Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
SERPENTE (É)
Papier translucide très fin destiné à l’origine à la confection des éventails mais qui , très vite fut spécialisé dans la protection des gravures et l’évitement des maculatures* sur la page opposée du livre ou elles étaient insérées (l’encre d’impression en taille douce sèche beaucoup moins vite que l’encre typographique....)
Ce papier doit son nom au filigrane “au serpent “ de l’un de ses premiers fabricants...L’appellation est devenue nom commun....et les gravures ainsi protégées sont parfois dites « serpentées «
En toute rigueur ,les serpentes , si elles ne portent aucun texte, devraient donc être ôtées dés que le risque de maculature * a disparu mais il faut reconnaître que cette opération n’est presque jamais réalisée et ce au point que l’absence des serpentes est souvent signalée comme un défaut dans beaucoup de catalogues ....
Il faut noter que , dans de nombreux cas , le papier acide des serpentes au lieu de protéger les gravures les a détériorées ....mais ,à l’inverse , on connaît aussi des cas ou des rousseurs ont été absorbées par les serpentes….
Les serpentes , lorsqu’elles sont imprimées portent un texte se rapportant à la gravure qu’elles protègent , mais Il est arrivé que le texte de certains livres très illustrés soit imprimé sur les serpentes : c’est le cas , par exemple, du “ Diadème de flore “ de Gérard d’Houville publié par Flammarion en 1928 et illustré par André Edouard Marty.
Dans les manuscrits anciens les illustrations et enluminures comportent souvent des surépaisseurs(plusieurs dixièmes de millimètres parfois ..) qui ,lorsque le livre est fermé , provoquent un foulage *sur la page opposée: les serpentes, d’abord réalisées en tissu , ont dans ce cas pour but de supprimer ou d’atténuer ce phénomène tout en protégeant l’illustration elle-même .
Ce phénomène de marquage de la page opposée a pu être accentué par la pratique de la mise sous presse des livres,dite « Constrictus*-Liber « , pour tenter de les soustraire aux attaques des insectes papyrophages *.