Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
VIN
1)Le vin,en particulier le vin blanc,et le vin d’absinthe furent utilisés comme solvant pour la confection de certaines encres.
2)Certains copistes* du moyen-âge ,dans la joie d’avoir terminé un ouvrage, se sont laissés aller en rédigeant le colophon* de leurs manuscrits à souhaiter qu’on leur serve du vin:”Vinum scriptori debetur de melliori” ( On doit donner du vin au scribe , et du meilleur ! ) dit l’un d’eux en 1378.....un autres’exclame “ “ Explicit hoc totum ,pro Christo da mihi potum ! “ ( “ Tout se finit ici ,par le Christ donnez moi un pot de vin ! )
3)Le vin et la culture de la vigne ont suscité la rédaction de nombreux ouvrages: ce sont les livres d’œnologie * pour le vin ,les ouvrages d’ampélographie * pour la vigne et les ouvrages “ Bacchiques * “ pour les célébrations festives .
Parmi les ouvrages les plus anciens consacrés au vin on peut citer : “ Tractatus de vino “ de Johann Besicken & Sigismondus Mayer ( 1495) , “ Liber de vinis “ (Slnd ) ,”Les douze livres des choses rustiques “ traduit par Claude Cotereau ( 1551 ) etc ... mais il faut noter que le vin n’est souvent qu’ un simple chapitre des traités d’agriculture ..
À partir du XIX° siècle la littérature concernant le vin explosa littéralement en un déferlement d’études , traités , mémoires et autres œuvres célébrant le vin :”Étude sur le ver du bouchon “ (1904) , “Art de la dégustation des vins “ (1906),”Essai sur les combustions humaines produites par un long abus des liqueurs spiritueuses “ ( 1800) , “ Le vin dans la bible “ ( 1939) etc ...etc ...
Le vin est toutefois moins associé à la création littéraire que les alcools* tels que l’absinthe *, le whisky * ou les cocktails * peut-être en raison d’une certaine connotation populaire encore associée parfois à sa consommation ...
Les rapports entre le vin et la santé ont suscité de nombreuses études dont beaucoup on tendu à lui accorder des vertus bénéfiques : pour n’en citer qu’une déjà ancienne , mentionnons « Question agitée dans les écoles de la faculté de médecine de Reims sur l’usage du vin mousseux de champagne contre les fièvres putrides… » de Jean Claude Navier (1777)
Certains auteurs l’ont mis à l’honneur ,au propre ou au figuré ,soit dans le titre * de leurs œuvres ( “ Le vin de Paris “ de Marcel Aymé [ 1947] , “ Le vin est tiré “ de Robert Desnos [1943 ] par exemple ) soit en le louant directement comme Rabelais : “ L’odeur du vin ,ô combien plus est friande ,riante,priante,plus céleste et délicieuse que l’odeur de l’huile ! “ ou, Baudelaire : “ Un soir , l’âme du vin chantait dans les bouteilles ...”
4)Les aspirants au titre de compagnon papetier étaient tenus d’offrir à leurs collègues un “ vin de bienvenue “ très généreux et , au XVIII° siècle ,la consommation immodérée de vin dans cette profession fut un véritable fléau dans certaines régions : en Angoumois les plaintes à ce sujet étaient nombreuses et , en Auvergne , on remarquait que “ l’usage immodéré du vin rend la plupart des ouvriers incapables de travailler le papier avec justesse “ .
Ambert , ou l’on ne cultivait pas la vigne, se targuait de surpasser Thiers ou l’on produisait du vin(et ou la pénurie fut le prétexte d’un grève ...)et Henri Pourrat constatait dans “ L’herbe des trois vallées “ que , parfois ,“S’en allait par le vin ce qui venait par l’eau ...”.
Outre le vin de bienvenue,de nombreuses autres circonstances étaient prétexte à cette coutume (vins d’affutage de cuve , d’enterrement ,d’assiage ,passage d’un compagnon chômeur à qui il fallait , en outre , payer une “ rente * “ etc ...) et ceci à tel point que l’on dut en réglementer et le nombre et l’importance ...
Parmi celles-ci la « Saint Lundi * « était si célèbre que l’imagerie Pellerin publia en 1830 une image de nombreuses fois rééditée montrant quinze ouvriers de métiers divers célébrant la « Saint Lundi « , le dénommé « Boit sans soif « juché sur un tonneau étant …imprimeur … !
Il existait même un droit de “ Gueulage * “ qui devait être acquitté par le compagnon papetier ne supportant pas le vin (ou qui ne souhaitait pas se livrer à des beuveries ...)
Il semble que l’industrialisation de la papeterie,en nécessitant moins de spécialisation, ait mis un terme à ces pratiques abusives ,c’est en tous cas ce que souligne Auguste Lacroix dans son “Histoire de la papeterie d’Angoulème “ parue en 1863.
5)On peut remarquer que la première presse typographique était directement issue du pressoir à vendange et que , sous cet angle , il y a une filiation directe entre l’imprimerie et le vin ...filiation que certains auteurs se plaisent à souligner en rappelant que le mot “ Liber “ est l’un des noms du dieu Bacchus ..