Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
CHAT
1)Le chat a suscité une abondante littérature soit consacrée à son étude , soit le prenant pour thème ou pour héros ,la plus populaire de ces œuvres étant le “ Chat botté “ de Charles Perrault(1695) mais on pourrait aussi , par exemple, citer Du Bellay qui se lamente en 1568 sur la mort de son chat “ Belleau, “Domenico Balestrieri et son “ Lagrime in morte di un gatto “ ( 1741) qui est un hommage posthume à son chat rédigé par 80 auteurs en 280 pages.,Moncriff qui publia en 1727 une mystification intitulée “ Histoire des chats ...” qui lui valut le surnom d’ ”Historiogriffe “,une querelle avec le poète Roy qu’il roua de coups de canne et de voir un chat lâché au sein de l’académie française rassemblée pour sa réception le 17 Décembre 1733...etc ...etc ...
2Le chat est cité dans au moins deux expressions péjoratives concernant l’écrit :
-”Écrire comme un chat “ est une locution consacrée par l’usage pour décrire une écriture presqu’illisible.
Les origines de l’expression sont un peu floues : analogie avec les barbouillages d’un chat ayant marché dans de l’encre ?...presqu’homonymie entre « Griffe « et « Graphe « ?....surnom de » Greffier *« parfois donné au chat ?....ce dernier personnage étant parfois nommé lui-même « Chat-fourré « d’où à découlé le verbe « Chaffourrer *»synonyme de « Barbouiller -* «
-« C’est de la bouillie* pour les chats « caractérisant un texte incompréhensible …
3)Le chat a illustré certains filigranes et servi à quelques marques d’imprimeurs :
-Le “ Chat botté “ était le filigrane * du papier utilisé par la célèbre “ Imagerie Pellerin “ d’ Épinal * .
-La marque de l’imprimeur vénitien du XVI° siècle Marc Antoine de Muret était un chat tenant une souris
4)Manier le “ Chat à neuf que “ : Cette expression de Brunetière faisant allusion par jeu de mot au fouet ainsi dénommé ,consiste pour un auteur à faire un emploi abusif des vocables en “ Q “ : qui,que, quoique,qu’on etc ... qui donnent au style un ton rocailleux .
La plupart du temps involontaire , ce travers peut , parfois , être voulu comme dans cette strophe du Chevalier Augustin de Piis (“Harmonie imitative de la langue française “ -1785- ):
Le K,partant jadis pour les Kalendes grecques,
Laissa le Q,le C pour servir d’hypothèques...
Le Q,traînant sa queue et querellant tout bas
Vient s’attaquer à l’U qu’à chaque instant il choque,
Et sur le ton du Kcalque son ton baroque ...
5)Certaines signatures de personnes aimant les chats ont la forme de cet animal : c’était ,entr’autres, le cas de l’écrivain André Malraux ....
6)En Finlandais l’arobace * est comparée au “ chat qui dort “ ( “ Miukumauku “ )
7)Certains papiers marbrés * (Voir à ce mot ) sont dits “ œil de chat “ en raison de la ressemblance de leur décor avec l’œil de cet animal .
8)Innombrables furent les gens de lettres et du livre qui s’entourèrent de chats Céline , Colette , Baudelaire ,Loti , Guitry ,Du Bellay, Montaigne ,Apollinaire,Léautaud et combien d’autres ...
Les anecdotes les concernant sont légion :
- Montaigne laissait des blancs sur ses manuscrits pour ne pas déranger son chat qui y était couché.
-Jean Jacques Rousseau avait donné pour consigne à ses domestiques de poser aux visiteurs inconnus la question de savoir s’ils aimaient les chats et d’éconduire ceux qui y répondaient par la négative ….
-Léautaud ne fréquentait plus que ses chats à le fin de sa vie…
-Colette , parlant de sa mère, écrit dans « Le Képi »(1943) : « Sido attablée n’importe où,poussant de côté une chatte envahisseuse,écrit .. »
-Céline trouvait que le chat était “ Le tact en ondes “
On pourrait citer des milliers de circonstances ou les “ Fanfare “ ,”Toutouque “ , “Moumoutte “ , “ Pipe “ , “Belaud “ et autres “ monsieur Souris “ cotoyèrent de prés la “ Chose écrite “ et, en un certain sens , y participèrent même ...
Il serait intéressant de connaître le point de vue des amis des livres en ce qui concerne les déprédations et les griffures* que certains chats adorent commettre sur les livres de leur maître …on en a quelques témoignages anciens , comme par exemple , ce commentaire d’un moine copiste de Deventer qui , découvrant en 1420 qu’un chat avait uriné sur un manuscrit en cours de rédaction , laissa vierge le passage tâché en l’encadrant de deux « Manchettes * » et inscrivit en latin ce commentaire : « Il ne manque rien ici , mais un chat a uriné dessus lors d’une nuit.Maudit soit le chat nuisible qui a uriné sur ce livre pendant la nuit à Deventer ,et bien d’autres chats après lui !.Faites bien attention à ne pas laisser de livres ouverts la nuit là ou vont les chats !
9)Le chat a eu , bien entendu l’honneur des titres : “ Le chat Botté “ bien sûr mais aussi l’éphémère revue du XIX° siècle “ D’un chat à l’autre “,”Le chat la belette et la petit lapin “,”Le chat et le vieux rat “ ,”Le chat et le renard “ ,”Le vieux chat e t la jeune souris “ de La Fontaine ,le “ Combat de chats ou Gatomachie “ de Lope de Vega, “Le chat Murr “ d’Hofmann( 1822),” La Chatte “ de Colette , “ La Chatte et Shakespeare “de Raja Rao (1965)
10)Certains ont qualifié les œuvres glorifiant le chat du néologisme “ Minetgérique “ .