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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 08:20

BOUQUINISTE         

                                    L’appellation qui ,au départ, désignait indifféremment marchand et acheteur de vieux livres  est  apparue pour la première fois en 1723 dans le «  Dictionnaire de Savary « . avec le sens restrictif de  « libraire faisant  le commerce des livres anciens ou d’occasion »

                                    Elle  avait été précédée par les termes de “ Colporteur  *  “ , “ Mercelot  *  “, “ Étalagiste  *  “ , «  Étalant * «  ou «  Libraire en vieux « et fut inscrite  au dictionnaire de l’académie dans l’édition de 1798 (rédigée en 1793)

                                   Le bouquiniste ne s’occupe ,en principe ,que de livres de qualité courante et de peu de valeur;le marchand plus spécialisé se nommant “Libraire en ancien *  “

                                   Sans être nommée de la sorte , la profession est ancienne puisqu’ Aulu Gelle en fait déjà état au II° siècle : »J’apercus exposés un lot de livres à vendre ….ils étaient souillés par le temps et dans un triste état …j’achetai pour presque rien un grand nombre de livres … » et qu’un commerce de livres rares ou épuisé est signalé à Lyon  dès l’époque romaine ….

                                   En France ,l’ancêtre du bouquiniste est le libraire étalant* dont les premières traces apparaissent au XVI° siècle;un décret du 27 Juin  1577 les assimila  aux larrons et aux recéleurs .et un autre de 1628 voulut les chasser du Pont Neuf  ce qui provoqua une levée de boucliers de leurs défenseurs dont certains composèrent en leur honneur des quatrains du genre de celui-ci :

                                   Ces pauvres gens chaque matin

                                   Sur l’espoir d’un petit butin

                                   Venaient dresser un étalage

                                   Qui rendait plus beau le passage

                                   Le terme peut aussi désigner l’amateur recherchant des livres anciens,mais dans ce sens il est vieilli.

                                   Une catégorie célèbre de bouquinistes est celle , officiellement reconnue depuis le 10 Octobre 1859,tenant étal sur les quais* de Paris ....(Voir ci-dessous )

                                   La bouquinerie est une profession très individualiste et il en existe presqu’autant autant de sortes que de bouquinistes qui la pratiquent  :

                        -Boutiques au  bouquiniste disponible , disert et compétent et à l’ accueil souriant comme celui décrit  par Léon Paul Fargue :“L’atmosphère y était érasmique ,seizième siècle en diable , et de haute et cordiale intellectualité ...”

 

                        -”Tours d’ivoire “ n’ouvrant que de temps à autre et pour de très brèves périodes ...

                        -Échoppes sinistres et sombres au fond desquelles le bouquiniste fait penser à une araignée tapie au fond de sa toile .

                        -Sanctuaires rutilants ou le modeste amateur ,toisé d’un coup  d’œil hautain  , est accueilli   avec morgue et condescendance et  muettement invité à passer son chemin ..mais il s’agit plutôt là de “librairies en ancien “ ...

                        -Amoncellements et pyramides d’ouvrages  rendant la progression et l’examen des livres trés difficiles ....nous avons connu une librairie,au demeurant pleine de charme ,  tenue par la petite fille d’un célèbre peintre surréaliste  ou l’on se retenait presque de respirer de crainte de  déclencher une avalanche  cataclysmique de livres   digne de la bibliothèque du   “ Chateau des sortilèges “ de Serge  Brussolo...

                        -Bouquinistes à l’air désabusé qui vendraient aussi bien autre chose,pour qui le livre n’est vraiment qu’une marchandise et qui , devant un ouvrage  au prix non marqué  , jaugent non le livre mais l’amateur pour finir par lâcher un prix fonction de la richesse supposée de celui-ci ...

                        -Bouquiniste excédé par les “ Flanelles * “ et qui est devenu allergique à tous ceux qui osent toucher un livre en rayon sans l’acheter..

                        -Bouquinistes forains à l’humeur couleur du temps ...et parfois maussade même par grand soleil ...!

                        -Bouquinistes d’occasion qui surcotent un “ nanar * “  et laissent une édition originale sous la pluie ....

                        -Il y en eût même d’anarchistes comme ce Paul Delasalle bouquiniste rue Monsieur le Prince qui,en 1894, posa une bombe au restaurant Foyot , crevant un œil du poète Laurent Tailhade qui y dînait

                        -Certains , tout en les fréquentant, les ont considéré avec une certaine condescendance comme lorsqu’ en Juillet 1857   les frères Goncourt qualifient dans leur journal Anatole France de «  fils d’un bouquiniste « 

 

Les bouquinistes qui ….et que …. ...et dont ....ils sont des milliers ! et que leurs défauts ,leurs qualités, leurs tares et leurs travers ne nous fassent pas oublier qu’ils sont les artisans de notre plaisir  et ne retenons que ces  quelques appréciations : “ ...Je tiens les bouquinistes pour les êtres les plus délicieux que l’on puisse rencontrer....”( Léon Paul Fargue), «  Ce sont des marchands d’esprit «  ( Anatole France ),les ouvrages qu’ils vendent sont «  Les catacombes de la gloire «  (Balzac)

 

Plusieurs bulletins ou journaux traitant des livres ont porté  ce titre comme par exemple , «  Le bouquiniste français «  …

             

Bien que notre propos ne soit pas de rédiger un ouvrage polyglotte , peut-ête n’est-il pas inutile de signaler les appellations du bouquiniste  allemandes : «  Büchertrodler «   et anglaise «  Keeper of bookstall »?

 

Pour conclure signalons la classification qu’en faisait  Paul Lacroix alias le «  Bibliophile Jacob «  qui en distinguait 3 classes :

 

           -Les «  Bouquinistes à la mode «  pratiquant un certain élitisme et s’efforçant de suivre les goûts et extravagances de l’époque  et pratiquant  leur activité dans une boutique rutilante et   volontiers sanctuarisée .

 

           -Les «  Bouquinistes de la vieille roche «  retirés dans le passé  , ne vendant que des livres anciens « Plus et non mieux sentans que baume « comme aurait dti Rabelais ,  en privilégiant leur  contenu et en étant très peu exigeants sur  leur état.

Recherchant le contact des amateurs ils le  favorisent en installant parfois un véritable salon ,ancêtre des «  Libraities à chaise * «(Voir à ce mot :*)  , dans leur  échoppe qui faute de moyens financiers est souvent située dans un taudis …

               

                                   -Les «  Bouquinistes avares «  qui ne se défont de leurs ouvrages qu’à grand peine et à prix d’or car le livre demandé par l’amateur est justement toujours celui-là même qui leur est indispensable ou qu’ils s’apprêtaient à relire …

 

                                   Si l’on glose des bouquinistes  le plus souvent concernant l’achat de livres par l’amateur , il ne faut pas oublier que le bouquiniste doit s’approvisionner en achetant (certains disent que c’est là le plus difficile ..)et , que dans ce domaine aussi règne  une grande variété de pratiques  et de l’achat en lot «  à la toile* «  , à l’achat au singulier  en passant par l’achat de bibliothèques entières ou de fonds de librairies défuntes  la variété des pratiques est grande , comme est grande la diversité des prix offerts au vendeur…

                                   En cette dernière matière la palette est étendue entre le bouquiniste qui offrira  un prix correct lui permettant  une revente  avec un juste bénéfice et  celui qui osera proposer un prix scandaleusement  bas pour un ouvrage que l’on reverra dans ses rayons  à un tarif  plus que décuplé , toutes les nuances intermédiaires pouvant se rencontrer ….

 

                                   2) Le mot a parfois fait l’objet de détournements cocasses ou de pataquès * comme , par exemple lorsque San Antonio parle de “ Jardin bouquiniste “  

 

 

 

 

QUAIS                                                             

             Les quais de la Seine à Paris sont depuis très longtemps voués au commerce du livre d’occasion et les bouquinistes* y installent leurs boites* sur des sections de quai de huit mètres concédées par la ville de Paris....

 

            En estimer l’évolution du  nombre est difficile car les documents sont parfois  contradictoires ..

                                  Le plus ancien dont la tradition ait retenu le nom est Nicolas-   Louis Achaintre qui exerçait vers 1815 face à l’institut .

                                -En 1857 ,Théodore de Fontaine de Resbecq dans ses “Voyages littéraires sur les quais de Paris ,lettres à un bibliophile de province “    dénombra 1020 boîtes*   du quai d’Orsay au quai de la Tournelle et estima le nombre de livres ainsi présentés à la vente à  76500,mais la même année ,d’autres documents parlent de 68 bouquinistes ( 55 rive droite , 11 rive gauche et 2 dans l’île de la cité ...)

                                Les chiffres vont ensuite en augmentant : 75 en 1865,88 en 1868 ,156 en 1892,204 en 1920,235 en 1942,228 en 1950,230 en 1956,244 en 1993,242 en 2004 , 217 en 2009, 250 environ en 2014….

                               

  La ville de Paris a dés les débuts perçu une taxe annuelle qui s’élevait à la fin du XIX° siècle à environ 50 francs soit à peu près 350 €  en valeur 2009

                                Le fait que la plupart d’entr’eux disposent de quatre boites de deux mètres de longueur (et de 60 cms de hauteur côté Seine et 30 cms côté quai ..)à donné naissance à l’expression “ Faire ses huit mètres  “ pour désigner le métier .

                                Bien qu’ils aient été plus nombreux par le passé  les libraires des quais constituent  encore un point de passage obligé pour l’amateur...qui n’y trouvera sans doute pas de pièce très rare mais à coup sûr du plaisir tout au moins chez ceux des bouquinistes qui consentent encore à ne pas emballer leurs livres sous cellophane* !.... la chose n’est ,d’ailleurs , pas si récente que cela puisque , déjà en 1844, Théophile Gautier parlait dans “ Les grotesques  “  des “ Nécropoles de bouquins qui garnissent les parapets des quais “ ....

                                Notons tout de même à la décharge des bouquinistes  que certains «  amateurs «  feuillettent les livres sans aucun soin et que l’exposition en plein air et proche de la circulation automobile est peu favorable à la conservation des livres …       

                                Nombre d’auteurs les ont assidûment fréquentés :Anatole France ,Maurice Barrès,Jules Clarétie,Jean Richepin ou plus près de nous André Malraux … mais aussi Barba, Nodier,Pixéricourt,Didot, Werdet, Lacroix,Hugo,Balzac, Piedagnel,  Uzanne ,Dodeman, …..

 

  Certains les ont célébrés  comme , par exemple ,Léon Daudet dans son “ Paris vécu  “  Dodeman (“ Sur les quais  “ [vers 1920 ] ) et Lanoizelée (« Les Bouquinistes des quais de Paris «  [1956])  qui furent des leurs et de nombreux autres :Advielle, Piedagnel, Monselet,Hannoteaux,Franklin,Mac Orlan,Doucet ,etc ..etc  sans compter la foule d’articles de journaux et revues  parus au fil du temps  …citons en quelques extraits :

 

 Léo Larguier écrivait dans “ Roses de papier  “

 

                                “Un écrivain français doit forcément se plaire

                                Dans ce coin ou l’on est de père en fils libraire

                                Ou le commerce est docte et plein de dignité

                                Car,de vendre un beau livre on peut tirer fierté...”

 

                                Ou encore :

                               

“Ainsi que Ronsard je descends vers la Seine

                                Et je vais , feuilletant chez les marchands des quais

                                Un volume égaré , quelque gros Rabelais ...”

 

                               

 

                                « Puisqu’il y a là des arbres et des livres et que des femmes y passent c’est le plus beau lieu du monde ! «

 

                                Verlaine lui-même s’est laissé aller  à chanter les quais dans un sonnet  qui , il faut le dire , n’est pas  ce qu’il a fait de mieux … :

 

                                « Quais de Paris !Beaux souvenirs !J’étais agile

                                J’étais sinon bien riche,à mon aise en ce temps..

                                J’étais jeune et j’avais des goûts très militants

                                Tel un bon iconographibibliophile* «

 

                                La chanson ne les a pas non plus oubliés :

 

                                « J’adore les quais de la Seine

                                La mine sereine

                                Des petits marchands

                                Le calme du vieux bouquiniste

                                Dressant une liste *

                                D’invendus charmants «

                                Lucienne Delyle (« Les quais de la Seine » paroles et musique Jean Dréjac)   

                                 

 

                               

                               

                                D’autres ,inconnus dans la vie ordinaire , ont acquis la célébrité comme «  Bouquineurs * « par leur fréquentation assidue des quais .

 

 

                               

                                Certains bouquinistes des quais ont tenu simultanément boutique , d’autres ,après un passage sur les quais ,s’installèrent  et acquirent la notoriété comme , par exemple ,Michel Lévy,Joseph Gibert,Lucien Dorbon,Clavreuil,Coulet,Rossignol etc …

                                La règle imposée par la ville de Paris interdit durant longtemps aux couples mariés de posséder une double installation…

 

                                On peut regretter que au fil du temps , nombre de ces bouquinistes se soient réorientés vers le commerce des «  Souvenirs de Paris «(Tours Eiffel, gadgets, portes-clés ,copies d’affiches etc ..) plus rentable que la vente des livres anciens qui a tendance à n’être plus pour eux qu’une simple façade tentant de sauvegarder tant bien que mal   le mythe …certains d’entr’eux , qualifiés d’ « ouvre-Boîtes «  par les vrais bouquinistes ne seraient que de  simples vendeurs incompétents en matière de livre appointés par des propriétaires de boîtes qui ne daigneraient plus se déplacer….

                                Les mythes ont la vie dure et , dans l’inconscient collectif, les quais demeurent encore un lieu un peu mystérieux ou il est encore possible de faire un «  Chopin * «  …mais résisteront-ils longtemps aux tours Eiffel dorées » Made in Taïwan « ?...On peut en douter !

                                          

        

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 07:45

 

À l'heure ou nombre d'entre vous sont en recherche du soleil peut-être  est il utile de  rappeler  les rapports que le soleil entretient avec  la sphère du livre et de l'écrit ?....

 

SOLEIL                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    1)Format de papier mesurant:0,60 x 0,80 m

                                                                                                                                                                                        2)En typographie:

                                -”Faire un soleil” consiste à déranger la composition* non encore serrée dans les formes* de telle manière que les lignes s’en écartent comme les rayons du soleil :c’est un début de “ Mise en pâte ” qui conduira le typographe a “Faire du pâté*” ou à “Dépatisser*” !!

 

                                -C’est un jet de plomb de la linotype*...pas toujours anodin pour le claviste ....

 

                                                                                                                                                                                       -Le Coup de soleil  “ est un défaut d’encrage sur une feuille imprimée et , aussi le «  Coup de folie «  du typographe  excédé qui manifeste vivement son mal de vivre .

 

                                3)Défaut d’une héliogravure* se présentant comme un point noir auréolé de blanc et du à un mauvais contact entre le papier et le cliché ou à une impureté.

                                                                                                                                                                                      4)Le soleil figure assez souvent dans les blasons apparaissant sur  des reliures “ Aux armes  *  “  :l’ “Armorial du bibliophile  “ de 1870 en recense dix-huit  sortes  à un ou plusieurs soleils  ....

            Dans les  décors d’enluminure*, ex*-libris et reliure* ses figurations adoptent souvent les codes de l’héraldique :soleil d’or -  éteint – couchant – levant –mouvant – à rayons droits ou ondés – en ombre de soleil –avec visage humain etc …etc …  

            Dans la bibliothèque de la reine Marguerite de Valois il y avait un certain nombre de reliures ornées d’un fer représentant un «  Soleil à visage «  et quelques autres  ornées d’un «  Soleil à œil »

 

 

            Il figura aussi dans de nombreuses enseignes de «  Gens du livre «  comme , par exemple le «  Soleil d’or «  des premiers  typographes Ulrich Géring et Martin Krantz qui officiaient rue saint Jacques à Paris vers 1470.

 

                         5)En 1923   Joseph Soleil  rédigea un “ Livre des instituteurs “dont il dirigea jusqu’en 1961, trente une rééditions et qui , sous une forme un peu différente ,continue à être publié et consulté sous l’appellation devenue commune de “ Code Soleil “ .

            C’est un véritable “ Best *-seller “ pédagogique qui en plus de soixante dix ans d’existence a été entre les mains de tous les enseignants du primaire et dont on peut considérer qu’il a largement contribué à la création et au maintien de “ L’esprit de corps  “ bien connu de cette catégorie sociale

                         6)Le papier “ Marbré Soleil  “ est un papier marbré* dont le décor rappelle le soleil .

 

                            7)Le soleil peut se révéler un très mauvais ami des reliures  qui exposées trop violemment ou trop longtemps à sa lumière sont dites " Insolées * " (Voir ci-dessous ..)

 

 

 

INSOLÉ                                                                                                     

                                1)Défaut ,très courant ,d’une reliure dont la couleur a passé suite à une exposition au soleil....l’exposition des livres au soleil (et aussi à la lune*....) doit être évitée car outre les altérations de couleurs elle peut provoquer des déformations des reliures.

              Le mot est indifféremment employé pour désigner les atteintes dues à la lune et au soleil (difficiles à départager d’ailleurs ...)...s’il fallait absolument un terme pour désigner les atteintes dues à la lune ce pourrait être « Illuné* «qui , bien que rare , existe déjà ou carrément néologique et plus poétique :   “ Inséléné * “...

              Certaines couleurs ,le rouge par exemple,sont moins  sensibles que d’autres au phénomène mais , d’une façon générale ,les couleurs sont dénaturées par les rayonnements qu’elles absorbent c’est à dire par les radiations de couleur complémentaire .

              Le rouge pâlit ou fonce en restant dans sa tonalité , le bleu tourne  au vert ,le vert devient marron etc …

              La détérioration intéresse rarement tout le livre :pour les livres rangés dans des rayonnages , ce sont les dos qui sont insolés , pour ceux rangés à plat  ce sont les premiers plats les choses se compliquant parfois lorsqu’un livre rangé à plat n’a été insolé que partiellement   à cause d’une autre livre posé  de biais sur lui.

              Pour les séries de plusieurs tomes , il est rare que les détériorations soient uniformes car , en fonction de leur position dans la bibliothèque ,certains livres ont été moins exposés que d’autres .

              Les cartonnages * romantiques  très décorés qui étaient d’avantage faits pour être vus que pour être lus ont , presque tous leur premier plat très insolé alors que le second est intact ...

              Tous les ouvrages traitant de la conservation des livres mentionnent les méfaits du soleil …pour n’en citer qu’un seul , mentionnons «  Le caprice d’un bibliophile «(1878)  dans lequel Octave Uzanne écrit : « La chaleur fait peler le vieux veau et dévore la couleur des titres …les feuilles se tordent sous les baisers du soleil … »

              Pour un livre vraiment très détérioré par le soleil on peut rencontrer le qualificatif “ Aduste  *   “ 

              La protection des livres consiste à les soustraire à la lumière solaire directe soit par leur localisation , soit à l’aide de vitrages filtrants soit à l’aide de dispositifs d’occultation comme la “ T G B * ” fut contrainte de le faire dés sa création en raison de la trop grande importances des surfaces vitrées prévues par son architecte ....

 

              L’insolation peut parfois faciliter  l’estimation de l’âge d’un ouvrage et permettre de détecter un faux ou une copie : par exemple, un ouvrage ancien a généralement sa tranchefile * de tête palie par la lumière alors que celle de queue est intacte .

 

              On rencontre sur certains catalogues le terme “ Assolé “qui paraît être une simple déformation de “ insolé “

 

                        2)Le terme est aussi employé  pour désigner l’exposition à la lumière solaire ou autre  pratiquée dans les procédés de reproduction par des techniques Héliographiques*

 

 

 

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 08:43

C'est l'été et Titivillus ,sacrifiant au rite de la plage , s'est laissé ,dans un instant de faiblesse , aller à une réflexion douce-amère ....:

JUILLET

L'été a jeté ses hordes

D'adorateurs du soleil

Aux rivages que bordent

Les masses humaines en sommeil ...

Les villes ,inertes et désertées

Desséchées de lumière

Ont été atomisées

Par ce Juillet qui les enserre ..

Et les murs brûlant emboîtent

Des logements répudiés

Déserts, ombreux et moites

Ou le temps a capitulé ...

Les choses sont en attente,

Pièges tendus et mortels

De lui qui , sous sa tente ,

Naïf, croit l'été éternel !!!

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 08:25

En cette période de vacances ,peut-être , sur la plage surpeuplée , reviendra planer le rêve de l'île déserte .....et , avec lui  ,la mythique question  relative aux livres que vous y amèneriez si vous deviez y séjourner ...

 

L'ÏLE DÉSERTE

                                          )L’île déserte  fait  l’objet d’une réflexion récurrente sur le thème “ Quels livres amèneriez vous sur une île déserte si vous deviez n’en amener que trois  ?(ou dix…ou vingt …) “  qui, posée à des personnalités diverses ,amène des réponses fort variés mais dont le point commun est généralement  de montrer  que la vision qu’ils ont de la vie sur une île déserte est à des années lumière de la réalité insulaire,que, pour l’avoir approchée d'assez près , je jauge avec réalisme   ...

                                       Hormis la bible * ,plébiscitée par beaucoup, de nombreuses réponses font état de livres de poésie ou de romans qui , lus et relus d’innombrables fois  , ne pourraient qu’accroître  la sensation de monotonie inhérente au séjour en milieu isolé : Maurice Garçon , répondant en 1956 à une enquête concernant la «  Bibliothèque * idéale* » avait dit : «  Il n’est pas de chef-d’œuvre dont on ne se lasse… « 

                                      Je privilégierai plutôt pour ma part  des ouvrages encyclopédiques susceptibles ,à chaque consultation , d’entraîner  l’imagination vers  une foule d’horizons nouveaux et de servir de support au rêve...et j’ai en mémoire  l’exemple de Fernandel qui , berger isolé du film “ Crésus “ ,  et possédant  pour  seul livre  le catalogue de Manufrance , l’ouvre avec ravissement  à n’importe quelle page , et s’envole vers des mondes inconnus ou des bonheurs simples comme celui d’imaginer un couteau  au manche “ Finement guilloché “ !

                                     Je ferai donc mienne l’opinion de Maurice Garçon qui dans l’enquête citée plus haut disait : «  Si donc je devais vivre dans une île déserte je sacrifierais le chef-d’œuvre et je n’emporterais que le grand Larousse «  …et il me semble qu’en y ajoutant  le défunt « Quid ? », un dictionnaire des citations ,une anthologie des aphorismes et des proverbes et, comme Fernandel, un vieux catalogue de «  Manufrance « ,  je serais assez bien armé pour combattre la torpeur des  îles !.....et le fait que je vienne tardivement  de découvrir le choix exprimé par Jean d’ Ormesson dans « Histoires de dictionnaire « (p.39 -Robert-2004)ne peut que me conforter dans ces options ! 

 

              Il existe des variantes à cette réflexion et , par exemple, le « TLS » (« Times literary suplement «  ) a lancé en 2004 un concours sur le thème  « Quels livres sauveriez vous si votre bibliothèque brûlait ? « mais d’autres demandent «  Quels livres vous seriez vous appropriés lors du sac de la bibliothèque d’ Alexandrie ? »

 

                 A chacun sa réponse  et bon courage pour votre séjour sur l'île déserte !!

 

 

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 08:18

VACANCES                                                                                                                             

                                   1)Les vacances sont une période privilégiée pour la vente des livres:disposant de d’avantage de temps ,beaucoup de personnes retrouvent l’envie de lire....en privilégiant souvent une littérature facile qui a pu ,ici ou là, être qualifiée de  “Littérature de vacances ou de plage* ”.

              Les livres vendus durant cette période  sont en général des éditions ordinaires mais il ne faut pas oublier que les vacances sont aussi  un temps fort durant lequel           bien des bibliophiles retrouvent une disponibilité leur permettant d’intensifier leur recherche du livre beau et rare....

              Un nombre considérable de livres de toutes conditions changent donc de mains durant les vacances.....qui sont par ailleurs le temps privilégié du «  Livre de l’été * «  et du «  Livre de plage * «  ( Voir ci-dessous )

                                   2)Le mot figure en guise de titre générique d’un certain nombre d’ouvrages de vulgarisation * mettant en scène de jeunes héros découvrant au cours de leurs vacances tel ou tel pays ou telle ou telle science : “ Les vacances d’ Automne des jeunes oiseleurs “ (Jules Clère -1835) suivies de celles de Noël et de Pâques en sont un exemple ....

 

 

LE LIVRE DE PLAGE ....

                                         On appelle “Livre de plage” un livre au sujet facile et romanesque,souvent volumineux,susceptible d’être lu sans grands efforts durant les longues heures de bronzage sur la plage....(mais le “ Livre de l’été * ,ne répondant pas forcément à ces critères, est souvent promu à ce rang ...)

 

                                         Le qualificatif n’est pas réellement flatteur et l’on peut rapprocher le livre de plage du “Livre de gare * ”..

 

                                            La lecture sur la plage n’exclue formellement aucun type de livres ou de littérature....mais on peut remarquer que l’environnement de sable,d’eau,d’huile à bronzer  et le contact d’objets divers dans un  sac de plage font assez  mauvais ménage avec  les belles éditions qui peuvent y subir des dommages irrémédiables.

 

                                             Si  la présence de grains de sable entre les pages d’un livre peut,telle la madeleine de Proust, éveiller tout un monde de souvenirs heureux,il n’en est pas moins vrai que sur le plan de la bibliophilie c’est un très mauvais traitement pour le livre.....et qu’elle ne suffit pas à élever le livre au statut du “Livre de sable* “ de  José Luis Borgès.

 

                                           Georges Pérec , quand à lui posait la question: “ ..un monsieur qui lit sur la plage,est-il sur la plage pour lire ou lit-il parcequ’il est sur la plage ? “  ....

 

 

LIVRE DE L'ÉTÉ 

                                                    Pratique consistant pour les éditeurs à lancer des nouveautés à la veille de l’été (Avril-Mai )en espérant que l’une d’elles sera plébiscitée et deviendra un  best-seller   dit : “Livre de l’été ”....l’existence en  est relativement récente et remonte à 1968  et au succès du livre “Ou tu portera mon deuil”  chez Robert Laffont dans une collection nommée “ Le livre de l’été “ ....une compétition s’est ensuite instaurée entre tous les éditeurs qui , dans leur  choix privilégient d’avantage les critères de rentabilité que la stricte qualité littéraire .

 

                                          Bien évidemment , la plupart  des livres édités dans cette optique font une très modeste carrière et seuls quelques très rares ouvrages accèdent au statut de «  livre de l’été «  ….

 

            Le “ Livre de l’été “ est souvent utilisé comme “ Livre de plage * “ .

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 10:11

RITE                                                                                                                  

                               1)Forme ,variable avec les diocèses, selon laquelle étaient établis les livres d’heures * .

                        Il en existait un grand  nombr différant principalement par la teneur  des  capitules * et des antiennes * de prime et none.

                        L’identification du rite d’un livre d’heures permet de connaître son lieu d’utilisation .

 

                            2)Les «  Rites de passage «  pratiqués lors de l’intégration de novices n’ont pas épargné les professions du livre  et nombreux sont les instruments incongrus que l’on a fait vainement chercher aux néophytes qui , s’adressant à un service ne possédant évidemment pas  l'objet mythique  recherché se  voyaient renvoyés à une foule d’autres tout aussi dépourvus    : “ Compas à volutes  “ “Compas à trois pointes  “  , « Équerre ronde », »Enveloppe ronde pour circulaire* « , »Pompe à gonfler les rouleaux « , «  Boîte de points simili », «  Machine à gonfler les cylindres «  , »Boîte à guillemets «  , »Caisse à bulles «,«  Jugement dernier «le plus récent «, « Code des lois futures « , «  Baume d’acier «  , Machine à cintrer les guillemets «  , «  Pierre à aiguiser le composteur «  , « Huile à effacer les taches «  , « Marteau à enfonçer les espaces fines «  , »Fer à repasser les interlignes «        et autres innombrables  « Vistemboires «  et  objets improbables …

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 10:03

REDONDANCE                                                                                                                       

              Caractéristique d’un texte qui comporte la répétition de certaines notions soit par souci d’en souligner l’importance , soit par défaut de style du rédacteur qui sera alors caractérisé d’ »Ampoulé * «  ,  «  Bling-Bling* «  , «  Kitsch* «  ou de l’obsolète «  Riollé*-Piollé « ( Voir ci-dessous )

              La redondance est inévitable dans certains types d’ouvrages : c’est le cas des encyclopédies dans lesquelles  les nécessaires renvois * amènent  à des répétitions pour en assurer la facilité de consultation à partir d’entrées diverses .

              Le lexicographe doit dans ce cas assurer un subtil équilibre entre le souci d’économie et celui de rendre l’ouvrage agréable à consulter ...et résister à la tentation de gonfler son ouvrage en multipliant artificiellement les entrées ...!

              Certaines écritures anciennes présentent de nettes redondances , c’est le cas , par exemple, des hiéroglyphes égyptiens qui comportaient plusieurs signes différents pour représenter un même objet.

              L’existence de ces redondances a parfois conduit ,dans certaines écritures  , à des condensations ou des abréviations simplificatrices qui les rendent difficilement compréhensibles ( Dans le Slavon * par exemple ...)

              On nomme «  Caractère de redondance « ou « LRC » (« Longitudinal redonding check »)  un ou des  caractères non significatifs ajoutés à un message pour tester  la qualité de sa transmission et détecter les erreurs .

 

 

RIOLÉ-PIOLÉ                                                                                                                    

              Ce mot  disparu qui    désignait une chose aux  couleurs bigarrées et mal assorties  peut se rencontrer (bien rarement cependant ...) appliqué à des illustrations ou à certaines reliures comme celles d’ éditions récentes tentant d’imiter avec outrance les cartonnages polychromes du siècle dernier .

              On disait : “Riolé piolé comme la chandelle * des rois” par comparaison avec les chandelles bigarrées* que l’on brûlait la veille de la fête religieuse des rois.

              Le mot est parfois rencontré  pour qualifier un style ou une œuvre jugés trop voyants ou comportant de nombreuses redondances 

              “Vous m’avez dict ce  langage que j’appelle langage bigarré,langage riolé,piolé,estre le vrai langage courtisan...”(Estienne in “ Dialogues  “ [1578 ] )

 

            

 

              Un synonyme tout aussi peu usité est : “ Billebarré * “ et , plus courants “ Kitsch  * “   “Clinquant  * “ , “ Bariolé  *  “ et “ Coruscant * « 

 

              Le mot « Piolé «  est parfois employé seul…“ comme dans l'exemple suivant :  

 “Ce sont des vers limez,polis,piolez et élaborez “ ( Cholières  in “ 8° matinée “ [1611] ) 

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 09:59

RÉDIMÉ 

              Ce mot qui  signifiait autrefois «  Écraser «  , «  Réduire « et , aussi , «  Sauver par la rédemption «  se rencontre parfois en matière d’écrit pour désigner un document modifié ou amendé   : une «  Charte rédimée «  par exemple … 

              Il était aussi employé pour désigner les villes ou les commerçants  qui s’étaient affranchis du paiement de taxes telles que la gabelle ou la taxe sur les alcools par paiement régulier d’une somme forfaitaire .

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 09:58

REDHEAD

              On peut rencontrer cette appellation pour la désignation de certaines bibliothèques* réalisées par l’ébéniste Ruhlmann vers 1920 : en hommage à miss Redhead , épouse du patron de presse anglais lord Rothermere dont il avait décoré l’appartement parisien de l’avenue des champs élysées  ,Ruhlmann avait en effet décidé de baptiser ainsi une ligne des meubles qu’il fabriquait .

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 08:32

MULET  & MULE                                                                                                                          

                                     1)Ouvrier typographe peu qualifié employé à des fonctions subalternes,pénibles  ou ingrates  : aide metteur en pages par exemple ....

                                     Bien que peu considéré l’exercice de cette charge nécessitait de réelles qualités  et le “ Mulet “ faisait partie de la “ Conscience *  “ 

 

              On peut rencontrer le synonyme “ Fonctions  “

 

                                   Par ailleurs , le nom de cet animal et les autres appellations y faisant référence (“ Brêle   *   “ par exemple ...)  ,en typographie  comme dans d’autres domaines, a souvent une connotation péjorative....

 

                                   2) L’expression populaire «  Ferrer la mule *«  est employée pour désigner l’action frauduleuse du personnel de maison qui falsifie les livres de  comptes domestiques en surfacturant à ses patrons les denrées acquises au marché .

              Les études des historiens concernant les livres de comptes anciens peuvent en être faussées … 

 

                                     3) Dans le langage de la papeterie à l’ancienne la «  Mûle «  était un support utilisé pour stocker les feutres * nécessaires à la confection des porses * . 

 

                                    4) Le mulet a , par ailleurs souvent été utilisé pour transporter discrètement des ouvrages prohibés imprimés en Suisse et introduits en feuilles dans des balles * ou des tonneaux * .

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