Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
CHUTE:
1)Fin d’un texte,d’une nouvelle, d’un article : la chute peut être inattendue , ouvrir la porte à une suite ou simplement plaisante mais c’est souvent d’elle que dépend une grande partie de la saveur d’un écrit,tout particulièrement s’il s’agit d’une nouvelle .
2)Le mot désigne aussi toutes sortes de déchets ou débris * restant aprés l’éxécution d’un travail : chutes de papier, de cuir, de carton etc ...
Les chutes,qui peuvent parfois porter des noms particuliers (« Vrillon »...) sont parfois utilisables pour la réalisation de petits ouvrages et l’attention portée à leur réutilisation est , bien sûr, fonction de la valeur du matériau qui les constitue , les professions manipulant de l'or apportant d'avantage d'attention aux chutes que celles ne touchant que du papier .....
3)Une superstition veut que la chute de livres soit un présage de mauvaise orthographe ou d’autres malheurs ...
Il est vrai que , parfois , la chute de livres provoqua des catastrophes bien réelles parmi lesquelles on peut citer:
- Vergenius Rufus qui ,nous dit Pline , périt suite à une chute survenue lors de la manipulation d’un lourd et encombrant “ Volumen * “
-Le grand Pétrarque qui frisa l’amputation par suite d’une blessure provoquée par la chute d’un lourd exemplaire des “ lettres de Cicéron “
Le libraire Michel Sépulchre traite de ce sujet dans son catalogue de Juillet 2007 et , à propos d’un tableau du XIX° siècle représentant de façon fort réaliste un tel accident apporte les précisions suivantes :
-Le “ Rouleau * des morts “ de l’abbaye de saint Maixent signale cinq décès par chute de livres entre 1132 et 1136.
-La chronique de l’abbaye de Saint Madesc rapporte les graves blessures subies en 1302 par un moine lors de la chute d’un volume “ Tout relié de ferrures et fort meschament bardé d’escoinçons “
-Les “ Petites heures “ du prieuré de Bellassize portent , au lendemain de la Pentecôte 1424, la mention de graves blessures subies par un moine lors de la manipulation du “ Grand * livre “ de l’abbaye.
Ces accidents furent si fréquents qu’ils provoquèrent vers la fin du XII° siècle l’usage d’un casque * protecteur dont le port fut rendu obligatoire en 1476 par le pape Sixte IV avant que les conciles de Constance et de Trente n’interdisent les reliures ferrées...ce qui n’en empêcha pas l’usage qui perdura dans certains endroits jusqu’au XIX° siècle comme en témoignent certains " Grands livres " de commerce encore en usage au XX° siècle ....
4)Les chutes depuis un escabeau de bibliothèque sont loin d’être rares et furent parfois tragiques .
Elles peuvent survenir par suite de la vétusté des échelles ou des escabeaux , par la distraction du chercheur absorbé par sa lecture et oubliant sa situation aérienne ou par la prise de positions acrobatiques dues à sa répugnance à descendre de l’échelle pour lui donner une position mieux adaptée à la situation du livre convoité .