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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 11:53

 

GADGET                                                                                                      

                                   Le mot est employé dans la sphère du livre comme dans les autres domaines pour désigner un chose sans grande importance , peu utile ou répondant à une mode éphémère      (Molière aurait  dit “un brimborion  “ ...)          

                       Il peut désigner un écrit aussi bien  dans sa forme matérielle que dans sa teneur et dans les deux cas il est péjoratif :

                       -Dire d’un livre que c’est un “ Livre-Gadget “ n’est pas flatteur sauf dans le seul cas ou il s’agit d’une catégorie particulière de livre d’enfant ainsi nommée en raison du fait qu’il était accompagné d’un jouet...l’archétype de ce genre étant “ Pif-Gadget “ qui fit , dans les années 60/70  les délices de plusieurs générations d’enfants dont beaucoup  , aujourd’hui adultes , collectionnent ces livres  et constituent un sous-genre de “ Bédéphiles  *   “ ...( “ Pif-Gadgétophiles  “ ???)

 

                                   Il est à noter que , bien que la mémoire collective  fasse exclusivement référence à ce journal comme initiateur du genre , il avait eu de lointains ancêtres comme , parmi d’autres , « Le conseiller des enfants «  qui à partir de 1849 accompagnait chacune des ses livraisons  d’annexes ludiques ou instructives : le 1° numéro était ainsi accompagné d’une carte géographique de la France ,d’un jeu de « La gloire française «  , de douze caricatures à colorier, de douze feuilles de dessin et silhouettes  et d’un «  Bazar des récréations « mais l’on trouvait aussi dans les autres livraisons des découpages et des sujets à monter  …

 

                       Pour les uns (l’académie accrédite très prudemment cette origine )  l’appellation vient  d’ Amérique ou, la souscription lancée par Joseph Pulitzer pour la construction du socle de la statue de la liberté  s’essoufflant, une relance fut effectuée en Mars 1885 par le vente de répliques en bronze  de la statue fabriquées rue Chazelles à Paris sur les lieux mêmes de la fabrication de la vraie  par l’entreprise Gaget .

 

                       Ces répliques vendues 1$ le modèle 6 pouces et 5$ le modèle 10 pouces eurent un succès immédiat  et , baptisées du nom du constructeur prononcé à l’américaine ,devinrent des «  Gadgets « … mais , si l’on connaît une multitude de reproductions de la statue, on n’en connaît pas qui soit estampillées « Gaget »….

                         Il semble bien , par ailleurs  , que le succès de cette opération ait fait entrevoir à Gustave Eiffel , constructeur de l'armature interne de la statue de la liberté  , tout le bénéfice qu'il pourrait tirer d'une opération semblable concernant la Tour Eiffel.....

 

 

    

                             Le mot paraît avoir existé auparavant et d’autres lui trouvent une parenté  française avec le mot «  Gâchette « désignant de façon vague une très petite pièce mécanique qui  semble avoir été employé avec ce sens dans la marine à voiles du XIX° siècle . avant de se spécialiser dans la désignation d’une pièce d’arme ou de serrure ou , parfois et de façon péjorative , une personne jugée de peu d’importance .

                       D’autres encore invoquent une parenté avec les mots Rom «  Gadjo », « Gadji », «  Gadjou « désignant les non-Roms considérés avec mépris ou avec certaines des anciennes langues régionales  ,provençal, occitan, etc …

 

                      Dans le doute le mieux  est  d’adopter le point de vue de l’académie ….!

 

                                   On peut rencontrer pour désigner la chose tous les synonymes de «  Truc « , «  Bidule «   ou «  Machin «  et parfois même les anglicismes «  Doodle Bug «  et «  Contraption «  ….voire des africanismes tels que «  Gnama-Gnama « ….

 

                       Le mot a , bien sûr, suscité des dérivés :

 

              -« Gadgétiser «  & «  Gadgétisation : Galvaudage et banalisation d’une chose ou d’un objet .

              -« Gadgetterie « : bazar  ou bimbeloterie vendant des objets hétéroclites

              -« Gadgétophile « : Amateur  ou collectionneur de gadgets…et il doit bien aussi y avoir des «      « Gadgétophobes ! « !!

              -« Gadgétologue « : Spécialiste en matière de gadget

              -« Gaguejette «    dans la bouche de San-Antonio

 

                                   Et pour finir  évoquons la mémoire de l’ «  Inspecteur Gadget «   qui à partir de 1983 fit les délices de plusieurs générations en se tirant avec élégance (et chance ! )  grâce à ses gadgets , des situations scabreuses ou sa maladresse l’avait conduit .

 

 

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 08:18

SCRIPTA                                                                                                                                   

                   1)Manière d’écrire,comportant des traits particuliers propre à une région ou à un groupe de personnes .et qui la font reconnaître.

 

                   2)L’adage “ Verba volant , scripta manent “ ( “ Les paroles s’envolent , les écrits restent . “ ) est devenu un lieu commun universel

                   Paul Otlet ,l’un des fondateurs de la bibliologie  propose pour sa part un adage plus complet :

                   “Verba divagantur                                         La parole peut divaguer

                   Scripta concentrant                                        L’écrit concentre la pensée

                   Constructiones coordinant                    Les constructions la  coordonnent 

                   .Mecanica logicant “                              La mécanique lui impose sa logique

 

                   A noter que cette formule a subi au cours du temps une inversion complète de sens car , à l’origine  elle voulait souligner le fait que la parole se diffusait bien plus vite que l’écrit qui n’était accessible qu’à quelques érudits …

 

                   3) La locution «  Scripta continua «  est synonyme de «  Scriptio* continua «  (Voirci-dessous )

 

 

SCRIPTIO                                                                                       

                   1)La “ Scriptio Plena  est l’emploi de lettres, appellées “ Matres * lectionnis  “  pour indiquer les voyelles dans les langues qui n’en comportent pas .

                   Cet usage a précédé l’emploi des signes “ Diacritiques  *  “ et sa datation  est sujette à controverses .

                   2)On nomme “ Scriptio continua  “ l’écriture d’un texte ne laissant aucun espace entre les mots...ce mode d’écriture fut très pratiqué dans les manuscrits du moyen-âge  sans doute par souci d’économie du parchemin qui coûtait cher mais certains, comme Bernard Fripiat  dans «  Au commencement était le verbe «  ,  pensent que  le désir de lever le moins souvent possible la plume  pour laisser des espaces ou inscrire des accents ne fut pas absent car les «  levers de plume «  occasionnaient souvent des  taches * et des pâtés * ….les espaces correspondraient alors aux intervalles de rechargement de la plume en encre ..

                   La lecture de ces textes étant peu aisée  , c’est une des causes  de la pratique de la lecture à haute voix.

  

                     La «  Scripta continua «   a un équivalent moderne qui est l’écriture “ Au kilomètre * “  (voir ci-dessous )

 

ÉCRITURE AU KILOMÈTRE :

 En matière de saisie dactylographique ou informatique on  parle parfois de «  Saisie en bande *ou  au kilomètre «pour indiquer une saisie ne se souciant pas de la mise en page (espaces, marges, retraits etc ...) la mise en forme étant réalisée ultérieurement de façon automatique .

              On peut rencontrer pour la désigner l’anglicisme très explicite «  Idiot* type «  ….

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 08:57

LORY ??? 

            Il a existé une variété de crayon dite  «  Crayon LORY « ou «   Façon de Conté « qui aurait été inventée au début du XIX° siècle  par les peintres suisses Gabriel Lory et fils    Ses  caractéristiques sont à préciser ….QUI EN SAIT PLUS ??

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 08:55

LIGATURE                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

            1)Dans les écritures anciennes il était courant de rencontrer des lettres réunies entr’elles dans un but de gain de place ou  d’abréviation* .

            Le fait était courant dans les inscriptions épigraphiques * et ,encore plus , dans les manuscrits du moyen-âge.

            Les ligatures les plus fréquents concernaient deux ou trois lettres et très exceptionnellement d’avantage. 

            2)En typographiele mot évoque plusieurs choses :

            -Dans ses débuts , la typographie imitant servilement le manuscrit , la présence de nombreuses ligatures et abréviations * imposait d’avoir à disposition un nombre de caractères “ spéciaux “ presque plus élevé que celui des caractères  ordinaires .

            -Trait mince reliant deux lettres pour économiser des espaces*;les lettres les plus fréquemment reliées ainsi sont : “ff”,”fi”,”ffl”,”fl”,”ffi”...

            -Action de lier les paquets de composition de façon à ce qu’ils ne se dissossient pas et ne se mettent pas en pâte*:cette action qui parait simple réclame ,au contraire, une certaine pratique et était un sujet de conversation “ Batiau * “ trés fréquent chez les typographes ,chacun ayant son avis sur l’utilité du nœud en bout de ficelle,sur le sens et l’ordre d’enroulement ,sur le chevauchement etc ....

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 08:44

LACÉRATION                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              

            

            1)Opération visant à la destruction d’un livre en le réduisant en menus morceaux

                    -La lacération  ,parfois suivie d’un d’un autodafé*,était un des moyens  d’élimination des livres condamnés ou censurés .

            Éxécutée publiquementelle elle présentait l’avantage de pouvoir y faire participer les spectateurs …au risque toutefois que quelque exemplaire soit subrepticement sauvé…ce qui fut presque toujours le cas ….

                     -Pour satisfaire un penchant à la destruction qu’éprouvent certains “ Bibliolithes  * “ dits “ Lacérateurs  “

            2)Si l’opération est décidée par suite de la mévente de l’ouvrage  on dit que le livre est mis au “pilon*”ou, plus simplement “ Pilonné” ....c’est une mention que l’on rencontre parfois sur des livres qui ,éliminés d’une bibliothèque et destinés au pilon,n’y vont pas et se retrouvnt dans le circuit du livre d’occasion .                                                                                                                                         

            3)Le terme est parfois utilisé dans la description d’un  ouvrage pour indiquer des déchirures accidentelles

            4) Le synonyme «  Dilacération «  implique une idée de violence ….

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 08:50

   

  LA DICTÉE DE TITIVILLUS...

 

Relisant la « Dictée de Mérimée « qui est un texte un peu artificiel uniquement conçu dans le but d’y accumuler des difficultés orthographiques il m’est venu l'outrecuidante envie de la paraphraser en composant un texte accumulant des « Mots du livre « …

Et puisque la période est propice aux " Devoirs de vacances " le voici donc ….il en comporte une très grosse centaine figurant tous , en compagnie de plusieurs milliers d’autres, dans le « Dictionnaire du livre et de la chose écrite « dont j’ai entrepris la rédaction …

Je ne doute pas qu’ils soient presque tous connus des lecteurs érudits de ce blog mais si , pour l’un ou l’autre de ces mots , ce ne devait pas être le cas Titivillus se fera un plaisir d’ouvrir pour vous son « Sac à mots « …

 

 NOTA : Si un aristarque  y trouvait quelque faute Titivillus , conscient qu'il est de ses imperfections , ne s'en offusquera pas  ...!

 

                                                                                     LE LIGATOR …..

 

Au beau milieu du scriptorium le ligator,qui faisait aussi fonction de lectionnaire , lisait un antiphonaire rédigé en écriture boustrophédon sur des feuillets de vélin palimpsestes et, plus habitué qu’il était aux écritures onciales des codices courants, il semblait éprouver quelque difficulté à cette lecture .

Ce manuscrit de facture précieuse , orné de fines lettrines , d’initiales ornées et d’encadrements de rinceaux et de racèmes , dont on venait de lui confier la restauration, avait appartenu à un souverain dont le portrait s’inscrivait dans la haste démesurée de la première lettre de l’incipit.

Le ligator ,tenant entre ses mains le fin vélin, éprouvait un sentiment semblable à la leucosélophobie des écrivains et pensait avec tendresse à son lointain confrère , calame dans une main , canif dans l’ autre s’appliquant à tracer la gothique fracture à l’encre de galle , grattant ses fautes sèches et époussetant son travail au pinceau de vair dans le scriptorium glacial tout en pensant aux trop brefs instants de confort que pourraient lui prodiguer le séjour strictement réglementé auprès du feu de la cuisine ou l’usage fugitif d’une boule chauffe-mains .

Lisant le colophon Il imaginait la joie que celui-ci avait du éprouver en mettant un point final à cette œuvre le désignant , lui,modeste scribe atteint de mogigraphie chronique , à la postérité .

Avec ses ais de bois recouverts de peau de truie , ses cabochons de cuivre , ses robustes grébicheset sa taille gigantesque l’antiphonaire qu’il avait à restaurer était impressionnant surtout lorsque l’on savait qu’il avait été quelques siècles plus tôt l’exemplaire personnel d’un souverain .

Les ans , toutefois ,avaient été peu respectueux du souvenir de ce grand monarque et ,si les robustesnerfs étaient encore intacts, les mors ,fendus sur presque toute leur longueur ,libéraient quasi complètement les plats qui n’adhéraient plus au corps de l’ouvrage que par la passure en carton de ficelles usées .

Ne voyant pas de pièce de titre le ligator avait d’abord cru à sa disparition avant de se rappeler que l’usage ancien avait été de ranger à plat les ouvrages sur les étagères des bibliopoles et , donc , d’inscrire le titre sur la tranche des livres et c’était cette habitude qui expliquait que ni les coupes , ni les tranches n’étaient usées (les chasses étant inexistantes , il en aurait été bien autrement si notre coutume actuelle de ranger les livres sur chant avait eu cours … !)

Le livre ayant été l’un de ces « Catenatis « ou « Livres enchaînés » attachés à leur pupitre par une robuste chaîne ,il subsistait un moignon de l’anneau de fer ayant servi à l’assujettir qui ,joint aux vestiges des fermoirs destinés à protéger le livre des insectes papyrophages et à empêcher les folios de parchemin de se gondoler , faisait immanquablement penser à un esclave s’étant libéré de sa servitude .

Le ligator ,qui cultivait un peu la philologie et la linguistique , songeant à toutes les formes que le mot tfermoir avait eues par le passé leva les yeux et se mit à les énumérer à mi-voix :fermouer,fermoire,fermail …jusqu’à ce que les regards sévères de ses voisins lui rappellent de façon muette mais ferme la sacro-sainte règle du silence .

Le travail de restauration allait consister en un démontage total de la couvrure qui permettrait peut-être la découverte d’un de ces papyrus leucosiques ou, la chance aidant, hiératique ,réutilisé à une époque lointaine pour renforcer la reliure et dont l’intérêt était parfois bien plus grand que le codex qu’il renforçait .

Il s’écoulerait du temps avant que le volume ne reprenne sa place sur un aigle ou un lutrin et qu’un chapelain n’en manipule les signets multicolores se rattachant par des pipes à la tranchefile à passe de tête se prolongeant sur les plats …

Le ligator,rêveur et feuilletant l’ouvrage , découvrait à chaque page les merveilles que le rubricateur médiéval avait su tirer des très simples moyens à sa disposition : cinabre,galle,terre de Sienne,os,gomme laque, sandaraque ,pinceau de vair, calame de roseau….. et aussi la malice et l’humour dont il avait su faire preuve car , bien cachés dans les encadrements ou les bouts-de-ligne on distinguait des drôleries ,des babouineries , des figures grotesques,des monstres improbables et , même, des personnages obscènes et de temps à autre un TITIVILLUS emportant son « sac à mots » en ricanant .

Bien que paléographe expérimenté il déchiffrait avec difficulté le texte en raison de l’usage constant d’abréviations et de ces prémices de l’écriture tachygraphique qu’étaient l’aphérèse , la suspension ,l’Apocope,les « Nota luris « et autres « Nomina sacra « …

Collationnant le texte , il y distinguait plusieurs mains à leur façon de traçer les hastes ou à de minimes différences de ductus ; une main plus tardive avait transcrit une éxégèse qui se traduisait en notes tironiennes , en gloses et en marginalias dont certaines, mises en vedette par des manchettes , auraient sans doute provoqué l’anathème du copiste original s’il avait pu les connaître .

Certaines de ces gloses , inscrites très près du bord des folios, le rendaient soucieux car il devrait les respecter en arasant les pages abîmées et le souci de ne pas faire trop « Court de marge « ou de "Fusiller en tête " son ouvrage allait être sa hantise tout au long de ce travail …

Tout en vérifiant les signatures afin de s’assurer de l’intégrité du codex et en les comparant au  registre situé avant l’explicit il admirait la virtuosité de l’enlumineur qui avait su si bien équilibrer ses compositions sur les folios réglés certains au minium d’autres à la mine de plomb et d’autres encore au punctorium ou même à l’ongle , et sur lesquels les sillons et les billons se distinguaient encore très bien .

Et il avait conscience que , lui , pauvre ligator de la main duquel ne sortaient que des vespéreaux ,graduels, livres d’heures ou martyrologes ordinaires , n’aurait pu concevoir un tel chef-d’œuvre …

Mais il souriait quand même car,bien que tâcheron ordinaire , c’était à présent de lui seul que dépendait la survie du vieil antiphonaire …

 

 

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 08:38

Dans un accès de lucidité , Titivillus  se livre à une introspection  pour tenter d'analyser le mal dont il est atteint :

 

DICOLÂTRE & DICOLATRIE 

              C’est une forme de bibliomanie*,voire de bibliopathie * ayant pour objet dictionnaires* et encyclopédies* et conduisant celui qui en est atteint à lire ces ouvrages, à les  rechercher , à les collectionner et ,lorsque sa curiosité n’est pas satisfaite, à en rédiger lui-même.

              Bien que ,pour nombre de personnes , tous les dictionnaires se ressemblent , les dicolâtres ,eux, savent  qu’il n’en est rien et qu’il arrive très souvent qu’aucun dictionnaire ne réponde à une question posée  ou que plusieurs dictionnaires apportent des réponses divergentes…

  

DICOMANE

              Bibliomane* plus spécialement axé sur les dictionnaires  * ,qui les collectionne et traque leur évolution au fil de leurs diverses éditions .

              Certains dictionnaires se prêtent mieux que d’autres à l’action du dicomane  et , notamment ceux qui, tels le «  Petit Larousse «  ou «  Le petit Robert » ,ont un réédition annuelle

 

DICOMANIA                                                                                                        

              Synonyme de “ Folie *   “ des dictionnaires * “

              On a parfois qualifié de ce nom l’engouement pour les dictionnaires qui se manifeste depuis les années 80 : pour la seule période 1994-1996 916 dictionnaires *  et 251 encyclopédies *  ont vu le jour...

              Nombreux sont ceux qui se sont interrogés sur les causes d’une telle vogue et les explications trouvées sont très diverses parmi lesquelles reviennent cependant souvent l’angoisse éprouvée devant la profusion d’informations non triées que propose le monde actuel et le désir d’aller droit à l’essentiel en s’épargnant l’acquisition d’un savoir de base .

 

DICOPATHE & DICOPATHIE

            Le  Dicopathe est un “ Dicomane  *  “ atteint de «  Dicopathie « ....

 

DICOPHILE

              Amateur de dictionnaires *

              Que ceux qui croient que tous les dictionnaires se valent , méditent cette citation de Jean Dutourd : «  Un dictionnaire de plus ,pour l’érudit, c’est comme une femme de plus pour le libertin ,. Au milieu de dix,cent conquêtes vulgaires ,apparaît tout à coup Doña Elvire « 

 

DICOPHOBE  

                    Il était fatal que  tous les amateurs évoqués ci-dessus  aient leur contraire  et c'est le " Dicophobe " qui hait les dictionnaires !

 

                                                                                                                             

              

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 07:53

 

UNIQUE    

                    

                                 1)Un exemplaire “Uniqueest un livre qui présente des caractéristiques que l’on ne retrouve sur aucun autre(on dit parfois “ Unica *  “ )

                     Il peut n’avoir été réalisé qu’à un seul exemplaire , comme ceux imprimés sur vélin ,que la maison Mame présenta à l’exposition de 1855 ,ou bien avoir reçu des annotations,des dessins originaux ,une décoration  inédits....

                     Les “ Livres - objets  *  “sont souvent réalisés à un seul exemplaire ...

                     Certains bibliophiles se sont fait réaliser des exemplaires uniques , d’autres étaient si célèbres qu’ils les suscitaient ; c’est le cas des frères Goncourt à l’intention desquels de nombreux auteurs firent réaliser des exemplaires uniques  de leurs œuvres tirés sur papier spécial , enrichis de gravures originales , d’envois, de fragments du manuscrit etc ...

                     Un exemplaire unique a toujours une valeur bibliophilique...et  ,du fait de sa rareté , une valeur ajoutée considérable ce qui explique l’existence de  certaines manœuvres peu orthodoxes le concernant telles que :

                     -”Organisation “ de la rareté d’un ouvrage en ne le présentant qu’à l’unité  alors que l’on en possède plusieurs exemplaires..

                     -Destruction volontaire d’exemplaires pour qu’il n’en reste qu’un seul ….on connaît des cas de bibliophiles ayant acquis fort cher un livre  pour le détruire aussitôt afin que l’exemplaire en leur possession reste unique .

                     -Ajouts artificiels et sans discernement de documents n’ayant qu’un rapport lointain  avec le livre etc ...etc ...

 

                     La mention «  Unique exemplaire connu » ne signifie pas que le livre concerné est réellement unique mais que l’on n’en connaît qu’un seul exemplaire … la disparition des autres pouvant tenir à toutes les causes connues de destruction des livres …et la réapparition d’autres exemplaires à l’occasion de successions ou de ventes n’étant jamais exclue …et provoquant un effondrement de sa cote marchande ….

            Parmi ceux-cis on peut citer  les  »Sonetti «  de Pétrarque(1473)ou l’ «  Ésope «  de Caxton(1484)

                     Il existe des bibliographies recensant les exemplaires uniques  comme , par exemple «  Livres perdus et exemplaires uniques «(1882)  De J.M. Quérard  et G.Brunet ou «  Essai de bibliographie des livres français perdus ou peu connus «(1880)  de Paul Lacroix alias le «  Bibliophile Jacob « 

                                 2)Certains ont rêvé d’un livre “ Unique qui rassemblerait à lui seul toutes les connaissances : de nombreuses fictions ou utopies du XVIII° l’envisagent  et l’esprit encyclopédique n’était pas exempt de cette idée ....qui n’a pas complètement  disparu : certains parlent de “ Livre Total * “   ,d’autres de “ Livre universel  “ , José Luis Borgés l’a glorifié sous la forme d’un “ Livre de sable * “  aux nombre de pages infini et n’ayant ni début ni fin ,  et l’écrivain Richter rêvait de  “faire un seul grand roman de tous ses romans ...”

                     Pour certains c’est la bible * , pour d’autres ce peut être n’importe quel livre et Blaise Cendrars parle dans “L’Homme foudroyé “ d’un livre acquis à Rio ,sorte de fourre-tout ou de “ Miscellanées  *  “  populaire , qu’il jugea, durant un temps , seul apte à être “ fourré “dans les soufflets des portières  de sa voiture.   

                     Alain Nadaud  fait fort justement  remarquer dans son ouvrage “ Ivre de livres  “  que  cette quête du livre unique traduit une grande insatisfaction et met en lumière une certaine impuissance du livre à répondre complètement aux aspirations des lecteurs .

                     Le mythe est récurrent d’un livre unique qui aurait existé à l’origine de l’humanité et aurait été perdu et nombreux sont ceux qui se sont interrogés à ce propos dont , pour ne citer que lui , Stéphane Mallarmé qui considérait tous les livres comme “ ..un immense concours pour le texte véridique “ (in “ Crise de vers “ ) et s’attela à partir de 1866 à une recherche métaphysique le concernant en rédigeant des notes et des brouillons qui ,à l’examen s’avérèrent assez décevants ...

                                 3)D’autres,comme Peignot , ont caressé l’espoir d’un format unique qui simplifierait le rangement des bibliothèques ....

                                 4)D’autres encore dans un désir altruiste de culture mise à la portée de tous ont rêvé de “ Prix unique  “ pour le livre .

            L’entendre comme “ Prix unique  “ quel que soit l’ouvrage est totalement utopique car entre la réalisation  d’une plaquette et celle d’un volumineux ouvrage illustré il y a une différence de coût qui ne pourrait alors qu’être prise en charge par un organisme d’état avec de gros  risques d’atteinte à la liberté d’expression ....

                     Le concevoir comme “ Prix unique “ d’un ouvrage donné sur un même territoire est  plus réaliste et plusieurs pays ont légiféré en ce sens : « Net book price ageement » et «  Fixed book price «  pour les pays anglo-saxons et « Loi Lang » pour la France qui harmonise le prix du livre pour l’ensemble du territoire en permettant seulement un rabais de 5% et en réglementant les soldes *.

                     Mais, pour des pays très étendus, se pose cependant avec acuité   le problème du coût du transport… (La Chine ,bien que très vaste, pratique ce système ...)

 

 

                     5)Il faut enfin envisager le cas de ceux , rares à présent , qui ne possèdent qu’un seul livre :le cas fut fréquent autrefois ou il était courant de n’avoir qu’un seul ouvrage , les best*-sellers du genre se partageant entre livres d’heures* , bibles*, et Almanachs* lus et relus et acquérant au fil du temps valeur de fétiche* ou de livre apotropaïque *.

                  Michelet , dans « Nos fils «  (1869) se fait l’écho de cette pratique lorsqu’il écrit : « ….l’ouvrier , le pauvre répétaient volontiers :MON LIVRE» 

            6) Une autre catégorie de «  Livre unique «  est celle concernant les auteurs qui n’ont publié qu’un seul livre …

            Si l’on exclue ceux dont le premier livre fut un échec qui les dissuada d’en écrire d’autres   on peut cependant  recenser quelques écrivains dont le premier livre connut le succès  mais n’eût pas ou très peu de successeurs … :

            -Choderlos de Laclos et ses «  Liaisons dangereuses « 

            -Giacomo Casanova et son « Histoire de ma vie « .

            -Alain Fournier et «  Le grand Meaulnes « 

            -Raymond Radiguet et «  Le diable au corps «  & «  Le bal du comte d’ Orgel « 

            -Proust dont «  La recherche du temps perdu «  peut être considérée comme un livre unique

-etc ….

         Les causes en sont multiples  …impossibilité  ou angoisse de ne pas être à la hauteur du premier face à la rédaction du second ….sentiment d’avoir tout dit …mort prématurée ….développement d’un seul et même thème ….

         Le succès foudroyant et souvent imprévu de certaines premières œuvres  encensées et primées dès leur parution a souvent  paralysé leurs auteurs  qui se révélèrent incapables de pérenniser leur succès initial ; en témoigne la liste des prix littéraires dont nombre de lauréats sont à présent totalement oubliés ….qu’ils aient obtenu le prestigieux Goncourt  (John Antoine Nau -1903- Marius Ary Le Blond -1909-André Perrin -1936 ) le non moins prestigieux Renaudot (Armand Lunel-1926-Louis Françis -1934- André Perrin – 1956 ..) ou d’autres ….

         7) À ceux qui ne jurent que par un seul livre  s'applique la formule  de Saint Thomas d’Aquin:

TIMEO HOMINEM UNIUS LIBRI      signifiant :”Je crains l’homme d’un seul livre  ” par lesquelles il voulait souligner le fait que l’homme qui ne connaît qu’un livre unique * mais le connaît à fond est redoutable par la parfaite connaissance qu’il en a....

                                               Mais ce sens primitif,rarement rencontré, a évolué vers plusieurs interprétations  :

          -Tout d’abord l’idée qu’il faut craindre l’homme qui ne connaît ou ne jure que par un seul livre et  a une grande étroitesse de vue  et très peu d’éléments comparatifs  de jugement.....c’est dans ce sens que certains l’appliquent aux «  Religions du livre « : Judaïsme, Christianime,Islam        

                        -Ensuite pour fustiger ceux qui n’ayant lu qu’un seul livre croient tout connaître et se comportent avec pédantisme* ou en parfaits cuistres * .

 

L’expression est le plus souvent  utilisée  sous sa forme française mais , dans quelques textes on peut rencontrer les formes latines voisines : «  Timeo lectorem unius libri «  (Je crains le lecteur d’un seul livre «  ) ou «  Cave ab homine unius libri «  ( Prenez garde à l’homme d’un seul livre «  )

                       Cette devise est inscrite ,avec ce dernier sens , au fronton de la société de lecture  de Genève...

              2)Abrégée en « unius libri «  ou paraphrasée en «  Unius libelli «  elle est parfois rencontrée qualifiant un écrivain qui n’a écrit qu’un seul livre ou dont  une des œuvres écrase les autres de sa célébrité : »Don quichotte «  pour Cervantès  ou «  Madame Bovary «  pour Flaubert par exemple …

              On peut aussi donner en exemple Montaigne et ses «  Essais «  ou Proust et sa « Recherche du temps perdu «…   

 

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 07:15

LOUPE                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              

            1)Appareil optique grossissant  connu depuis l’antiquité ,la loupe a été utilisée dans de multiples domaines en rapport avec le livre et la chose écrite avant d’être partiellement supplantée par les lunettes * à partir du XIV° siècle .

            La finesse de certaines enluminures anciennes  ne peut s’expliquer que par l’usage d’un dispositif grossissant... loupe ,récipient rempli d’eau ou  cristaux de certains minéraux  ...

            Certains livres minuscules * ne pouvant  être lus qu’à l’aide d’une loupe furent parfois munis de celle-ci dés leur conception , certains d’entr’eux l’intégrant de façon trés harmonieuse à leur décor.

            D’autres , comme l' “ Almanach  Optique   *    établi pour 1772 par Letellier , opticien de la reine , présentaient des vues de Paris à observer avec une loupe * .

            Le compte*-fils est ,aussi, couramment utilisé ...

            2)La loupe est aussi une tare  physique constituée par une excroissance de chair pouvant être située en divers endroits du corps et certains “Gens de lettres “ en furent affectés comme , par exemple ,Saint Évremont qui  en portait une énorme entre les deux yeux  ou le philosophe Leibnitz et le biographe Jean Victor Rossi (XVII° siècle ) qui en portaient une sur la tête ...

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 07:01

QUIPU  ou QUIPO ou QUIPOU            

                                         Système ancien de notation (parfois appelé “ Quipos  * “ ) utilisé par les Incas et mettant en œuvre une  cordelette horizontale ou venaient s’attacher  des cordelettes verticales portant des séries de nœuds .

                                         Bien qu’incomplètement déchiffrée cette notation paraît avoir été essentiellement destinée à tenir une comptabilité ,chaque cordelette étant affectée à une catégorie d’objets et des cordelettes “d’addition” les regroupant en paquets pour effectuer les totaux.

                                         Il semble que le système ait aussi servi à tenir un compte démographique précis de la population ...

                                         Les préposés à cette comptabilité étaient les “ Quipucamayoc *  “. dont  certains chercheurs pensent qu’au delà de leur  rôle de simples comptables ils auraient été des gardiens de la tradition analogues aux “ Aerepos  “ Tahitiens  ,les quipus étant alors des supports mnémotechniques destinés à aider leur mémoire et à faciliter la restitution orale des évènements passés et des généalogies (comme on suppose que l’ont été les tablettes «  Rongo-Rongo «   de l’île de Pâques …)

                                         Les quipus ayant eu ce rôle seraient ceux comportant un ou des fils noirs

                                         D’innombrables Quipus Incas  furent détruits en 1583 sur ordre du concile de Lima ( après avoir été conservés durant plus de cinquante ans sans que personne ne cherche à en comprendre la signification ... ) et l’un des premiers livres européen à en faire mention fut le «  Traicté des chiffres «  de Blaise de Vigenère (1586) . 

                                      Une survivance moderne, le “ Chimpu  * “ existe encore en Bolivie , il a existé un système analogue en Chine : le “ Jie*-Sheng  “  ,en Afrique : l’ “ Aroko  * “  et des systèmes voisins perdurent encore  en Équateur,à Hawaï,aux Carolines et dans les îles Riu-Kyu au sud du Japon...      

                                         Certains amateurs de topologie font remarquer que ,de ce point de vue ,les quipus sont extrêmement complexes et que leur signification pourrait être bien plus profonde que ce que l’on soupçonne habituellement .

                                         Une tentative  d’écriture universelle inspirée des “ Quipus  “ et baptisée “ Génigraphie  *  “ fut faite en 1831 par le père Matrata.

                                         Les “ Tsitsits  *  “ utilisés dans la religion israélite sont établis sur un principe analogue . 

 

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