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26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 07:22

DÉMARQUER                                                                                                                      

              1)Action de recopier un texte d’une façon qui, sans être textuelle,n’en dénature que légèrement la forme sans en altérer le fond.

              Cette action,parfois nommée “ Transformation textuelle “ ,  peut s’apparenter au plagiat* si elle est faite dans un but frauduleux visant à tirer profit du travail d’un autre.

 

              Le démarquage peut cependant être moins respectueux du texte et voisiner à la parodie * …on peut en donner l’exemple suivant :

 

              Le 12 Février 1750,lors de la 1° représentation de sa tragédie «  Oreste » Voltaire fit distribuer des contremarques * portant la mention : O T P -Q-M V D  ,abréviation de «  Omne tulit punctum qui miscuit utile dulci «(« La perfection c’est de réunir l’utile et l’agréable «  )   que les esprits critiques démarquèrent immédiatement en : «  Oreste :Tragédie Pitoyable Que Monsieur Voltaire Donne .. »

 

              2)Le mot peut se rencontrer avec son sens ancien de “ Rayer  *  “ un élément sur une liste ou un texte écrit .

 

              3)C’est aussi , en langage commercial, procéder à la rectification à la baisse du prix sur une étiquette * .

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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 08:30

 

DERNIER                                                                         

                                   1)Le “ Dernier exemplaire “ est l’ultime volume d’un tirage * restant disponible ...il acquiert de ce fait une plus-value fonction de l’intensité de la demande .

                        Cet état de fait à parfois incité certains marchands à organiser la rareté d’un ouvrage en n’en  présentant qu’un seul exemplaire prétendu être le dernier ....et aussitôt remplacé sur les rayons dés sa vente réalisée...

                                   2)Le dernier tome d’une œuvre en comportant plusieurs est assez souvent marqué de façon particulière ; son absence ,à un moindre degré que celle du premier cependant , dévalorise fortement une œuvre car le dernier volume contient souvent des tables * , des annexes * ou des documents  * .

                        Si , pour l’absence du  premier tome on parle d’ œuvre décapitée *  il n’existe pas de mot bien spécifique pour le dernier concernant lequel on parlera plutôt d’ “ Amputé  *  “ …ou «  Équeuté «  peut-être ??

                        Victor Hugo disait que «  Le dernier volume est plus facile à écrire que la première *ligne « ….(Océan..)

                                   3)Le “ Récit  des derniers moments ...” est un genre littéraire ,en vogue du XVIII°au milieu du XX° siècle,contant , parfois avec force détails , les derniers moments de personnages célèbres ou d’écrivains.

                        Madame de Sévigné pour Mme. de la Fayette,  , Cocteau pour divers personnages , Simone de Beauvoir pour Sartre,Marcel Coulon pour  Jean Moréas  en écrivirent mais il y eût aussi des témoins non gens de lettres comme Marie Blesseau , gouvernante de Buffon qui écrivit  “Moments et agonie de mr. le comte de Buffon ...”(Circa 1880)  Gaston Ségur qui publia “ Ma mère ,souvenir de sa vie et de sa sainte mort “ (1893),”Souvenirs de Mme.Littré et de la sœur garde-malade  “ ( 1881), “ La vérité sur la mort de Littré  “ (1910) ou un collectif de proches comme ceux qui publièrent en 1953 “ La mort et les funérailles de Charles Maurras  “ dans “ Les amis du chemin de Paradis  “ .

                        On a parfois nommé ces récits «  Livres de consolation* «  ou «  Dits * du trépas « 

              Il est aussi arrivé que ce soit les intéressés eux-mêmes qui décrivent,parfois très minutieusement ,  leurs derniers instants ou , lorsqu’ils sont «  gens de lettres «  qu’il préparent un texte posthume *       voire , s’ils sont journalistes , qu’ils rédigent eux-mêmes leur propre nécrologie * 

 

                        Une place à part doit être réservée aux récits , souvent fort nombreux ,des derniers moments des rois  et empereurs .

              Ils sont de nature variée et , selon le rédacteur reflètent la réalité avec plus ou moins de vérité :

…on peut distinguer :

              -Les récits officiels   visant à informer qui sont souvent très édulcorés et font très rarement mention de la gravité réelle  de la maladie  dans le but de ne pas inquiéter l’opinion ou pour ne pas attiser les manœuvres politiques .

              -Les récits de courtisans ou de thuriféraires présentant un roi stoïque  menant les affaires  jusqu’à l’ultime seconde , s’en remettant dévotement à dieu , consolant même son entourage et souvent assimilé au christ lui-même…

              -Les récits de lamentations privilègiant l’émotionnel.

              -Les récit d’ambassadeurs  ,plus réalistes  et envisageant avec réalisme la mort du roi et surtout sa succession .

              -Les récits des médecins  détaillant par le menu les soins prodigués généralement très peu efficaces  et incapables d’allèger des souffrances qui pour Louis XIV et Louis XV durèrent plusieurs semaines

-Récits  post-mortem  de «  l’ouverture du corps «  rituel obligatoire destiné à trouver les causes du décès et à lever les doutes concernant un éventuel empoisonnement

              -Quelques récits critiques faisant un bilan  sans concessions  du règne .

              -Les correspondances  encore qu’ence domaine aussi la réalité ait été souvent édulcorée ..

              -Enfin des journaux intimes de personnages ayant approché le roi de par leurs fonctions  tels que valets, chambellans etc …à priori non destinés à être lus ce sont ceux qui reflètent le mieux  la réalité  bien plus crue et sombre que celle décrite dans les communiqués officiels

 

              Concernant les objets ou livres  dont  les souverains agonisants se seraient entourés , les textes mentionnent de façon  presqu’universelle objets, livres de piété ou images pieuses dans la tradition des «  Ars* moriendi «  du moyen-âge … «  Vies des saints «  , «  Imitation de jésus-Christ » « Introduction à la vie dévote «  « évangiles «  etc… 

              Cependant certains récits laissent transparaître en filigrane le fait que ces marques de dévotion ont pu être de convention pour se conformer au modèle attendu ….Louis XIV réclamant des musiciens ou Louis XV  différant sans cesse l’administration de l’extrême-onction plaident en ce sens …

                                   4)On prête souvent aux écrivains et gens de lettres des “ Derniers mots “  (,parfois nommés «  Ultima verba « ,hautement moraux ou philosophiques prononcé à l’article de la mort ...Néron aurait dit «  Qualis artifex pereo «  (« Quel artiste périt avec moi ! «  ) ,Montaigne aurait dit «  Ce n’est pas la mort que je crains  mais de mourir ! « ,      Malherbe ,au seuil de la mort aurait repris une personne à son chevet sur un mot incorrect ....   L’Arétin venant de recevoir l’extrème onction aurait dit “ Préservez moi des rats maintenant que je suis oint ...”   ..l’auteur libertin du XVIII° .Charles Pinot Duclos refusant les services d’un curé nommé Chapot se serait écrié “ Je suis venu au monde sans culotte , je m’en irai bien sans chapeau ! “  ...Scarron aurait expiré en disant “ Par ma foi   !  Je ne me serai jamais imaginé qu’il fut si facile de se moquer de la mort  ! “ ,....Piron  répondit à un curé qui l’avait appellé “ Mon frère  “qu’il n’en avait eu qu’un seul qui avait été toute sa vie une “foutue bête “ et lui demanda si c’était à ce titre qu’il voulait le remplacer ...Marcel Proust  se serait fait apporter le manuscrit  de”À la recherche du temps perdu   “  ...pour y retoucher l’agonie de Bergotte en disant “ J’ai plusieurs retouches à y faire maintenant que me voici  presqu’au même point !  “ et «  Elle est toute noire, elle est affreuse ! «  , Kant aurait dit : «  C’est assez ! «  , James Joyce : «  Es-ce que personne ne comprend ? « 

;Georges Sand aurait  dit un énigmatique «  Laissez verdure  « qui a fait couler beaucoup d’encre …et qui se rapportait sans doute à son désir de voir sa tombe ensevelie sous de la verdure …plus significative est sa dernière lettre adressée le 30 Mai 1876 ,soit  huit jours avant son décès, à son neveu Oscar Cazamajou  dans laquelle elle écrit : « Ne t’inquiètes pas .J’en ai vu bien d’autres  et puis j’ai fait mon temps ,et ne m’attriste d’aucune éventualité .Je crois que tout est bien ,vivre et mourir ,c’est mourir et vivre de mieux en mieux . »   

                        Presque  tous ces “ derniers mots  “  sont ,hélas , totalement apocryphes et inventés de toutes pièces par des commentateurs ou des thuriféraires * désireux d’ajouter une note de merveilleux à la cruelle et banale réalité et il n’est que d’en voir   les différences  selon les auteurs qui les rapportent …

              Par exemple , l’imprimeur Dolet  conduit au supplice aurait dit selon les uns «  Non dolet ipse Dolet ;sed pia turba dolet » « (Dolet ne se plaint pas , mais regette le trouble causé au peuple « )   et selon d’autres Dolet quisque dolet ,non Dolet ipse dolet  “ ( “ Chacun plaint Dolet , Dolet lui-même ne se plaint pas ! “ )…phrases sans doute apocryphes qui ne traduisent que la volonté de leurs auteurs de faire un jeu de mots  sur le patronyme de Dolet ….

 

                                   5)On désigne par le terme  “ Dernière lettre   la lettre écrite à ses proches ,avant son éxécution, par une personne condamnée à mort.

                        Bien que la plupart de ces lettres soient conservées dans les familles, un certain nombre d’entrelles sont connues , en particulier celles concernant des époques troublées ou les condamnations à mort furent nombreuses.

                        La période révolutionnaire est de celles-là : nombre de lettres écrites par les condamnés ne furent pas transmises à leurs destinataires mais  l’administration révolutionnaire,fort tatillonne  les conserva soigneusement et elles nous sont parvenues en nombre suffisant pour qu’une étude générale ait pu en être réalisée en mettant en lumière la constance des sentiments élevés et la quasi absence de ressentiment vis à vis des autorités révolutionnaires (encore faut-il , pour ce dernier point , tenir compte du fait que les scripteurs savaient que leurs lettres seraient lues par les autorités avant d’être,éventuellement ,  expédiées ...)

                        Parmi les gens de lettres qui en rédigèrent on peut citer :

                        -André Chénier qui rédigea un poème :

                        ” Au pied de l’échafaud j’essaye encore ma lyre

                          Peut-être es-ce bientôt mon tour ....”

                        -Cazotte qui écrivait “ Baisons nos drapeaux quand nous les reverrons ....”         

                        -Chamfort  écrivant à la citoyenne Panckouke supposait”.qu’en ce moment-ci vous êtes disposée à faire grâce aux défauts de mon écriture ...”

                        -Condorcet se souciait avant tout de l’éducation de sa fille ...

                        -Madame Roland , écrivait à sa fille :”Tu m’as vue heureuse par le soin de remplir mes devoirs et d’être utile à ceux qui souffrent.Il n’y a que cette manière de l’être . “

                        Mais , les plus célèbres sont les  dernières lettres  de Louis XVI et de Marie Antoinette :

                        -Louis XVI , aprés avoir rédigé son testament (sur papier de Hollande !...) le 25 Décembre 1792 écrivit une dernière lettre le 20 janvier 1793 dans laquelle il sollicitait un délai de trois jours (qui ne lui fut pas accordé ...) et écrivait : “ Je recommande à la bienfaisance de la nation toutes les personnes qui m’étaient attachées ...” 

                        - Marie Antoinette , s’adressant à sa soeur , écrivait : “ Que mon fils n’oublie jamais les derniers mots de son père que je lui répète expressement : qu’il ne cherche jamais à venger notre mort . “

                                   6) Quelques  “ dernières phrases  “, parfois nommées « Excipit* «  , matérialisant la fin* (Voir à ce mot )  de nombreuses œuvres sont restées dans les mémoires et , tout comme certaines “ premières  * “ sont devenues des lieux-communs,des leitmotivs *  ou des  “ Delendas  *  “ ....

                        A la différence des “premières phrases “ elles ne peuvent généralement pas être dissociées de l’œuvre qu’elles concluent et ne prennent tout leur sens qu’après sa lecture

              Le jeu consistant à juxtaposer des «  Dernières phrases «  pour en faire un tout cohérent fonctionne aussi bien qu’avec les » Premières* phrases «  

 

                        Certains auteurs , comme , par exemple , Camille Laurens ,commencent la rédaction de leurs œuvres par les dernières pages .

                                   7)Le dernier mot pouvant figurer dans un dictionnaire de langue française  commence forcément par la lettre «  Z «   … 

                                   8)La dernière page de garde * blanche d’un ouvrage est souvent utilisée par des lecteurs pour y inscrire des notes permettant de retrouver rapidement un passage du livre concerné .

                                   9)Dans les milieux de la presse et du journalisme a cours une superstition*  proscrivant le mot  «  Dernier « lorsqu’il est   employé avec le sens de »le plus récent  » …sans doute pour conjurer le mauvais sort qui fait craindre que la livraison ainsi qualifiée ne soit l’ultime ….ce qui , toutefois  peut être combattu  en suivant la recommandation que  Karl Kraus  énonce dans «  Dits & Contredits  « : «  On doit à chaque fois écrire  comme si l’on écrivait pour la première et la dernière fois «  (Traduction de 1993)

 

                                   10) La dernière édition publiée du vivant d’un écrivain  présente un caractère particulier pour les bibliophiles si ,revue par l’auteur  , elle a acquis la qualité d’ «  édition définitive* « 

                                  

 

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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 09:34

 

IMAGINAIRE                                                                                                     

                                   1)L’imaginaire tient une grande place dans le domaine du livre puisqu’il est à l’origine de toutes les œuvres de fiction *.

              Toutes les nuances de l’imaginaire sont représentées dans la littérature de l’imagination raisonnée  à celle,débridée voire pathologique et, que certains ont nommé «  Folle du logis « ,            des «  Fous littéraires «            

                                2)Il existe  des lieux * d’édition  ,des auteurs,des bibliothèques  et même des livres ou  des imprimeries et librairies  imaginaires :

                                   -Les lieux d’édition imaginaires sont souvent utilisés pour les ouvrages pornographiques ( “ Au Vatican  “ par exemple ...)  

                                   -Les  auteurs imaginaires sont souvent inventés de toutes pièces par des orateurs ou écrivains désirant faire une citation  et qui ,plutôt que de procéder à une fastidieuse recherche inventent l’œuvre et l’auteur ...ce qui , d’ailleurs passe souvent inaperçu …

                                   -Rabelais cite dans ses œuvres , et particulièrement dans la description de la bibliothèque de saint Victor un nombre impressionnant de livres imaginaires  qui  ont d’ailleurs alimenté des controverses , certains exégètes ,dont le célèbre Gabriel Peignot , estimant que certains d’entre eux  avaient existé .

              Parmi ces livres rêvés on peu citer : “ L’encensoir fumant des pensées mystiques de la bénite éternité “ , “ La Seringue spirituelle “ , “ La Savatte d’humilité “ etc..etc ...

 

              Mais bien d’autres auteurs ont agi ainsi  comme , par exemple José Luis Borgès ,lorsqu’il cite  « Certaine encyclopédie chinoise « intitulée  «  Le marché des connaissances  bénévoles « 

 

              

                                   -Certains bibliomanes * se sont plus à imaginer des bibliothèques aussi idéales qu’improbables  et la chose donna parfois lieu à de véritables canulars comme , par exemple , l’annonce en  1840 de la vente de la bibliothèque du comte de Fortsas dont le catalogue ne contenait que des œuvres inconnues et non référencées...vente qui fut naturellement annulée ....         

                                   -Il existe des  bibliographies des ces lieux d’édition ,œuvres et auteurs imaginaires comme , par exemple l’ “ Essai sur les bibliothèques imaginaires  “  ,« Imprimeurs imaginaires et libraires supposés «  (1866) “ Recherches sur les imprimeries imaginaires,clandestines et particulières.... “ de Pierre Gustave Brunet (1879) , «  Musæum clausum or bibliotheca abscondita «  de Thomas Browne ( 1686) ou le récent «  La bibliothèque invisible «  (Sandre- 2014 )qui en recense plusieurs centaines

                                   -Certains auteurs se sont plu à mettre en scène des “ lieux du livre “ imaginaires comme la “ Bibliothèque de Babel  “ de José Luis Borgès ....

                                   -On ne peut pas non plus passer sous silence les “ livres  total *...de sable *...restant à écrire ...ou les livres mythiques tels le «  Nécronomicon * «  ou le traité des « trois imposteurs-* «  etc ...” qui , tous alimentent les phantasmes ...

 

                                   À la frontière du réel et de l’imaginaire figurent les éditions d’œuvres réelles  annoncées mais jamais parues et  parfois nommées «  Ptyx* «   , les éditions imaginaires d’ œuvres existantes mentionnées dans des romans et les œuvres faussement «  Traduites de … »pour masquer leur véritable auteur .

 

                                   Et que dire de la démarche  de Paul Masson qui , constatant l’indigence du catalogue de la bibliothèque nationale en matière de livres en latin du xv° siècle en inventa un certain nombre  afin de faire illusion sur le catalogue …. 

                                   3)Certains auteurs se sont interrogés sur la  possibilité d’une formulation mentale écrite de la pensée et sur la forme qu’elle pouvait prendre ...

                                   Il apparaît qu’elle existe bel et bien et que l’on peut tout à fait  se représenter sa pensée sous la forme écrite , la forme de cette écriture devant être aussi variée que le nombre des penseurs ...majuscules ? minuscules ?...cursive ?...Helvética ?...Abrial ?....

                                   4) Dans le cadre des  “ Rites de  passage “ ou des “ Bizutages encore parfois en vigueur dans certains milieux on rencontre des objets imaginaires en rapport avec l’écrit   qui n’ont été créés que pour envoyer un néophyte à leur recherche qui ,faut-il le dire ,reste toujours  vaine ...

              C’est ainsi que l’on rencontre les compas “ à trois pointes  “ et “ à volutes  “ chez les architectes et , chez les typographes*,  la “ Caisse à bulles  “ , et les “ Machines à cintrer les guillemets ou à gonfler les cylindres  “ 

                                   5)Pour les besoins du récit certains auteurs ont inventé des écritures imaginaires parfois très élaborées

              C’est , entre autres , le cas de Tolkien qui , dans “ Le seigneur des anneaux  “ a inventé  les  écritures : “Tengwar  “  , “ Tiw  “ , “ Certhar  “,  et “ Cirth  “

                                   6)Un genre particulier est constitué par les “ Lettres imaginaires  “ supposées avoir été échangées entre des personnages ayant vécu à des époques très différentes .

              Par exemple , Pétrarque rédigea en 1345 une lettre à Cicéron  puis diverses autres adressées à Quintilien , Varron , Tite-Live, Sénèque,Virgile etc ...lettres faisant l’objet  d’un recueil intitulé” Antiquis illustrioribus  “ qui constitue le dernier livre de  son  “ Rerum familiarium libri

              Le genre n’a pas totalement disparu et , parmi d’autres , on peut citer “Lettres imaginaires d’un thélogien à Karl Marx  “ de K.Blaser ( 1989)

                                   7) Il est fréquent que des lieux, en particulier des îles, imaginaires figurent sur les portulans * anciens qui , se recopiant tous ont perpétué  ces erreurs  mais les lieux et pays imaginaires sont encore bien plus nombreux dans les œuvres de fiction dont les auteurs se sont plus à inventer des pays en détaillant de façon très précise leurs lois et  coutumes …avec , parfois , le but non avoué de critiquer les usages de leur propre pays .

                        L’archétype de ces œuvres est à coup sûr  «  Les voyages de Gulliver « (1726) de Jonathan Swift  qui , outre l’universellement connu «  Lilliput »  met en scène  Brobdingnag,Laputa,Balnibarbi,Luggnagg,Glubbdubdrib,et Houyhnhnms …

                                   Le «  Guide de nulle part et d’ailleurs «  (Fanal -1981) recense plus de 500 auteurs,qui d’ Abdalles à Zuy en passant par Atvatabar,Banza,Bélesbat,Brigalaure ,Camphrée,Chaneph, Digitopolis ,Émanglons , Evarchia Frislandia,Granlable,Isaura,Jukan, Karkar ,Lodidhapura, Maïna,Minuni, Nutopia,Phyllide,Protocosme,Quarll, Rerek, Samarah, Seldwyla,Teutoburger, Tropdiceulx,Utumno,Vendchurch,Waferdanos ,Wathort,Xexotland, Xujan,Yluana,Ys, Zanthodon , Zenda ,Zuvendis ont inventé plus de 2000 pays fictifs  dans un millier d’ œuvres .

                                   Voici ceux qui ont, à un titre ou un autre, des  rapports proches ou lointains  avec la chose écrite  :Babel*,Dictionopolis*, Digitopolis*,Eudoxie*,Gynographie * ,Jerimadeth*,Kloriole *,Maïna*,Meccania*,Sac* à Papier ,Perla*,Île de philosophes ,Piquécoud*,Île de la poèsie * ,Prospero*,Ptyx*,Saknussem*,Sanor*,Château sans* nom ,Sévarambe *,Shangri*-la,Spoon* river,Thélème*,Uranopolis*,Utopie*,Vaserman*,Pays des vieux * papiers ,Villings,Winton * …..

 

              Mais il y en a une foule d’autres  parmi lesquelles  «  Groenkaaf » et «  Manghalour «   défendues par des femmes, les classiques «  Hyperborée », »Atlantide * «  , »Avalon », et autres «  Barouta «  , «  Sérendip* », »Pathan »  , «  Du docteur Moreau «  etc …etc …etc …

                                   Et , pour conclure n’oublions pas « Le pays ou l’on n’arrive jamais «  d’ André Dhôtel (1955) !!

 

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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 09:00

TEINT

              Les expressions «  Grand teint » et «  Bon teint «  issues du domaine textile et aujourd’hui un peu oubliées, furent largement utilisées autrefois  dans d’autres secteurs ,et notamment dans celui de l’écrit, pour désigner des valeurs sûres ou des livres à succès et c’est ainsi que Flaubert dans une lettre de 1862 à son éditeur Michel Lévy  écrivait : « Rappelez vous aussi que je vends ” Bon teint “ « 

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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 08:58

TAVERNE 

              1)Les tavernes anciennes ont joué un rôle  analogue à celui des cafés *(Voir à ce mot )  dans l’élaboration des œuvres de certains auteurs.

               Les tavernes de la “Pomme de pin “près du pont Notre-Dame  , “ La Mule “, “ Les Trumelières  “, »L’abreuvoir Papin «  , «  Les halles «  , “ Le Cheval blanc  “ , “ Le Grand Godet  “ au temps de Villon et de  Rabelais,,la “Croix de lorraine “ , le “Mouton blanc “,la “ Fosse aux lions “  le  “Procope” virent Villon , Rabelais et bien d’autres y séjourner et y écrire ...

              2)Au XV° siècle on nommait “ Contes  * de taverne “ des récits imaginaires analogues à nos contes actuels , le mot “ Conte  “ employé seul désignant à cette époque un récit de choses vraies ...

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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 08:54

 

TATOUAGE    

                                   Catégorie particulière d’écrit consistant  à «  tatouer «(on dit parfois «  Encrer «  ou anciennement «  Matacher * «    ) des  inscriptions   indélébiles nommées «  Tatouages «  ou , anciennement « Tattow « ,à même la peau d’un individu à l’aide d’encres spéciales , d’aiguilles ou d’un instrument nommé “ Dermographe  * 

                                    La question de savoir si les tatouages doivent être considérés comme une écriture s’est posée très tôt et , déjà en 1838, l’ingénieur hydrographe Svincendon Dumoulin écrivait à leur propos : « Les chefs …se font remarquer par le nombre et la complication de ce genre particulier d’hiéroglyphes * dont les signes paraissent avoir quelque signification .. » ….phrase qui paraît bien indiquer qu’il considérait le tatouage comme une réelle écriture .

                                    Dans certaines civilisations anciennes l’art du tatouage a été très répandu (Chine antique ,Egypte ,Pictes, Gélons de la mer noire , Maoris,peuplades africaines utilisant l’écriture « Nsibidi *»   par exemple) et l’on y a souvent attaché une connotation magique,le but recherché étant de se protéger des maladies , des influences néfastes etc ...

                                     Lors des grands pèlerinages du Moyen-Âge des tatoueurs officiaient pour inscrire  des images  pieuses sur le corps des pèlerins qui le souhaitaient .

                                     Les motivations sont religieuses , culturelles (mode ) ou  superstitieuses car certains sujets sont réputés bénéfiques : c’est ainsi que , dans la marine américaine , un cochon et un coq tatoués sur le pied gauche sont réputés  protéger de la noyade , le tatouage prenant alors valeur de talisman * .  

                                    Certains tatouages sont obtenus sans encre  à l’aide de scarifications dont la cicatrisation laisse une trace .

                                   Hormis les cas ou le tatouage est culturel  et  représente un rite  social , il a été  souvent  considéré comme la traduction d’un manque de maturité affective mais , la vogue actuelle dont il bénéficie amène à tempérer fortement ce jugement .

                                   Si l’art du tatouage a suscité de nombreuses recherches ,l’art d’en enlever les traces (“ Dermabrasion  *   “ ) n’est pas demeuré en reste et nombreux furent les procédés plus ou moins efficaces proposés pour les effacer ...

                                  Certains proposaient la superposition d’un second tatouage à la poudre de marbre rose ,d’autres un brûlage à l’ammoniaque suivi d’un raclage chirurgical  .....

                                 Malgré l’apparition de moyens plus modernes comme le “ Laser Alexandrite  “ l’effacement d’un tatouage demeure toujours une délicate et aléatoire opération  !

                                  On rencontre fréquemment l’anglicisme  “ Tatoo”   pour le désigner .

                      La désignation maori traditionnelle «  Moko « a eu cours dans les années 30  comme en atteste le roman de Henri la Barthe alias - Ashelbécé – « Pépé le moko «(1931)  mais on ne la retrouve plus guère à présent que dans les enseignes ou les raisons sociales des tatoueurs ,parfois d’ailleurs associée à l’appellation anglaise sous la forme «  Mokotatoo »     

                                 La présence de tatouages de qualité a parfois suscité l’écorchage du porteur après son décès en vue de l’utilisation de sa peau *(Voir à ce mot )  décorée comme œuvre d’art , pour relier des livres etc ...

                               Si , en général , les amateurs ont attendu le décès naturel du porteur il a existé quelques circonstances ou ce ne fut pas le cas et ou ce décès fut avancé par meurtre , les cas extrêmes s’étant semble-t-il produits dans  les camps d’extermination nazis ou la peau de  victimes soit déjà tatouées , soit tatouées avant passage au crématoire  fut récupérée ...

                                

                                     Léonardo Vergani rapporte que lorsqu’ils étaient enfants , Dino Buzatti avait coutume de dessiner des tatouages à l’encre sur ses bras .

                                    Outre «  Moko * «  originaire des régions maories déjà signalé on peut rencontrer certaines appellations vernaculaires comme , par exemple, “ Hadda * » qui a cours dans    la région de l’Afar éthiopien  ( * : Voir à ces mots )

                                   Une forme particulière de tatouage a été utilisé vers les années 20 par certains hopitaux américains  pour marquer les nourrissons afin d’éviter des échanges intempestifs .

                                     Ces tatouages étaient réalisés par insolation de la peau du dos à l’aide d’une lampe de Wood et  au travers d’un pochoir * portant un numéro d’ordre : on provoquait ainsi un “coup de soleil “ artificiel dessinant le numéro et s’effaçant naturellement en une quinzaine de jours ...

                                    Dans l’argot des prisons du XIX° siècle on nommait «  Dessinateur * «  le préposé aux tatouages .et dans l’argot «  Classique «  plus récent on parle de «  Bouzillage « ,de «  Bouzilles «  et de « Brodancheur de cuir « 

              ( * : Voir à ces mots )

 

                                   Les tatouages  étant collectionnés par certains amateurs  on peut s’interroger  sur ce type de «  collection «  qui , outre l’impossibilité de l’échange , impose l’attente du décès du porteur  et , à ma connaissance , ne porte pas de nom…. La pratique la plus accessible paraissant être la collection de photographies de tatouages …

 

                               On n’a que peu d’éléments concernant les écrivains et «  Gens de lettres «  qui furent ou sont  tatoués et   il semble que les anglo-saxons soient plus nombreux : Rick Moody,Chian Mieville,John Irving...et sans doute bien d'autres ...j'attends vos précisions !!

 

                                  Pour le domaine français , il dut y en avoir peu si l’on se fie à ce qu’en dit récemment  Patrick Besson dans l’éditorial d’un grand hebdomadaire : «  Les écrivains ne se font pas tatouer,ils préfèrent écrire. C’est plus facile à déchirer «  et l’un des rares à l’avoir été et à l’avoir revendiqué est Henry Charrière  dit «  Papillon «  en raison du tatouage qu’il portait….mais il y en eut sans doute d’autres … . QUI EN SAIT PLUS ??

 

                                   Quelques œuvres littéraires ont  mis en scène le tatouage : , «  La peau de Chagrin «  D’Honoré de Balzac (1831), «  Vénus Anadyomène « d’ Arthur Rimbaud (1870) «  Pépé le moko «  de Henri la Barthe ( 1931) « Je te retrouverai » de John Irving (2005), « Just Kids «  de Patti Smith (2010),…et ....et ....et ....???

                            

 

                                   Le tatouage littéraire consistant à se faire tatouer un extrait d’un œuvre littéraire , une pensée ou un aphorisme d’un grand auteur est une pratique ancienne qui ,après être  restée longtemps confidentielle   ,manifeste un regain très net de vogue …Harry Potter faisant figure de best-seller en la matière …

 

 

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 10:06

KLEENEX

              Marque commerciale de mouchoirs jetables en papier  dont le nom est devenu commun (un Branduit *...) pour désigner toute autre sorte  de mouchoir de ce type .

              Le Kleenex peur être un support de divers écrits , essentiellement publicitaires mais aussi jeux,quiz, culture etc …mais ,employé en matière de chose écrite , le mot sert surtout à désigner un écrit très éphémère jeté aussitôt lu  .

              Si c’est nativement  ,la vocation des écrits publicitaires  qui ont rempli leur but dès que leur lecture a été effectuée ,ou de certains écrits étroitement liés à un évènement particulier  (compétition , campagne électorale ..)il n’en va pas de même  des autres genres  pour lesquels le qualificatif devient très péjoratif ….

            L’anglicisme «  Kleenex-news «   se rencontre parfois pour  stigmatiser la volatilité et l’absence de suivi  des « nouvelles «  privilégiées un jour par les médias et abandonnées dès le lendemain

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 09:58

KITSCH    

                                   Le mot désigne un ouvrage laid * ou  de mauvais goût (les moins «  langue de bois *«   disent “ Gueulard  *  “ les autres  , par antiphrase , «  Doré sur tranches * «   ) ,au décor outrancier,pompier  *  ,présentant des surcharges,des fanfreluches *,mal fini ,inauthentique :tout ce qu’il faut pour faire fuir un bibliophile sauf si celui-ci recherche justement  ce type d’ouvrages en raison de leurs outrances !

                                   Ce mot allemand désignant  l’action de ramasser la boue dans les rues commença à être employé  vers 1870  avec le sens de  “ Bâclé “  ou “ Faire du neuf avec du vieux ...”  et il semble avoir été introduit en France  par  Abraham Moles  à propos d’un essai  sur la déviation de la sensibilité dans les arts plastiques publié par la maison Mame à Tours .

                                   Après une première  éclipse il reparut dans les années 30 ..et disparut à nouveau pour revenir d’actualité de nos jours .

                                   Plutôt destiné aux objets matériels on le rencontre pour désigner le décor ou la reliure d’un livre mais il peut aussi  qualifier des œuvres littéraires  présentant ces caractères .      

                                   On peu lire aussi les qualifications approchantes anciennes  de “ Billebarré  *  “ et “ Riolé * -piolé  “ ou, plus récente mais inusitée  de “ Coruscant *   “ ou encore l’américanisme “ Camp   *  “  et le québécisme “ Quétaine  *  “ et le néologisme  «  Bling-Bling *

                                   Léon Paul Fargue dans “ Le Piéton de Paris  “ utilise le mot comme synonyme de “ Chromo * 

                                   Il faut remarquer que la notion de kitsch n’est pas exempte de la forme de snobisme* poussant à mépriser de façon systématique ce qui rencontre le succès et l’estime populaire …ou , au contraire , à le promouvoir ostensiblement dans une démarche au second degré .

                                   C’est ce que pratiquèrent certains hommes de lettres comme , par exemple , Courteline , qui avait rassemblé  une invraisemblable collection  d’objets de mauvais goût : chromos*,presses-papier ,vases etc ….et que pratiquent encore certains qui , au cours de leurs voyages s’efforcent de trouver pour leurs amis les cadeaux les plus kitsh possibles

 

                                            Et que l'on veuille bien me pardonner si  certains mots sélectionnés dans ce blog paraissent " Kitsch"....ils ont eu leur heure de gloire et dorment à présent dans les vieux dictionnaires ....pourquoi ne pas leur redonner une éphémère vie ?...

 

 

 

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 09:53

KIOSQUE                                                                                               

              Petit édicule ou l’on vend des  journaux et ,aussi,des livres;dans les grandes villes leur nombre est relativement stable :initiés par la maison Drouant il y en avait il y en avait 350 à Paris vers 1880…et actuellement il y en a plus de 300…

              Les kiosques sont appelés “ Aubette “   par nos voisins Belges et «  Banchis »en Italie …

              L’un des tous premiers fut installé par l’anglais W.H. Smith  en 1848 dans la gare londonienne de Euston ..

              Le terme “ littérature de kiosque “ désigne de façon un peu méprisante toute la littérature populaire ,et d’une façon générale les livres vendus bon marché...on rencontre parfois son synonyme “ Littérature de gare  * “ tout aussi peu flatteur ...

            Certains libraires parlent de « Syndrome du kiosque à journaux «  pour stigmatiser la rotation trop rapide des livres imposée par le système de l’office *

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 09:39

   KEEPSAKE  ou KEPSEAKE   

                                   1)Album* ,généralement donné en cadeau ou en guise de souvenir,et présentant  des extraits d’œuvres romanesques,des gravures*,des nouvelles* des poésies etc..

             

              Le fait qu’ils souvent  édités en fin d’année  à l’occasion des étrennes les apparentent aux almanachs  avec cependant la très grosse différence, que ,contrairement à ceux-ci , ils étaient le plus souvent luxueusement reliés et ne présentaient pas de renseignements pratiques.

              On peut cependant signaler un cas d’almanach  présentant à la fois toutes les caractéristiques des deux genres : il s’agit de «  La brise du nord «   de 1858 édité  en France par « L’agence polonaise «  à destination des polonais émigrés et qui ,édité sur beau papier à bords dorés  et illustré par Johannot , se voulait «  Archi-ravissant « ….

                    De formats très variés, et souvent  en étui* ces livres qui étaient ,avant tout ,destinés à être offerts ,ont eu une très grande vogue  au début du XIX° siècle, certains éditeurs , tel Janet, bâtissant leur réputation sur ce genre d’édition .

                       Victor Hugo le mentionne en 1817  dans “les Misérables”, sans doute sous sa forme anglaise ,  mais il semble avoir été introduit en France vers 1832 par le relieur Boutigny  qui s’en fit une spécialité et contribua à l’essor du genre  ,qui de cette date à 1848, connût plus de cent éditions diverses .

                       Ils  semblent , à leurs débuts, avoir surtout comporté des illustrations ,certains d’entr’eux , les “ Albums de présent  *  “ ,ne comportaient même que des gravures  d’autres se spécialisant dans un thème déterminé  comme , par exemple ,  Keepsake religieux , maritime ou régionaliste .

                       La mode en était venue d’Angleterre et s’était répandue en France et en Allemagne (ou existait déjà un livre analogue : le “ Taschenbuch * ”)        

                       Le nom vient de la contraction de la mention imprimée “To keep for somebody’s sake” =”À garder pour l’amour de quelqu’un” à la suite de laquelle on inscrivait le nom du donateur* mention qui paraît inspirée du vers de Shakespeare : “ Keep this remembrance for thy Julia’s sake  “ (Julia à Proteus in «  Twoo gentlemen of Verona »-1590- Acte II,Scène II)

                       Les plus grands noms de la littérature romantique ont collaboré à ce genre ainsi d’ailleurs que les grands illustrateurs de l’époque.

                       Le Keepsake est un bel exemple d’alliance réussie entre les divers arts du livre:littérature,reliure,illustration,typographie etc...

 

                       Son succès fut tel qu’on en dénombrait plus d’une centaine entre 1832 et 1848 ,certains d’entr’eux abandonnèrent leur caractère de pèle*-mêle pour se spécialiser dans un thème particulier comme par exemple le «  Keepsake d’histoire naturelle «  de Achille Comte paru en 1839 chez Bazouge & Pigoreau,ou « Paris-Londres , Kepsake français » chez  Boutigny (1838)  et quelques autres visèrent à une parution régulière comme “ Le livre d’or  “ de Lassailly auxquels participèrent Hugo,, Balzac ? Sandeau , Gautier , Dumas etc ...et qui n’alla pas au delà de sa  troisième livraison            .

                       Un exemple particulier concernant de très prés le sujet qui nous occupe est « Le livre de demain «  de Albert de Rochas qui , dans son édition de 1884 ,était imprimé sur 46 papiers différents  ,traitait des « arts du livre «  avec des textes de Mistral,Coppée,Verlaine etc …et comportait un catalogue d’échantillons de papiers

                       Les Keepsakes ont continué à exister,de façon marginale toutefois,jusqu’au début du XX° siècle.

                       Par exemple en 1914 l’éditeur Payot en éditait un intitulé “Étrennes merveilleuses” dans lequel les keepsakes en général étaient qualifiés de “Précieux colliers de perles de nos bibliothèques”et ou celui-ci en particulier était gratifié de la mention:”Écrin de bijoux littéraires et petit trésor de science et de bonheur”

                       Flaubert n’a pas manqué de relever les lieux communs à ce  propos ,et l’on peut lire dans son “ Dictionnaire des idées reçues   “ :” Doit se trouver sur la table d’un salon  “

                       Il n’y a pas de véritable équivalent français à cet anglicisme si ce n’est “Album-souvenir “ et  des néologismes tels que “ Recœil “ , “ Égarde “ ou “ Admiroir   “     proposés par quelques auteurs .

                       En anglais on rencontre parfois les appellations “ Remembrance  “ et “ Forget me not   “  .

                       Une forme particulière de Keepsake est constituée par le «  Lanscape* » de même présentation mais consacré à la description d’une région ou d’un pays .

 

                       Par comparaison , certaines éditions soignées de textes littéraires ont été qualifiées d’ » Éditions Keepsake «  comme , par exemple l’édition illustrée  de « Notre dame de Paris  «  de Victor Hugo  éditée par Eugène Renduel en 1836. se caractérisent par un décor de reliure comportant de grands décors  très ornés et une abondante illustration.

                       

                        Les  orthographes du mot «  Kepsake «  , « Keapsake « peuvent être rencontrées et  le langage populaire s’est parfois emparé du mot en le déformant en «  Kepsike «  ….

 

                                                            2)L’expression «  Figure de Keepsake « eût un temps cours pour désigner une jeune fille à la mise  très apprêtée , prenant des poses alanguies ou des attitudes «  romantiques «  analogues aux gravures des Keepsakes .

 

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