Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
SERVICE
1)Le “ Service de presse “ est l’envoi gratuit de livres par un éditeur à un certain nombre de personnalités ou d’organismes susceptibles de faciliter leur diffusion.
Ce sont les exemplaires dits “ de Passe * “ qui servent à assurer ce service et ces ouvrages portent ,en général,la mention “Service de presse” ou “SP” sous forme de cachet* ou de poinçon* perforé.
Ils sont toujours brochés et seuls quelques destinataires illustres les reçoivent reliés.(certaines collections comme “la Pléiade” qui sont reliées en cuir éditent des ouvrages brochés appelés “Mousseline*” pour le service de presse...)
Parfois ils constituent un “pré-tirage” établi avant la sortie du livre en librairie ce qui amène alors,lorsque l’édition n’a eu ni tirage numéroté ni grand papier, à les considérer comme l’édition originale.... (c’est le cas , par exemple, de “ l’ Étranger “ d’Albert Camus paru en 1942 ...)
Ces ouvrages ,que leurs destinataires reçoivent par centaines deviennent souvent des « Non*-lus « et se retrouvent chez les soldeurs de livres ,certains de ceux-ci s’étant même spécialisés dans ce commerce....
Umberto Eco signale à ce propos que , membre du jury littéraire du prix Viareggio pour la seule section « Essai », il reçut un exemplaire de la totalité des livres en compétition dans toutes les sections et qu’il dut ,pour arrêter le raz de marée , renoncer à sa participation au jury .
A titre d’exemple de cette pratique Montorgueil indique dans la préface d’un livre consacré à Alfred de Musset que celui-ci “...à peine curieux des œuvres contemporaines ,ensevelissait les in -huit dont il respectait la virginité “
Certains auteurs se sont cependant refusés à cette pratique comme , par exemple , Décembre et Alonnier qui dans la préface de leur livre “ Typographes et gens de lettres “ (1864) préviennent “...nous ne donnerons pas un seul exemplaire à la critique :si elle nous croit digne de ses coups,elle nous achètera...”
On peut rencontrer les appellations “ Copies ou exemplaires de courtoisie “ mention fort bien illustrée par la remarque de Rémy de Courmont qui, dédicaçant en 1899 « Le songe d’une femme « ,dit à Paul Léautaud : »On envoie ses livres à des gens qu’on méprise bien … »(lettre de Léautaud à Mme. D’Ormoy -6/12/1899-in “Journal littéraire -T1p36” «)
Concernant le volume du service de presse , il est bien sûr variable mais se situe souvent aux alentours de 80 à 120 exemplaires les contrats mentionnant assez fréquemment le chiffre de 200.
2)Le “ Service personnel “ désigne les exemplaires,parfois nommés « Exemplaires d’auteur * « (Voir à ce mot ) remis gracieusement par l’éditeur à l’auteur : le nombre ,souvent parcimonieux ,en est fixé lors de l’établissement du contrat ,des exemplaires supplémentaires pouvant être acquis par l’auteur à des conditions voisines (mais parfois plus défavorables…) que celles faites aux libraires .
Ayant connaissance de l’existence de cette pratique un certain nombre de personnes connaissant plus ou moins intimement l’auteur s’attendent à ce que celui-ci leur fasse le don gracieux d’un exemplaire…désir inavoué que l’auteur , ayant très vite épuisé ses deux maigres douzaines d’exemplaires , ne peut évidemment satisfaire se créant par là inimitiés et rancunes …
3)Les “ Lettres* de service “ étaient les lettres rappelant à l’activité les officiers en disponibilité .ou destinées à les investir dans des fonctions déterminées .