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Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .

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POSITIONS DE LECTURE ....LECTURE AU LIT... LIVRES DE CHEVET ....

POSITION DE LECTURE ....

1)Les positions adoptées pour lire sont excessivement variées et fonction des circonstances ou des contraintes de l’environnement : couché, debout, assis , en marchant ,accroupi, à genoux , appuyé sur un coude etc ...

Les ergonomes ont , là comme ailleurs, fait des recherches et déterminé que la meilleure position était “ assis dans un fauteuil confortable , muni d’accoudoirs et permettant d’appuyer la tête et de surélever les jambes “

Mais chacun adopte d’instinct “ sa “ bonne position essentiellement fonction du lieu de lecture et le lit *, les moyens de transports, la plage ou les toilettes* imposent bien évidemment leurs contraintes spécifiques !

L’essentiel est de se ménager un lieu de calme pour jouir “ in angulo * cum libro “ de tout le plaisir de la lecture...

La devise “ In angulo cum libro “ est le crédo de nombreux bibliophiles pour qui le bonheur parfait réside dans la lecture au calme d’un livre.

C’est Thomas à Kempis , l’auteur de “ L’imitation de Jésus-Christ “ qui écrivit vers 1400 la phrase dont cette citation est extraite :

“In omnibus requiem quæsivi et nusquam inveni nisi in angulo cum libro

(“J’ai cherché la paix partout mais ne l’ai trouvée nulle part sauf dans un coin avec un livre ..” )

Pour conclure , accordons une place à part à ce lieu privilégié de lecture qu'est le lit .....

LECTURE AU LIT .....

1)Le lit a depuis toujours ,et demeure encore , un endroit privilégié pour la lecture et ce à tel point qu’il existe des accessoires spécifiquement étudiés pour cet usage : liseuses * pour ne pas avoir froid, éclairages spéciaux pour ne pas déranger son compagnon de lit, tables et supports pour une lecture confortable ...les romains possédaient même des lits spécialement conçus pour cet usage !

On dit à ce propos que l’apparition ,au XVIII° siècle , de la lampe à double courant d’air et à mèche tissée inventée par le physicien Aimé Argand contribua beaucoup à développer la lecture au lit * .

À l’époque ou le chauffage des chambres était peu répandu ,les libraires constataient une meilleure vente des gros livres en été car leur lecture au lit imposant au lecteur d’avoir bras et épaules hors des couvertures était inconfortable en hiver ...

Les statistiques récentes à ce propos montrent qu’environ la moitié des lecteurs aiment lire dans un lit , encore que ce mode de lecture semble être en recul si l’on croit ce qu’écrit en 2009 Michèle Perrot dans « Histoire de chambres « : « Le recul de la lecture , au lit sous la lampe ,délices d’autrefois,a ébranlé l’alliance du livre et de la chambre … »

Certains auteurs ont célébré la lecture au lit comme , par exemple , Geoffrey Chaucer qui écrivit les vers :

“Alors quand je vis que je ne pourrai dormir

Que très tard cette nuit encore

Sur mon lit je me redressai

Et j’envoyai quelqu’un me chercher un livre

Un roman ,et il me m’apporta

Pour lire et faire passer la nuit ...”

Ou Georges Fourest :

“La nuit je lis au lit Zola

Qui de Mercier fouettait la bile

En cette chambre ou m’isola

La nuit , je lis au lit Zola ...”

Ou encore Jacques Gaillard :

On ne dira jamais assez combien la chaleur de la nuit ,qui pèse si lourdement dans les chambres , se fait caressante lorsqu’on lit,dans une chaise longue , un beau livre qui parle du Sud “

D’autres écrivains ont rédigé leurs œuvres dans un lit :Edmond Rostand , Pascal Lainé ,Françoise Sagan,Colette qui le nommait son « Radeau-lit » ,Marie Cardinal,Joubert, Pouchkine, Proust et une foule d’autres ....à tel point que Francis David pourra noter dans son livre « Intérieurs d’écrivains « : « Finalement , on n’écrit bien qu’au lit ! «

Par le passé le lit et sa ruelle* ont parfois tenu lieu de « Salon littéraire « comme en témoignent des œuvres telles que « Les caquets* de l’accouchée «(1622) ou « Les ruelles du XVIII° siècle « de Léon de Labessade paru en 1879

Concernant le meuble lui-même ,il n’a en général pas d’autres rapports avec la chose écrite que l’usage qu’on en fait mais on peut toutefois noter qu’au XVII° siècle certains lits furent déguisés en bibliothèques à l’aide d’un décor de fausses reliures .

La pratique de la lecture au lit intéresse toutes les couches de la population à cette nuance prés que , dans les milieux de condition modeste ou à la campagne le lit est souvent l’endroit exclusif de la lecture alors que dans les milieux plus aisés et urbains il n’est qu’un endroit parmi d’autres .

Certains livres dits « Livres de chevet * « (voir à ce mot ) sont réputés avoir vocation à être lus au lit …

Pour conclure on peut remarquer que , là comme ailleurs ,qu’il existe diverses catégories de lecteurs certains lisant avant de s’endormir , d’autres lisant pour s’endormir , d’autres encore lisant parce qu’ils ne peuvent pas dormir .

3)L’expression “ Lit de Procuste “ est parfois rencontrée pour désigner une mutilation d’un texte littéraire

4)La première * phrase de “À la recherche du temps perdu “ , “ longtemps je me suis couché de bonne heure “ faisant référence au lit est devenue une sorte de leitmotiv* ou de “ Delenda * “ souvent cité dans les conversations ...

Proust passait d’ailleurs beaucoup de temps dans son lit et ,à la mort de sa mère , il y demeura dit-on durant un mois entier ....

5)Le lit a parfois eu des rapports inattendus avec la chose écrite comme , par exemple dans les cas suivants :

-Alfred de Musset fit faire un modèle réduit du lit de l’une de ses amantes et s’en servit comme enveloppe pour lui adresser une lettre d’amour .

- Il arrive que des lits pliants de camping soient utilisés par les bouquinistes * de plein vent en guise de tréteaux

LIVRE DE CHEVET

1) Le « Livre de chevet « est un livre qui ,pour son lecteur,présente un intérêt qui ne faiblit pas et qui est donc volontiers posé sur un chevet pour en lire quelques passages avant de s’endormir.

Plus généralement c’est un livre auquel on revient périodiquement sans se lasser.

Pour certains la bible a longtemps joué ce rôle ( et le joue encore dans certains hôtels qui la mettent en place dans leurs chambres ...), pour d’autres comme les Russes d’autrefois ce fut le “ Psautier * “....

Certains ouvrages sont plus prédisposés que d’autres à devenir des livres de chevet comme , par exemple , ceux que l’on peut ouvrir à n’importe quel endroit en étant sûr d’y trouver matière à réflexion par exemple ouvrages de maximes,la bible, livres de poésie ,d’adages*, de maximes *,etc...

Les “ Samizdats * “,généralement lus la nuit ,furent durant de longues années des livres de chevet pour nombre de lecteurs de l’ex union soviétique auxquels certains d’entr’eux joignaient le “ Dahl * “ ....

Au delà de cette analyse classique on peut remarquer que , de nos jours les réponses que donnent les lecteurs aux questionnaires concernant le livre de chevet sont extrèmement varièes et montrent qu’il faut plutôt parler des “ Livres de chevet “ se succédant au gré des circonstances et de l’évolution des centres d’intérêts du lecteur ...quelques uns signalent que leur chevet lui-même est constitué de livres...d’autres qu’ils ont des “ Auteurs de chevet “ qu’ils lisent de préférence au lit ...

Une constante se fait cependant jour , c’est celle du plaisir procuré par la répétition et la relecture *

Pour certains lecteurs le “ livre de chevet “ est plus prosaïquement, utilisé comme somnifère *

La question du “ Livre de chevet “ ,devenue un véritable “ Marronnier * “ revient périodiquement dans les interwiews de personnalités qui donnent parfois des réponses dont on peut mettre en doute la sincérité !

Son appellation varie selon les pays et s’il est aussi “ Livre de chevet “ au Brésil (“Livro de cabeceira “ ) il est “ Livre au bord du lit “ en Angleterre pour devenir “ Chéri “ en Allemagne et “ de prédilection “ en Italie “ .

Par le passé les “ livres de chevet “ ont parfois été désigné par l’expression “ Épée *de chevet “ sans que l’on puisse trop bien savoir s’il s’agit d’une simple allusion à la coutume ancienne de garder une épée sous son oreiller ou s’il faut y voir un sens symbolique plus profond .

Il ne semble pas qu’il y ait eu des auteurs écrivant volontairement des œuvres destinées à devenir des livres de chevet mais on peut toutefois se poser la question devant des livres tels que « Microfictions « de Régis Jauffret (2007) qui comporte 500 micro-histoires couvrant chacune une seule feuille recto-verso …et donc livre parfaitement adapté à une lecture »flash » avant de s’endormir …

La lecture au lit se déroulant par définition dans l’intimité et les sondages concernant les « livres préférés * « ne reflétant pas toujours la réalité on a peu de renseignements concernant la nature réelle des livres lus …Colette enfant lisait « les Misérables «…....CONNAISSEZ VOUS LES LECTURES DE CHEVET D'AUTRES ÉCRIVAINS ?

2) La nuit étant propice à la créativité certains pratiquent la prise de « notes de chevet « et ,pour ce faire, disposent papier et crayon sur leur table de nuit …ou écrivent sur leur main en l’absence de papier …

Ces « Notes de chevet « sont devenues un genre littéraire à part entière au Japon dont le best-seller est « Makura no soshi » de Sei Shonagon (XI° siècle )

3) Une émission littéraire radiophonique de Paris-Inter ,devenu plus tard France-Inter, animée par Jean Vincent Brédignac a porté ce titre dans les années 60….

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