Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
ECCLÉSIASTIQUE
1)Les “ Lettres ecclésiastiques “ étaient des lettres* autrefois émises par une autorité ecclésiastique pour divers usages (elles étaient souvent rédigées sur des tablettes nommées tessères* )
Il y en avait diverses sortes appelées :
-” Communicatoires * “, “ Pacifiques * “ ou “ salutatoires * “ remises aux chrétiens partant en voyage pour attester de leur foi ou ”Formées * “ établies dans des formes trés codifiées contenant des instructions et remises aux ecclésiastiques
2)Les bibliothèques des simples écclésiastiques s’avérèrent parfois beaucoup plus riches que ce que l’on avait pu souçonner et de celle d’ Olivetan à celle de Chapponeau en passant par celles de Farel nombre d’entr’elles se révélèrent des ensembles de choix lorsque l’on procéda à leur vente au décès de leur propriétaire ....
Certaines d’entr’elles , cependant avaient des provenances douteuses comme celle de l’abbé Chavin de Malan dont une bonne partie provenait du pillage des bibliothèques impériale et de l’église Ste. Geneviève ....
3)Il a existé des écrivains ecclésiastiques et des ecclésiastiques écrivains, les premiers étant des religieux avant tout et leur état demeurant inséparable de leurs œuvres , les seconds étant connus pour leurs œuvres sans que leur état d’ecclésiastique ait été toujours clairement mentionné … ou ait été franchement occulté…
Les citer tous est impossible ....évoquons simplement Lamennais , Lacordaire , Dupanloup ,François de Sales , Saint -Cyran,Bossuet , Bourdaloue , Fénelon, Lacordaire pour les premiers et Rabelais , Mellin de saint Gellais , Desportes , Ronsard,Prévost ,Condillac, Delille,Malebranche , Fabre d’ Églantine pour les seconds ....
Pour affiner un peu , on peut essayer de sérier les œuvres que les ecclésistiques ont rédigé :
-Travaux des copistes des scriptoriums moyennageux consistant en copies serviles d’ouvrages déjà existants , seuls les enlumineurs faisant preuve de créativité et d’invention …
-Œuvres purement religieuses traitant de théologie* , du dogme ,de la foi,etc …
-Œuvres destinées à la prtaique religieuse soit des fidèles (missels*, heures * ) soit du clergé (Antiphonaires*, vespéraux * etc ….) une place à part devant être faite aux « Manuels des confesseurs « destinés à aider les prêtres recevant les confessions dans certains desquels les questions relatives au sexe sont développées avec une complaisance suspecte ….
-Exégèses* , commentaires*, études des textes sacrés .etc…
-Rédaction d’Hagiographies* notamment pour les Bollandistes dont les travaux parfois trop enthousisates ont du être révisés
-Oraisons* , sermons *, homélies * etc. avec une grande variété de qualité allant de la véritable œuvre littéraire à la copie servile d’un homiliaire * ou d’un sermonnaire *en passant par toutes les nuances intermédiaires et même , pour quelques –uns tel le cordelier Michel Menot par exemple qui dut subir les foudres de leur hiérarchie , un glissement malsain vers l’érotisme ou la galanterie…
-Œuvres profanes destinées à des publics divers : jeunesse (Chanoine Schmitt ) , adultes , femmes etc … avec pour certains auteurs une tendance mystico-érotique plusqu’anecdotique puisqu’ils ont pu faire l’objet d’un bibliographie « Clérico –Galante « publiée sous le pseudonyme de l’ »Apôtre bibliographe « en 1879 recensant près de 400 auteurs ecclésiastiques avec un total de plus de 1000 œuvres à caractère douteux
-Écrits sur les femmes soit,les plus nombreux, pour les dénigrer soit pour quelques autres pour les louer
-Index* destinés à moraliser la lecture comme , par exemple“Romans à lire , romans à proscrire “ (1928) de l’abbé Bethléem qui eût un succès tel que nombre d’écrivains craignirent d’y être incrits en voyant les ventes de leurs ouvrages s’effondrer
On l’aura donc compris , le corps ecclésiastique est ,comme le reste de la société , difficilement réductible à un modèle établi ou a un archétype…
4)On nomme “ Style écclésiastique “ un style redondant et faisant appel à de nombreuses périphrases ou euphémismes ;
Gustave Flaubert en donne un exemple dans “ Bouvard et Pécuchet “ : “ ...sur le railway du monde ,la femme ,c’est la goutte d’eau dont l’influence magnétique communique aussi le mouvement au convoi social ...”