Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
CONFESSION
1)Certains ouvrages ,relevant de la littérature personnelle * et dans lesquels l’auteur ne tait rien, portent le titre de “ Confessions “
Parmi les nombreux ouvrages portant ce titre on peut citer : “ La confession de Goliard “ de l’archiprêtre de Cologne ( XII° siècle ) ,les “ Confessions “ de Saint Augustin (#400) et de J.J. Rousseau ( 1781/88), la “Confession impudique “ de Junichiro Tanizaki (1956) « Confession d’un enfant du siècle » (Alfred de Musset-1836, »Confessions « de Saint Augustin –ca 400, etc ..etc …etc ...etc ...
2)En matière juridique le mot est synonyme d’aveu et l’on distingue la confession judicielle faite devant un tribunal de la confession extra-judicielle faite en un autre lieu...dans tous les cas la confession est consignée dans un acte écrit de forme authentique .
3)Il a existé des “ Mémentos * de confession “ à système * dont le modèle est “ La confession coupée “ du père Christophe Leutbrewer publiée en 1677 et maintes fois rééditée ou copiée (Th. De Hansy-1695)
Ils se présentaient sous la forme d’une fiche cartonnée portant la longue liste des péchés possibles (188 pages ...)inscrits sur une languette dont l’extrémité mobile , glissée sous une bande de papier , devait être dégagée pour marquer ceux que l’on avait commis ...la plupart ne comportant pas de système de “remise à zéro ” il fallait,si l’on voulait que le secret de la confession soit sauvegardé,prendre soin après usage de remettre chaque fiche en position neutre....
Ces ouvrages sont rares car leur manipulation fréquente les a détruits..
Certains dont François Lyotard et Michel Butor ont humoristiquement proposé de les employer des façon « oulipienne « à la confection de poèmes selon le principe de « 100000 milliards de poèmes « de Raymond Queneau …ce qui risque , en raison de la nature de nombre de pêchés recensés , d’en créer de nouveaux …
4)Issus des anciens « Pénitenciels * « (Voir à ce mot )les “Manuels du confesseur “ sont des guides à l’usage des prêtres chargés des confessions destinés à les aider dans cet exercice en leur donnant des directives sur la façon de se comporter , les questions à poser et l’attitude à adopter face à des cas difficiles tels que confessions de meurtriers ou de condamnés à mort .
Les questions touchant à la concupiscence et à la sexualité y sont abordées avec parfois une (trop ?..) grande minutie , certains de ces manuels prenant la précaution de traiter de ces sujets “ sensibles “ en langue latine et dépassant parfois de beaucoup en précision ce qui aurait été strictement nécessaire ce qui les fait flirter avec le “ Curiosa* “ et classer dans les genres particuliers de la “ Mæchialogie * “ ou de la “ Pornothéologie * “ .(Voir à ces mots )
Citons en exemple de ce dernier cas le “De sodomia tractatus nova de sodomia fœminarum a tribadismo distincta “ du R.P.Sinistrari (1632) qui détaille à plaisir et en 190 pages tous les cas possibles de sodomie et , y joignant parfois un brin de sadisme , s’attarde sur les châtiments encourus et la conduite de la question ordinaire ou extraordinaire pour susciter la manifestation de la “ vérité “ précisant au passage que ,si l’usage du feu n’est plus requis par les tribunaux laïcs , il ne saurait en être de même pour les questions religieuses et ceci pour les coupables comme pour les victimes ...!
Il semble que,sous l’apellation de « Pénitentiels * « ces manuels soient apparus au XII° et parmi les premiers connus figurent celui de Thomas de Chabham (1220)et la « Somme* des cas de conscience « de aymond de Pennafort (1234)
Ils eurent quelques homologues laïcs et certains « Traités de la pudeur «, comme par exemple , celui de Lambert de Vertthuyen (1676), ne leur cèdent en rien et sont des moins pudiques qui se puissent voir …
5)Dans certaines régions , Alsace par exemple , il fut d’usage jusques vers 1940 de délivrer des certificats,généralement illustrés de l’agneau pascal , attestant de la réalité de l’exécution d’une confession annuelle