Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
ORIGINAL
1) L’édition “ Originale “ est la première édition de l’œuvre d’un auteur publiée avec son assentiment
La définition de l’édition originale a suscité de nombreuses polémiques ,en particulier pour les éditions du XVIII°siècle publiées en Belgique ou en Hollande avant les éditions Françaises et ,souvent, à l’insu de leur auteur....l’usage parait s’être finalement établi de qualifier ces éditions de pré*-originales...
Une édition peut être en partie originale si,à côté de textes déjà publiés elle contient des passages publiés pour la première fois.
Lorsque plusieurs éditions d’une même œuvre sont établies dans une même année seule la première a,en principe , droit à l’appellation d’édition originale,les autres sont assorties du qualificatif “Année de l’originale”….mais cette pratique est compliquée par le fait qu’au XIX° siècle les éditeurs avaient pour habitude de diviser l’édition originale en quatre émissions successives ….
Parfois ,pour les éditions numérotées ,il est précisé en tête de volume quels sont les exemplaires qui doivent être considérés comme constituant l’édition originale (Les exemplaires sur grand papier par exemple...)
Il arriva aussi que , à la lumière d’études bibliographiques , une édition , considérée jusques là comme originale cesse de l’être : c’est ainsi que l’édition in /32* de “ Napoléon le petit “ de Victor Hugo longtemps réputée originale s’avéra avoir été précédée par une édition in /12* ....
Parfois , la discussion demeure ouverte et l’on peut citer en exemple de ce cas les “ Métamorphoses “ d’ Ovide dont l’originale est , selon les auteurs , datée de 1472 ou 1475 ou 1497....
Certains ont une conception toute personnelle de l’édition originale : c’était le cas de Proust qui considérait comme originale l’édition dans laquelle il avait lu une œuvre pour la première fois ,fut-elle par ailleurs une n°ième édition ...
D’une manière générale et dans de nombreux domaines , la notion d’original est difficile à cerner et Paul Valéry l’a très bien exprimé dans ses cahiers lorsque , parlant du langage , il a écrit “ Quand on voit ce monde de symboles ,et dans l’esprit même , on ne sait ou il s’arrête , où finit cette onde de traductions et où est l’original s’il existe . “
On rencontre parfois les mentions particulières :
- “ Édition originale séparée “ pour désigner un exemplaire d’une édition originale spécialement destiné à une personne nominativement désignée et ayant fait l’objet d’un traitement particulier (suite * de gravures ajoutée, reliure spéciale, illustrations originales etc ...etc ...)
-« Originale en librairie « pour les œuvres ayant au préalable été publiées en feuilleton*
Il est arrivé que des exemplaires invendus d’une édition originale (voire sa presque totalité ...) soient remis en vente plus tard avec la mention “ N°... édition “ , joints à un retirage dont ils prirent le numéro ou présentés sous une nouvelle couverture , avec un nouveau titre dit “ Titre de relai “ et une nouvelle présentation ...il est alors bien difficile de les identifier !
Ce fut , parmi bien d’autres , le cas de l’édition originale des “ Chants de Maldoror “ d’Isidore Ducasse “ qui , vendue à une dizaine d’exemplaires en 1869 fut remise en vente en 1874...
La mention “ Edition originale “ inscrite sur un ouvrage n’est pas une garantie formelle et l’on peut citer en exemple une édition de “ Jocelyn “ de Lamartine parue en 1836 après l’originale mais qui , destinée à l’étranger , portait la mention “ Édition originale “ en toutes lettres ....certaines œuvres ont eu jusqu’à trois éditions originales comportant chacune des particularités ....
Il existe des bibliographies * spécialisées permettant d’identifier les éditions originales : Tchémerzine pour les livres anciens , Vicaire, Clouzot, Carteret pour le XIX°siècle,Talvart et place et ,depuis 2006 Lhermitte,pour le XX°.....
2)En matière de manuscrits* anciens il faut garder présent à l’esprit que l’on ne dispose quasiment jamais du manuscrit original de l’auteur mais que le texte considéré comme tel ( l’archétype * ) est le résultat de la compilation de nombreuses copies,de leur étude ,de l’établissement d’une généalogie probable et parfois même d’interprétations ou d’interpolations *.
3)En matière de photo le problème n’est pas moins simple : certains considèrent que l’original est le négatif , d’autres considèrent tous les tirages soignés contrôlés par l’artiste comme des originaux ( Parfois nommés “ Vintage * “ )
4)L’expression “ Reliure originale “ qui désignait , au départ , une reliure unique exécutée sur les directives d’un amateur a pris peu à peu le sens de reliure introduisant une nouveauté ou une création et fait souvent référence , à la “ Société de la reliure originale “ qui ,dans les années 50,regroupait autour de Paul Bonet un certain nombre de relieurs de talent .
5)Qualifier un auteur d’ “ original “ est à double sens et peut souligner laudativement la nouveauté de son style ou de ses idées ou , au contraire , stigmatiser une manière hors-norme et jugée mauvaise ....