
-Et Alii (et al.) : et autres
-Etc.. ( Et cœtera ) : ainsi de suite .
-Ibidem ( ibid. ) :au même endroit
-Idfem (id. ) :Le même .
-Id est ( i.e. ) : c'est-à-dire .
-Loco Citato ( Loc.cit.) : àl’endroit déjà cité.
-Nota Bene(N.B.) : notez bien .
-Opus (op.) :ouvrage .
-Opus citato ( op.cit. : Dans l’ouvrage cité
-Post scriptum (P.S.) : Écrit après coup .
-Quos erat demonstrantum ( Q.E.D. ) : Ce qui devait être démontré .
-Sic* : Cité textuellement
-Sequentes ,Sequunturque (sq & sqq.) : et les suivants …
-Vide (v.) : Voir …
-Vide infra ou supra ( v.inf. ou v. sup. ) : voir ci-dessous ou ci – dessus …
D’autresfigurent généralement in –extenso :
-Ad Hominem : Visant une personne particulère .
-In media res : au cœur du sujet ;
-Mutatis mutandis :En changeant ce qui doit être changé .
-Nec plus ultra : Ce qu’il y a de mieux (Rien au-delà ..)
-Passim : Ça et là…à des endroits variès …
-Sub Rosa : sous le sceau du secret .
-Testis unus, testis nullus : Une seule occurrence est sans valeur .
Lorsqu’elles sont simplement entendues par un analphabète *ou lues par un non latiniste ,il est assez fréquent que ces expressions soient phonétiquement déformées avec , parfois, des effets comiques involontaires : c’est ainsi qu’un almanach populaire hongrois de 1826 rapporte le cas d’un juge de village qui , lisant la rubrique « Scala et cursus « donnant le cours des monnaies la traduisit par l’expression « Une galère pleine de russes « ….
Pour conclure notons que l’affirmation courante voulant que le français soit fils du latin n’est pas réellement exacte : le français est du latin qui a évolué et s’est modifié au fil de son usage ..