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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 09:20

ÉPIGRAMME                                                                                                 

                               Cette courte pièce de vers se terminant par une pointe* d’esprit d’un humour souvent cinglant .peut être classée dans la «  Nanoliitérature * « 

 

                                   Autrefois,les victimes de ce  type d’humour , à moins qu’elles n’aient la capacité d’y répondre encore plus spirituellement ,étaient  l’objet de la risée générale  et de ce fait l’épigramme était crainte au point  qu’elle fut parfois utilisée  comme menace : c’est ainsi que le roi de Prusse  Frédéric II écrivant à Voltaire le 15/7/1749 pour se plaindre du relâchement de leurs relation exprime le souhait de le voir revenir à « Sans souci «   en brandissant la menace «  Sinon , craignez l’épigramme ! «  …menace un peu téméraire et risquant de se retourner contre son auteur  quand on connaît la faculté de Voltaire à trousser des épigrammes assassines !

 

                                  Le mot est féminin ..et l’épigramme prend parfois les noms de « Hexagramme «  ou «  Octagramme » si elle est respectivement composée de 6 ou 8 vers …

                               Ce fut  Clément Marot  qui nomma “ épigramme  “ ce qu’autrefois on nommait “ Folie  *  “ .

                               Les épigrammes ,très en vogue du XII°au XVIII° siècles ont fait l’objet de nombreux recueils portant parfois ce titre...

 

                               Le poète du XVIII° siècle  Le Brun ,qui en rédigea plus de 600,en a donné une définition sous forme d’épigramme :

 

                                          L’épigramme est un jeu d’escrime

                                          L’adresse à la force s’y joint

                                          Qui sait mal déguiser sa rime

                                          De la cuirasse offre le joint

                                          On évite aisément l’atteinte

                                          D’un coup pesant et porté droit

                                          Mais comment esquiver la feinte

                                          Que vous glisse un tireur adroit ?

 

                               Mais on peut aussi rappeler celle que donne le bibliothécaire du couvent visité par le Rica des «  Lettres Persanes «(1721) : « …petites flêches déliées,qui font une plaie profonde  et inaccessible aux remèdes « 

 

                               On emploie parfois le mot pour désigner un texte qui sans présenter la forme fixe  traditionnelle  en respecte l’esprit .

 

                               On a aussi nommé l’épigramme “ Duel  *  littéraire  “ et “ Poésie fugitive  “

                               L’épigramme , aprés la vogue du XVIII° siècle passa un peu de mode mais ne disparut jamais totalement comme en témoigne celle-ci qui , à la fin du XIX° siècle ironisait sur Mr. Thiers :

            “Thiers , ce nom,Messieurs , est encore trop grand

            Pour un homme qui fait quatre pieds et un quart

            Il est si petit qu’il devrait , bonnes gens

            Échanger son nom avec Alphonse Karr  “ .

 

                               Une épigramme comprenant deux vers est nommée “ Xénie * “

 

                                    Tallemant des Réaux rapporte que le roi François 1° s’extasiant sur une épigramme que l’on venait de lui faire entendre pendant qu’on lui servait un plat de viande d’agneau , il s’ensuivit une confusion qui fit nommer ce plat «  Épigramme » ,nom qu’il a gardé et qui constitue   l’un des nombreux mots communs au livre et à la cuisine * ( * : Voir à ce mot ) domaine dans lequel il désigne un plat de viande d’agneau.

 

                                          L’épigramme eût , durant l’occupation allemande des années 40, un regain  de vogue sous la plume de Jean Paulhan qui publia dès l’automne de 1940 des épigrammes destinées à être distribuées clandestinement  et qui , rassemblées sous forme de livre intitulé «  Slogans d’avant l’imprimerie «  (clandestine …) furent publiés en 1946.

           

                               Le mot est bien souvent mal compris et sujet à de nombreux pataquès * qui conduisent  à des définitions telles que : “Poids ou mesure “ , “ Lettre express “ ou “ Inscription sur un tombeau  “ et , autrefois il fut employé comme synonyme de «  Épigraphe * «   

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 09:18

PILON                                                                                 

              Le mot a d’abord désigné les pilons des anciennes papeteries puis un appareil destiné à broyer les vieux papiers pour les réutiliser...

              La mise au pilon est une forme courante de destruction des livres(parfois pudiquement baptisée : “ Réduction des stocks “, » Déstockage * «  ou «  Dégraissage * «   ...ou de façon plus vague «  Épuisé *«  ) qui est pratiquée pour des raisons diverses:invendus*, livres avec défauts de fabrication ,livres interdits ou saisis ,livres de démonstration ou défraîchis, livres des bibliothèques de prêt en fin de vie etc....

              Les ouvrages qui “ font un bide * ” ont une brève durée de vie avant d’aller au pilon ou ,mieux,chez les soldeurs*,dans certains comités d’entreprise ou en Afrique francophone ...il arrive même dans certains pays ( USA par exemple ...) que des livres passent directement de l’imprimerie au pilon si l’évolution du contexte entre la décision d’éditer et l’achèvement de l’ouvrage montre que le  choix de les publier était erroné ...

              Les estimations du nombre d’ouvrages pilonnés sont très approximatives  en raison de la répugnance de certains éditeurs à en communiquer les chiffres…le taux en serait de 6à8 % des ouvrages publiés   et , donc sur les quelques 20000 nouveaux titres et 550 millions d’exemplaires  publiés chaque année de de 30 à 50  millions finiraient au pilon .

              Les critères retenus sont variables mais on peut considérer que la totalité des ouvrages conjoncturels, politiques ou divers liés à un évènement particulier sont pilonnés dés que cet évènement est  obsolète  ,les autres ouvrages (insuccès,défraîchi, défauts,surtirage  ..) rejoignant le circuit des soldeurs .

 

              Concernant la mise au pilon , la politique des diverses maisons d’éditions est variable : certaines ,considérant que la pratique des soldes est un constat d’échec susceptible de nuire à leur image de marque (ou à inciter le lecteur à attendre la mise en solde …), y ont systématiquement recours et s’entourent ,pour ce faire , de nombreuses précautions de confidentialité , d’autres le pratiquent plus occasionnellement et conjointement aux soldes ..

              Il est en tout état de cause très difficile de connaître les chiffres réels concernant ce mode d’élimination car les maisons d’éditions ne communiquent généralement pas sur ce sujet …

              Les ouvrages destinés au pilon voit souvent leurs tranches teintes en bleu  afin d’en empêcher le détournement et la revente ….ce qui n’empêche pas de rencontrer parfois de tels ouvrages chez certains soldeurs ou sur les marchés à la brocante

 

              La pâte à papier obtenue par ce procédé n’est pas d’excellente qualité en raison du mélange de diverses qualités de papiers ,d’encres etc... (voir: “Recyclé * ”) et il est rare que les livres pilonnés donnent naissance à de nouveaux livres :comme le fait remarquer Hervé Renard dans un article du « Bulletin des bibliothèques de France   « (n°6/83) «  La métempsyhcose  n’est pas très heureuse pour les livres « !

   

              Le mot désigne aussi parfois le local dans lequel sont stockés les documents en attente de destruction .

              Il arrive ,qu’initialement destiné au pilon, un ouvrage y échappe et le terme “ Mise au pilon “ est aussi parfois employé dans le sens “d’élimination”  lors des désherbages * des bibliothèques publiques et il n’est pas rare de trouver des ouvrages portant ce cachet dans des ventes à bas prix ou des braderies .

 

              La mise au pilon  est le thème central du roman de J.P. Didierlaurent  «  Le liseur du 6 H 47 » (Gallimard-2015) dont le héros central est la déchiqueteuse baptisée «  Zerstor 500 «  ( de «  Zerstören « =Détruire …)

Les expressions disparues “ Envoyer à la beurrière * “ et “ Envoyer chez l’épicier  *    “ eurent longtemps cours pour désigner l’envoi de livres au pilon 

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 08:55

 

 

 

HERBIER                 

                        1)Le mot désigne , avant tout , un livre réunissant des échantillons botaniques séchés accompagnés d’un texte,souvent manuscrit ,  précisant leurs genre,espèce,lieu de récolte etc... (celui qui le constitue est un “ Herboriseur *   “  )

              L’un des premiers herbiers imprimés fut réalisé en 1720 à Copenhague  par Jokum Wielandt :de format in/4°il comportait un texte imprimé ménageant des blancs pour y coller des échantillons de plantes véritables ….la formule ne se répandit ensuite qu’à partir de la fin du XVIII° siècle …

              Les herbiers sont tout particulièrement sensibles aux attaques des insectes* et leur protection est  très difficile ,c’est ce qui explique la multitude de procédés expérimentés pour assurer leur longévité :aspersions à l’acide arsénieux,au chlorure de calcium,à la glycérine,utilisation de papiers imprégnés etc ...tous procédés présentant des inconvénients divers dont le plus fréquent était de modifier les couleurs et l’aspect des échantillons .

              Par ailleurs , les plantes desséchées  étant très fragiles , ces ouvrages sont extrêmement vulnérables lors de  manipulations brutales ou sans soins ; c’est pour cette raison que certains herbiers anciens  comportaient  en introduction une mise en garde comme par exemple cet “ Avis pour tourner les pages  “ figurant en exergue  * d’une “ Flore des Pyrénées “ établie en 1872 ...

                        C’est en partie à cause de ces inconvénients qu’il a existé des herbiers ne comportant que les empreintes des plantes obtenues par leur  pressage entre deux feuilles vierges après enduction d’encre :cette “ impression naturelle* “ a été utilisée par le naturaliste Aimé Bonpland lors de ses expéditions en Amérique centrale au XVIII° siècle :on a proposé pour désigner cette technique d’impression les néologismes * «  Phytotypie «  et «  Phyllographie «  qui ne se sont pas répandus ….

                        Le mot désigne aussi un livre de gravures ou dessins plus ou moins fidèles  décrivant des plantes , souvent dans un but thérapeutique ,dont le  plus ancien connu date du 1° siècle (“De materia médica” de Dioscoride )  .

 

                               Parmi les plus anciens  on peut citer : »Circa instans «  de Matthæus Platearius (XII° siècle), «  Tractatus de herbis «  de BartholomæusMino de Senis (XIV° siècle ), “Hortus sanitis     ”  1485,  ou «  Arbolayre «  de Peter Metlinger (circa 1486) suivis d’un grand nombre d’autres à partir de la fin du XV° siècle se différenciant plus par  leurs textes que par leurs gravures qui sont souvent les mêmes .

 

                                        L’ »Herbier de France «de Bulliard   fut , quand à lui , une publication qui parut de 1780 à 1793 et comporte 602 planches botaniques d’une remarquable qualité .

               

 

                                      Le terme peut aussi désigner le rassemblement en un même lieu d’un certain nombre de livres contenant des plantes séchées:le “Grand herbier de la Franceoccupe ainsi tout un étage de la section de cryptogamie du muséum d’histoire naturelle...

               

                               Pour ceux constitués d’échantillons véritables on en connait des exemplaires à partir du XVI° siècle .

                           On connait certains herbiers ,en particulier chinois , comportant des représentations brodées très fidèles .

                                On ne sait trop dans quelle catégorie classer les livres comme “ L’arcadie  “ de Mme de Genlis  constitués de planches décoratives réalisées avec des herbes et des fleurs véritables : ces ouvrages ont la nature physique  d’un herbier mais n’utilisant les plantes que comme moyen et non comme but il n’en ont pas le contenu intellectuel ..

                         Un certain nombre de livres dont ce n’était pas la destination ont été transformés en herbier en raison de leur format in-folio * ou in -plano et ont été  irrémédiablement endommagés par la maculation des sucs des végétaux...

                                    Sans aller jusqu’à la constitution d’un herbier , la pratique consistant à mettre des fleurs à sécher entre les pages d’un livre est courante ...et ,bien que la découverte d’un bleuet ou d’un trèfle à quatre feuilles dans un livre ancien soit évocatrice et pleine de poésie, on doit la déconseiller en raison des tâches ainsi  occasionnées  aux pages du livre...

                                 2)Le mot est parfois employé au figuré :

               -Comme synonyme de “ Glossaire  *” ou “ Lexique  * “ , ouvrages qui , comme un herbier collecte des plantes  , rassemblent des mots .

                -Pour désigner un ouvrage recensant des éléments caractéristiques d’un domaine déterminé : l’écrivain Georges Pérec avait le projet , resté inabouti, d’ un «  Herbier des villes «  recensant tous les menus objets , livres, imprimés etc … constituant l’environnement quotidien du citoyen urbain . 

                                   3)On nomme “ Alphabet herbier  “ le classement alphabétique de plantes ou de fleurs soit dans un but logique , soit en guise d’iconophores pour illustrer les lettrines d’un  dictionnaire .

              en voici un à base de végéteaux  : Algue , Bouton d’or,Chardon ,Datura,Ellébore,Fraise,Géranium,Houx,Immortelle,Jasmin,Kaki,Liseron,Marguerite,Nénuphar,Oseille,Pivoine,Quassia,Renoncule,Silène,Trèfle,Utriculaire,Violette,Whlenbergie,Xéranthème,Yucca, Zinnia.

 

                                       4)La constatation dans les herbiers anciens que les plantes avaient laissé une empreinte quasi-photographique sur les pages support  a amené certains spécialistes en sindonologie a émettre l'hypothèse que les impressions visibles sur le " Suaire  de Turin " résultent d'un processus analogue .

 

 

HERBAILLE

              On peut rencontrer ce diminutif moqueur et méprisant pour désigner le contenu un herbier *

              Jean Jacques Rousseau l’employait par plaisanterie concernant son propre herbier .

 

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 08:40

 LITTÉRATURE  HÉLÉNIENNNE                                                                

              On nomme «  Littérature  hélénienne «  le corpus d’ouvrages Napoléonides *( * : Voir à ce mot ) ayant pour sujet la captivité de l’empereur Napoléon à sainte Hélène de 1815 à 1821.

              Les ouvrages « phares «  en sont les relations qu’écrivirent  les quatre « évangélistes » que furent Emmanuel de las Cases ,et les généraux Bertrand ,Gourgaud et de Montholon mais il y en eût bien d’autres et il existe  au total plus d’une cinquantaine d’ouvrages  traitant à des titres divers des six années de captivité de l’empereur ,chiffre qui ne peut aller qu’en augmentant si l’on considère que certains documents n’ont été que très récemment exploités et que nombre d’autres restent encore à inventorier (dont les écrits d’Hudson Lowe  le geôlier de Ste. Hélène ..)  ..et qu’il en parait encore périodiquement comme , par exemple « La chambre noire de Longwood » de Jean Paul Kaufmann paru en 1998….

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 08:33

HÉCATOMGRAPHIE 

              Le mot , à préciser ,  désigne un ouvrage présentant  cent    figures , emblêmes ou dessins et dont l’archétype paraît être l’” Hécatomgraphie “ de Gilles Corrozet ( 1540) .

 

              Par extension le mot a parfois été utilisé  comme synonyme de “ Miscellanées  *  “ ou de “ Mélanges  *  “ mais , aucun dictionnaire ne le mentionne avec ce sens ...

 

TOUTES PRÉCISIONS À SON SUJET  SERAIENT LES BIENVENUES ....

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 09:01

QUEUE                  

                                                     1)En Reliure:

 

-Le mot désigne d’abord la partie  basse du dos d’un ouvrage et l’expression consacrée pour désigner tout ce qui s’y trouve  (ornements , inscriptions …) est «  En queue «

 

  

                                         -Certains livres sont dits “ Livres à queue “  ( ou parfois “ Pannes  *  “, »Poches* », »à l’Aumonière * «   ou “ Bourse  * “ ) lorsque leur reliure est prolongée par une bande se terminant par un  passant ou un anneau pour permettre  de les suspendre à la ceinture : ils sont reliés soit  par leur petit côté à la façon des “ Blocs *-notes  “ soit  à l’envers de façon à ce qu’ils se présentent dans le bon sens de lecture  sans avoir à  les détacher de la ceinture

            On rencontre parfois le terme  “ Sac  * à livres “ pour les désigner  mais,dans certaines publications ,  on peut aussi rencontrer diverses appellations étrangères  telles que allemandes  «  Beutelbuch », »Booksbüdel «  ou «  Gürtelbuch »ou anglaise « Girdlebook »

 

                                               Il semble que , sans avoir été très courant (on estime a un millier le nombre d’exemplaires qui exista…. )  ce genre de livres ait eu une certaine popularité au XV° siècle comme en attestent les quelques 450 œuvres d’art connues représentant des personnages qui en sont munis parmi lesquelles ont peut citer     des personnages de la célèbre mise au tombeau de Monestié sur Cérou dans le Tarn ,du «Triptyque  du jugement dernier « de Jérome Bosch ou du retable de l’église de Haddeby Allemagne (Schleswig).

                                               On pense que la plupart des ouvrages reliés de la sorte furent des livres de petit format utilisés par des personnes ayant besoin d’en  disposer  en permanence : ce furent donc   des livres de piété destinés à des religieux (qui utilisèrent parfois la queue de la reliure en guise de «  Custode * «  ) mais  aussi , des livres de compte, des carnets de notes ou des catalogues utilisés par des régisseurs ou des agents de commerce .

 

                                               C’est peut-être cette vocation utilitaire qui explique le fait que l’on n’en connaît plus de nos jours qu’une petite douzaine d’exemplaires (au couvent de Kremsmünster en Autriche par exemple ..)

                                               Toutefois, quelques  uns de ces livres eurent des réalisations luxueuses comme , par exemple , un « Golden  manual of prayers «  utilisé au XVI° siècle par la reine d’ Angleterre et relié en or massif .

           Certains pensent que c’est  l’apparition,au XVI° siècle , des bibliothèques qui leur porta un coup fatal et que nombre d’entr’eux  furent amputés de leur queue pour se muer en livres ordinaires …

 

                                               Il n’est pas exclu que , en raison de leur conformation, ces livres aient pu , à l’occasion être utilisés comme arme * défensive ou offensive : généralement munis de grébiches* , coins* et fermoirs métalliques et la queue offrant une solide prise et un bras de levier non négligeable , ils ont pu ,dans ces circonstances s’avérer redoutables !

 

                                               Quelques œuvres y font des allusions plus ou moins précises comme , par exemple «  Der toten tanz   «  de Monika Beckerle  (Landau -1986-p 85),ou , même et plus insolite  , un numéro du «  Journal de Mickey «  de 1963…

 

                                               De nos jours , seuls quelques amateurs bibliophiles férus d’authenticité font encore réaliser des reliures de cette sorte  et , à Landau (Allemagne ) le relieur  Müller  en a réalisé plusieurs dont le «  Livre d’or «  de l’atelier qui est relié de la sorte.

 

                                                                                        

                                                L’expression «  Livre à queue « parait  cependant avoir aussi été appliquée à des ouvrages de grand format ne pouvant être commodément transportés : l’inventaire de la bibliothèque de la bibliothèque de Charles V dressé par Gilles Malet en 1373 en mentionne plusieurs dont un «  Josephus en deux très grands volumes ,couverts de cuir blanc ,à queue et à bouillon… » et «  Un livre , nommé Royal , à une chemise blanche, à queue,à deux fermoers d’argent… »

 

                                      La conformation exacte de ces dernières  reliures est à préciser :peut-être   prolongement de la coiffe de tête ou de queue comme dans la reliure « à la grecque « ? …mais les livres étant à cette époque rangés à plat la finalité de cette queue n’est pas évidente … QUI EN SAIT PLUS ?

 

  

                                         2)Écriture Partie des lettres d’une écriture* dépassant de la ligne vers le bas ; lorsque le dépassement à lieu vers le haut on parle de «  Queue de dessus «  .

                                         -Certaines notes de musique ont également une ” Queue  “ .

                                         -Le “ Point à queue “ est une autre appellation de la virgule*.

 

 

                                         3)Chancellerie:         Manière de sceller les lettres:

                                         -“À simple queue avec un sceau apposé sur une languette  découpée dans le parchemin lui-même ,pouvant y rester attachée ou être insérée dans une fente ménagée dans un repli pratiqué en bas du document .

                                         Cette fente ,d’abord parallèle  au bord inférieur du document ,fut pratiquée en biais ou en arc de cercle dans la seconde moitié du XVI° siècle … 

 

                                                                              

                                         -À double queue” quand il y a plusieurs  languettes ou  lacs *  passés à travers la lettre (parfois avec un double passage ou  avec un nœud décoratif ) ...certains parchemins portaient de nombreuses queues....

                                                                              

                                         Outre les queues de nombreux parchemins  comportent des languettes ou “ Tortils  *  “   destinés à les clore lorsqu’ils sont roulés .

                                         Les déclarations * royales étaient scellées sur double queue .

                                         Les queues sont parfois appelées “ Lemnisques  *  “

                                    

                                         4)Pour les bouquinistes , une “ Queue de bibliothèque “ est ce qu’il en reste après le passage de confrères ou après une vente aux enchères .

                                         Ces queues peuvent parfois recéler quelques bonnes surprises ...

 

                                         5) L ’expression “ Queue de flash*   " désigne :

-Dans le langage des arts graphiques  un cliché de mauvaise qualité réalisé en utilisant des techniques et des appareils obsolètes ou mal mis en œuvre et , par extension ,  un individu rétrograde et attaché aux pratiques désuètes...et que d’autres nommeraient  “Has-Been  “ ou “ Dinosaure “ ....l’appellation pourrait provenir du «  Slang » américain dans lequel le mot flash désigne , entr’autres sens « , un individu ayant accompli des exploits mais devenu incapable de les renouveler….

           L’expression peut être comparée à «  Queue de laser «  en usage dans les milieux cyclistes pour désigner le dernier du peloton …Maurice Rat donnant comme origine l’appellation « Lazor «  pour le peloton qui viendrait elle-même de «  Azor » ancienne appellation du sac à dos des troupiers de l’empire….le dernier de la troupe   se trouvant en queue des azors de ses prédécesseurs …

           L’expression «  Double flash « désignant à l’inverse un individu futé , intelligent et rapide  en vigueur dans  certains milieux semble  lui être apparentée   …   

                                          -Dans le langage de la presse l’expression désigne une information de moindre importance  reléguée à la fin d’un flash d’information et , par extension, un individu jugé de peu d’intérêt.

                                         -Le musée de l’imprimerie de Tours évoque  l’hypothèse d’une possible origine faisant référence au flash émis par les charbons d’une lampe à arc mal réglée…..d’autres typographes pensent à la mauvaise insolation d’une plaque offset ….

 

QUI EN SAIT PLUS À CE SUJET ???

                               

6)Certaines  expressions qualifient la fin d’un texte littéraire :

                                         -“ Finir en queue de poisson  ou en quenouille  “ “ , a le même sens que la locution latine “ Desinit * in piscem  “  

                                         -”Finir en queue de rat “  est une expression propre à Flaubert qui désigne une fin conforme à la vie de tous les jours ,sans drame  et sans passion .

 

                                         7)Dans la papeterie lorraine ancienne  la “ queue  “ était l’équivalent d’une main  * 

 

                                         8)Le mot a parfois été appliqué à certains écrivains jugés continuateurs de l’œuvre d’un de leurs prédécesseurs : c’est ainsi que certains commentateurs on dit de Gustave Flaubert qu’il était la «  Queue de Balzac « ….

 

On en a dit autant de  Barbey d’ Aurevilly et , à un moindre degré de Villiers de l’Isle Adam ce qui pose l’épineuse question de la survie des écrivains : doit-on les considérer comme totalement disparus alors que leur influence est encore très sensible chez certains de leurs successeurs ?...la question est posée  je ne la trancherai pas !

 

9)Les typographes nommaient «  Queues « :

                        -La partie restée vierge d’une page imprimée .

 

- Un jeu présentant quelques analogies avec  le Virelangue* la “ Comptine  * », le «  Ricochet* »,, le «  Cadavre *exquis «  ou la «  Scie* «  

 

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 07:26

QUID

                                                      Ce titre d’un livre de références créé en 1963 par Dominique et Michèle Frémy est devenu un nom commun et l’on dit “ Le Quid  “ comme l’on dit “Le Larousse “ ou “ Le Robert   “ .

                                                     Sa première édition au format «  poche *«  comportait 632 pages  et la dernière sur papier  en comportait en 2007 , 2190 sur papier bible ...c’est dire que , au fil des parutions annuelles , le nombre de références contenues n’a cessé d’augmenter ...

                                                     Le “ Quid “ peut se résumer à ses  slogans “ Tout sur tout et un peu plus que tout “ et «  Tout sur tout , tout de suite «   et , en effet rare sont les sujets qui n’y trouvaient pas une réponse ou , au moins une piste de recherche.

 

                                                     L’avènement d’ Internet  a amené la disparition de la version «  papier «  en 2007 au profit d’une version numérique , elle-même disparue en 2010…mais «  Le   Quid « aura marqué son époque et restera dans les mémoires ….

                                                     L’ambition de réunir sous un faible volume une très grande quantité de faits et de données n’est pas nouvelle et l’on peut citer comme précurseur du “ Quid  “ les “ Chiliades * adagiorum d’ Érasme parues en 1508., »Mil quatre vingtz et quatre demandes «  de Sydrach (1531) dit «  Le Sydrach «  ou « Livre de la fontaine de toutes sciences «ou «  Un million de faits,aide mémoire universel des sciences des lettres et des arts  «  ouvrage collectif de 9 auteurs édité par Garnier en 1846….et la liste est très loin d’être exhaustive …. 

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 07:18

QUERELLE          

                                                     1)Le domaine du livre n’a pas échappé à la polémique et à donné lieu à de nombreuses querelles ou scandales ,ayant suscité écrits*, réfutations * , contre*-réfutations,libelles*,disputes , pamphlets* etc …  parmi lesquelles on peut citer :

                                        

                                       - La “ Querelle des argaunautiques “ qui opposa Callimaque , épimélète * de la bibliothèque d’ Alexandrie au III° siècle Ajc à Apollonios de Rhodes ...

                                         -LaQuerelle des  inventeurs ou “ Querelle de chapelle  “ , polémique qui a suivi l’invention de l’imprimerie* à caractères mobiles dont plusieurs inventeurs  ont revendiqué la paternité avant que l’on ne s’accorde sur le nom de Johann Geusfleisch dit Gutenberg.

                                         Le principal prétendant à ce titre était   Laurent  Janszoon dit  Coster de Haarlem,qui prétendit que son secret lui fût  volé durant la nuit de Noël 1442...

                                         Mais de nombreux pays revendiquent cette paternité pour l’un de leurs citoyens ( Voir : imprimerie *  )

                                         - « Querelle de Mellin de Saint Gelais & de Ronsard «  Ronsard ayant critiqué le poète de cour Saint Gelais dans un écrit allégorique il s’ensuivit une querelle entre les «  Marotiques «  et Ronsard qui tourna au désavantage de ce dernier qui se vit refuser une pension qu’il avait sollicitée ( et qui  en « représailles «  s’abstint de participer au «  tombeau* «  rédigé par un important groupe de poètes à la mort du roi Henri II en 1559.

                                         - « Querelle des études « dite aussi «  Question * de Rancé «    entre Mabillon & L’abbé de Rancé concernant ce que devrait être la vie monastique et dont Chateaubriand s’est fait l’écho dans «  La vie de Rancé « 

                                         -Les “ Querelles des dictionnaires  “ plus communément appelée “ Batailles * des dictionnaires  “   

                                         -La bible proscrivant  les images  en divers passages ( Deutéronome 27,15 & 4,9-28-Exode 20,4 )une  “ Querelle des images *    “  opposa,au Moyen-âge, partisans et adversaires de la représentation imagée de Dieu ;elle  fut  la cause directe de la destruction de nombreux livres par les iconoclastes *, d’une foule d’écrits tels que le livre de Saint Agobard ,et de  la tenue des conciles de Nice et de Francfort ( 804).

                                         -La Querelle des femmes qui opposa aux XV° et XVI° siècles  féministes et  anti-féministes et suscita de nombreux pamphlets * et controverses * comme , par exemple , ”Les controverses des sexes masculin et féminin “ de Gratien Du Pont ( 1534) ou « De l’égalité des deux sexes …. » de Poullain de la barre (1673)           

                                         -La “ Querelle des anciens et des modernes  “ qui ,au XVII° siècle fut déclenchée par la lecture d’un poème de Charles Perrault à l’académie et opposa durant douze ans (1687/99) les tenants de l’antiquité ,avec à leur tête Boileau ,aux partisans des œuvres contemporaines ...sans parvenir  à une conclusion bien tranchée , ce que Mme. De Sévigné résumait en écrivant «  Les anciens sont plus beaux ,mais nous sommes plus jolis « 

                                         -La “ Querelle des bouffons *  “ qui opposa au milieu du XVIII° siècle les tenants des musiques italienne et française en suscitant un flot d’écrits en tous genres ...

                                         -La querelle concernant au XVI° siècle la publication d’une traduction de la bible en «  Langue vulgaire « qui fit ,parmi de nombreux autres , l’objet de deux mois de débats au concile de Trente en 1546             

                                         -La “ Querelle des Uranistes et des Jobelins  “ qui opposa les  partisans de Bensérade à ceux de Voiture au XVII° siècle

                                         -La “Querelle des lexicographes * “ Prosper Poitevin , Bescherelle ,Napoléon Landais ...

                                -etc ...etc ...

 

                                Et , pour la papeterie , la  “ Querelle du vélin   * “qui opposa les papetiers Réveillon et Johannot,chacun d’eux prétendant être l’inventeur du papier vélin* (voir à ce mot )

 

                             

 

                                                     Certains essayèrent de les éviter à tous prix et c’est ainsi que l’on vit quelques censeurs officiels demander à être démis de la censure d’un ouvrage par crainte de provoquer une querelle avec l’auteur qui était de leurs connaissances :en 1757, par exemple , l’abbé Foucher ,académicien et  censeur chargé d’examiner « Lettre à l’auteur du diocèse de Paris «  de l’abbé Lebœuf lui-même académicien, demanda à Malhesherbes de le démettre de cette charge en déclarant : « Quoiqu’il ne s’agisse dans cette dispute que de minutes fort peu intéressantes ,vous savez, monsieur qu’on s’échauffe sur ces misères comme sur les questions les plus graves . Je serois au désespoir de contrister le moins du monde un confrère de cet âge ,et que je respecte  bien sincèrement « (BN ms.fr.22137 folio114)

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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 10:17

LITTÉRATURE DE GARE                                                         

              Genre littéraire romanesque et sentimental autrefois nommé «  Littérature de divertissement «  et à présent appelé  “ Sous * -littérature “,“  littérature populaire*  ou «  littérature de gare «   car il fut durant longtemps l’essentiel de ce que l’on trouvait   dans les librairies ou les kiosques* des gares (bon nombre de voyageurs privilégiant une littérature facile pour agrémenter leurs voyages..)

              Un sous-genre de cette littérature était autrefois constitué par un certain nombre de recueils d’histoires comiques , souvent lestes ou scatologiques * et dont bon nombre furent illustrés par Dubout . 

              Le terme est péjoratif et à même donné lieu à un très injuste  jeu de mots à l’encontre de l’écrivain Guy des Cars que certains de ses détracteurs ont rebaptisé “Guy des Gares”

              On peut en rencontrer des occurrences sous la plume de critiques ou d’écrivains comme , par exemple, Lucien Descaves  qui écrivait  à propos de “ Jérôme ,60° de latitude Nord  “  (Maurice Bedel -Goncourt 1927): “ ...livre de voyage à lire en voyage ,marchandise de bibliothèque de gare ...”  ou de Daniel Halévy qui à propos du même livre écrivait “ Le livre de M.Maurice Bedel est un récit par trop ennuyeux  auquel le public se serait chargé de faire le moyen succès ,dans les gares , qui convient à son mérite “ou encore Marcel Proust disant à propos de Marcel Prévost : »Moi je n’écris pas de romans qu’on lit d’une gare à l’autre ! » 

              La littérature de vacances* ou de voyage*  présente les mêmes caractéristiques et le dernier avatar du genre est le “Chicklit  * “  (Voir ci-dessous ...)

              La fameuse “ Bibliothèque rose *  “  était , au départ , exclusivement diffusée dans les gares au sein de la “ Bibliothèque des chemins * de  fer “ ...

 

                De nos jours les bibliothèques de gare sont devenues des points de vente du livre qui ne se distinguent plus guère des autres ...

 

 

 

CHICK-LIT    (ou CHICKLIT )                                                                                                                                                                                                                             341

                                      Abréviation de “ Chick-literature “ ( “ Littérature de poulette  “ ) ,ce mot désigne un genre littéraire apparu vers 1996 aux États unis et  privilégiant les aventures de célibataires féminines et mettant en scène leurs principales préoccupations.

                                      Le titre fondateur du genre est “Sex and the city  “ de Candace Bushnell paru en 1996 et suivi de prés par le  livre-culte “ Le journal de Bridget Jones “ de Helen Fielding dont 4 millions d’exemplaires se sont vendus .

                                      Le point de départ du genre en France peut être situé vers  1998 .         

                                      Ce nouveau genre, parfois aussi baptisé “ Glam  “ , se situe dans la lignée du “ Roman de gare  * “ , des «  Romance novel « ou des  “ Harlequinades *  “ .

                                      Son pendant masculin , le “ Lad-it “ , existe aux États-Unis mais n’a pas encore trouvé son public en Europe ...

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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 10:14

GARDE-MANGER

              Rien à voir avec l‘écrit diront certains ….c’est pourtant comme cela que Balzac appelait  le carnet*(Voir à ce mot ) qu’il utilisait pour y consigner « Pensées,sujets ,fragments «  selon le titre « officiel «  qu’il lui avait donné.

              C’était un carnet de 56 feuillets  de couleurs variées au  format à l’italienne dans lequel il nota de 1830 à 1847 idées,pensées, citations,projets,comptes,programmes,calembours etc …. et qui semble-t-il compta beaucoup pour lui puisqu’il l’évoque à plusieurs reprises dans ses correspondances soit sous l’appellation de «  Garde-manger «  soit diverses autres telles que «  Grand parc de mes idées «

              L’étude de ce carnet , bourré de repentirs* , de biffures*  et souvent écrit en abrégé est fort instructive concernant l’élaboration de certaines œuvres dont le « synopsis * «  s’y trouve résumé en quelques mots : par exemple , pour « Le père Goriot «  … »Sujet du Père Goriot -un brave homme-pension bourgeoise -600 frs. de rente-S’étant dépouillé pour ses filles qui toutes deux ont 50000 frs. de rente ,mourant comme un chien . »

 

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