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SCEAU
1)Synonyme de cachet* ou de bulle*;on en connaît de très anciens comme les sceaux cylindriques de l’ancienne Égypte souvent à l’effigie du scarabée , de la civilisation Sumérienne datant de 3400 Ajc et comportant ,avec les étiquettes* d’Abydos les premiers signes hiéroglyphiques* ou ,plus récents , de l’empereur de Chine Kangxi en stéatite sculptée .
Le mot (on peut rencontrer les synonymes anciens: »Cérographe * « et « Seel « ) désigne à la fois l’instrument utilisé et le résultat obtenu .
Le sceau est toujours constitué d’une empreinte gravée sur un matériau dur et destinée à imprimer une matière molle.
Jusqu’au XV° siècle les sceaux eurent la forme d’anneaux (« Annulus * « ) et furent parfois munis d’une clé (“annuli ad claves “ ) ouvrant un coffre ou un secrétaire ; la coutume très fréquente de les porter au pouce suscita l’expression “Mettre le pouce * “ pour désigner l’action d’apposer un sceau.
Ils furent ensuite montés sur un manche , un bracelet, un pendentif etc… et déclinés en toutes sortes de matières plus ou moins ornées ....
Certains sceaux sont désignés par des noms spécifiques comme , par exemple , les sceaux des institutions égyptiennes qui étaient appelés “ Khetem * “, le sceau officiel de la république française qui est appelé “ Marianne * “ , les sceaux à symbolique religieuse qui sont qualifiés de “ Sceaux de dévotion “ ou les sceaux à l’effigie du roi dits « De majesté *«
Le sujet représenté était souvent le portrait du titulaire avec , au verso appelé “ Contre*-scel “ ,ses armoiries mais des pierres antiques furent aussi utilisées et c’est ainsi que Charlemagne utilisa une effigie de Sérapis et Pépin le bref un portrait de Bacchus, l’antiquité , quand à elle , fit beaucoup usage du pied * humain en signe de propriété ou du scarabée pour la civilisation égyptienne ...
Il a existé des sceaux multiples permettant , à l’aide d’un même instrument d’apposer jusqu’à huit empreintes différents .
Le sceau était apposé sur des pastilles de cire chaudes fixées sur le document ( sceau “ Plaqué * “ ) ou sur des rubans,appelés “ Lacs * “ , attachés à celui-ci (on dit alors qu’il s’agit d’ un “ sceau pendant * “ et le document est qualifié de “ Document à queue * “ )et, parfois, un second sceau nommé “ Sous*-sceau “ était apposé en dessous du sceau principal , le document concerné étant alors dit “ Subsigillé “.
La qualité de la cire n’était pas indifférente et il a été utilisé des cires de diverses couleurs selon le nature des documents ,( le code d’utilisation admettant de nombreuses variantes locales ): blanche pour le sceau royal, verte pour les arrêts et les documents pérennes, jaune pour les actes ordinaires mais aussi pour certains actes importants , rouge pour les actes régionaux, Bleu pour l’ Académie française et pour quelques rares sceaux anciens etc ....
Il a existé aussi des usages plus insolites comme cette empreinte de dents signalée par le bénédictin du XVII° siècle Jean Mabillon et attestée par l’inscription “ Sigillum dentibus mei impressi “ ( “ J’ai marqué ce sceau de l’empreinte de mes dents ...” ) , cette charte de 1221 signalée par dom de Vaines dans son “ Manuel de diplomatique “ qui comporte des poils * incrustés dans son sceau avec la mention : “ Cum tribus pilis barbæ meæ ………” (...avec trois poils de ma barbe ) mais on connaît aussi des empreintes d’ongle * ou de la frange d’un vêtement et des inclusions de cheveux….
On signale aussi l’usage de l’empreinte du pommeau d’une épée : si , malgré une tradition persistante , il n’est pas prouvé que Charlemagne y ait eu recours ,dans d’autres cas cet usage est bien attesté comme dans un document signé par Robert de Vere en 1160 et qui porte la mention “ Ipse signavi cum ense meo “ (“J’ai signé en personne avec mon épée “ )
Il existait des sceaux spécialisés tels que “ Sceau Dauphin “ réservé aux actes du Dauphiné , “ Sceau des grands jours “ , “ Sceau de la grande et de la petite chancellerie , “ Sceau privé , “ Sceau du secret “ , “Sceau de justice “ , “ Sceau seigneurial “ , le “ Grand sceau “ , “ les sceaux “ Communs, ordinaires , ordonnés en l’absence du grand “ etc ...etc ...etc ...etc ...
Les sceaux ,et surtout ceux de grande dimension (96 mms pour le sceau royal ...) ,demeuraient fragiles et c’est ce qui explique leur absence sur de nombreux parchemins qui , par ailleurs nous sont parvenues en bon état .
Leur présence originelle peut cependant être détectée par la présence sur le parchemin de fentes dans lesquelles passaient les “ queues * “ ou par la mention qui en était fréquemment faite dans le texte .
L’usage du sceau s’est perpétué jusqu’a l’apparition de l’enveloppe * et ,même après , et il a encore figuré pendant longtemps dans de nombreux nécessaires de bureau.
Les sceaux royaux étaient martelés à la mort de leur titulaire(pratique qui perdure de nos jours pour les papes ) et furent longtemps conservés au prieuré de la Saussaye prés de Villefuif ; dans d’autres cas , ils étaient enterrés avec le défunt et certains d’entr’eux furent retrouvés lors d’exhumations ultérieures ( Chilpéric en 1653....La reine Constance en 1793 par exemple ...)
Durant longtemps le sceau fut considéré comme supérieur à la signature,d’ailleurs souvent absente des documents anciens , pour l’authentification des documents .
Les collectionneurs de sceaux sont des “ Sigillographistes “ certains collectionnant les sceaux en tant qu’instrument , d’autres les cachets de cire imprimés .
Il est probable que ce furent les tailleurs de sceaux qui réalisèrent les premiers fers* destinés à orner les reliures *.
Le “ Sceau de Salomon* “ parfois nommé “ Pentalpha “, »Hexalfa », « Bouclier de David « , »Didelta », « Maguen David « ou « Hexagramme * « est constitué de deux triangles imbriqués l’un blanc , l’autre noir
Il a, depuis les temps les plus reculés ,été un symbole fort auquel ont été attaché des valeurs ou significations parfois antinomiques variables selon les époques et les lieux.....il a été utilisé à des fins religieuses mais aussi par des particuliers
Tour à tour symbole du monde,de dieu, de la pierre philosophale etc ...il a figuré sur des filigranes *ou des décors de reliure et a souvent été choisi comme emblème .
Le mot est parfois synonyme de “ Talisman * “ comme dans l’appellation “ Sceau de Mars “ figurant dans le “ Petit Albert * “
Le sceau de l’état figure sur les instruments de ratification des traités .
Les archivistes sont souvent confrontés au problème de la fragilité ou du mauvais état des sceaux apposés sur les documents archivés .
La manipulation de ces documents est délicate et la restauration des sceaux affaire de spécialiste, c’est pourquoi les dépôts d’archives importants comportent souvent un atelier de restauration des sceaux .
Les sceaux ont fait l’objet d’une foule de déclinaisons artistiques dans toutes les matières imaginables et , comme pour les cannes * se sont prêtés à nombre de combinaisons en abritant des caches secrètes contenant cire, nécessaire à écrire ,tire-bouchons, parfum ... ou substances moins avouables ou en se dissimulant sous l’aspect d’objets ordinaires tels que statuettes ou objets de bureau .
On peut rencontrer,pour le domaine gréco-romain ancien , l’appellation “Instrumentum domesticum “ qui désigne les sceaux à usage utilitaire, domestique ou commercial .
Quelques expressions font allusion au sceau :
-” Sous le sceau du secret “ qui fait allusion au sceau autrefois utilisé pour les affaires secrètes et indique que la discrétion est de rigueur .
-”Tenir le sceau “ pour désigner le fait d’être investi d’un pouvoir et d’être habilité à “ Apposer le sceau “
Quelques œuvres littéraires font allusion au sceau dans leur titre :
-” Le sceau des sceaux “ (Giordano Bruno -1583-)
-”Le sceau Egyptien “ (Ossip Mandelstam - 1928)
De nombreux écrivains ou gens de lettres ,même parmi les moins conformistes , ont fait usage de sceaux : pour n’en citer que deux mentionnons Rimbaud qui lors de son séjour en Éthiopie , usait d’un sceau portant la mention “Abdo Rimb “ (“Abdallah Rimbaud “ ) et Balzac qui vouait un véritable culte à un sceau offert par Mme. Hanska et qu'il nommait à son “Bedouck * “
2)L’ancienne écriture Chinoise archaïque était appelée :”Écriture aux petits sceaux”
3)Lettre de petit sceau:Lettre délivrée par l’autorité royale pour accréditer une action
4)La permission * du sceau était une autorisation de paraître délivrée à titre onéreux pour un ouvrage mais qui ,contrairement au privilège, n’accordait aucune exclusivité .
5)La bible mentionne plusieurs usages des sceaux :
-Livre sacré scellé de sept sceaux .. ( Apocalypse 5,1-10)
-Symbole de la personne et de son autorité (Genèse 38,18 & 41,42-Macchabées 6,15)
-Garantie de la validité d’un document ( Jérémie 32,10 )
-Assurance du secret d’un document ( Isaïe 29,11)
-Indication de la fin d’un document ( Épître aux Romains 15,28)
-Signe de propriété ( Deutéronome 32,34)
-Authentification de la provenance d’un document ( 1°Livre des rois 21,8)
-Mention symbolique et non plus matérielle lorsqu’elle parle du “ Sceau de Dieu “ ( -Job,Apocalypse,Daniel,St. Jean,Corinthiens etc ...etc ...)
-Bijou gravé(L’Ecclésiaste 32-58) ,
-Symbole de la personne(Genèse 38-18)
Et aussi ,Jérémie 32-10 (Signature ) , Isaïe 29-11 (Secret ) ,Épitres de saint Jean 6-27 (Sceau de Dieu ) ,Apocalypse 7,2-4 & 9-4 ( Talisman protecteur ) ., Macchabées 6-15 (Symbole de l’autorité ) , Isaïe 29-11 (Secret ) ,Épitres de saint Jean 6-27 (Sceau de Dieu ) ,Apocalypse 7,2-4 & 9-4 ( Talisman protecteur ) Etc...etc ...
6)Les éditeurs d’estampes japonaises ont fait usage de sceaux apposés sur leurs productions mais ,chacun d’eux se désignant par quatre noms l’identification en est parfois difficile ;
En effet chaque éditeur portait un nom de famille,un nom personnel , un nom commercial officiel ( “ Dögö “ ) et un nom commercial familier ( “ Yagö “ ) et , pour éviter des confusions , utilisait parfois un amalgame de ces divers noms ...
Voici ,par exemple , les sceaux de Uemura (vers 1800) , Take-uchi et Sagamiya ( vers 1730)
SCEAUX (Divertissements de ....)
On a nommé “ Divertissements de Sceaux “ des saynètes mythologiques , des poésies légères , des vers macaroniques * ou gongoresques * ,des épigrammes *,des allégories osées qui étaient composées au début du XVIII° siècle par la “ Cour “de Louise -Bénédicte de Bourbon Condé,duchesse du Maine ,au château de Sceaux.
Les pièces littéraires qui nous sont parvenues témoignent de la frivolité et de la mièvrerie de cette société pourtant fréquentée par quelques grands écrivains ( que la duchesse nommait “ Ses bêtes “..) tels Fontenelle ou l’encore inconnu Voltaire ...
Le film “ Ridicule “ donne une idée à peu prés exacte de l’esprit de ces “Divertissements “ .