Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
ARME
1)Si le livre a parfois pu être utilisé comme une arme pour porter des coups ou pour dissimuler des armes il a , infiniment plus souvent, servi d’arme intellectuelle pour faire avancer des idées et un bon exemple en est le protestantisme qui se construisit par les livres utilisés comme une arme pour lutter contre les pouvoirs et religions en place .
2)Tous les instruments concourant de prés ou de loin à la chose écrite peuvent ,s’ils sont détournés de leur usage normal , constituer des armes .
Presse *-papier, coupe *-papier,porte *-plume, canif *,ciseaux * ,stylets * outils divers ont servi à perpétrer des meurtres et c’est ainsi que périt saint Cassien , patron des sténographes *
Parfois ces instruments sont invoqués au figuré comme , par exemple, lorsque ,ambitionnant de surpasser « Volupté «(1834) de Sainte Beuve , Balzac dit « Je lui passerai ma plume au travers du corps «…ce qu’il fait en écrivant « Le lys dans la vallée « (1836)
3)Les “ Armes par destination “ ,en dehors du fait qu’elles ont suscité une très abondante littérature technique concernant leur fabrication et leur usage, ont souvent servi de support à des textes écrits et , outre les indications les concernant directement ( calibre etc ...) ou celles concernant leur fabricant ou leur propriétaire on peut y trouver des inscriptions votives , incantatoires, cabbalistiques ou supposées magiques , une catégorie particulière étant constitée par les “ Armes d’honneur “ décernées en récompense de services rendus et comportant une plaque rappelant les actions qui ont motivé leur remise .
Théophile Gauthier dans “ Le capitaine Fracasse “ met en scène une navaja portant gravée sur sa lame la formule incantatoire : “ Cuando esta vivora piqua , no hay rémédio en la botica “ (“ Qand cette vipère pique il n’y a pas de remède à la pharmacie “ )
4)La “ Lettre * d’armes “ était dans l’ancien régime une lettre signée du roi pour autoriser l’organisation de tournois .
5) Les « Armes « au sens de Blason * représentent souvent de véritables armes ainsi que les décors d’enluminure*, ex*-libris,reliure* et ces figurations adoptent souvent les codes d’évocation de l’héraldique :épée – arc simple,à flèche encochée – arcs affrontés ou adossés – cimeterres – coutelas – badelaire – fauchon – arbalète –flèches simples ou en – faiceau -fer de lance – épieu faux de guerre –lance-marteau d’arme – hache simple ou dans un faiseau de licteurs – massues diverses – bélier – baliste – chasse-trappe – grenade –gabion – boutefeu – mortier – canon – haume – casque cottes de maille – armure – morion etc..etc ..
L’étude détaillée de ces diverses représentations sortant du cadre de cet ouvrage on pourra pour plus de détails se reporter au « Dictionnaire d’héraldique « de Jean-Paul Fernon (Ed. Héligoland 2011)