Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
DIABLE
1)Le diable ou l’enfer * interviennent dans de nombreux ouvrages (souvent classés dans la catégorie “ésotérisme*” ,“ Infernaliana* “ , »Diabolique * » ou “ Satanisme * “ dont certains ont été rédigés par des personnages aussi inattendus que des papes ....
Le diable et les démons * peuvent en être les sujets principaux , y apparaître de façon plus discrète au travers d’un personnage, y être combattus ou , au contraire encensés...
La littérature démonologique du moyen-age est très abondante ,le sujet principal étant le débat concernant son existence et ses manifestations.
On peut citer en exemple la “ Somme théologique “ de St Thomas d’Aquin (XIII° siècle ) , la “ Démonolâtrie “ (“Dœmonolatreiæ libri tres “ ) de Nicolas Rémy (1595)ou le “ Marteau des sorciers “ de Jean Bodin.
La littérature du XIX° siècle fut particulièrement riche dans ce domaine et présenta ,tour à tour Satan sous l’angle Chrétien ,médiéval,symbolique etc..parmi les auteurs qui le mirent en scène on peut citer Victor Hugo-Huysmans-Hoffmann, Le Poitevin...
Un peu moins classiques sont les ouvrages concernant l’enfer dont la plupart ont pour but d’en dépeindre les horreurs , certains d’entr’eux le célébrant cependant comme ,par exemple , cet ”Éloge de l’enfer “ anonyme paru en 1759 qui décrivait son excellence , son utilité et ses “merveilles admirables “ ....
Dans la littérature populaire , le personnage de “ Robert le diable “ perdura durant fort longtemps : réputé fils de Robert duc de Normandie elle lui donna une descendance en la personne de Richard sans peur ...
On peut rencontrer la notation chiffrée “
La peur suscitée par son évocation se nomme hexakosioihexekontahexaphobie* (du grec : « hexakosia hexekonta heki »)*souvent abrégée en « Hexaphobie *
Les “ Mémoires du Diable “ de Frédéric Soulié fut le tout premier roman publié en feuilleton * par le journal des débats en 1841 et le “ Diable amoureux “ de Jacques Cazotte ( 1772 ) est un grand classique de la littérature fantastique .
Le“Necronomicon “ De Howard Philips Lovecraft ( 1922) qui retranscrirait un ouvrage écrit au VIII° siècle par Abdul al Hazred et intitulé “ Al-Azif “ et à qui ,bien que l’auteur ait déclaré l’avoir inventé de toutes pièces , on attribua divers méfaits tels que disparition de Harry Widener à bord du “ Titanic “ ou la cécité de José Luis Borgès ...
Il existe bien sûr des dictionnaires qui lui ont été consacrés comme , par exemple , le « Dictionnaire du diable « d’ Ambrose Bierce paru en 1906
Les “ Diable “ de Ferenc Molnàr ,Alfred Neumann (1926) et Giovanni Papini (1953) , ‘”Le Diable Pontelungo “ de Riccardo Bacchelli (1874) , “Le diable au corps “de Andréa de Nerciat ( 1788) suivi de celui de de Raymond Radiguet ( vers 1919) , “El diablo cojuelo “ de Luis Velez de Guevara ( 1641)qui inspira le « Diable boîteux » de Lesage ( 1707) ,”Le diable est un sot “ de Jean Paul sartre ( 1951 ) etc ...etc ...
Le diable et les démons peuvent apparaître sous une multitude de noms :Lucifer,Méphistophélès,Abigor,Abracax,Abramemech,Aguares,Astaroth,Balan,Béhémoth,Belphégor,Belzébuth,Furfur,Haborym,Iblis,Baron Samedi, Mammon, Satan, Stolas,Le Rebelle , Ukoback etc ...etc ...etc...
Le diable étant souvent associé à la couleur rouge * , nombre d’ouvrages sataniques ont adopté cette couleur pour leurs décors de reliure et leurs illustrations ...
Certains ouvrages se référant au diable ont choisi le registre de la dérision comme , par exemple ,cet « Almanach du diable « édité « Aux enfers « en 1738 ,avec privilège de Lucifer au profit d’ Asmodée donnant des prédictions infaillibles pour l’année 1737 et dont l’auteur,dans l’errata, demande au lecteur d’effacer le contenu après lecture …
2)Les copistes avaient leur diable particulier nommé “titivitillus * ” (souvent représenté dans les enluminures...) qui dénombrait leurs fautes et omissions pour leur en demander compte lors du jugement dernier.
3)En typographie :
-Le “Cassetin* au diable” ou « de l’enfer « sert à ranger les caractères égarés ou en mauvais état , mais ces derniers étaient plutôt mis au « Sabot * «
-On nommait parfois ainsi ,surtout en Angleterre , les garçons à tout faire et les apprentis *
4)Le diable est un instrument de manutention à deux roues utilisé dans de nombreux secteurs d’activité du livre : imprimeries,papeteries (ou il a sans doute remplacé l’ambalard *...),dépôts,messageries etc..etc...
5)Une écriture “ à la diable “ est une écriture peu soignée et très rapidement tracée et ,aussi, un style peu travaillé et venu “ d’un premier jet “ : Paul Léautaud disait dans son journal littéraire : “ Je n’écris bien que si j’écris à la diable “
6)De nombreux filigranes * anciens ont pris comme motif le diable ou l’un des symboles considérés comme diaboliques (tigre,serpent rampant ou “ Ourovore * “ ,dragon...) et ,dans le même esprit, de nombreuses marques commerciales s’y sont référées comme , pour ne citer qu’un exemple l’encrivore * “ Diable “ diffusé par les célèbres “ Encres Antoine “ jusques dans les années 1960...
7)On nomme “ Patte du diable “ les traces de carbonisation portées par certains livres
8)Certains objets d’écriture ont pris la forme d’un diable , parfois dans le but de le rabaisser comme dans le cas de ce diable portant une éponge sur son dos et réduit au rôle subalterne d’” essuie * -plumes “ ...
9)Les cartes à jouer ont autrefois été qualifiées de « livre du diable « par leurs détracteurs ,protestants en particulier .
10) L’expression « Se faire l’avocat du diable « , parfois citée en latin sous la forme « Advocatus diaboli » désigne le fait de défendre une cause réprouvée soit par conviction soit dans le but d’en montrer les faiblesses pour mieux la combattre ensuite .