Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
ARGOT
En toute rigueur , le mot argot ,attesté depuis 1690, a une connotation péjorative et implique une notion de marginalité ...en pratique le mot désigne la même chose que le mot “ jargon * “ et caractérise un langage propre à un groupe particulier de personnes et non ,ou mal, compris par celles qui ne font pas partie de ce groupe .
Dans le domaine de la “ Chose écrite “ il existe une foule d’argots:des libraires et bouquinistes,des relieurs,des imprimeurs,des ventes aux enchères,du théâtre etc...etc..
L’argot est une langue essentiellement parlée qui s’écrit peu ,il évolue très vite au gré des modes et sa frontière avec le langage populaire est parfois difficile à discerner...
Au départ le mot désignait la cour des miracles qui avait son langage appelé “Jargon* de l’argot” mais il existait conjointement d’autres groupes ou confréries qui avaient le leur propre comme , par exemple :Chercheurs de midi,Parents de David,Taille-goussets-Carabins de la comète, Chevaliers de la serpette,Officiers du Port-au-foin , Frères de la Samaritaine , Avant-coureurs du Pont-Neuf ,Plumets,Frérots de la Cuque etc …etc …
L’une des premières sources de connaissance de l’argot ancien a été le procès,à Dijon en 1455, de malfaiteurs appelés “Coquillards”, l’un des premiers livres fut “ Jargon de l’argot réformé “ d’Olivier Chéreau paru en 1628 et le premier dictionnaire celui de Richet en 1680 suivi en 1725 de « Le vice puni ou Cartouche « de Nicolas Ragot de Grandval qui contient un dictionnaire français/argot et argot/français en fin d’ouvrage .
L’origine du mot est très contestée et varie selon les auteurs dont certains le font remonter aux “ Goths “ ,à la ville d’ Argos,au dieu Argus,au grec « Fainéant « ou à des mots plus rationnels comme “ergot ” (croc utilisé par les voleurs...),”Argutie “, “ Ragot “ , “ Zingaro “ ( “ Bohémien “ ) etc ..etc ...
Les auteurs ont commencé à l’étudier au XVII° et son emploi en littérature se rencontre chez Villon (dont le “Jobelin * “ fut si difficile à traduire ...)-Schakespeare,Rabelais,Hugo,Balzac,Sue,Zola,Vidocq,Céline-Genet-Proust-Carco-Sartre-Schwob, Jean Richepin , André Gill, Jules Jouy ,Aristide Bruant et bien d’autres mais ces auteurs se gardent bien des excès (on peut d’ailleurs noter que , dans les milieux ou l’argot est parlé, seul un mot d’argot sur vingt est employé dans la conversation courante ... )
Les œuvres les plus prolixes en argot sont celles de Rabelais (métiers, parlers locaux, patois ..) Schakespeare ( 25000 mots ..) Racine ( 1500 mots )et …même la bible ( 6000 mots ) ..
Les œuvres écrites entièrement en argot sont plutôt rares et ne concernent pratiquement que le “roman noir* ”...encore a-t-on ,en les lisant , le sentiment qu’elles ont d’abord été pensées en français puis traduites et que l’argot utilisé n’est pas exactement le reflet de celui parlé dans les milieux qui le pratiquent quand il n’est pas en partie inventé comme c’est le cas pour les œuvres de Fédéric Dard…
L’emploi de l’argot (ou plutôt des argots ) a suscité à partir du XIX° siècle une floraison de dictionnaires : Delveau(1866), Lorédan Larchey(1872),Rigaud (1881),Virmaître ( 1894), Bruant (1901) suivis d’une foule d’autres , généralistes ou spécialisés qui sont parus et paraissent encore au rythme ,rapide , de l’évolution de ces langages .
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Tous les métiers du livre ont leur argot propre sauf ,et sans doute parcequ’ils travaillent en solitaire , les écrivains .qui emploient les mots en usage dans les corps de métiers qu’ils fréquentent ( imprimeurs , relieurs , libraires etc ...) mais ,en matière d’argot spécifique, doivent se contenter du vocabulaire péjoratif que l’usage à consacré pour les fustiger , dont ils sont victimes mais dont ils usent aussi volontiers à l’encontre de leurs confrères !
Il existe une multitude d’argots non spécifiques du domaine du livre ou de l’écrit ,mais qui ont pu toutefois lui léguer quelques mots susceptibles d’être rencontrés au gré des lectures.
On peut ,sans prétendre à l’exhaustivité ,citer les argots français ou étrangers suivants :
Verlan*,Tchatche* ,Branché*,Rap*, Largonji*, Louchébem*, Javanais* , Cadogan* ,Veul*, Bruxellois * , Joual* *,Bargoensch*, Breytzou * ,Calão*,Caló*,Coa*, Fourbesque *,Jobelin * ,Ménédigne*,Mormé*, Poissard*, Slang*,Rotwelsch* ,Tignes *, Germania , etc…etc…etc…