Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
ERRATUM
1)Correction,ne concernant q’une faute, mentionnée sur un feuillet séparé inséré dans un livre (s’il y a plusieurs fautes on parlera d’errata* (Voir ci-dessous ...).
Lorsque deux éditions d’un même ouvrage ont même date et que une seule des deux comporte un “Erratum” c’est cette dernière qui doit être considérée comme l’originale*.
La publication d’un erratum peut être plus ou moins tardive ...le record en la matière étant détenu par le journal anglais “ The Observer “ qui corrigea le 27 Janvier 1971 une erreur concernant Mozart commise dans son numéro du 25 Décembre 1791 soit 199 ans plus tôt !
La question de savoir si un exemplaire fautif édité avant la publication d’un erratum doit être considéré comme incomplet est pendante ....
2)Le mot a parfois servi de titre à certains ouvrages comme , par exemple , à ce « grand erratum , source d’un nombre infini d’errats « publié anonymement par Jean Baptiste Pérès en 1835 et qui tente de « prouver « en 10 points la non existence de Napoléon ce qui peut faire passer son auteur pour un « fou* littéraire « jusqu’à ce que l’on découvre qu’il s’agit en fait de montrer par l’absurde que Jésus- Christ à existé en appliquant les arguments des détracteurs du Nouveau tstament à la biographie de Napoléon .
ERRATA
Littéralement :”Choses sur lesquelles on a érré” et pour ce qui concerne le livre,table des erreurs non corrigées dans le texte placée à la fin d’un ouvrage (ou parfois au début..) : l’errata est soit relié avec le livre soit simplement inséré.
L’usage de l’errata, apparu vers la fin du XV° siècle (auparavant , les fautes étaient corrigées à même le manuscrit et cette action était appelée « Errata Corrigenda « ) ,et réputé initié par Henri Estienne , fut longtemps considéré comme peu élégant en ce sens qu’il dénotait une défaillance des divers échelons de correction normalement prévus.... puis , le temps passant il est devenu paradoxalement un critère de qualité dénotant le souci de perfection de l’éditeur et , aussi , un moyen de différencier diverses éditions d’un même ouvrage , l’édition sans errata ,la première donc , étant,bien que fautive , la plus prisée ..
S’il n’y a qu’une seule faute il s’agira de l' erratum* évoqué ci-dessus.
La présence d’errata est plutôt rare dans l’édition moderne (mais les fautes y demeurent plus que jamais ! ...) et le plus ancien errata imprimé connu,qui comporte deux pages , paraît être celui figurant dans le “ Juvénal “ publié à Venise par Gabriel Pierre en 1478.
On rencontre parfois des éditions anciennes fautives*dont l’errata,simplement inséré, a disparu....c’est une situation gênante en ce sens que rien ne permet , à l’examen du livre ,de savoir s’il en était muni (seule la consultation de bibliographies* permet ,si le livre y est répertorié, de lever ce doute...).
Certains erratas sont fort longs et parmi les plus volumineux on peut citer ceux des éditions des œuvres de Pic de la Mirandole ( 1507-quinze pages ) d’une édition portugaise des « Coloquios » d’ Orta (1563-vingt pages ) ou de la “Somme “ de Saint Thomas d’ Aquin établi par le dominicain F. Garcia ( 1578-cent onze pages )
Il est arrivé qu’un auteur publie un errata concernant l’ensemble de son oeuvre : c’est le cas du cardinal Bellarmin qui ,en 1608, publia un ouvrage intitulé “ Recognitio librorum omnium Roberti Belarmini “ recensant en quatre vingt huit pages toutes les coquilles* ou erreurs que ses œuvres comportaient.
L’écrivain Jean Paul montre, en 1795 , le héros de l’un de ses romans,Fixlein, se livrant à une gigantesque étude bibliographiques des erratas pour déterminer les fautes les plus fréquemment commises...
D’autres ont adopté une attitude plus désinvolte vis à vis des erratas comme ,par exemple, Momoro qui déclarait qu’il était inutile car , à son avis , le lecteur ne détectait qu’une toute petite minorité de fautes voire aucune !
Edmond Verdet , tout aussi désinvolte , incitait le lecteur de son “ Histoire du livre “ à prendre le grain et à rejeter la paille...
Les mots « Omissis * » & « Corrigenda* « en sont des synonymes d’emploi plus restreint …
Le genre du mot est le masculin invariable mais , assez curieusement certains textes lui donnent le genre féminin : Owen Gingerirch ,par exemple, écrit dans « Le livre que nul n’avait lu « (ISBN :9782100496112-page 177 ) : « Après avoir vu les errata étendues indiquées … »
ERRATIPPEXODACTYLOGRAPHISIE
Le dictionnaire “ Xyloglosse * “ qui, dans une démarche voisine de l’oulipisme * rassemble des néologismes forgés de toutes pièces sur des racines grecques ou latines , propose ce mot original pour désigner une tendance marquée à faire des fautes * de frappe * et donc à alimenter les errata......
ET POUR CONCLURE .....
Un lecteur très attentif de ce blog (dont j'espére qu'il a scruté le fond avec autant d'attention que le forme ...)m'a fait fort justement remarquer que les abréviations de mesures en millimètres et centimètres que j'employais dans mes articles étaient fautives car rédigées " mmS" & "cmS " alors qu'elles sont invariables ....
Dont acte !!
Titivillus ,qui traque les faute chez les autres , reconnaît bien volontiers qu'il s'est fait prendre à son propre piège ,fait amende honorable et n'utilisera pas l'argument ,pourtant si actuel , " Faites ce que je dis et ne faites pas ce que je fais " ....mais il n'ira pas non plus jusqu'au pensum "millimétrique" que constituerait la correction de la totalité des articles de ce blog ....!!
Veuillez donc considérer cet opus ,qui aurait pu n'être qu'un " Erratum " si une seule faute avait été décelée ,comme un " Errata" concernant une multitude de "mms" & " cms " fautifs étant entendu que Titivillus a bien conscience que quantité d'autres fautes doivent émailler ses chroniques , soit en raison de son incurable cacographie , soit aussi à cause de ses mains aux gros doigts crochus qui provoquent de fréquents "Lapsus claviasensis "
Et c'est sur ce néologisme (et sans doute aussi hapax ?) macaronique que Titivillus vous souhaite une journée pleine d'une infinité de " mm" de plaisir et de bonheur !!