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Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .

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ENFER

ENFER

1)Les livres de l’enfer sont les livres érotiques, licencieux ,pornographiques, scatologiques * ou jugés choquants pour la morale .

Ces livres ont , de tous temps été mis à l’écart et , sans le nommer “enfer “ les anciennes abbayes avaient déjà leur lieu de stockage sous clé de ces livres subversifs .

On dit aussi :”livres du second rayon*”, “curiosa*” , “pièces libres*”, »Livres sotadiques * « « Classe D* « ou même ,au XVIII° siècle « livres philosophiques «…

La mention “ Enfer “ est , pour la bibliothèque nationale, une création du bibliothècaire Paulin Richard qui l’employa vers 1830 et créa ainsi cette section qui comportait 620 titres en 1876 et qui fit l’objet d’un catalogage propre à partir de 1880.

On peut aussi rencontrer la cote* “Y2 ” qui était , au départ , attribuée par la bibliothèque nationale aux romans et aux œuvres de divertissement avant que , les critères se durcissant , elle n’ évolue vers l’ “ enfer * “ ; les cotations à l’intérieur même de l’enfer sont complexes car elles ont varié et ont parfois été établies en tenant compte des formats .

Toutes les grandes bibliothèques ont leur enfer et leurs appellation pour ce genre d’ouvrages :

-La bibliothèque de l’Arsenal parle pudiquement de “ Réserve spéciale

-Le département des estampes de la BN le nomme “ Réserve libre “ .

-Les Anglais les classent “ Arcana “ ou “ Private* case “(British library)ou “ Phi Collection “ (Bodleian Library )

-Les Américains “ Delta “ (Congress),” La Cage “(New-York),”Cherry case “ ( Armed library ).

-La bibliothèque vaticane “ Porn Books “ qui est , et de loin , l’enfer le plus important ...

-La bibliothèque de Saint Pétersbourg “ Léninka

-La “Bayerische Staadtsbibliothek “ de Munich “ Giftschranck “ (“Armoire aux poisons “ )

-Les bibliothèques russes le nommaient “ Spetzkhrans “

Créé vers 1794,mais non encore nommé ainsi, l’enfer de la BN était à l’époque moderne constitué de six placards de bois,mis sous alarme, de la réserve du département des imprimés et contenait en 1865 300 livres devenus 1850 en 1970 , 2527 en 1992 et 1700 en 1993...

L’appellation “ Enfer “ viendrait du couvent des Feuillants ou , au XVII° siècle , un grenier abritant des livres hérétiques aurait été baptisé ainsi mais l’expression n’est courante , pour la bibliothèqiue nationale , que depuis 1830/40 (1876 disent certains auteurs ...)

Il fut officiellement supprimé en 1969 en conservant la cote “ Y2 “ et en créant deux nouvelles cotes * “ ELZ “ et “ Z “ mais les procédures contraignantes d’accés demeurèrent en vigueur jusqu’en 1977.

Il fut reinstitué en 1983 pour des raisons pratiques mais sans les restrictions antérieures de consultation et en abandonnant l’appellation “ Enfer “ qui , cependant , subsiste dans les faits ...

Il continue de nos jours à s’enrichir lentement (58 titres de 1983 à 2007..)

Le catalogue * de ce département a été rédigé par Guillaume Apollinaire (dont “ Les cent mille verges “ y figure en bonne place ...)Louis Perceau et Fernand Fleuret puis complété ,en 1978, par Pascal Pia.

Il existe aussi un enfer dit “ Réserve libre * “ au département des estampes pour les gravures érotiques ou licencieuses et l’époque moderne a amené à créer une section spéciale pour les DVD et les revues pornographiques dont les revues pédophiles interdites .

Certains ont prétendu que l’appellation de cette côte* venait du fait qu’un certain nombre de ces livres furent ,à une certaine époque, recouverts de papier marbré rouge évoquant les flammes de l’enfer.... d’autres voient son origine dans le fait que ces placards étaient autrefois situés (ironie involontaire ?) derrière les rayonnages des bibles et des Pères de l’église.....

Si l’appellation n’a qu’un peu plus d’un siècle,la chose est ancienne et, depuis que le livre existe ,on lui a trouvé des enfers...(.avec des critères d’entrée variables toutefois ,certains livres ,longtemps maintenus en enfer en étant aujourd’hui sortis avec les honneurs...)

La récente “Trés grande bibliothèque*” comporte-t-elle un “enfer” ?...

Le maintien ou la suppression de l’enfer alimente périodiquement les chroniques...en 1993 Jean Raspail , Jacques Laurent , Jean Guitton étaient favorables à sa suppression , Louis Pauwels et Matzneff pronaient son maintien....

La bibliothèque nationale ne paraît pas être la seule à avoir son enfer et même certaines bibliothèques fort morales et “ bien pensantes “ ont le leur comme par exemple les trés orthodoxes “ Bibliothèques pour tous “ dont le manuel de fonctionnement recommande la création d’une section “ à réserver “ regroupant certains livres qui, bien qu’à l’index * ou “ à déconseiller “,sont reconnus comme “ peuvant être nécessaires aux étudiants “ !

Le mot d’ailleurs est devenu quasiment commun pour désigner la part des livres immoraux, pornographiques ou choquants de n’importe quelle bibliothèque ...on parle alors de “ Enfer X ...” comme par exemple ,pour en citer un célèbre, l’ “ Enfer Lesouëf “ réuni par Auguste Lesouëf , dont ses héritiers firent don à la BN en 1913 et qui , au sein de celle-ci, constitua un second enfer puisqu’il ne fut pas intégré au principal.

Il est fréquemment arrivé que l’on voue des auteurs ou des écrivains à l’enfer (quand on n’essayait pas de les y expédier directement en les mettant sur un bûcher ..)

A ce propos,l’auteur Anglais , Christian Bovee disait : “ Il n’y a probablement pas d’enfer pour les auteurs dans l’autre monde -ils ont trop à souffrir des critiques * et des éditeurs * dans celui-ci ...”

2)Les libraires disent qu’un auteur est en “ enfer “ lorsqu’il ne se vend pas....s’il se vend peu , il est au “ Purgatoire * “

3)Les livres traitant de l’enfer en tant que tel sont parfois désignés par le mot “ Infernaliana “ composé avec le suffixe “ Ana * “ et se confondent pratiquement avec ceux traitant du diable *

James Joyce dans son “ Bildungsroman * “ “Portrait de l’artiste jeune “(1916) représente l’amateur de livres souffrant en enfer en se remémorant sans fin ses bibliothèques ...

4)La mention “ Aux enfers “ est parfois employée pour indiquer le lieu d’impression de livres sataniques dont on ne veut pas révéler le lieu réel d’élaboration .

5)Dans les imprimeries le cassetin du diable ou sont rangés les caractères défectueux était aussi parfois nommé « cassetin de l’enfer «

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