Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
ASSIETTE
1)Mixture apposée sur un support dans le but d’y permettre l’application d’une préparation (peinture,dorure,vernis etc...) dont on veut assurer la solidité.
Les enlumineurs enduisaient,avant décor,les parchemins d’une assiette composée d’eau,de gomme,de blanc d’oeuf,de vermillon et de céruse.
Des assiettes,de compositions variées ,sont utilisées par les doreurs,en particulier pour les tranches* des livres ; ces assiettes sont de plus en plus souvent remplacées par le “ Fixor qui est le * nom commercial ,devenu nom commun (Branduit * ) , d’un apprêt * utilisé par les doreurs pour fixer les décors en métaux précieux sur les reliures et qui a dans la majorité des cas remplacé l’utilisation traditionnelle du blanc d’ œuf * .
2)L’assiette utilisée pour manger a été un support privilégié de la chose écrite et de nombreuses manufactures ( Gien Creil,Nevers, St. Clément, St. Amand, Longwy etc ..) ont créé des « Assiettes parlantes* « portant une légende *, une devise * , un rébus * , une poésie * etc .....
Une place à part doit être faite aux assiettes « à dessert « dites « Chantantes « ou «à l’ Aria * « qui présentent partitions et extraits de chansons que la tradition imposait de chanter en chœur à la fin d’un repas .
Souvent déclinées en séries de 12 différentes la vogue en fut initiée,vers 1751 par la manufacture londonienne « Battersea enamel works » qui exploita la technique découverte par John Brooks pour inclure des images sur de la faïence .
Très vite imitée par la manufacture hollandaise de Delft puis , vers 1830 , par celles , françaises , de Rouen et Marseille et , ensuite, par toutes les autres ce procédé permit la diffusion d’une multitude de séries abordant tous les thèmes
Certaines faïencerie , Sarraguemines par exemple , se spécialisèrent cependant dans cette production .
Les chansons reproduites furent surtout celles susceptibles d’être chantées à l’issue d’un repas et donc exploitèrent très largement le registre populaire et , à un degré moindre le chant classique , l’opéra et , bien sûr vers 1900, le comique troupier .
Certaines assiettes furent concues dans un but didactique comme ce service que Napoléon 1° commanda à la manufacture de Sèvres pour servir à l’éducation du Roi de Rome et dont les décors étaient tirés de l’histoire romaine ,de l’histoire de France , de la géographie et des sciences naturelles
À partir de 1880 les assiettes ont été un support privilégié de la “Réclame * “ puis de la publicité * :tous les grands magasins et les grandes marques eurent leurs séries d’assiettes offertes en primes pour un certain volume d’achats ....et aujourd’hui reherchées par les “ Platokaolinophiles “
Mais , à coté de l’importante production publicitaire il y eût une foule d’autres genres comme, par exemple,les assiettes politiques (élections... ), commémoratives ( expositions... ), événementielles ( mariages... ), touristiques (villes d’eaux... ) ,à rébus * pas toujours très clairs ,à proverbes et même éphémérides .
De nos jours leur décor fait plus de place aux éléments décoratifs qu’au texte mais la pratique de l’assiette-souvenir , de l’assiette commémorative,de l’assiette recette de cuisine ou patronymique n’a pas totalement disparu.
Quelques études ont été consacrées à ces assiettes comme par exemple celle d'Oscar-Edmond Ris –Paquot : " La céramique musicale et instrumentale " ( Lévy-1889)