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Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .

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STATISTIQUES

STATISTIQUES

1)Les statistiques concernant des domaines divers ont donné lieu à la publication de nombreux ouvrages qui ne présentent pas de caractéristiques très particulières (hormis l’habituelle difficulté de composition s’agissant des tableaux et des graphiques ...)

2)Plus intéressantes sont les statistiques issues de la bibliométrie * et concernant le domaine du livre:

Le précurseur en est Röthlisberger qui vers 1888 établit une “ Statistique internationale des imprimés “

De nombreuses autres personnes se sont penchées sur le sujet et ont tenté de déterminer combien de livres avaient été imprimés depuis les débuts de l’imprimerie ...c’est,entr’autres, le cas de Gabriel Peignot qui fit ce calcul jusqu’à 1816 et aboutit à un chiffre voisin de 3 millions et demi de titres représentant 3 milliards et demi de livres sur lesquels il estimait que les 2/3 avaient disparus....(D’autres calculs donnent 10 millions de titres de 1437 à 1900.

Poussé par le démon des chiffres il avait même calculé ,pour les ouvrages encore existants ,la longueur du rayon de bibliothèque pouvant les contenir et avait abouti au chiffre de 30000 kms !!

Si les incunables * et les livres modernes sont bien connus et recensés il existe,entre 1500 et 1888 ( date de la création de l’office de Berne ) un vaste désert qui ne facilite pas la recherche ....

À partir de 1895 (Institut de bibliographie de Bruxelles ) des recherches furent menées avec parfois application de modèles mathématiques ou de calcul de probabilité pour les périodes manquant de références (Otlet,Iwinski et Renouard par exemple ...): toutes se heurtent à des problèmes de méthodologie et l’absence de chiffres sûrs conduit parfois à des estimations grossières et peu fiables D’autres se sont intéressé à ce qu’un homme pourrait lire dans une vie Certains disent de10000 à 40000 ouvrages d’autres de 60 à 70000 cette dernière estimation paraissant très exagérée...faisons plutôt notre la maxime de Gabriel Peignot : “ Peu de livres mais qu’ils soient bons !

Parfois les personnages les plus sérieux se sont laissés aller à ce penchant : Littré ,terminant son dictionnaire,avait calculé que les colonnes * de celui-ci placées bout à bout couvriraient 37 524 ,28 mètres chiffre précis et colossal que Jean Pruvost dans « Le dico des dictionnaires « ( 2014-page 292) tempère fortement en remarquant que 4646 pages comportant trois colonnes de 26 cm ne représentent qu’un total de 3623 ,88mètres ….question d’édition me dis-je !... espérant réhabiliter la mémoire de Littré et poussé par une curiosité iconoclaste j’ai mesuré « mon « Littré : édition » Gallimard Hachette » de 1967 en 7 volumes à une colonne de 22 cm. par page comportant un total de 13727 pages et je suis arrivé au chiffre de 3019,94 mètres….encore moins que l’estimation que je voulais pourfendre…honte à moi qui n’aurai fait qu’enfoncer plus profondément le clou ! ....mais peut-être que Littré aurait tout de même battu son concurrent direct Pierre Larousse ?....Mon édition du « Larousse du XIX° siècle ( 1866 , la bonne ! …celle avec la citation d’ Adam .. ! ) comporte 15 volumes représentant 20579 pages et 2 suppléments totalisant 3341 pages soit un total de 23920 pages ce qui ,à raison de 4 colonnes de 27 cm.par pages , donne une longueur totale de 22225,32 mètres ….eh bien non !...Littré n’aura pas battu Larousse sur ce terrain !

Mais ,ne m'avouant pas vaincu et poursuivant ma croisade j'ai alors subodoré la coquille commise par un typographe ayant pris une" barbe fleurie "lors de l'un des multiples " Ala " qui avaient cours à l'époque dans les imprimeries ....et les correcteurs ayant eux-aussi participé aux agapes n'auraient rien vu ....

C'était cela !...L'honneur de Mr. Littré était sauf !

Et je me vautrai dans une béate autosatisfaction jusqu'à ce qu'un ami perfide (il y en a toujours au moins un ..) ne me fasse remarquer que , puisque le dictionnaire avait paru , il avait nécessairement fallu que Mr. Littré en signe le " BAT " (Bon à tirer ) ,et que ,dès lors, la preuve était faite que la coquille ,si coquille il y avait , lui avait échappé et que l'on ne pouvait l’exonérer totalement de sa faute .

J'ai du me rendre à ces arguments et c'est bien tristement que j'ai renoncé....mais,qu'il dorme tranquille , je n'ai pas dit mon dernier mot et je vais me mettre d'arrache-pied à lire et à comparer son œuvre et celle de Mr.Larousse et ce serait bien le diable si , au fil de ces 37647 pages je ne trouvais pas matière à effacer ce malheureux "Pas de clerc " ....!

Soyez attentifs!....un jour je vous communiquerai le résultat de ma quête !!

D’autres encore ont exploré les dictionnaires pour déterminer quels étaient les personnages ou concepts le plus souvent cités et , à ce propos , J. Claude Raimbault signale dans son livre « J’en parlerai à mon cheval « que , pour les dictionnaires de l’époque 1900, ce sont Napoléon et le cheval….

L’écrivain Remy de Gourmont estimait,lui, qu’en lisant deux heures par jour durant toute une vie on pourrait lire toutes les œuvres conservées , à son époque , à la bibliothèque nationale .

La croissance des chiffres de publication étant très rapide ( de 521000 titres dans le monde en 1970 on est passé à 842000 en 1990...) les chiffres actuels doivent être colossaux...mais les disparitions d’ouvrages aussi !

La tendance actuelle est à l’établissement de statistiques prenant en compte des éléments plus immatériels tels que ,contenu ,idées et concepts véhiculés ,titres etc ....permettant de mieux comprendre la “ Vie “ des livres , c’est ainsi que :

-Les dernières statistiques de consommation * de papier donnent 179,9 kilos par Français pour l’année 2000 (papier imprimé pour plus de 99%...)

-On estime les achats annuels de livres à 120 pour la RFA,95 pour la Suède,60 pour l’Espagne et la France ...

-Le nombre de titres publiés en France en 2008 a été de 63700 nouveaux titres auxquels s’ajoutent dont 33000 rééditions pour un total de représentant 487 millions de volumes ,le tirage moyen s’établissant à 8690 exemplaires par titre.

-Pour ce qui est des français ,32% d’entr’eux lisent moins de 5 livres par an ,27% n’en lisent aucun et 4% en lisent plus de 50 ...

Ces lecteurs privilégient les romans ( 48 % ) ,l’histoire ( 45%) ou la “ BD 3 ( 18%) et leurs motivations d’achat sont le sujet (56%),l’auteur (32%),la publicité (25%) , les émissions littéraires ( 16%)

-Les statistiques concernant les motivations d’achat sont nombreuses et donnent des résultats variables selon le lectorat sondé :auteur, bouche-à-oreille,annonces, publicité,télévision,vitrine du libraire, impulsion ,catalogues etc ...etc ...

-Celles concernant la lecture sont à étudier avec prudence car si constater qu’en 1968 3793 milliers de livres ont circulé dans les bibliothèques françaises pendant qu’il en circulait 550000 milliers aux USA peut conduire à penser que les américains lisent d’avantage que les français , remarquer que le nombre de livres publiés dans le même temps est à peu prés équivalent dans les deux pays tempère le propos !

Ces diverses statistiques doivent cependant être manipulées avec prudence car , derrière l’apparente rigueur des chiffres se cache parfois une réalité bien floue : c’est ainsi que le C E S P ( centre d’études des supports de publicité ) établit des statistiques de lectorat * concernant divers supports et détermine pour chacun d’eux un nombre de lecteurs qui , lorsqu’il est élevé , peut réjouir ....jusqu’au moment ou l’on apprend par une autre statistique que chacun de ces lecteurs n’a lu que 10% de la publication en question !

On peut cependant constater quelques grandes tendances :

-Les français adultes lisent plus qu’il y a quelques années mais c’est le nombre des “ Petits “ lecteurs qui augmente au détriment des “ gros “ lecteurs et des lecteurs jeunes .

-Les lecteurs sont rebutés par les livres longs .

-La lecture des livres de poche représente plus du tiers de la lecture globale ,cette lecture concernant le roman pour un bon tiers ...

Notons qu’aux États-Unis l’instrument de mesure « Nielsen book scan « dénote en 2014 une augmentation de 2,4% des achats de livres alors que les années précédentes avaient enregistré une baisse sans doute due aux succès du « livre numérique «

Les statistiques et l’abus que l’on en fait ont , naturellement , excité la verve des détracteurs et des humoristes parmi lesquels on peut citer Pierre Dac qui écrivait à leur propos dans “ L’os à moelle”(1963) : “ Voici les chiffres communiqués par le service des statistiques : 543285-6282826-1285938743601...-605.....nous ne savons pas du tout à quoi se rapportent ces chiffres mais nous sommes heureux de les communiquer à nos lecteurs qui auront toute latitude de les adapter suivant leur goût ....”

Les statistiques appliquées au domaine du livre utilisent tous les outils habituels à ce domaine tels que « Courbe* de Gauss », Ogive* de Galton « etc ….et font partie de la “ Mathé- * bibliologie “et font l’objet de nombreuses publications parmi lesquelles on peut citer :l’ »Index translationum « et les « Cahiers du centre de documentation « publiés par L’UNESCO,et les « Monographies de l’édition « ou les « Nouvelles littéraires « publiées en France

Enfin , il faut remarquer que l’esprit « statistique de certains s’est exercé dans des domaines de l’écrit dont on ne saisit pas à priori l’utilité immédiate …c’est ainsi que concernant les lettres de l’alphabet ils ont dénombré celles sans Courbe (.AEFH…),sans droite ( C O S ..),ouvertes (I J K L …),Symétriques horizontales ( (K O X ..), verticales ( (T U V W …) ou les deux ( H I O X ..),constituant des chiffres romains (C M V …),comportant seulement des points en morse ( E H I S ..) ou des traits ( M O T ..), réversibles (S X Z ..), traçables d’un seul trait de plume ( P R S U ..) etc …etc …

3)L’étude des langues s’appuie souvent sur des données statistiques concernant la fréquence * d’apparition des lettres ou le nombre des mots commençant par une même lettre ...l’ouvrage “ Mots en forme “ de Angélini & Lehman (2001) a ainsi passé le “ Grand Robert “ au crible de la statistique et trouvé 10028 mots commençant par “ C “ , 7904 commençant par “ S “ , 8643 commençant par “ A “ etc ....

4)En matière de démographie on nomme période pré-statistique la période précédant celle à partir de laquelle ont été établies de façon régulière des statistiques de naissances , décès, mariages etc ...pour cette période les documents les plus fiables sont , lorsqu’ils existent encore , les anciens registres paroissiaux * .

5) Certains tests psychologiques écrits (Balken & Masserman ,Rapaport …)utilisent une analyse

statistique dénombrant dans le texte écrit par le sujet , mots, verbes , noms, adjectifs etc … en tirant des conclusions de leur fréquence relative .

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