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Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .

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DICTIONNAIRE     

Écrie un article sur ce sujet qui mériterait un ouvrage à lui seul est sans doute présomptueux ....au lecteur d'en juger !

 

DICTIONNAIRE     

              Employé pour la première fois par Robert Estienne en 1539 pour son “Dictionnaire Français Latin  “ (auparavant , le mot “ Lexicon  *  “ était plus courant ..)ce mot désigne un ouvrage rassemblant ,soit la totalité des mots d’une langue à une époque donnée (dictionnaire de langue...),soit les mots d’un langage propre à une technique ou à un domaine particulier (dictionnaire spécialisé),soit  les mots de deux  ou plusieurs langues en donnant leur traduction (dictionnaires de traduction).

              La présentation peut être alphabétique,par matières, analogique*, par racines * , diachronique *, synchronique *,critique * , extensive * ,sélective *,visant à l’encodage * ou au décodage *,monolingue, bilingue, intensive   etc...il existe une multitude  de dictionnaires qui peuvent,selon leur objet prendre les noms de lexique*,glossaire*,vocabulaire* ,index* etc..

              Certains d’entr’eux méritent plusieurs de ces classements , un bon exemple paraissant être le « Dictionnaire bibliophilosophique,typologique,iconophilesque,bibliopégique et bibliotehnique à l’usage  des bibliognostes *,des bibliomanes * et des bibliophilistins * » de Octave Uzanne (1896)

              On peut ainsi trouver des dictionnaires d’occultisme,de philosophie ,d’antiquités,d’archéologie,et même des cas de conscience ou de la bétise !

              La bible n’y échappe pas pour laquelle on trouve plusieurs dictionnaires ( Vigouroux , Cazelles -Feuillet,Vincent,Léon-Dufour,Von Allmen,Dheilly ....)

              Déjà en 1758 Grimm disait “Tout se met ,en dictionnaire,tout s’abrège.....”

              Leur taille est très variable:un dictionnaire ordinaire de langue française   recense en moyenne 60000 mots , un dictionnaire usuel environ 35000 ... et les records * en la matière sont  détenu par le dictionnaire allemand des frères Grimm (33 volumes ,34519 pages -1971),  “ Grand Larousse universel  du XIX ° siècle  “de Pierre Larousse  ( 15 volumes plus deux suppléments  ,20700 pages,483 millions de signes  - 1864-90) et le dictionnaire musical “ Groove  ” qui comporte 22 millions de mots .

              L’art de rédiger les dictionnaires est la lexicographie* et la “ Dictionnarique  *  “ et remonte  à l’antiquité: le “ Shuo wen jie zi  “  ou “ Dictionnaire étymologique des caractères “ est chinois et date de l’an 100.

              Les dictionnaires sont des témoins précieux de l’évolution des langues et leur usage s’est vraiment répandu à partir du moyen-âge qui en fut friand :des “ Étymologies  “ rédigées au VII° siècle au “ Vocabularius ex- quo  “ de 1400 composé par Isidore de Séville pour le roi Wisigoth Sisebut,en passant par le “ Dictionarium universalæ “ de Salomon (IX° siècle ) ou le “ Speculum * hisotoriale ..” de Vincent de Beauvais (XIII° siècle ) la liste est longue qui comporte  des dictionnaires de consultation, spécialisés,bilingues,d’apprentissage et des glossaires* généraux ou thématiques.

              L’antiquité ne produisit pas de vrais dictionnaires mais des lexiques  ( “De lingua latine  “ de Varron par exemple ...),le moyen-âge se contenta de gloses * et de glossaires *(“Gloses de Reichenau  “ VIII° siècle ..) et          l’un des premiers essais (c’était plutôt une encyclopédie...) fut  le “Calepino*” .( Précédé par des ouvrages qui cherchaient à s’approcher de ce concept mais n’y étaient pas totalement parvenus comme le dictionnaire Chinois  de Hou Chin en 150 AJC....)                                    

              Les premiers vrais dictionnaires de langue furent :

              -En 1531 le”Thesaurus linguae latinae” de Robert Estienne

              -En 1573 le “ Thrésor du langage bas-alman,dict vulgairement flamang,traduit en françois et en latin “  édité par Christophe Plantin et qui est le premier à concerner une langue vivante .            

              -En 1606, le “Thrésor” de Nicot ,premier dictionnaire à adopter l’ordre alphabétique .

              -En 1611 du « Dictionary of the french and English Tongues « de Cotgrave

              -En 1680 le “Dictionnaire de la langue Française ancienne et moderne” de César Pierre Richelet suivi  , en 1690, du “Dictionnaire universel “ de Furetière et , en 1694, du “ Dictionnaire des arts et des sciences “ de Corneille et du “ Dictionnaire de l’académie “.   

              -À partir de 1704 le “ Dictionnaire de Trévoux “,rédigé par les Jésuites sur ordre du prince Louis Auguste de Bourbon prince de Dombes ,  qui doit son nom à son lieu d’impression et reprit en grande partie la version remaniée en 1701 par Henri Basnage de Bauval du dictionnaire deFuretière.et qui  eût par la suite de nombreuses rééditions (1721,1732,1734,1740,1743,1751,1771 ) rendant délicate et confuse la reconstitution de sa genèse...

 

              Le dictionnaire officiel est le “Dictionnaire de l’académie*”  : sa première édition date de 1694 comprenait 24000 mots classés par racines étymologiques * (commandée par Richelieu en 1638 cette première version prête  en 1673 ne parut pas en raison de la “ Bataille “ * des dictionnaires ) et elle fut suivie des éditions de 1718 qui adopta le strict ordre alphabétique puis de 1740,1762,1798 (an VII sur les brouillons de 1793 sauvés par Morellet ),1835 ( qui fit l’objet d’un supplément* «Sauvage « publié par François  Raymond ) ,1878 (enrichie de 2500 mots ),1935...et....de la  neuvième refonte qui est   en cours ,portera son contenu à 45000 mots ., et dont les deux premiers volumes sont parus en 2001(A-Enz) et 2000 (Éoc-Map) avec ,curieusement, un dépot légal du  second volume en Novembre 2000 alors que le premier n’a été déposé qu’en Février 2001..

              La lenteur d’élaboration des rééditions jointe au fait que les mots ne s’y intègrent qu’avec un notable retard sur leur usage  font que , s’il est unanimement reconnu comme une référence de la langue classique, le dictionnaire de l’académie n’est pas considéré comme une référence de l’usage courant .

              Ses rédacteurs ont bien  fait des  efforts pour tenter d’approcher cet usage en introduisant de mots du langage populaire ou familier signalés par des « remarques normatives « mais sans y parvenir tout à fait  ou  en introduisant des mots qui ne sont pas vraiment d’un usage très répandu ( « Badigoinces « par exemple …)

              Cette refonte perpétuelle (et lente ..) et le choix des mots retenus  ont inspiré de nombreuses  critiques comme par exemple :

              -Cet  épigramme ironique de Lebrun-Pindare  : “ On fait,défait,refait, ce beau dictionnaire - qui, toujours très bien fait sera toujours à faire ... “  

              -Cet épigramme * de Boisrobert soulignant la lenteur de ses travaux :

                                   “Depuis si  longtemps dessus l’ F on travaille,

                                   Et le destin m’aurait fort obligé

                                   S’il m’avait dit : Tu vivras jusqu’au  G. “

              L’académie reconnaît cette lenteur et la justifie par l’obligation d’attendre d’avoir la certitude de la pérennité des mots choisis et ^par la difficulté de mise aupoint des définitions .

              Ce reproche de lenteur lui fut adressé dès ses débuts , incitant Colbert à se rendre à l’académie pour évaluer de visu ses difficultés , visite qui , l’ayant édifié sur les obstacles rencontrés  susscita de sa part le commentaire : « Je vous laisse à votre train «

 

              Pour palier en partie à cette lenteur  les 8° et 9° éditions sont publiées par fascicules *au fur et à mesure de l’avancement des travaux

              -Ce “Nouveau  Dictionnaire “ de Jean Charles Laveaux ,paru en 1828,dans lequel  l’auteur ,qui parait nourrir un   ressentiment certain envers l’académie (candidat évincé ?) , signale  une multitude  de mots obsolètes,démodés ou inusités en soulignant à l’envie leur présence dans le dictionnaire de l’institut (datant ,à cette époque de l’an VII et à la veille de sa refonte de 1835 ...)

              -Cette appréciation des auteurs Décembre et Alonnier “ ..Comme d’ordinaire les définitions de ce docte recueil n’en sont point ...” (1866)

              Ces critiques sont encore d’actualité puisque le livre de N. Catach  “ Orthographe et lexicographie “ publié en 1971signale le “ Dictionnaire de l’académie “ (édition 1935 ..) comme introuvable , trop restreint et dépassé....

              L’académie  a parfois fait preuve d’intransigeance dans cette mission de conservation :par exemple en 1685 en excluant de son sein Furetière qui avait rédigé un dictionnaire ne répondant pas à ses vues ( voir: Bataille* des dictionnaires)

              Si le “ Dictionnaire “ est  universellement connu , il faut signaler le “Dictionnaire historique de la langue française ” dont quatre volumes furent publiés de 1865 à 1894 avant son abandon , le “ Complément du dictionnaire de l’académie  “ paru en 1842 à l’initiative personnelle de F. Raymond ou le « Dictionnaire des halles «   qui est un extrait,paru en Belgique en  1696, de la première édition ( 1694) du dictionnaire de l’académie.

 

              Au XIX° siècle on a assisté à une floraison de dictionnaires en tous genres ayant connu plus ou moins de succès et dont le “Grand dictionnaire universel  du XIX° siècle” de Pierre Larousse est sans conteste le fleuron : rédigé de 1864 à 1876  il comporte 15 volumes et 2 suppléments parus en 1878 et 1884 (ces deux derniers manquent souvent...)et constitue encore de nos jours une mine précieuse de renseignements et de connaissances.         

              On peut aussi mentionner le dictionnaire de LITTRÉ ,celui de BOISTE   et pour l’époque moderne le dictionnaire ROBERT .....

              Comme pour tous les ouvrages anciens , il existe des dictionnaires qui ne nous sont connus que par des mentions dans d’autres œuvres,des fragments ou des copies :c’est , par exemple, le cas du dictionnaire d’Étienne de Byzance (500) qui ne nous est connu que par de courts fragments et un abrégé * fait par Hermolaus en 1502.

              Il existe de nombreux dictionnaires spécialisés dans un domaine précis et certains d’entr’eux ,plus que des ouvrages de référence, sont de véritables outils :c’est le cas des “ Dictionnaires - code * “ destinés au chiffrage des messages codés 

              Certains noms de  lexicographes sont devenus des noms communs et on dit : un  “ Larousse”, le “Littré “ ou le “ Robert “ ....

              Il existe des amateurs impénitents de dictionnaires(“dicophiles *    ” voire “  Dicomanes * “  ) et ceci depuis que les dictionnaires existent ...parmi les  célèbres citons  Baudelaire,Théophile Gautier ,Rimbaud,Hérédia,France,Bloy,Mallarmé, Valéry, Gide   Formey dont la passion proche de la manie l’avait conduit à vouloir résumer l’encyclopédie* de Diderot  ,Paul Léautaud qui  écrivait dans son “ journal littéraire “ : “ La seule foi qui me reste ,et encore ! c’est la foi dans les dictionnaires  “  , Anatole France qui notait : “ ...le dictionnaire est le livre par excellence .Tous les autres  livres sont dedans :il ne s’agit plus que de les en tirer . “   Charles Nodier qui pensait que  “ ...un dictionnaire peut se lire comme un roman “  , Hérédia qui  écrivait “ ..la lecture du dictionnaire de Jean Nicot procure, plus d’agrément,de plaisir et d’émotion que celle des “Trois mousquetaires  “  ou , encore , Jean Cocteau qui estimait que « Un chef-d’œuvre de la littérature n’est jalmais qu’un dictionnaire en désordre « (in : « la fin du Potomak »  

              Pour l’époque actuelle citons  le linguiste Jean Pruvost qui possède toutes les éditions du “ Petit Larousse  “,  et quelques milliers d’autres dictionnaires  et  Charles Aznavour ...

              A l’inverse ,il existe aussi des dicophobes * qui soit détestent consulter un dictionnaire ,soit sont violemment opposés au classement rationnel et éclaté des connaissances qu’il propose .

              La polémique est ouverte , et sans doute pas prés d’être réglée , entre tenants et adversaires du dictionnaire , les uns soulignant  la facilité et la rapidité d’accès à une information ponctuelle et précise , les autres en  déplorant le morcellement  et les inévitables répétitions.

              On prête souvent aux dictionnaires un caractère de référence absolue et incontestable ou d’ « Évangile * « , qui a pu faire parler de “ Dictionnaire - oracle “ ,“Dictionnaire-loi “ et dire de quelqu’un d’érudit que “ C’est un dictionnaire  “ et l’on rencontre souvent l’idée que  “ ce que dit le dictionnaire est parole d’évangile et qu’un mot n’existe pas s’il n’est pas dans “le “dictionnaire...” .

              Si convenir de prendre pour référence tel ou tel dictionnaire pour une circonstance précise ( jeu de mots ou de lettres  par exemple ....)est parfaitement légitime il faut tempérer le propos dans les autres cas tant il peut y avoir de nuances dans les définitions d’un même mot lues dans plusieurs dictionnaires différents ,à supposer qu’ils le recensent tous ce qui est loin d’être  le cas ...

             ..  Il serait intéressant à ce propos de  dresser la liste des dictionnaires auxquels se référèrent les grands auteurs … si pour les XVI°, XVII° et XVIII° siècles le nombre de dictionnaires disponibles limite les incertitudes ,et si pour le XX° la trilogie "Larousse, Robert , Littré "s'est imposée il n'en va pas de même pour le XIX° ou la floraison de dictionnaires proposa un vaste choix aux auteurs ...

Mais ,là comme ailleurs, les avis ont divergé comme en témoigne Jules Vallès qui ,dans le chapitre 27 du « bachelier » écrit : « on se connaît de lexique à lexique :il y a la confrérie des Bescherellisants,des Boisteux  et des Poitevinards .. »

 

                     Les écrivains ont eu leurs préférences et ,bien que très lacunaire , on peut en dresser la liste ci-dessous :

              -Victor hugo : Boiste .

              -Saint John-Perse :Petit Larousse (il l’annotait ..) et  dictionnaires analogiques et étymologiques(sans doute Dauzat ..) .

                        -José-Maria de Hérédia : « Thrésor » de Nicot

                        -Émile Zola : Littré  et »Dictionnaire universel du XIX° siècle « de Larousse

                        -Ernest Renan : Dictionnaire de l’académie

                       

                        -Jean Giraudoux : « Grande encyclopédie » de Marcelin Berthelot

                        -José Perec : Larousse en 2 volumes .

                         

                        -Maurice Barrès & Paul Valéry: Académie ...avec quelques réserves …

                        -Anatole France :Littré , Brockhaus,Furetière & Trévoux, Gazier

                        -Yann Quéffélec : « Petit Robert «

                        -Gide, Georges Duhamel ,Léon Bloy,Françis Ponge,René Char :Littré

                        -Jean Paul Sarte : Nouveau Larousse illustré

 

DES INDICATIONS SUPPLÉMENTAIRES SERAIENT LES BIENVENUES ...

 

 

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              Pource qui concerne le commun des mortels , les dictionnaires  de langue française les plus couramment utilisés sont : le « Petit Larousse », le « Petit Robert « et à un degré bien moindre  « le « Dictionnaire de notre temps » , le « Lexis «…

 

               Bien que sa vocation soit d’être consulté de façon discontinue ,toutes les études faites en matière de lecture * montrent que certaines catégories  de lecteurs le lisent comme un livre ordinaire : il s’agit souvent de lecteurs  animés d’un désir d’accumulation des connaissances et possédant peu de livres .

              Une autre catégorie de lecteurs du dictionnaire est constituée par les joueurs de “Scrabble * “ et par les candidats aux concours d’orthographe,les uns cherchant à mémoriser le plus grand nombre de mots possibles , les autres cherchant à en retenir l’orthographe .

              Les dictionnaires n’ont pas échappé à certaines modes littéraires qui tel le “ Cadavre * exquis “ ou “ l’oulipisme  “  ont créé des œuvres baroques  hors norme...c’est le cas d’un dictionnaire,qui  paraît devoir hanter longtemps les rayons des  libraires qui lui donneront sans doute d’affectueux qualificatifs tels que “ Nanar * “, “ Baleine *”, “ Drouille *  “Panar*,Panat* ;Panne*,Panouse* ,Bide* ,Less*-seller , Enclume * “ Mort * “   ,et qui  propose pour chacun de ses mots une définition tirée au sort ne correspondant pas à sa nature mais produisant parfois ( rarement ...) un effet cocasse...

              Les dictionnaires ont aussi souvent été utilisés pour l’établissement des clés de textes codés , pour servir de support à la bibliomancie *.

              Il est arrivé que, jouant sur l’aura populaire du  dictionnaire, certains le prennent  pour base d’une campagne de dénigrement politique   en y cherchant des mots se rapprochant du nom d’un adversaire et ayant un sens cocasse , négatif ou burlesque : un certain Lionel Pélerin fut ainsi assimilé au requin du même nom....

              De nombreux auteurs ont émis des opinions concernant les dictionnaires :

              - “ Un dictionnaire est un de ces livres qui peuvent être améliorés à l’infini  “ (Bayle 1690 )

              -”Seul Dieu peut faire un bon dictionnaire  “ ( Boiste)

              “Le caractère que doit avoir un bon dictionnaire est de changer la façon commune de penser  “ (Diderot )

              -”....la nécessité où chacun se trouve de s’aider de ses devanciers ....” ( Barré ,1842)

              -” Un dictionnaire doit toujours beaucoup à ceux qui l’ont précédé  “ ( Robert )

              -”Un dictionnaire est  le livre de tout le monde ....” ( Bescherelle )

              -”Douteux dispositif académique destiné à entraver l’évolution d’un langage et à en  scléroser  le fonctionnement ....” (Ambrose Bierce ....qui , cependant , rédigea un dictionnaire ...)

              Flaubert n’a pas manqué de relever les lieux communs à ce  propos ,et l’on peut lire dans son “ Dictionnaire des idées reçues   “ :”Le dictionnaire n’est fait que pour les ignorants  “  et , à propos des “ Dictionnaires de rimes : “ s’en servir ? honteux ! ‘

              -« Un chef-d’œuvre n’est jamais qu’un dictionnaire en désordre ! « (Jean Cocteau)

              « Il en va des dictionnaires  ainsi que des montres : le pire vaut mieux  que rien ,et l’on ne peut attendre  du meilleur qu’il soit tout à fait juste « (Samuel Johnson )

              Pour passer au registre de l’humour , citons « Le chat « de Philippe Geluck qui , à propos du dictionnaire note malicieusement que : «Gras est écrit en gras, Maigre est aussi écrit en gras,Minuscule est écrit en majuscules , Abréviation est écrit en entier,à Rien il y a quelque chose,Imprimé l’est mais Éffacé ne l’est pas ,Double n’est écrit qu’une fois,Jaune ,rouge,bleu sont écrits en noir ,Page ne porte pas de numéro alors que toutes les pages en ont un,Traduction n’est pas traduit ,Dyslexie est bien orthographié,la Préface est au milieu de l’ouvrage mais tout se termine bien car Zorro arrive à la fin » 

              La censure ne s’est que rarement intéressée aux  dictionnaires et l’on ne peut guère citer que “ L’encyclopédie * “ de Diderot (qui ne fut pas interdite ) et la “ Dictionnaire universel  “ de Maurice Lachâtre qui , lui, fut interdit en 1858 et son auteur condamné  à 5 ans de prison et 6000 francs d’amende ...

              Notre époque voit un regain de la vogue des dictionnaires dans de nombreux pays mais c’est en France que le phénomène est le plus accentué et ,  pour la seule période 1994-1996, ce sont 916 dictionnaires *  et 251 encyclopédies *  qui y ont vu le jour...

 

              Les dictionnaires ne sont pas absents des locutions populaires parmi lesquelles on peut citer :

 

              -« Á grands coups de dictionnaire « qui caractérise une traduction sans génie et presque littérale .

 

              -« Dictionnaire vivant « qui désigne une personne au savoir encyclopédique …avec parfois la nuance un peu péjorative de savoir livresque et mal digéré …

 

              -« Aussi épais qu’un dictionnaire « : québécisme caractérisant un individu  peu uvert mais très bavard

 

              Le mot est parfois employé comme synonyme de « Lexique * « , « Vocabulaire «   ou d’ »Idiolecte * «pour désigner le bagage de mots utilisés ou connus d’une personne  et il n’a pas échappé  à la verve des faiseurs de charades *, logogryphes * et autres rébus * telle cette  énigme * le définissant :

 

              « Tout paraît renversé chez moi

              Le laquais précède le maître

              Le manant passe avant le roi

              Le simple clerc avant le prêtre

              Le printemps vient après l’été

              Noël avant la Trinité

              C’en est assez pour me connaître .. »

 

 

              Certains font remarquer que chacun de nous à son propre dictionnaire fait de ses expériences , de ses lectures, de ses goûts  et se rapprochant de la notion de « livre total * « ouvrage qui reste le plus souvent du domaine de l’intime mais que certains  possédant un « esprit dictionnaire « plus développé s’attachent à enrichir par une recherche et des lectures orientées .    

 

              Pour conclure,faisant taire notre modestie, disons un mot du présent ouvrage que l’on peut qualifier de dictionnaire spécialisé, alphabétique et parfois encyclopédique ,synchronique puisqu’il s’efforce de prendre en compte les mots du temps présent et,aussi,   diachronique en essayant de recenser les mots ou les sens perdus qui peuvent ici ou là se rencontrer concernant le livre et quelquefois critique puisque l’on ne s’ est pas interdit d’y émettre des opinions personnelles .

              Bien qu’on ne puisse nier dans sa genèse l’influence de l’air du temps et de la “ Dicomania *  “ ambiante l’élément principal ayant motivé sa rédaction demeure l’absence d’ouvrage répondant aux questions que peut ,au quotidien ,se poser l’amateur de livre qu’il soit  bibliophile élitiste ,amateur d’éditions populaires ou simple curieux ...mais il serait aussi bien hypocrite de passer sous silence le plaisir jubilatoire procuré par sa rédaction …les lexicographes me comprendront sans doute !!

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