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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 09:10

ALMANACH (parfois AZMANACK..)

Plaçons en exergue la définition qu’en donne Geneviève Bollème en 1969 dans « Les almanachs populaires au XVII° & XVIII° siècle « :

« Pour définir l’almanach , nous soulignons ceci :il n’est pas un manuel, il n’est pas assimilable à ce qu’est un roman ;il amuse sans s’attacher à la simple fabulation , il fait apprendre sans être dogmatique ,il n’est pas du tout article de foi , il obéit à une grande loi qui est sans doute celle de toute lecture populaire , il est amusant et utile . «

L’almanach est un livret présenté sous la forme d’un calendrier* assorti de conseils,d’observations astronomiques,de recettes pratiques,de prévisions météorologiques,de conseils médicaux etc...et, parfois aussi,de prédictions basées sur l’astrologie ou autre art divinatoire (analogue aux “Fastes * “ Romains anciens...)

On peut globalement considérer que les informations contenue s’articulent autour de quatre grands axes d’importance variée selon les orientations des éditeurs , certains pouvant être fortement connotés religieusement ou politiquement :

-Maîtrise du temps calendrier (Comput*,Saints,lune..) , prévisions métérologiques , astrologie (zodiaque…prédictions ..) , astronomie( ciel nocturne, éclipses…), tables de correspondance grégorien / républicain pour l’époque révolutionnaire

-Informations pratiques : recettes , conseils, remèdes empiriques , renseignements administratifs ,listes des chefs d’états, unités militaires ,conseils d’agriculture ,

-Éducation et vulgarisation : histoire, géographie, nature , agriculture , espérance de vie, démographie , poids et mesures ,médecine populaire , hygiène

-Distraction et information : Charades, rébus, histoires gaies ,contes, crimes , accidents catastrophes, curiosités , faits extraordinaires , prodiges vrais ou inventés …..

Le mot viendrait ,selon certains ,d’une publication faite annuellement par un moine celte vivant en Bretagne au III° siècle qu’on prit l’habitude d’appeler :”Al Manah” qui signifie en Celtique :” Le Moine ” mais on en trouve mention dans un passage de “ Porphyre “ cité par Eusèbe sous les deux formes “ Almenaca “ et “ Almeniacha “ ....d’autres lui donnant une origine arabe (« Al man »-la lune ou « Al-Munach » le temps au sens météorologique ), Hébraïque(« Al manah »-compter ) ou Égyptienne d’autres encore se réfèrent à la coutume ancienne d’inscrire pour une année le cours des lunes sur un morceau de bois carré nommé « Al monagt »…. le doute quand à sa provenance est donc permis ...

On peut rencontrer des orthographes diverses dont les canadianismes : « Almenach » et « Armanach » et le régionalisme normand « Armana « …

Les variétés en sont nombreuses et on peut citer:

-Les almanachs chinois sur fiches * de bambou ou sur planchettes * dont le plus ancien connu date de 129 AJC

-Les almanachs européens les plus anciens datent du XV° siècle (“Almanach de Jean Muller” et “ Grand calendrier compost* des bergers “ (1493) qui après celle de Guy Marchand en 1471 eût plus de 40 éditions ) et XVI°siècle (“Grande et vraie pronostication nouvelle pour l’année 1544 “ de Rabelais et “ Almanach “ de Nostradamus)

Mais il y eût aussi :

-L’Almanach de Matthieu Laensberg (1636) ,dit aussi “ Liègeois,double ou triple “ dans lequel, dit-on, Mme. Du Barry lut son destin ...

-L’Almanach des MUSES :(1764-1833)contenant des poésies

-L’almanach de l’académie de Berlin(XVIII° ) aux prévisions totalement dues au hasard

-l »Almanach sous*- verre « (Voir à ce mot )

-L’Almanach de GOTHA :recensant les grands de ce monde

-L’Almanach ROYAL ou IMPÉRIAL: publié sous l’égide d’un roi ou d’un empereur et donnant la liste des membres des grands services de l’état (à partir de 1679) et son concurrent l’”Almanach de la cour “ ( à partir de 1700 )

-l’ « Almanach de Versailles « publié par le libraire Blaizot donnait en 165 pages de petits caractères la liste complète de tout le personnel de la cour de Louis XV de la musique du roi aux horlogers en passant par les « coureurs de vin », les valets de chambre,les feutiers,et ce jusqu’au plus obscur S marmiton

Ces almanachs , revêtus de riches reliures, étaient souvent ,à la fin de leur période de validité , remis en cadeau aux valets ou dames de compagnie du monarque .

-L’Almanach du DIABLE:publié sous louis XV dirigé contre les jansénistes avec pour lieu d’édition “Aux enfers”

-L’Almanach « des adresses* «(Voir à ce mot ) recensant au XVIII° siècle plus de 3000 adresses de personnes de la bonne société résidant à Paris .

Et une foule d’autres parmi lesquels , sans être exhaustif , on peut citer les almanachs Bourguignon,Chantant,des Coiffures,des Dames,dez Modes ,des Muses,du Diable ,Révolutionnaire,des Paresseux,du promeneur,des spectacles ,des grâces,de la cour,etc …etc ..etc …

Nombre de ces almanachs publiaient de prophéties et des « Pronostications « qui s’avérèrent si fausses et exagérées qu’elles suscitèrent une « Contre- littérature « dont l’archétype est la « Pantagruéline pronostication « de Rabelais parue en 1532 qui est une charge contre les almanachs …ce qui n’empêcha pas Rabelais de publier un almanach comportant des prédictions de 1533 à 1550 soit sous son nom soit sous le pseudonyme anagrammatique de Séraphin Calobarsy

-Certains almanachs dont le modèle fut initié au XVIII° siècle par le comte Roger de Bussy Rabutin , furent baptisés « Almanach d’amour « ,car ils nommaient la lune « Amour « ,la représentaient par un cœur et désignaient ses phases par des formules telles que « premier quartier d’amour « , « plein amour « etc …

-L’Almanach FRANKLIN:ou du BONHOMME RICHARD:traitant de morale et de conseils utiles.

-L’”Almanach des gourmands “ de l’écrivain gastronome Grimod de la Reynière .

-En matière de littérature , il faut mentionner la “ France Littéraire “ de Du Tertre paru en 1752 sous le premier titre d’ “Almanach des beaux-arts “ ambitionnant de recenser tous les auteurs de France et qui ,de 176 écrivains à sa parution ,en comptabilisa jusqu’à 2367 à la veille de sa disparition en 1765.

-Les nombreux almanachs distribués par les colporteurs tels :

-Le “ Messager boîteux “ suisse n’annonçant que des mauvaises nouvelles ...

Le nom de “-Messager “ fut donné à de nombreux almanachs :Messagers boîteux de Strasbourg, Berne ,Vevey, Double messager de France et d’Alger (1850) , Grand messager des familles (1857)ou les “ Doubles “ ou “ Triples Liégeois “

- L’almanach du bon catholique “ , “ L’almanach des saints cœurs de Jésus et de Marie “ , “ l’almanach national de France “ , “ L’Almanach comique “ , « L’almanach des guerriers « etc ...

« L'almanach Anabaptiste « de Jacques Klopfenstein (1812/1845) qui , étant donné la réputation de ce courant chrétien évangélique en matière d’agriculture, eût des imitateurs de 1817 à 194

Il est à noter que outre les almanachs qu’ils vendaient , les colporteurs disposaient d’almanachs de basse qualité destinés à être remis en prime aux personnes ayant acquis livres ou objets, certains d’entr’eux étant spécialement conçus pour des illettrés et rédigés uniquement à l’aide de symboles .

Réservés à une élite à leurs débuts ,les almanachs ,qualifiés par certains de « Poison du peuple « ont été souvent l’objet de mesures d’interdiction ou de censure du XV° au XVII° siècles : ce fut le cas en particulier sous les règnes de Louis XI , de Charles IX , Henri III et Louis XIII. (législations de 1560,1579,1620 ....) et , lorsqu’ils ne le furent pas , l’administration fiscale veilla à les taxer en instituant un « Impôt sur les almanachs « qui resta en vigueur de 1711 à 1834

À certaines époques et dans certains pays (Suisse notamment ..), par suite de pénurie de manuels* scolaires * ils servirent de livre d’enseignement .

La présentation des almanachs fut extrêmement variable :

-Simple couverture de papier pour les almanachs de colportage.

-Luxueuses reliures,parfois de tout petit format ( voir : minuscule * ) pour ceux destinés aux gens fortunés comme , par exemple cet «Almanach de Mathieu Lansberg « de 1773 relié en soie brodée et décoré de plumetis et de paillons * au fil d’argent ….certaines de ces présentations annonçant les « Keepsakes * «

-Les “ Étrennes * “ diverses , galantes et autres

L’avènement de l’imprimerie rendit l’almanach populaire en permettant des éditions à bon marché qui furent abondamment diffusées par colportage * (entre 1778 et 1788 deux millions et demi d’almanachs furent ainsi vendus )dans lesquelles ,afin d’utiliser au mieux le faible volume disponible , ont été multiplié à loisir les signes* et pictogrammes *résumant des prescriptions très variées astrologiques , médicales,culinaires ,concernant les plantations etc …s ou des conseils pratiques tels que « Bon tondre « , « Bon prendre médecine « , « Bon couper les ongles « etc ..etc ..

Du XVII° au XIX° siècle l’almanach fut , le plus souvent , le seul livre possédé et afin d’assurer sa diffusion au plus profond des classes populaires , certains almanachs furent spécialement conçus pour les illettrés comme , par exemple , l’ « Almanach des bergers « qui comprend très peu de texte , beaucoup de dessins et des indications par symboles .

L’ apogée de l’almanach fut atteinte au XIX° siècle ou l’on recensa 400 titres qui furent diffusés à 8000000 exemplaires (L’Almanach de Laensbergh était très populaire au milieu du XIX° siècle et ,plus tard l’almanach Hachette ,à lui seul tira en 1899 à 200000 exemplaires).

Certains almanachs anciens étaient munis d’un crayon maintenu par un dispositif spécial ( “ Trésor * des devinations -1792 “ )

Les révolutionnaires ne s’étaient pas trompés sur son impact populaire et après avoir lancé un concours ils plébiscitèrent l’ “ Almanach Gérard “ pour véhiculer leurs idées au plus profond du territoire .

Le déclin vint ensuite et ne subsistèrent longtemps que les almanachs à tendance “Gauloise”...et ceux diffusés à titre publicitaire par les magasins comme “ Le Louvre “ , “ La Samaritaine “ , “ Le Bon marché “ etc ...accompagnés de l’almanach « Hachette « «et de l’almanach « François « qui mérite une mention particulière car il fut très populaire de 1912 à 1941 et présentait la singularité d’être distribué gratuitement par les pharmaciens…il est vrai qu’il comportait de très nombreuses publicités pharmaceutiques …..

Les seuls véritables survivants sont l’almanach “Vermot ”qui paraît depuis 1886, et les rééditions de l’almanach “Hachette” et de quelques almanachs régionaux ( “ Du marin Breton “ , “ des gens d’Auvergne “ , “ Savoyard “ etc ...)

Le « Calendrier -* des postes « , descendant de l’ »Almanach du facteur « apparu en 1855 peut être considéré ,lui aussi , comme une survivance des almanachs traditionnels …

La plupart des almanachs furent de petit format ( in/16,in/18,in/32 ....),imprimés sur mauvais papier et illustrés de gravure de médiocre qualité…les énormes tirages permirent leur vente à des prix très bas voire même leur distribution gratuite ou en « Prime « lors d’autres achats .

Quelques uns firent cependant l’objet de tirages de luxe de grand format et de certains almanachs du XVII° siècle constitué de deux feuillets in folio/grand aigle destinés à être affichés et sur lesquels l’almanach n’avait que la portion congrue au profit d’une estampe décorative .

Quelques autres dits « Almanachs-Cordons* « ou « Petit Cordon « furent munis d’une ficelle d’accrochage : ils furent diffusés au Brésil de 1920 à 1954 et étaient munis d’un cordon permettant de les accrocher à un clou et de les avoir ainsi toujours à portée de main

Lors d’une interview un brésilien né en 1916 dit à son propos : « Là, dans notre petite ferme ..l’almanach était toujours accroché au garde-manger .Attaché. Facile à prendre .Toute personne qui avait quelque chose à demander ,il était là,à sa place,on y jetait un coup d’œil.. »(Cité dans "Les lectures du peuple " -Ed. Complexe - 2003)

La condition modeste de la plupart d’entr’eux et le fait qu’ils aient été en partie périmés à la fin de leur année de millésime ont fait qu’il ne nous en est parvenu qu’un petit nombre parmi lesquels figurent souvent ceux qui ont été utilisés comme « Livre de raison * « ou de comptes .

Lorsqu’il en existait au moment d’un décès les almanachs n’étaient souvent pas inscrits dans les inventaires car considérés comme « documents sans valeur « …

Dans le langage des salons répertorié en 1630 dans le “ Dictionnaire des précieuses “ par Antoine Baudeau de Somaize un almanach était “ La mémoire de l’avenir “ .

Le mot “ALMANACH” peut avoir des acceptions figurées:

- “Vérité d’almanach ”: synonyme d’évidence.......

-“Faiseur d’almanach:l’expression désigne au sens propre un auteur d’almanachs mais elle est plus souvent employée au figuré avec un sens péjoratif pour désigner un pronostiqueur invétéré,un rêveur ou , parfois , un astrologue .

-“Son corps est un almanach”:désignant une personne avertie des changements de temps par des dérangements physiques.

- “Menteur comme un almanach” pour désigner un menteur impénitent ...

--”Je ne prendrai pas de vos almanachs “ et “ Foin des almanachs “ signifiaient “Je n’écouterai pas vos conseils .

-L‘expression « Histoire d’ almanach » désigne de façon péjorative une histoire extravagante et peu crédible .

-En langage populaire l’expression « Almanach des vingt-cinq-mille adresses « désignait une prostituée .

Dans la presse écrite le mot désigne une rubrique donnant des informations pratiques ou un calendrier.

Sans qu’il y ait de véritable confusion il existe parfois une certaine imprécision dans la désignation des almanachs , agendas *, annuaires * et calendriers *

Un certain nombre de citations lui font référence comme , par exemple, ce proverbe anglais : :- »Une femme serait un très beau livre ,si elle était un almanach *et que l'on pût en changer tous les ans «

L’almanach ayant été présent dans la plupart des pays du monde possédant une communication écrite on rencontre , au fil des lectures , une multitude d’appellations diverses, génériques ou vernaculaires , le concernant …

Il existe en français des orthographes diverses pour le mot : »Almenach », « Armanach » par exemple

Et , pour conclure sur un sourire, signalons que les précieuses le nommaient « Mémoire de l’avenir « …

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 07:54

LUNETTES

1)Les lunettes et les instruments apparentés , lorgnons* ,monocles,bésicles* loupes*,binocles*,face*-à main,Œil* de vieux,Lancelier * ,Manière* d’y voir,Pince*-nez paraissent inséparables de la lecture et ont ,dés leur apparition, voisiné avec les livres et les documents écrits .

Si le pouvoir grossissant du verre taillé ou de certaines pierres ( Suétone rapporte que Néron utilisait des émeraudes....) était connu depuis la plus haute antiquité , l’invention des lunettes parait plus tardive.

Cette invention est diversement attribuée à un médecin du nom de Gordon,à Alexandre Spina vers 1300, au Florentin Salvino Degli Armati vers 1280 ,à un habitant de Pise vers 1296,au françiscain anglais Roger Bacon en 1280….. Du Cange affirmant même qu’elles étaient connues dés 1150...

De nombreux historiens semblent s ‘accorder sur la paternité de Roger Bacon qui , ne voulant pas dévoiler ses procédés de fabrication ,se vit copié par Alexandre Spina

Les premiers textes y faisant une allusion indiscutable sont datés de 1299 et 1305 et la première représentation picturale est une fresque de Tommaso de Modena datée de 1352 figurant dans l’église de Trévise.

Les premières lunettes ne corrigeaient que la presbytie et il fallut attendre le XV° siècle pour voir apparaître celles corrigeant la myopie ...

On trouve les premières allusions littéraires aux lunettes chez Charles d’ Orléans (“Les lunettes prens pour le mieulx ..” ) chez François Villon ( “ Sans les estuis mes grandes lunettes ...” )(Testament 1433) , chez Eustache des Champs et , aussi dans les colophons * de quelques manuscrits anciens comme celui de 1499 dans lequel le copiste déclare avoir utilisé “...duobus oppositis berillis pro senio caligantibus sibi oculis “ “ des lunettes pour pallier à l’obscurcissement sénile de ses yeux “

Quelques saints , Jérôme par exemple , sont représentés munis de lunettes et lisant ou écrivant et le tableau de Van Eyck “La vierge entre st.Georges et st. Donatien “ (1436) montre la chanoine Georges Van der Paele tenant un bréviaire sur lequel sont posées des lunettes de myope.

Les ouvrages de médecine comme , par exemple , la “ Grande chirurgie “ de Guy de Chauliac en font mention dés 1363 et la profession de “ Lunetier “ est attestée dés le XV° sècle (Chronique de louis XI ....)

Henry IV , quand à lui , déclare dans une lettre datée du 8 Janvier 1609 “ ....j’ai à présent plus grand besoin de celles ( les lunettes ...) qui aident à voir de près que de loin ...”

L’usage en est allé croissant au point qu’elles furent durant un temps le symbole de la sagesse et du savoir et que les représentations et les portraits ont attribué aux savants ,érudits , philosophes et théologiens des lunettes qu’ils n’avaient pas forcément portées de leur vivant .

Cette sorte de « Sacralisation « eût parfois des effets inattendus comme le rapporte une anecdote figurant dans un almanach populaire hongrois de 1785 mettant en scène un illettré très étonné que le fait de chausser des lunettes ne lui permette pas de lire …

Elles figurent par ailleurs en compagnie de livres dans de nombreuses natures mortes ou “ vanités * “ .

On peut donc considérer que les lunettes sont un instrument à part entière de la lecture et de l’écriture et inséparables du livre et de la chose écrite au point que certaines reliures de livres d’usage quotidien ( comme un missel du XV° siècle conservé à la bibliothèque de Fribourg par exemple ) comportent un logement destiné à en abriter une paire . .

L’avènement de l’imprimerie en donnant à la vue * la primauté sur l‘ouïe (auparavant la lecture collective à haute voix était courante ...) a accéléré les recherches dans ce domaine ; il est cependant curieux de constater que durant toute la longue époque ou l’ouïe primait bien peu de moyens de corriger ses déficiences ont été développés ...

On raconte que Louis XV visitant l’imprimerie de l’hôtel de la guerre à Versailles et trouvant des lunettes posées sur une presse les chaussa pour lire le texte que l’on allait y imprimer et qui était un éloge de sa personne ...les reposant alors il déclara que ces lunettes grossissaient trop les objets ...

Pour conclure signalons que certaines mentions traitant des lunettes ont pour objet de signaler ...que leur auteur n’en use pas : c’est ainsi qu’un ex-libris du XVIII° siècle mentionne “ Agé de 98 ans et lisant sans lunettes comme à 20 ans ...”

2)Certaines lettres * employées pour des écrits ésotériques * tels les “ pentacles * “ avaient des terminaisons arrondies et ajourées et étaient qualifiées de “ Lettres à lunettes “ (ou “ Bouletées “ lorsque l’arrondi était plein .)

L’écriture utilisant ces lettres était parfois nommée “ Écriture céleste ou de Malachim “ )

3)Certaines œuvres ont ,parfois assez curieusement inclus ce mot dans leur titre comme , par exemple “Les lunettes spirituelles “ de Dumont (1587)ou “Les lunettes des princes “ de Jean Meschinot ( 1493)

4)Le mot a parfois été employé au sens figuré pour qualifier un écrit donnant les clés d’un domaine et permettant de le comprendre clairement

5)Il a eu aussi un emploi péjoratif dans l’expression « Marchand de lunettes « désignant un charlatan voire même un colporteur * (Voir à ce mot :*)

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 08:58

IMPOLITESSE

Non respect des usages établis et ,pour l’écrit, non respect des formes de rédaction ,des modalités d’envoi,de la présentation correcte , ou des formules de politesse jugées convenables .

Certains auteurs ayant disserté sur l’injure* ont prôné l’usage de “ Formules d’impolitesse “ pour conclure de façon élégante les lettres d’injures et en ont donné un catalogue dont on peut extraire (en se limitant aux moins injurieuses... ) :

Je ne vous salue pas “ , “ Je vous tire la langue “ ,” J’ai l’honneur d’être ,avec le plus profond irrespect ,de votre goujaterie notoire,le très humble et très fidèle imitateur “ ,” Recevez l’expression de mon parfait dégoût “ etc ...etc...

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 08:57

IMITATION

1)Procédé dont le but est de reproduire l’apparence d’un objet et résultat obtenu par ce procédé.

L’imitation est courante en reliure ou sont souvent employées des matières ordinaires imitant le cuir,l’étoffe etc..

Pour ce qui concerne le livre on peut noter que , à ses débuts , l’imprimerie a cherché à imiter les manuscrits pour ne pas trop dérouter les lecteurs et aussi pour échapper aux accusations de sorcellerie qui planaient sur elle ;les livres imprimés étant ,par ailleurs considérés par de nombreux amateurs comme indignes d’une bonne bibliothèque il y eût de nombreux cas d’imitations typographiques de livres manuscrits dont certaines , très réussies , sont difficiles à détecter .

A l’inverse certains livres manuscrits imitèrent , parfois à la perfection ,les livres imprimés comme, par exemple un « Petit office de la providence « rédigé en 1775 en caractères « saint Augustin * » fort difficile à différencier d’un livre typographié tant ses mise en page , retiration ,imposition etc …sont parfaits

L’imprimeur de l’empereur Maximilien d’Allemagne , Hans Schœnsberger , imprima de la sorte le célèbre “ Theuerdank * “ qui fut souvent pris pour un manuscrit .

` 2)Écrits ou illustrations réalisés dans le style et à la manière d’un auteur ou artiste connu, mais on emploie dans ce cas de préférence le mot « Pastiche * «

Leur usage est légal si l’imitation est clairement indiquée mais il devient du plagiat* si l’on omet de le signaler.

3)L’Imitation de Jésus Christ est un livre anonyme prônant la méditation mystique.publié vers la fin du XIV° ou le début du XV° siècle dont l’attribution suscita querelles et controverses : les bénédictins l’attribuant au moine de leur ordre Jean Gersen , les chanoines réguliers prônant , eux , pour Thomas A-Kempis .(Thomas Amerken du village de Kempis près de Cologne )

Des procès*, factums* ,libelles* , mazarinades * ou autres pamphlets* s’ensuivirent jusqu’à ce qu’en 1652 la paternité en soit définitivement attribuée à Thomas A-Kempis ce qui n’arrêta pas totalement la polémique qui, bien que larvée , durait encore vers la fin du XVIII° siècle ( Abbé Vallart ..)

C’est ,avec la bible , le livre ayant eu le plus d’éditions: 80 traductions pour la seule langue Française (dont une en vers de Corneille) et il constitue ,à lui seul,un thème de collection à part entière .

4)Au XVIII° siècle , pour lutter contre le succès des papiers de Hollande , de nombreux papetiers français en fabriquèrent ,filigrane compris, des imitations : c’est un papier de cette nature qu’a été rédigé le testament de Louis XVI.

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 08:52

IMAGIER

1)Le mot désignait,avant le XVII° siècle l’artiste qui réalisait des illustrations destinées à des livres ( on écrivait :Ymaigier * ” ) et ,aussi, ceux qui les imprimaient et les vendaient.

Parfois appelé “ peintre - imagier “ son statut figurait dans le “ livre des métiers “ d’Etienne Boileau et , au moyen-âge ,il en existait deux corporations , l’une “noble” ne travaillant que pour l’église , l’autre “roturière” travaillant au profit de tous .

2)Imprimeur spécialisé dans l’impression d’images en xylographie * ou en taille* –douce (On peut rencontrer l'orthographe ancienne : «Imaginier « )

3)Un imagier est aussi un livre d’images destiné à la petite enfance et présentant des images individuelles sans rapport entr’elles dans un but d’identification par l’enfant des objets présentés ...c’est le stade précédant le livre d’images * et l’abécédaire ..

IMAGISTE

Le mot se rencontre parfois comme synonyme d’ « Imagier * «

Par exemple , Lacour , à Nancy, se présentait comme « Imprimeur-imagiste « vers 1830

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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 09:21

OSTRACON (ou Ostrakon..)

Coquille d’huitre,coquillage ou tesson * de poterie sur lesquels les citoyens de l’antiquité inscrivaient ,au cours d’une “ Ostrakophoria * “ ,les noms des personnes à leurs yeux indésirables avant de les déposer dans une urne : si un même nom apparaissait un nombre déterminé de fois , l’intéressé était banni (d’ou le mot “Ostracisme * ” ) (* : Voir ci -dessous ..) .

Leur étude a permis le déchiffrement de certaines écritures anciennes et , à cette occasion , la découverte de nombreuses fraudes dans les votes d’ostracisme dont de nombreux ostracas sont rédigés de la même main ....:sur un ensemble de 191 tessons retrouvés en un même lieu on ne put dénombrer que 14 écritures différentes ....

Les ostracas furent aussi utilisés à d’autres fins:

-Dans l’Egypte ancienne beaucoup comportent des recettes médicales

-Moins coûteux que le papyrus ils servaient de brouillon

-Les votes des Athéniens étaient écrits sur des ostraca...etc...etc...

Par extension , le mot désigne tout tesson portant un texte comme les “ ostrakas “ de Samarie ,de Lakish , de Tell-Quasilé ou d’ Ophel qui concernent des affaires commerciales .

Il semble qu’une méthode divinatoire basée sur l’écoute du bruit entendu lorsqu’on les approche de l’oreille ait existé …

OSTRACISME

Procédure de bannissement (dite aussi “ Ostracophorie “ ) en vigueur à Athènes dans l’antiquité consistant en une sorte de vote aboutissant à l’exclusion d’une personne de la communauté.

Moins souvent utilisé que ne le veut la légende on a pu dénombrer ,au V° siècle AJC , une quinzaine de recours à cette procédure .

OSTRACOGRAMME

Texte inscrit sur un “ Ostacon * “ ..

OSTRAKOPHORIA

Dans l’ancienne Athènes : séance publique de vote à l’aide d’ostracons * ayant pour but de bannir un citoyen de la cité .

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 09:10

GEORGES SAND BIBILOPHOBE ????

George Sand ,dans une lettre du 27 Juin 1876 au vicomte Spoelberch de Lovenjoul ,bibliophile de renom, a écrit : “ Merci toujours , cher bibliophile ,et au revoir .Votre amie .G S Bibliophobe !!!”

On connaît d’autres exemples ou elle qualifia Lovenjoul d’ » Insupportable bibliophile « (19/9/1875) ….

Georges Sand bibliophobe ??? La chose serait à creuser..!!!

Mais il est probable qu'il s'agisse plutôt d'une pirouette ou d'une taquinererie ...

QUI A DES LUMIÈRES À CE SUJET ?

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 09:07

BACKSTAGE

Anglicisme pouvant avoir désigner deux choses différents :

1) Un laissez*-passer permettant d’accéder aux coulisses d’une salle de spectacle ou d’un théatre .

Ce genre de document a ses collectionneurs* que l’on nomme : “Backstagophiles

  1. 2)Le fait de laisser dans l’ombre le nom d’un collaborateur ou d’un co-réalisateur d’une œuvre littéraire : durant longtemps les scénaristes de « BD « furent « Backstage » seul le nom du dessinateur étant cité mais on peut en dire autant des « Nègres* « écrivant une œuvre pour un autre ,des illustrateurs,et de nombreux intervenants de la réalisation du livre .

Il est même arrivé que l’auteur d’une œuvre soit « Bachstage « dans sa transposition au théâtre ou à l’écran ….

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 09:01

BACHI-BOUZOUK (ou BOUZOUCK )

Anciens cavaliers de l’armée turque qui seraient sans doute restés parfaitement oubliés si le capitaine Haddock ,dans les aventures de Tintin ,n’avait fait de ce mot l’une de ses injures * favorites.

Le mot a , à présent, le sens de “ Périmé “ , “ Obsolète “ et peut se rencontrer concernant un auteur ou une œuvre écrite.

Bien que ce soit Hergé qui ai le plus contribué à le rendre populaire , son emploi est bien plus ancien et l’on en trouve notamment une occurence dés 1921 dans une lettre du Maréchal Lyautey adressée au maréchal ¨Pétain : “ Je croyais admis comme un dogme dans le haut commandement français....que je n’étais qu’une espèce de “ Bachi-bouzouk “ hors d’état de comprendre quoi que ce soit aux choses de la guerre ...”

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 07:54

NOBEL

Couronnant l’ensemble d’une œuvre le “ Prix Nobel “ de littérature est une prestigieuse récompense créée en Suède à partir de 1901 à l’instigation D’Alfred Bernhard Nobel , chimiste , auteur d’une pièce de théâtre et ….inventeur de la dynamite.

Malgré tout l’éclat de ce prix , nombre de ses lauréats sont restés et restent encore méconnus du grand public comme en témoigne pour la littérature cette collection “ des prix Nobels “ publiée chez Rombaldi il y a quelques années dans une édition soignée et bien illustrée et qui se retrouve en masse dans tous les “ Vide -greniers “ sans trouver preneur autrement qu’à quelques centimes ...

On peut regretter que les autres catégories de Prix Nobel , médecine, physique , paix etc …,bien que tout aussi prestigieuses , ne suscitent guère l’intérêt du grand public une fois passé leur éphémère effet d’annonce dans les médias …..

Une œuvre susceptible de recevoir ce prix est dite “ Nobélisable “ et devient “ Nobélisée “ quand elle l’a reçu...

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