Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
ÉLOGE
1)Catégorie d’ouvrage faisant le panégyrique * d’une personne , d’une institution ou d’un objet .
-L’”Éloge funèbre “ est un texte ,lu au cours des funérailles ou publié ultérieurement , mettant en valeur les différentes étapes de la vie d’un personnage.
Rédigé par des amis , des confrères ou, comme c’est le cas pour l’académie, des successeurs du défunt , il ne comprend généralement pas de considérations religieuses ou philosophiques et est ,en cela , différent de l’ “ Oraison * funèbre “
L’éloge funèbre peut être un texte court ou , au contraire fort long comme celui de Crébillon que publia le “ Mercure de France “ en juillet 1762 sur 52 pages qui furent suivies de compléments en septembre et octobre puis en avril de l’année suivante .
Souvent convenu et d’un style peu naturel , il a rarement atteint une qualité littéraire le rendant digne de passer à la postérité ce qui peut , sans doute , expliquer le désir exprimé par maints écrivains qu’aucun éloge ne soit prononcé sur leur tombe ...
La chose est ancienne et Tissot écrivait déjà au XVIII° siècle : « On imprime chaque jour les éloges des hommes les plus médiocres …et l’on ne louerait pas l’homme …qui n’a point fait gémir les presses … »(in « De la santé des gens de lettres « 1770)
Stendhal ne se trompait pas non plus sur la valeur des éloges lorsqu’il écrivait à leur propos dans l’un de ses 21 testaments : “ ...en laissant entrevoir dans leurs discours , à travers la glace trop transparente de l’éloge , les lueurs sombres et souterraines de la rancune des partis . “ …
Il ne doit pas non plus être confondu avec le “ Tombeau * “ (Voir à ce mot ) qui est une œuvre purement littéraire .
-Des œuvres portant ce titre existent depuis longtemps ( « Eloge de la mouche « de Lucien (vers 160), « Eloge de la folie « d’ Erasme (1151) par exemple …) peuvent célébrer diverses choses ou être le titre d’œuvres de curiosa * et s’apparenter au “ Blason * “ (Voir à ce mot ) comme , par exemple , »Éloge du pou «et , “ Éloge du sein des femmes “ de Mercier de Compiègne (1879) , de Mercier de Compiègne, », « Éloge de l’âne « de Heinsius (1769), “ Éloge de la seringue “ (1857) “ Éloge sur le beau sexe “ (1766) etc ...
2)Titre d’ouvrages qui,sous couvert de l’éloge font au contraire une critique acerbe
Le titre d’ “ Éloge “ doit alors être lu au second degré : c’est le cas de l’ “ Éloge de M. de Crébillon “ que publia anonymement Voltaire en Août 1762 (en l’ayant ,dit-on , rédigé avant sa mort ..) texte qui déclencha protestations et polémiques dans le monde des lettres .
3)Certaines collections présentant des livres traitant d’un sujet bien délimité se sont ainsi intitulées :
-Une collection Hachette présenta de 1925 à1927 une série d’ouvrages in/12°carrés intitulée « Collection des éloges « et présentant “ Éloge du désordre “ de Gérard Bauer,” Éloge de la curiosité “ de Emile Hanriot, “ Éloge de la laideur “ de Françis de Miomandre , “ Éloge de la gourmandise “ de Jean-Louis Vaudoyer , « Éloge du snobisme « de Boulenger, »Éloge de la médisance « de Hermant etc ...etc ...
-Plus tard , l’éditeur Morel reprit l’esprit de cette collection sous le titre “ Célébration * “ .
4) Dans une certaine mesure les « Mélanges * « (Voir à ce mot :*) établis par ses collègues en l’honneur d’une personnalités peuvent être assimilés à une forme d’éloge …