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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 08:24

MUET                                                          

                                   1)Une reliure muette est  une reliure ou une partie de reliure ne comportant aucune indication de titre,d’auteur,d’éditeur etc...

                                   La coutume du moyen-âge consistant à ranger les livres  avec leur tranche en avant avait conduit à négliger l’ornementation du dos des livres qui étaient le plus souvent muets .

                                   Les couvertures muettes étaient la règle au XVIII° siècle ou les livres étaient vendus sous un brochage* sommaire en l’attente d’une reliure définitive.

                                   L’inverse est la couveture “ Parlante  *  “(Voir ci-dessous )

                                   2)Un certains nombres d’éléments de la sphère de l’écrit  peuvent être qualifiés de “ Muets  “ :

 

                       -Un  “Livre muet  “  était ,au XVIII° siècle, un livre composé exclusivement  d’images agencées de façon à permettre la compréhension d’une histoire...c’est en quelque sorte l’ancêtre de la “BD*”....il avait eu quelques prédécesseurs dont le fameux livre d’alchimie intitulé  «  Mutus Liber «de Jacob Saulat (1677)ne comportant aucun texte et montrant en quinze planches Nicolas Flamel et son épouse Perenelle accomplissant le « Grand œuvre «   

                       -Une “ Carte géographique muette  “ est une carte destinée à l’enseignement et ne comportant aucune indication il a aussi existé, mais bien plus rarement des globes muets ….

                       -Une “ Lettre muette  “ est une lettre qui ne se prononce pas.

                       -On appelait  “ Pièces  à la muette “  des pièces jouées en plein air au  XVIII° siècle et dont les dialogues ,interdits en 1709,    étaient  remplacés par un jargon incompréhensible ou par des écriteaux *

                       -Pour les imprimeurs un “ Texte muet  “ est un texte sans signification, parfois nommé « Holalphabétique*« s’il contient toutes les lettres de l’alphabet   , utilisé pour effectuer le réglage et la mise en page selon un procédé analogue à celui utilisé pour vérifier le bon fonctionnement des machines * à écrire .

 

                        -Les philatélistes et les postiers qualifient de «  Muettes «  les oblitérations «  Passe*-partout » n’indiquant pas de lieu géographique : «  Poste aux armées «  par exemple …

 

                       3)Quelques œuvres littéraires ou théâtrales mettent en scène des muets:

                       La plus connue est   “Le  médecin malgré lui  “ de Molière dont la réplique “ Voilà pourquoi votre fille est muette “ est devenue  une locution proverbiale mais il y eût aussi ”Le muet d’ Ingouville  “ drame  de Bayard et Davesnes ( 1836) et “ La muette de Portici  “ opéra de Scribe et Delavigne (1828)

                       4)Les “ Gens du livre et de lettres  “ n’ont sans doute pas échappé à cette infirmité mais les chroniques sont très discrètes à leur sujet et n’en mentionnent quasiment aucun ...

              Citons cependant Stephen W. Hawking ,auteur contemporain de  plusieurs ouvrages scientifiques  de très haut niveau dont une “ Brève histoire du temps  “ qui fera sans doute date, et qui ,outre  sa mutité  ,est affligé de nombreuses infirmités l’obligeant à écrire par le biais de moyens informatiques adaptés .

 

 

PARLANT

                                                                      

              1)La reliure parlante est un type de reliure dont le décor de couverture évoque le sujet traité par le livre.

              Après quelques apparitions au XVIII° siècle  elle fut très en vogue à la fin du XIX° et au début du XX° puis  subit  une éclipse et à fait un retour  à l’époque moderne mais,pour les belles reliures,elle demeure coûteuse en raison du travail et de l’habileté qu’elle exige.

              Une reliure parlante de qualité ne peut être conçue que par une personne ayant un sens artistique et une culture développés faute de quoi on rencontre des outrances comme ,par exemple, une édition de “ Une saison en enfer  “ de Rimbaud  à la reliure décorée de démons et de flammes ....*

                    L’inverse est une couverture “ Muette  *  “ (Voir ci-dessus )

 

              2)Les ex-libris* ou les armes * parlants ne comportent pas les noms de  leurs  propriétaires mais une évocation de ceux-ci à l’aide d’un dessin..

Les armes parlantes «  Physiques «   évoquent directement l’objet concerné  ..le griffon * pour l’imprimeur Sébastien Griffe par exemple …

         Les armes parlantes »Abstraites «  l’évoquent au travers d’un symbole ou d’une allusion parfois difficiles à déchiffrer .

              Les armes  peuvent parfois être «  Contre-parlantes «si elles  présentent une image contraire…la chose est assez rare mais  l’on peut en citer citer quelques cas :

-Charles des Isles , un chanteur gai ,dont le blason présente des larmes.

-Un certain Malbrun ayant pour emblème un cygne , allusion ésotérique au conte des Flandres  «  Le chevalier au cygne «  dont une héroïne se nomme Malabrune…

-Un certain Saget  prend pour symbole des flêches  par référence à leur appellation moyennageuse disparue : «  Sagettes « 

-Le nommé Chevreau  prend pour emblême un limaçon , opposant la vivacité du chevreau à la lenteur de l’escargot etc ..etc …

 

            Et , enfin , les «  Armes –Rébus »  très souvent difficiles à déchiffrer sorti du contexte socio-culturel de leur époque …citons en deux :

            -Un certain Fécamp  inscrivant 3 tentes dans son blason ( «  Fait camp «  …)

            -Shakespeare  y mettant une lance(Spear )  secouée ( Schaken ) par un  faucon  d’où «  Shakenspear « 

 

       À cela il faut ajouter les armes parlantes grotesques ou de fantaisie élaborées par les héraldistes pour ridiculiser aux yeux des connaisseurs les anoblis de fraîche date  désirant  se parer d'un  blason 

 

              3)On qualifie parfois d’images parlantes des illustrations comportant des textes écrits paraissant sortir de la bouche des personnages et non encadrés dans un “ rouleau *  “ ou un  “ phylactère  * “ .

              Certaines images religieuses anciennes, comme la “ Lactation de Saint bernard ( 1480) “ sont ainsi conçues et , aussi , de nombreuses images satiriques ou de controverse du XVIII° siècle .      

              4)Le qualificatif s’applique  parfois à des objets divers comportant un texte écrit: c’est ,par exemple , le cas de certaines œuvres du maître verrier Émile Gallé qui sont qualifiées de “ Verreries parlantes  “ ou  des assiettes ,plats,médailles * ,vases ,pots et pichets  de faïence portant un texte ou une devise ;les pièces portant une inscription  révolutionnaire étant  tout particulièrement recherchées .

 

 

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 08:46

 

AUTODAFÉ  ou AUTO-DA-FÉ       

           

             A l’origine , l’autodafé était une cérémonie grandiose et solennelle instituée par l’inquisition espagnole pour mettre en scène de façon spectaculaire  l’abjuration des personnes convaincues d’héréticité,l’exécution des condamnés à mort n’ayant jamais lieu au cours de cette cérémonie mais en un autre lieu après remise des condamnés au bras séculier .

 

            Puis peu à peu et avec l’affaiblissement du pouvoir de l’inquisition , le mot en est venu à désigner la cérémonie beaucoup plus modeste au cours de laquelle étaient détruits des livres censurés .en vertu d’un jugement de l’inquisition ou de la justice.

            Les attendus des jugements condamnant ces livres ne laissent parfois pas de surprendre par le nombre de qualificatifs stigmatisant leur contenu : «  Hérétique, schismatique,erroné,violent,blasphémateur, impie ,attentatoire   à l’autorité et aux bonnes mœurs, perturbateur du repos des empires  etc….etc….

 

            Le mot a aussi servi à désigner les destructions volontaires opérées à titre préventif par les possesseurs de livres prohibés se sentant manacés de découverte …il s’agit alorsd’un «  Auto- Autodafé «  ….

 

            Les modes opératoires les plus courants sont le feu et la lacération mais les autodafés,parfois aussi nommés «  Bibliocaustes * «  , ont pu prendre d’autres formes , comme , par exemple en 1204 , lorsque les croisés défilèrent dans Constantinople avec , au bout de leurs piques des livres , des encriers et tous les attributs de la “ chose écrite  “ .

 

            Les autodafés de livres sont innombrables dans l’histoire et sont aussi ancien que l’écrit ....

 

            On peut d’abord citer la bible * qui rapporte l’action de Paul faisant brûler à Ephèse  les livres des nouveaux convertis scène représentée dans un tableau conservé au musée de Bruxelles .     

 

                            L’un des plus importants fut initié par l’empereur chinois  Zheng (ou Houang-Ti ?..)qui , en 221 AJC (-213 selon d’autres sources ..)fit détruire toutes les bibliothèques  privées et enterrer vivants 500 lettrés , provoquant la perte de millions d’ouvrages.

La dynastie des Han étant parvenue au pouvoir 7 ans plus tard quelques livres   échappèrent toutefois au massacre  et purent réapparaître plus tard au grand jour mais sans que quasiment personne ne sut les lire ce qui entraîna l’appellation de “ Têtards *  “ pour qualifier cette écriture devenue inconnue .

            Le souvenir de cette action fut perpétué dans la locution proverbiale  “ Fenshu Kengju  “ (“Brûler les livres et enterrer les lettrés “ ) qui désigne toute action un peu déterminée ou  radicale .

            Au XVIII° siècle l’empereur chinois Quianlong fit éliminer un nombre considérable de livre et détruire plus de 68000 planches gravées ... (La civilisation chinoise se caractérise d’ailleurs par un recours constant à l’autodafé , y compris à des époques trés récentes ...)

            Le monde oriental n’en fut pas exempt comme , exemple parmi d’autres, lorsque le calife Othman  fit brûler toutes les versions du Coran  antérieures  à la «  Recension * «qu’il avait fait établir vers  650.

            En Europe les autodafés eurent deux principales  causes :

                        -Religieuses tels ceux ordonnés par l’inquisition  ou par des autorités royales comme , par exemple , l’épouse de Chilpéric1° qui fit brûler les registres d’imposition du royaume car elle était persuadée que la mort de ses enfants au cours d’une épidémie était une malédiction due à la lourdeur des impôts.ou l’auto-dafé que le moine Savonarole organisa à Florence  le 7 Février 1497   pour brûler une pyramide de livres mesurant  20 mètres de haut et de 90 mètres à la base  ….

                        -Liès à la censure * :au XVIII° siècle ,les autodafés  étaient exécutés par le bourreau au pied du grand escalier du palais de justice à Paris mais avaient souvent l’effet inverse de celui escompté en provoquant une forte diffusion clandestine du livre , comme ce fut , par exemple , le cas pour “Les inconvénients des droits féodaux “ de Valade qui ,brûlé en 1776 par ordre du parlement , parut sous le manteau  la même année avec in-fine l’arrêt de condamnation du parlement et la copie de la “ Défense aux libraires “ ...

            Diderot cite à ce propos dans sa “ Lettre sur le commerce de la librairie “ (1767) ce mot d’un imprimeur devant un autodafé :”   Bon !! encore une édition   !!   ”

            On peut aussi à ce propos méditer la pensée d’ Emerson : »Tout livre brûlé illumine le monde «  (in « Compensation « -1841)               

 

            Il est parfois arrivé que l’auteur soit éliminé en même temps que le livre:c’est par exemple le cas du médecin Espagnol  Michel Servet  brûlé,sans doute coiffé du “ Carocho * “, avec son oeuvre”Christianismi restitutio” à Genève en 1553 (après avoir échappé au bûcher à Vienne ...) de Claude Le Petit brûlé en 1665 après avoir eu le poing droit coupé  pour avoir publié “ Le bordel  * des muses  “  mis en cause les précieuses et fait des allusions au “ vice italien “ de Mazarin  ou du chevalier de la Barre sur le torse duquel on cloua le 1° Juillet 1766 son exemplaire du  «  Dictionnaire philosophique  de Voltaire » avant de le mener au bûcher .

 

            Parfois la dépouille mortelle de l’auteur est exhumée pour subir des outrages....en 1625 Urbain VIII fit ainsi exhumer le jésuite Marc Antoine de Dominis et brûler avec celui-ci le “ De Républica ecclesiastica  “ qu’il avait écrit ; plus prés de nous on exhuma et brûla  Léon Tolstoï lors de la seconde guerre mondiale..

 

            Les initiateurs de ces holocaustes  auraient sans doute adhéré à l’opinion de l’écrivain Hilaire Belloc qui écrivait  qu’ “ il vaut mieux brûler l’écrivain que les livres  “

 

            Mais ce peut-être aussi le lecteur qui est la victime   comme pour le Chevalier de  La Barre  qui fut brûlé en 1766 ,sa tête reposant sur  le “Dictionnaire philosophique “ de Voltaire que l’on avait trouvé dans sa chambre ...

                           

                        Il va sans dire que, lorsqu’ils  existent ,les exemplaires ayant échappé aux flammes des autodafés son très recherchés..(pour le cas de Servet trois exemplaires survivent  dont l’un ,ayant appartenu au juriste génevois Colladon porte encore les traces du feu .).

 

            Les imprimeurs en furent aussi parfois les victimes: par exemple  Etienne Dolet ,imprimeur Lyonnais,brûlé,avec ses livres, le 3 Août 1546,place Maubert, pour avoir publié Platon ,Marot,Erasme et Rabelais...et dont le supplice aurait suscité la dernière * phrase sans douteapocryphe “ Dolet quisque dolet ,non Dolet ipse dolet  “ ( “ Chacun plaint Dolet , Dolet lui-même ne se plaint pas ! “ )         Heine a dit à ce propos :”Chaque fois qu’on brûle des livres ,on brûlera aussi,à la fin , des êtres humains.”

 

                       On pourrait également citer Larcher  pendu en place de Grève en 1694 ,Lemonnier  “ battu et fustigé nu   “ puis condamné à 9 ans de galères en 1664,Moëtte qui fit amende honorable , le corde au cou ,puis 5 ans de galères en 1691 etc ...etc .....

 

            Dans d’autres cas ce sont des opposants qui brûlent les écrits de leurs adversaires et l’un des cas les plus célèbres est celui de Luther brûlant la bulle* du pape Léon X “ Exsurge Domine  “ .

 

            Certains autodafés ont fait disparaitre le meilleur  des livres d’une civilisation ...c’est le cas des Mayas dont de trés nombreux  documents écrits ont été détruits dans l’autodafé de Mani ( 12 Juillet 1562 )  ordonné par Diego de Landa .(voir: “Américaines * (écritures ...)

 

            Il arrive que ce soient les auteurs eux-mêmes qui détruisent volontairement leurs œuvres dans un “ Auto* autodafé “   c’est ainsi que Virgile fut tenté de détruire l’” Énéide  “ ,que  Pierre de L’Estoile jeta certains de ses livres dans le bûcher de la Saint Barthélémy ,que   Descartes sacrifia son “ Traité du monde  “ pour ne pas risquer de poursuites  , que La Fontaine ,convaincu (?) par l’abbé Pouget brûla un certain nombre de ses écrits inédits en 1693 ...et mourut deux ans plus tard ,que Claude Gilbert détruisit « Histoire de Calejava ou de l’isle des hommes raisonnables »en 1700, que l’ abbé Jean de Roussy racheta et fit détruire,vers 1740, tous les exemplaires de son “ Aurélia ou Orléans délivrée  “ qu’il avait faussement prétendu avoir tiré d’un poème latin , que Nachman brûla son traité du “ Livre brûlé “ , le “ Sefer ha-nisraf  “ vers 1750 ,que Nicolas Gogol brûla certaines de ses œuvres d’abord en 1829 puis en 1852, que Balzac dépensa beaucoup d’argent pour faire disparaître “Histoire intellectuelle de Pierre Lambert “ (1833),que Kafka demanda à ses amis(qui n’en firent rien ..)  de brûler ses œuvres inédites  , que Rimbaud détruisit une partie de l’édition de “ Une saison en enfer  “ dont il était mécontent ...sans régler son éditeur qui en conserva une partie qui fait la joie des bibliophiles d’aujourd’hui ....et qu’Aragon brûla en 1927 son œuvre maîtresse “ Défense de l’infini” ,action  qui fut pour lui une véritable tragédie.

 

            Parfois ce sont les lettrés ou les lecteurs  qui détruisent leur bibliothèque, soit par crainte de persécutions soit pour les empêcher de tomber en des mains jugées impures : les empereurs chinois Yuan Di en 554 et Houzhu  brûlèrent ainsi des milliers d’ouvrages ..

 

            Dans d’autres cas c’est une famille qui , dans le but d’effacer la mémoire d’un évènement gênant, recherche pour les détruire les publications qui en ont parlé :une tentative de destruction de tous les exemplaires du  Mercure de France fut ainsi  faite,au XVIII° siècle ,  par la famille d’Epernon pour effaçer la mémoire d’une humiliation subie par l’un de leurs ancêtres au siècle précédent ..

            Dans le même ordre d’idée on peut signaler le geste de Mme. De Grignan détruisant après la mort de sa mère Mme. De Sévigné un certain nombre de lettres jugées « incorrectes «  , de l’épouse de Jules Renard expurgeant son journal  avant publication et brûlant le manuscrit original , ou de la famille de Paule de Viguier qui fit détruire  presque tous les exemplaires de la «  Paulegraphie «  intitulée « De la beauté «  écrite par Gabriel de Minut en 1587 parce que cette œuvre donnait une description par trop précise des charmes physiques  de la personne décrite .

            Mais l’on peut aussi mentionner Balzac détruisant à sa demande les lettres de madame Hanska , la destruction d’une  certaine «  Lettre pour lire au lit «   que Vigny avait adressée à  Marie  d’ Orval et bien d’autres …

 

            Parfois encore certaines personnes se mettent en tête d’”assainir  “ ou de “moraliser “ la société et recueillent le plus d’ exemplaires possible du genre qu’ils abhorrent dans le but de les détruire ...c’est ainsi que lors de la vente des livres du bibliomaniaque * (Voir à ce mot )  Boulard on trouva une pièce entière remplie de “ Curiosa  * “ que sa mort prématurée ne lui avait pas laissé le loisir de détruire ....livres  qui s’empressèrent de rejoindre les circuits de la curiosité auxquels ils avaient  été un moment  soustraits !

 

            Il fut aussi autrefois d’usage de brûler livres et papiers d’un défunt (ausquels étaient parfois jointes des lettres de ses amis ...)afin de permettre à celui-ci de les retrouver dans l’au-delà (ses amis écrivaient même des lettres qu’ils incinéraient eux-mêmes lors des obsèques rejoignant en cela la coutume indienne  des “ Papiers de sacrifice *  “ .

 

            Dans certains autres cas,les ouvrages visés n’étant pas disponibles ce sont des livres  symboliques qui sont brûlées : en 1817 à Iéna des étudiants pangermanistes procédèrent à un tel autodafé au cours duquel ils brûlèrent des copies grossières ne comportant que le titre .

 

            Dans d’autres cas encore  il y a eu tromperie et ce sont des copies qui ont été détruites ...philippe IV le Bel brûla ainsi  en 1302 , une copie de la bulle “Ausculta fili “  de Boniface VIII  et conserva l’original ....

            Théodore de Bèze mentionne dans son «  Histoire ecclésiastique des églises réformées  … »(Leleux 1581) un cas d’autodafé survenu à Autun en 1555 ou «  …quant à leurs livres ,on fourra  eu lieu d’iceux dans les balles de vieux registres et papiers  et furent les livres partagés entre quelques uns de la justice et un nommé Guillaud docteur de Sorbonne »         

            Peut -on ,dans ces cas particuliers  parler d’autodafé ?...il semble que oui ...mais la question est posée ...!

 

            Parfois , l’autodafé fut une pratique individuelle , comme , par exemple , dans le cas de Napoléon qui jettait au feu ou par la porte de son carrosse les livres qui lui déplaisaient ...mais qui pratiqua aussi la chose sur une plus vase échelle comme , par exemple , lorsqu’il fit détruire l’ouvrage de Paul Panckouke “ Mentor à Tyrinthe  “ (1802) qui sous les aspects d’un ouvrage grec ancien était une satyre de la révolution ou le livre « De l’Allemagne «(1810) de la baronne de Staël qu’il jugeait hostile à la France .

 

           Parfois , ce fut aussi un dédicataire  qui , mécontent de la dédicace * fit racheter le maximum d’ouvrages pour les détruire comme pour les »Mémoires turcs » de Claude Godard d’Aucourt (1776) dont l’épitre ironique à Mademoiselle Duthé avait  déplu à celle-ci …

 

            De nombreux écrivains se sont élevés contre les autofafés mais aux périodes ou ils étaient pratiqués la chose demandait une certaine prudence ... mentionons:

 

            -Philippe Desportes qui composa une épigramme pour protester contre un “ Autofafé “ d’un sonnet d’amour imposé par sa maîtresse  : “ Vous m’avez fait jeter au plus vif de la flamme  un sonnet que , du Cœur l’amour m’a fait sortir ...”

 

            -Un ouvrage de «  Mélanges «  anonymes paru chez Jacques Lenoir en 1683 et  donnant le «  Secret d’empêscher aux Jésuites de bruler les livres « 

 

            - Victor Hugo qui fustigea dans “ L’année terrible  “ les autodafés de la commune : “ Quoi ,dans ce gouffre de bibles , dans la divin monceau des Eschyles terribles,des Homères ,des Jobs ......tu jettes ,misérable,une torche enflammée !  “

 

            -Gœthe qui dans « Poésie et vérité «(1810)dit avoir souffert de voir «  …comment on punit un objet inanimé « 

    

            -Une poétesse anonyme citée par Fernando Baez dans son ouvrage sur la destruction des livres : «  Chaque livre détruit est un passeport pour l’enfer « 

            Quelques autres l’ont justifié tels le Rabbi Nachman qui écrivait “ Brûler un livre , c’est apporter la lumière au monde “

 

            On pourrait croire que la pratique de l’autodafé est chose ancienne mais , si l’on se souvient qu’il fut encore pratiqué en 1861 en Espagne ou l’on brûla  des ouvrages spirites de Lachâtre,  par le régime Nazi , par les Etats-Unis qui brulêrent en 1920 des exemplaires d’ Ulysse de James Joyce ,par le Franquisme ,par Mussolini (80000 livres à Naples ..) , par Mao (le “ Petit livre rouge “ a été imprimé sur le papier provenant de la destruction de centaines de milliers d’ouvrages...)  par Pinochet  au Chili (1973) et ,encore à l’extrême  fin du XX°, siècle en Angleterre ou les “Versets sataniques “ de Salman Rushdie furent brûlés par la communauté pakistanaise on peut s’attendre à la revoir surgir ici ou là dés qu’un régime fasciste ou totalitaire est au pouvoir ....et les dernières destructions d’œuvres intellectuelles  effectuées en 2014/15 par les islamistes et Daech  ne font que confirmer la chose …

            Bien que les modes opératoires diffèrent selon les pays , l’autodafé est toujours ritualisé pour frapper les esprits et c’est ainsi que , lors des autodafés nazis des récitants proclamaient d’un ton solennel des incantations jetant l’anathème sur  les auteurs des livres brûlés 


           

Aussi bien organisés soient-ils , les autodafés ne sont pas infaillibles et il est constant que des catégories entières d’ouvrages y échappent comme pour les « Krimi * » ,romans policiers publiés sous le régime nazi , qui ,    considérés par les nazis  comme une sous-littérature, échappèrent  durant assez longtemps à la  censure  et aux autodafés *

 

           

            Lors des autodafés massifs  des résistances se sont parfois manifestées , comme ce fut , par exemple , le cas en 1934 à Paris ou un groupe d’allemands ayant fui le nazisme , constitua une «  Bibliothèque allemande  des livres brulés « qui fut détruite en Juin 1940 dès le début de l’occupation allemande .

 

            A côté des autodafés réels il existe des autodafés virtuels ou désirés comme ,  le rêve de nombreux écoliers de brûler leurs cahiers (...et leur instituteur) concrétisé dans la chanson de fin d’année  traditionnelle : “ Les cahiers au feu* et le maître au milieu “ , rêve annuellement concrétisé par les étudiants  de Harvard qui , à la fin de leurs études brûlent rituellement les livres de leur dernière année ..

Et fantasme  exprimé par Sébastien Mercier  qui dans «  L’an 2440 «(1770)  rêve de l’autodafé « de tous les livres que nous avons jugés frivoles ou inutiles ou dangereux …..de cinq ou six cent mille dictionnaires,de cent mille volumes de jurisprudence…. »

 

            Il faut également signaler une forme rituelle d’autodafé religieux qui fut pratiquée jusqu’à une époque récente dans certaines régions (Alsace …) qui consistait, après avoir assisté à un office spécial ,  à brûler le premier samedi précédant Pâques  tous les livres , images ou objets religieux usagés, rejoignant en cela la tradition juive des «  Génitzas * «

 

            Pour conclure sur une note plus optimiste signalons que quelques poètes ont prôné une destruction allégorique des livres pour  inciter les auteurs à écrire sans idées préconçues et c’est dans cet esprit que Charles Guerrois écrivait en 1903 :

 

                                               “Jette au feu des bûchers les feuillets lumineux

                                               Pour les poètes sois haineux

                                               Fais de la cendre avec les antiques histoires

                                               Comme avec les modernes gloires...

                                               ....De la cendre refais le livre , la parole,

                                               Ce qui marche et luit, tonne et vole”

 

            Plus concrètement on peut espérer que des œuvres architecturales comme celle,commémorant le Bücherverbrennug * , autodafé de 1933, que le sculpteur Micha Ullman érigea en 1995 sur la Bebel Platz  de Berlin - une colonne de lumière jaillissant d’une bibliothèque vide et enterrée - contribueront à faire prendre conscience de la préciosité des livres , de tous les livres ....

 

              Remarquons enfin que l’idée si répandue que les bibliothèques brûlées ne contenaient que d’inestimables chefs-d’œuvres est assurément  fausse …ces bibliothèques ,y compris celle d’ Alexandrie ,devaient,  comme toutes les autres contenir une bonne quantité d’ouvrages sans intérêt  et n’ayant pas été consultés depuis des lustres !!

 

            Pour conclure méditons cette réflexion de Benvenuto de Imola qui , visitant la bibliothèque laissée à l’abandon du monastère du Mont Cassin s’exclama : « Nunc ergo ,ô vir studiose,frange tibi caput faciendo libros !! « (« Et maintenant ,ô homme savant ,casse toi encore la tête à faire des livres ! « )

 

            Il existe bien sûr des bibliographies recensant les livres ainsi détruits comme , par exemple , « Dictionnaire critique ,littéraire et bibliographique des principaux livres condamnés au feu «  de Gabriel Peignot (1806)ou certains catalogues de libraires spécialisés comme « Le bûcher bibliographique «  publié par  la librarie Paul Jammes en 1967 et qui recense 916 ouvrages ayant péri dans des autodafés. 

 

           

            On peut (rarement ...) rencontrer le synonyme “ Biblio-Holocauste  “ parfois abrégé en «  Bibliocauste * «               

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 08:47

 

CRI                                                                                             

              1)Autrefois le “ Cri  “ était un document destiné à être lu publiquement  par un crieur pour faire connaître une nouvelle ...si la nouvelle était une défense ou une interdiction on parlait de “ Décri  *   “ .

              2)Les “ Cris  “ ou parfois “ Crieriessont des gravures ou des  livres  représentant et mettant en scène les marchands ambulants dont chacun avait son cri comme , par exemple «  Beaux A B C, Belles heures ! «  pour les marchands d’alphabets *.

              Le genre est ancien et les plus vieux  recueils connus sont  un  “ Dit   *  des crieries  de Paris “ datant du XIII° siècle écrit par Guillaume de Villeneuve et “ Les cent sept cris que l’on crie journellement à Paris  “ de Anthoine Truquet ( 1545) suivis d’une foule d’autres  tels que «  Petits acteurs du grand théâtre ou recueil des cris de Paris » (anonyme 1819)

              Quelques chansons ont été écrites  sur les cris comme , par exemple, celle , anonyme du XVII° siècle  ou figurent  quelques cris se rapportant à la «  Chose écite « : «  Almanachs* nouveaux « !! «  , «  À deux liards la chanson tant belle !! «  , «  De bonne encre pour écrire !! « , «  Voulez vous ouïr chansonnette , «  etc …

              Le genre comprend des publications allant des ouvrages de qualité abondamment illustrés en couleurs a ceux de  littérature populaire ou de  la “ Bibliothèque bleue  “ peu illustrés et concernant lesquels  on peut remarquer que , très souvent , ils étaient des reprises d’ouvrages anciens et se trouvaient donc largement démodés au moment de leur vente...ce qui semble-t-il ne nuisait guère à leur diffusion !

              Les ujets abordés pouvaient être fort variés : métiers,crimes , pamphlets*,mazarinades * , édits * etc..etc …

              On parle des “Cris” de Paris,Londres,Amsterdam selon l’origine des marchands représentés.
                       Les gravures sont ,le  plus souvent, rencontrées isolées,certaines ont servi toutefois à illustrer des ouvrages.

              Les gravures dites “ Habits  *  “(Voir ci-dessous )  leur ressemblent beaucoup dans leur esprit .

                                     Outre les « Cris «  évoqués ci-dessus , on ne peut pas passr sous silence les cris sonores  eux-mêmes lançés par les colporteurs, forains, bouquinistes ambulants  et autres marchands vendant des livres ou  des écrits : la France d’alors étant essentiellement rurale ils étaient souvent inspirés des cris ponctuant le travail des champs qui , selon les régions , pouvaient être  «   Huchements «  , » Youpements «  , «  You-Yous «  , «  HI-HI «  , » Chuffements «  , «  Irrintzinas «  , «  Hi-Fou-Fou «  , « Nuei ! Nuei «  etc …etc …mais , même lorsque ce n’était pas le cas , leur compréhension demandait une oreille exercée   et , comme le fait remarquer en 1781 Louis-Sébastien Mercier dans son «  Tableau de Paris « : «  L’idiome de ces  crieurs ambulants est tel qu’il faut en faire une étude  pour bien distinguer ce qu’il signifie ..Les servantes  ont l’oreille beaucoup plus exercée que  l’académicien ….il n’y a que l’usage  qui enseigne  aux doctes servantes  à ne point se tromper  et c’est une inexplicable cacophonie pour tout autre « 

              3)Le “ Cri d’armes  “ était , au moyen-âge une devise qui s’inscrivait sur l’écu ou sur le gonfanon  * et qui était destinée à être criée sur le champ de bataille : “Montjoye saint Denis “ , “ Au droit désir  “ , “  Mains sur le pas  “ , “ Monte hault  “ etc ..etc ...

 

              4)En matière de reliure les doreurs  ,pour apprécier la température des fers* utilisés, les faisaient “ crier  “ ou” Crisser  *  “  en les posant brièvement sur une éponge humide : l’intensité du grésillement produit  leur permettait ,l’expérience aidant, d’appliquer les fers à la bonne température .et l'on dit , au figuré, qu’une reliure ,une dorure ou un décor “ Crient fort   “ lorsqu’ils sont clinquants, trop voyants  et jugés de mauvais goût .

 

CRIER 

 

       L’action de vendre des journaux sur la voie publique par l’intermédiare de «  Crieurs * «  était nommée «  Crier les journaux «  et l’on disait de ces journaux qu’ils étaient « Criès sur la voie publique « 

 

CRIEUR

              Avant que les Avis*,Faire*-parts,circulaires*,bans*et affiches * écrits ne se répandent les informations étaient diffusées « à son de trompe et cri public «   par des crieurs officiellement agréés.

              On en retrouve l’existence depuis la plus haute antiquité : les Céryces * athéniens en sont un exemple ….

              L’apparition des gazettes * au XVII° siècle puis , plus tard des «  Occasionnels * «  et des «  Canards* «   en changea l’activité  en faisant d’eux des vendeurs, nommés «  Canardiers * « ,  et non plus seulement des porteurs de nouvelles .( * : Voir à ces mots )

              On peut rencontrer l’appellation ancienne : «  Basnier * « 

 

 

 

 

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 08:04

CHOIX   DES LIVRES ....                                                                                                                                                                                                                                                                             1)L’expression “ Grand choix  “ est parfois employée pour désigner un livre ou un lot de livres de très grande qualité , un tirage de tête, un “ grand papier  “ etc ...

                                                       2)Le choix des livres s’envisage à divers niveaux :

                                                                                                                                                                      -Le choix de ceux devant être inclus  dans une bibliothèque publique a toujours fait l’objet de nombreux débats  et , selon les époques  ,l’orientation philosophique ou culturelle des gestionnaires …ou les contraintes budgétaires , les choix ont pu être très variés ...

                                        Les établissements  scolaires préconisent des choix éclectiques centrés sur l’éveil et l’ouverture au monde ,les organismes confessionnels privilégient les publications morales ou religieuses ,les institutions techniques les ouvrages de technologie  etc ...

 

                                      Ces choix sont généralement le fait d’un groupe de personne réunies en commission et, dans la majorité des cas ne suscitent pas de contestations ;il arrive cependant que certaines commissions un peu trop malthusiennes pour tel ou tel secteur s’attirent les foudres des lecteurs comme ce fut le cas,dans les années 90 ,  à la bibliothèque d’une ville  ou   lors du changement de couleur politique de la municipalité , un certain nombre d’ouvrages et de publications périodiques jugés non conforme à l’éthique de la nouvelle majorité  furent éliminés

 

                                      -Les “ Agonothètes  *  “ choisissant   des livres “ de prix  * “ (à l’époque ou ils existaient encore...),outre des critères similaires à ceux des bibliothèques publiques,  devaient avoir   en plus , le souci de sélectionner  des ouvrages ayant une présentation flatteuse...

                                                                                                                                                                                       -Le choix des particuliers est multiforme et varie de la méthode précise et raisonnée aux  sélections les plus informelles et les plus éclectiques souvent dictées par l’ambiance de l’instant (Voir ci-dessous : " Achat " ) ...on pourrait disserter longuement sur ce sujet et de nombreux auteurs l’ont fait sans que se dégage une idée directrice uniforme tant , dans ce domaine , tout est affaire de goût , de sensibilité,de hasard et même de moment  un livre nous ayant laissé de marbre hier pouvant nous séduire aujourd’hui ... : »….

 

                                      « Nous ne choisissons pas nos livres ,ce sont eux qui nous choisissent. »(Henry Aurenche in « La passion du saint curé d’Ars)

 

                                      « Un livre , avant d’être un support (bois, papier, parchemin , pierre ,sable  ou ….papier ) est d’abord un choix . «  ( Éric Orsenna in «  Sur la route du papier «  )

 

                                      « À vrai dire, nous ne choisissons pas nos livres ,ce sont eux qui s’imposent à nous en quelque manière…. »(Joseph Aynard)

 

                                      Une fois choisi , se pose la question de la conservation des livres et l’expérience montre que ,même mal choisis , les livres sont trés souvent gardés par leurs propriétaires qui répugnent à s’en débarasser pour une foule de causes dont bon nombre sont tatalement irrationnelles .

 

                                2)En matière de lexicographie*  le choix des entrées  d’un dictionnaire est toujours contestable (et contesté !...) les un trouvant certaines entrées superflues ou critiquables  , d’autres déplorant l’absence de tel ou tel mot , d’autres encore contestant une définition ….

 Le lexicographe que je suis  répond que,  officiant en solitaire  , il assume seul ses choix  et que , ceci étant posé et non négociable  il reste ouvert à tout débat raisonnable et   constructif …

 

 

ACHAT   DES LIVRES ....                                                                                 

                                   L’achat de livres est une démarche complexe et ,souvent, irrationnelle :entrés dans une librairie ,certains se laissent séduire par des ouvrages qui ,rencontrés n’importe ou ailleurs , n’auraient pas attiré leur attention ;

       D’autres,tel le Graal, recherchent inlassablement un ouvrage introuvable et qu’aucun libraire ne connait,d’autres encore , accumulateurs ou bibliolathes , ressortent chargés de brassées de livres qui iront rejoindre sur  les rayons de leur bibliothèque les autres livres en souffrance de lecture ... 

                                   En dehors de la satisfaction ultérieure  que peut apporter sa lecture ,le livre apporte au lecteur potentiel une joie immédiate lors de son achat ,joie complexe ou se mêlent la magie du lieu ,l’odeur,le bruissement des ouvrages feuilletés ,le mystère de tous ces dos alignés recelant chacun tout un monde,la satisfaction confuse de juguler la peur inconsciente de manquer     ......devrait-il ne jamais être lu , le livre dés son achat a déjà rempli l’une de ses missions !

                                   Vu sous un angle plus réaliste et matériel , on peut considérer qu’il existe trois grands types d’achats pour les livres  :

                        -Les achats faits sur “ Coup de cœur “ qui conduisent souvent à payer des prix trop élevés, le lieu le plus “tentateur “ étant l’hôtel des ventes mais aussi les  librairies spécialisées et  , parfois les particuliers …Annie Mignard écrit à ce propos : «  …aussi , la soudaineté avec laquelle on part acheter un bouquin dont on n’a pas besoin du tout,…auquel on ne pensait même pas l’instant d’avant, et qu’il faut lire à la seconde ,toutes affaires cessantes … le besoin était là ….»

                        -Les achats raisonnables et mûrement réfléchis  consistant à acheter des livres sur lesquels l’acheteur s’est documenté et à les payer au “ Prix du marché  “ ., achats effectués dans toutes les sortes de lieux ou se vendent des livres .           

                        -Les achats “Bonnes affaires “ consistant  à n’acheter qu’à un prix trés inférieur à la norme et à rechercher systématiquement les vendeurs ignorant la valeur de ce qu’ils vendent...les bouquinistes n’étant pas ignorants , ces amateurs propectent plutôt  brocantes et vide-greniers...

 

                        Mais , quel que soit le type d’achat que l’on vient d’effectuer il est rare que l’on quitte la librairie sans un sentiment de frustation  à l’idée que , peut-être,on laisse  derrière soi LE livre essentiel  que l’on n’a pas su voir ….Frantz –Olivier Giesbert  a très bien traduit ce sentiment en écrivant «  Quand je quiite une librairie , je ressens toujours  comme un arrachement . Chaque fois , j’ai le sentiment  d’avoir raté quelque chose :un secret,unpoème,une rencontre,un visage, un mystère,une blague , un paysage , une mainqui se pose sur la mienne « 

                                   Un autre problème est l’achat des livres par les bibliothèques publiques qui est lié aux demandes des lecteurs , à l’avis des médias spécialisés , au désir de constituer des collections cohérentes ....et aux contraintes budgétaires ....

 

                                   Une mention particulière doit être faite pour les premiers livres achetés avec ses propres deniers : bien que la plupart du temps  fort modestes , ils conservent à travers le temps une charge émotionnelle certaine et figurent en tête de  ceux dont on se séparera le plus difficilement …je conserve ainsi quelques unes des premières éditions du « livre de poche » qui , bien que désormais affublées d’une robe de cendrillon ont conservé tout leur pouvoir d’évocation  et , paraphrasant Brassens, on pourrait chanter à leur propos   «   Jamais de la vie on ne les oubliera …. » 

 

                                                                       Pour finir , on peut méditer ce qu’Hélène Hanff écrit dans «  84 Charing Cross road »(2001) : »C’est contraire à mes principes  d’acheter un livre sans l’avoir lu,c’est comme acheter une robe sans l’essayer … » 

 

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 08:02

 

PONY EXPRESS                                                                                     

              Système américain de transmission de la correspondance assurant une liaison entre Saint Joseph et Sacramento (plus de 3000 kilomètres ) au moyen de 190 relais de poste et de  400 cavaliers et  qui fonctionna de 1860 à 1861 en assurant en  310 missions l’ acheminement  de 34753 lettres d’un poids maximum de 14 grammes .

              Ce service ,dans lequel William F. Cody (alias Buffalo Bill)  fit ses premières armes , doit son nom aux  chevaux  “ Ponies  “ de race indienne utilisés , chevaux équipés d’une selle spéciale dénommée “ Mochila *   “  

              On peut le comparer au “ Service de l’estafette * ” napoléonien qui transportait le courrier à travers l’Europe dans des “ Portemanteaux *  “ fixés aux selles des chevaux . et , de façon plus lointaine aux «  Hémérodromes * «   de l’antiquité …(* Voir ci-dessous ) 

 

 

MOCHILA                                                                                                           

              Double sacoche de selle utilisée par les cavaliers du “ Pony * express” pour le transport du courrier en Amérique au XIX° siècle  et donc par William Cody , alias Buffalo-Bill , qui fut l’un d’eux avant d’atteindre à la célébrité que l’on connaît ….

              Elle comportait quatre compartiments fermés par des cadenas dont la cavalier n’avait pas la clé , celle-ci étant détenue par les employés des messageries *

 

 

PORTEMANTEAU

              1)Sorte de sacoche * ou de sac de cuir ou de tissu fixé derrière la selle des troupes de cavalerie et destiné à contenir les  effets personnels du cavalier.

              C’est dans les  portemanteaux du  service de l’estafette *  que voyageaient à travers l’Europe  les   dépêches impériales durant l’empire.

              Le service américain “ Pony * Express “,très comparable, utilisait  des portemanteaux dénommés “Mochila * “            

              2)Le  “ Nécessaire de portemanteau était  une sorte de trousse pouvant être transportée dans le portemanteau et contenant  un nécessaire de toilette et faisant  parfois office d’écritoire * .

              Napoléon ,lors de son exil à saint Hélène offrit en 1815 à Las Cases celui qu’il avait utilisé à Austerlitz .

           

 

HÉMÉRODROME                                                                                                             

                        Dans l’antiquité :messager qui transportait les dépêches en courant  sur une certaine distance puis  les remettait à un  messager semblable, le processus se reproduisant jusqu’à la remise du pli au destinataire final .

            Le procédé , adapté aux moyens de déplacements de l’époque , a perduré  jusqu’à une époque récente ....

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 07:59

 

PONTUSEAU                                              

              1)En papeterie manuelle la forme* utilisée pour la fabrication de la feuille de papier comporte un treillage constitué de vergeures* en laiton  et de pontuseaux:les pontuseaux sont  de fines lamelles de bois disposées dans le sens de la plus grande largeur et maintenues à égale distance par des baguettes fines nommées «  Fuseaux * «  

              L’observation par transparence de l’épair* des pages d’un livre permet d’apercevoir les traces laissées par vergeures * et pontuseaux et selon le sens dans lequel ils apparaissent,d’en connaître le format.

              Sans pouvoir entrer dans le détail des méthodes complexes de reconnaissance des formats à l’aide de l’observation des pontuseaux on peut indiquer ,par exemple, qu’un in-8° comportant 8 feuillets par cahier aura ses pontuseaux verticaux alors qu’un in-16° ayant la même composition des cahiers les aura horizontaux.

              Le papier de la  plupart des gravures a ses pontuseaux verticaux …lorsque ce n’est pas le cas certains catalogues le signalent ..

              2)Par souci du respect de la tradition l’appellation “ Pontuseaux  “ a été conservée sur les machines à papier modernes pour désigner les petits rouleaux soutenant la toile sans fin en bronze phosphoreux ou plastique qui  ,en s’appuyant sur eux , défile à des  vitesses pouvant atteindre 120 km/h

 

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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 08:56

ISOCHRONE                                                                                         

              Certaines cartes * géographiques sont dites “ isochrones  “ lorsqu’elles représentent les distances (par exemple par des couleurs ...) en temps mis à les parcourir avec un moyen de locomotion déterminé.

              Une carte de 1795 donne , par exemple les temps d’acheminement du courrier ,une autre de 1789 donne les temps de voyage avec les voitures publiques , une autre , plus ciblée ,donne la vitesse à laquelle circula la nouvelle de la fuite du roi à Varennes ....

 

                  Il va sans dire que ces documents sot relativement rares ....

 

                                                                                             

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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 08:44

INCOMPLET                                                                                              

                                   1)Un ouvrage est dit incomplet lorsque:

                        -Il n’est constitué que d’un seul volume mais que lui manquent des éléments (gravures , pages etc ...)

                        -Comprenant plusieurs volumes un ou plusieurs de ceux-cis sont absents ...on peut le “ Réassortir  *  ” si l’on trouve des livres à la présentation identique ou le “ Réappareiller  *  “ si ,et c’est le cas général, on n’en trouve que dans une présentation différente..(ses divers tomes* seront alors “ Dépareillés *  “ ...)

              Il est très difficile  de réassortir une série d’ouvrages anciens car , livrés en feuilles aux libraires ,les livres étaient reliés à l’initiative de ceux-cis ou de leurs propriétaires et il y avait donc autant de types de reliures que de  possesseurs  .

              Certains bouquinistes qui s’étaient autrefois spécialisés dans les “ incomplets “ furent appelés “ Libraires de complétage *  “ (Voir ci-dessous )  : ils réunissaient patiemment les tomes d’une même édition en reliures disparates et faisaient exécuter pour l’ensemble une reliure uniforme lorsque la série était enfin complète ...à présent , seuls quelques amateurs se livrent encore à cette pratique ...

              Les causes faisant qu’un ouvrage est incomplet sont multiples : négligence,déménagements * ,prêt *...et aussi...héritages* et successions * car il est arrivé de voir des héritiers incultes se partager les divers tomes d’un dictionnaire ou d’une encyclopédie ...

              Il faut dans ce domaine accorder une mention spéciale à la révolution française qui , lors des tris succédant aux confiscations ne se montra pas toujours très rigoureuse et dépeça  nombre d’ouvrages 

              Certains ouvrages sont cependant “ incomplets de naissance”  lorsque , prévus en plusieurs tomes , la parution a été interrompue pour des causes diverses ...l’ensemble constitué par les volumes effectivement  parus est alors considéré comme un ouvrage complet  mais cela suppose une bonne connaissance de l’historique de l’ouvrage et nombre d’ouvrages restent considérés comme incomplets faute de savoir que la suite projetée n’a jamais été publiée ...

              Ces ouvrages annoncés  mais non publiés sont parfois désignés par le mot " PTYX *"(Voir à ce mot :*) qui aussi bien  dans ce cas que pour ses autres sens demeure plutôt énigmatique....TOUTES PRÉCISIONS CONCERNANT LES DIVERS SENS DU MOT " PTYX " SERAIENT LES BIENVENUES !!

              Umberto Eco cite à ce propos (in « N’espérez pas vous débarasser des livres « 2009) le cas de Gerbert d’ Aurillac qui , ayant échangé une copie de la »Pharsale «  de Lucain contre une sphère armillaire de cuir  fut fort déçu de constater l’absence des deux derniers chants et , ignorant qu’ils n’avaient jamais été écrits n’envoya que la moitié de la sphère promise …

              Les cas de ce genres sont nombreux ...pour n’en citer que deux , mentionnons “ L’architecture “ (1567) de Philibert Delorme  et “ Histoire civile ou consulaire de la ville de Lyon ....” de Menestrier ( 1696) dont seul les premiers tomes furent édités           

              On peut citer comme exemple de ce cas l’”Histoire de l’armée allemande “ de Benoist Mechin parue de 1964 à 1966 et   qui, prévue initialement  pour couvrir la période 1918-1946 ,s’est arrêtée au sixième volume à la date de 1939 laissant à penser que les derniers  tomes sont manquants..

              Le mot “ Inachevé * “ serait peut-être plus adéquat dans ce cas ...

              Certains autres ouvrages réunissant plusieurs tomes sous une même reliure (6 tomes* en 3 volumes* par exemple ..) exigent un collationnement minutieux  pour s’assurer de leur intégrité et , surtout lorsqu’ils existe d’autres éditions en nombre de volumes supérieur , sont parfois considérés comme incomplets faute d’un examen attentif .

              On peut d’ailleurs remarquer  que , au moins pour les ouvrages modernes , les séries incomplètes sont d’autant plus difficiles à compléter que les numéros de tomes manquants sont élevés ...les tomes 1 sont en effet plus achetés que les tomes 2 qui le sont plus que les tomes 3 etc ....sans parler des «  Suppléments * » éventuels (notamment des dictionnaires )qui , eux,  sont rarement acquis …

              Un ouvrage ainsi orphelin de ses frères est parfois lui-même appellé “incomplet   “

              Il va sans dire qu’un ouvrage “Réappareillé  ” ,complet pour le texte mais comportant des volumes aux présentations disparates voit sa valeur considérablement diminuée ...

 

                                   2)Concernant les collections de livres ou les bibliothèques  réunies sur un sujet donné l’incomplétude est la règle tant  il est difficile d’être certain d’avoir réuni tous les ouvrages traitant d’un même thème…on peut , à ce propos  citer Michel Melot qui dans « La sagesse de la bibliothèque «(2008)  écrit : « L’incomplétude est la seule sauvegarde de la bibliothèque «  

 

LIBRAIRIE DE COMPLÉTAGE 

                                               L’activité de complétage fut une spécialité de la librairie ancienne de la fin du XVIII° siècle au milieu du XIX°.

                                               La révolution ayant  provoqué un énorme brassage de livres , de nombreux exemplaires se trouvèrent désassortis et d’innombrables œuvres amputées d’un ou plusieurs de leurs tomes * devinrent des “ incomplets  *  “ ...il s’ensuivit l’apparition de librairies spécialisées dans la recherche des exemplaires manquants et dans le réassortiment * des œuvres orphelines  dont l’une des plus célèbres  , qui fonctionna jusques vers 1860, fut la librairie Lécureux.

                                               Les séries reconstituées étaient soit vendues en l’état avec une  reliure disparate des divers tomes  soit reliées à neuf  de façon iniforme

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 09:17

TRAIT                                                                                                                                     

              1)Un dessin “Au trait” est établi en indiquant seulement les contours de l’objet représenté à l’aide d’un simple trait sans représentation des ombres. ni des demi-teintes .

             

              2)On appelle “Trait de force” un trait renforcé pour indiquer une partie ombrée.

 

              3)Le “ Trait carré  “ est:

              - le filet * entourant une gravure: ce sont les  dimensions de ce cadre qui sont indiquées comme dimensions de la gravure (à défaut de filet ce sont celles du “ Coup de planche  *  “)

              La gravure sera dite «  Rognée au trait carré » si le rognage * a laissé très peu de marges au-delà de ce trait .

 

              -Un trait perpendiculaire à un autre (par opposition au « Trait biais * )

 

              -C’était aussi  le passeport * d’un compagnon du devoir :aussi appellé “ Carré * “,“ Cheval  *  “ , “ Arriat  “ , “etc

 

              4)L’expression ”trait de plume  “  s’emploie pour désigner  :

              -Une annulation   brutale  et peu murie  que l’on dira “ Rayée d’un trait de plume   “ .

              -Des entrelacs  * décoratifs exécutés à la plume .

              - Une variété de caractère d’imprimerie  crée en 1924 par le peintre Bernard Naudin pour la fonderie Deberny & Peignot ,caractérisé par un léger renflement des jambages .*et décliné en «  Naudin romain , italique et champlevé « 

 

              5)Le “ Trait à couper  “ et le “ Trait Rameneret  “ sont des signes faisant partie du système  spécial de notation appelé “ Alphabet  * des charpentiers  “ utilisé par les compagnons * charpentiers du devoir pour repérer les diverses pièces de charpente.

 

              6)Le «  trait de compas «  est un synonyme ancien de «  Rumb * «  

 

              7)Sur les manuscrits anciens on nomme  «  Trait de conduite « un trait reliant deux lettres ou deux mots séparés par un grand espace.

 

              8)Le mot est parfois rencontré avec le sens de «  Ductus * « 

 

              9)Certains psaumes  religieux  courts  portent ce nom lorsqu’ils sont chantés à la fin d’un office.

 

              10)Diverses expressions font référence au trait:

 

              -“ l’épaisseur du trait  “  d’abord cantonnée aux milieux du dessin technique a largement débordé ce domaine pour qualifier une approximation ou une erreur minimes et presque  négligables.

              - “ Traits de plume “ désigne un motif typographique ornemental analogue    aux entrelas * calligraphiés  que pourrait tracer une plume * .

              -”A grands traits  “ désigne une esquisse * .

             

              “Tirer un trait sur ...”  signifie y renoncer ...

 

              -« Bouffer le trait «  qui signifie outrepasser les limites imposées et se rencontre aussi bien concernant  l’écrit que dans d’autres domaines, ferroviaire par exemple …

 

            -« Faire le trait « ou «  Tenir le trait «  issue du milieu cheminot désigne le fait de respecter scrupuleusement une consigne

 

             -"Trait d' union " : voir ci-dessous ...

 

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 08:58

TRAIT D’UNION                                                                            

              Signe graphique en forme de tiret  * court ( “  -  “ )   (qui fut aussi appelé “ Trait-à-union  “, »Hyphen * «  et «  Moins * « ) utilisé pour joindre les éléments de certains mots composés ou entre des mots occupant une position grammaticale particulière : “ Celui- ci “ , “ Lui-même  “,  “ Dit-il “,  “ Allons-y ‘” par exemple ....

              Son usage a suscité une foule de règles et de normes  et de Maurice Grévisse qui y consacre 8 pages de son “Bon usage de la grammaire française  “ à A.Sève & J. Perrot  qui le commentent en 4 pages dans leur “Ortho  ”en passant par le “ code *  typographique “et autres “ Difficultés de la langue francaise  “  “  les auteurs ont été nombreux à se pencher sur son usage ...et pas toujours d’accord  car aux cas classiques ne suscitant pas de polémique  s’ajoutent une foule d’exceptions qui , particulièrement pour les noms de lieux , de rues ou de saints sont loin de faire l’unanimité !

              Même les dictionnaires présentent à son propos de notables différences  et le dictionnaire de l’académie est lui même assez imprécis en la matière  ...les mots composés  comportant un trait d’union sont en général reconnus comme entrée au premier mot qui les compose , ceux n’en comportant pas (pomme de terre …) ne l’étant pas….mais un même mot peut se trouver écrit avec un trait d’union dans tel dictionnaire et sans dans tel autre

              Les expressions lexicales stéréotypées comportant des traits d’union  ne font généralement pas l’objet d’entrée particulière mais peuvent être notées à des endroits différents   : « Soupe-au-lait  « par exemple peut se trouver à « Soupe * «  ,à «  Lait * «  ou aux deux selon les ouvrages …

              L’ancêtre du trait d’union était l’ “ Accent Hypsien  *  “  et les typographes * le nomment couramment “ Division * “ .

              Dans les publications actuelles le trait d’union est utilisé pour ses fonctions propres mais aussi en lieu et place du “ Tiret  *  “ (Voir à ce mot )

              Lors de l’épellation des textes en vue de leur correction * les typographes employaient l’ abréviation  “ Div * “ pour le  désigner   

 TRAITÉ                                                                   498-514n°176p111-1033-1167p12

              1)Ouvrage,souvent didactique*, entièrement consacré à une science* ou à une matière.

              Les traités sont innombrables  et, depuis des siècles ,  nombre d’entr’eux  ont pris ce mot comme titre : “ Traité de l’amour de dieu “ de François de Salles ( 1616),”Traité du sublime  “ de Longin (1674)”Traité de l’éducation des enfants “ de Crouzas ( 1722) “Traité de Narcisse  “ de Gide ( 1892) “Petit traité des grandes vertus  “ de Comte-Sponville ( 1995) etc ...etc ...

              2)Document écrit contenant un accord entre deux parties  et ,dans la plupart des cas, établi après un différend...certains de ces documents étaient conçus de manière à ce que chaque partie en  ait  un exemplaire:c’était le cas des Indentures*.

              La forme matérielle du traité est,le plus souvent très soignée :papier , parchemin,écriture ou typographie de qualité,protection par un étui ou une  layette* décorés,pages encadrées , tranches dorées nombreux sceaux(souvent à queue*) et,parfois médailles....

              Les traités figurent parmi les documents anciens les mieux conservés et,certains d’entr’eux présentent une originalité certaine comme ce traité établi entre la France et le Laos en 1895  qui comportait un sceau d’or pur pesant 5 kilos...

              Parmi les plus anciens connus figurent le traité entre le roi Hittite  Hattousil IIIet Ramsés II  conclu en l’an XXI du règne de ce pharaon (rédigé sur une lame d’argent * aujourd’hui perdue ) et le traité conclu entre le peuple juif et le peuple romain en 185 dont le texte est reproduit dans la bible*  au chapitre VIII des Maccabés ( V. 23 & 28 )

              Il a existé par le passé diverses formes de traités comme les  “ Traités -contrats  “ ou les “ Traités- lois  “

              Les Chinois ont qualifiés de “ Traités inégaux  “  les traités qui leur furent imposés par l’Occident au XIX° siècle .

 

                Et, l'une des vies antérieures de Titivillus  ayant été consacrée à l'aéronautique, on voudra bien lui pardonner la digression  consistant à rappeler la mémoire  de ce bel avion que fut le " Dewoitine D 33 " baptisé " Trait  d'union "  qui s'écrasa   en Russie à Oufa le 12 Septembre 1931  au cours du raid Le Bourget/ Tokyo  en tuant le pilote  Le Brix et le mécanicien  Mesmin et en laissant la vie sauve à Marcel Doret ....

 

 

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