Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
FOLIE
1)La folie en tant que telle a suscité depuis les temps les plus reculés une abondante littérature se partageant entre les études médicales ou scientifiques sérieuses et les ouvrages de fiction la mettant en scène .
Le domaine du livre a ses folies propres qui atteignent les “ bibliopathes * “, “ bibliotaphes * “ ,”bibloclastes * “,” bibliokleptomanes * “ et autres ” bibliomaniaques * “ ...
Cependant , les “ Gens du livre “ n’ont ,pas plus que d’autres, été épargnés par les maladies mentales et les cas de folie existèrent aussi parmi eux sans que l’on puisse , le plus souvent , déterminer dans quelle mesure exacte ils influèrent sur leurs œuvres ou , à l'inverse , en quoi leur activité d'écrivain aurait pu les provoquer
Gérard de Nerval (le “ Fou sublime “ selon Jules Janin ..) et Guy de Maupassant furent atteint de troubles notoires et internés à plusieurs reprises dans la célébrissime maison de santé du docteur Blanche...Antonin Artaud,quand à lui, passa la majeure partie de sa vie en hôpital psychiatrique.
Dans d’autres cas ce furent des proches d’écrivains comme par exemple le frère et la fille de Victor Hugo qui , l’un et l’autre perdirent la raison ou comme Camille Claudel ,sœur de l’écrivain , qui fut maintenue jusqu’à la fin de ses jours en internement psychiatrique parce que son comportement gênait la carrière de son frère...
S’agissant de ce qu’il est convenu d’appeler” Fous * littéraires “ (Voir à ce mot ) il n’est pas établi que tous les auteurs classés dans cette catégorie aient été réellement fous , nombre d’entre eux étant simplement des originaux voire des mystificateurs .
Les aliénistes ont durant longtemps fait figurer la lecture des romans * ou une grande activité intellectuelle parmi les causes de la folie.
C’était l’opinion de Guillaume Ferrus ,inspecteur général des asiles d’aliénés en 1835 , et , aussi , d’Alfred de Vigny qui écrivait à propos de Lassailly : “ Encore un désolant exemple des supplices d’un travail excessif ....Le goût très fin des lettres , développé outre mesure ....la surexcitation du cerveau est venue de ce désir ....”
Le débat visant à déterminer dans quelle mesure la folie a contribué à la genèse de certains chefs-d’œuvres est loin d’être clos , certains jurant que la folie en fut la seule inspiratrice , d’autres y voyant au contraire un frein .
La vérité paraît plutôt se situer dans une levée des barrières sociales et des inhibitions permettant au génie ,préexistant mais bridé, de se libérer des conventions sociales et des interdits de l’époque et de s’exprimer sans entraves.
2)Employé au figuré le mot caractérise un engouement , parfois passager , du public pour telle ou telle catégorie d’ouvrages : c’est ainsi que l’on a pu parler de la “ Folie des dictionnaires * “ ou de “ Dicomania * “ pour qualifier l’importante floraison de ceux-cis dans les années 1990 ( 916 dictionnaires et 251 encyclopédies de 1994 à 1996...)
L’auteur du présent ouvrage reconnaît avec humilité,et assume le fait, que le présent ouvrage ressort à coup sûr de cette “ Folie “ ....!
On a aussi parfois parlé de la « Folie du dictionnaire «,et la formule est du lexicographe de renom Arsène Darmesteter qui aurait répété cette formule sur son lit de mort , qui se serait emparée de certains lexicographes ne vivant plus qu’à l’affût des mots voire présentant une certaine confusion mentale …
Les cas d’Émile Littré et de Pierre Larousse qui se consumèrent à la tâche sont dans toutes les mémoires …
Si quelques cas pathologiques ont pu en effet être recensés le qualificatif leur a été bien plus souvent asséné par des personnes ne comprenant rien à leur démarche ….ce qui ne les empêche généralement pas d’avoir recours aux dictionnaires !
L’ouvrage « Les fous littéraires » d’ André Blavier ne leur consacre d’ailleurs pas de chapitre particulier …tout au plus peut-on y trouver quelques « fous « s’étant investis dans des recherches étymologiques ou dans des dictionnaires de « Langue universelle* «
3)Avant que Clément Marot n’introduise le mot “ Épigramme * “ cette forme littéraire était nommée “ Folie “ .
4)Le mot figure dans le titre d’un certain nombre d’œuvres littéraires :
“Éloge de la folie “ d’ Érasme ( 1501) “ Une folie “ de Bouilly ( 1802)“La folie Almayer “ de Conrad ( 1895),” La folie Céladon “ de Brion ( 1930), “ Les folies amoureuses “ de Regnard ( 1704),etc …………etc …………
4)Le qualificatif est parfois appliqué à certains écrits et c’est ainsi que , par exemple on a pu parler de “ Lettres de folie “ pour désigner les lettres rédigées par Friedrich Wilhelm Nietzsche vers 1890 alors que sa raison devenait vacillante .