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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 08:30

VER                                                                              

                                               1)Certains vers ,friands du papier ,causent  de très gros dégâts dans les livres ou ils s’installent .

                       Les papiers anciens à base de chiffons sont plus sujets à ces attaques que les papiers plus récents à base de pâte de bois beaucoup plus acide.

                       La lutte contre ces parasites est difficile et a suscité des études et des « recettes « depuis les temps les plus reculés : Pierre Joseph Buchoz recommande par exemple dans son ouvrage « Les secrets de la nature et de l’art … » (1769) d’utiliser de la poudre de coloquinte …mais une foule d’autres substances furent utilisées : poivre, camphre, térébenthine, thym ,aromates divers , etc ..etc …

                       Blaise Cendrars indique dans “ Bourlinguer  “ que la bibliothèque de Rio de Janeiro doit  “tremper”   (sic ) son million de volumes deux à trois fois par an dans un bain de paraffine pour essayer de les éradiquer ...

                       D’autres ont préconisé la présence d’un réveil* mécanique  à l’ancienne ou,comme à Coimbra ,  de Chauve*-souris 

                       Dans les descriptions de livres on parle de “ Galeries * ,de travaux de vers  ou de Piqûres  *  “

                       Les vers sont  unanimement considérés comme des parasites du livre , et un ouvrage attaqué par eux perd une part considérable de son intérêt ...à moins qu’on ne le considère  d’un œil d’esthète comme le libraire Achille Gentry qui écrit  dans l’un de ses catalogues à  propos d’un livre mangé par les vers  : “ Extraordinairement piqué , on ne saurait  si l’on n’a vu l’intérieur de ce volume ,se figurer jusqu’ou s’étend l’ingéniosité des vers ...c’est le plus curieux spécimen de leur savoir-faire

                       On ne sait si cette dithyrambique * description sut “ piquer  “ la curiosité d’un amateur... souhaitons  au  possesseur d’un ouvrage porteur de “ Travaux de vers “ de  rencontrer  un  bibliophile disciple d’ Achille Gentry !

                       Parfois ,les travaux de vers ont eu un effet positif en permettant de  reconstituer des ouvrages anciens démembrés par la comparaison des positions des galeries de ver : c’est ainsi que l’on a pu identifier avec certitude l’ouvrage qui abritait , à l’origine ,  la carte géographique  ancienne dite « Du Vinland « qui en avait été séparée.

                       Les ais * de bois anciens n’ont pas été épargnés par les vers et portent souvent la trace de leur passage.

                       L’étude des trous de vers qu’ils portent  peut permettre de déceler des fraudes par réemploi et modification d’ais plus anciens , les trous de vers , circulaires à l’origine étant souvent dans ce cas rendus ovales par des coupes non perpendiculaires aux galeries .             

                                   2)En Hongrois l’arobace * est appellée “ Ver de terre  “ ( “ kukac  “ )

                                   3)Freund ,pour qualifier sa boulimie de livres , se désignait lui-même comme “ Bücherwurm  “ c’est à dire “ Ver de livre  “

 

                                   4)L’allusion à ce parasite de l’homme qu’est le  ver solitaire se rencontre  parfois pour désigner :

                                   -« l’Art nouveau * « par allusion aux formes sinueuses  de ses ornements .

 

                                   -Les vers  de poésies oubliées  qui ont seuls survécus en isolés comme par exemple :

                        « Mon âme a son secret , ma vie a son mystère « (Arvers )

                        « La critique est aisée et l’art est difficile « & « Chassez le naturel , il revient au galop «   faussement attribués à Boileau et qui sont de Philippe Néricault dit Destouches

                        « Tout homme a dans le cœur un cochon qui sommeille « (Charles Monselet )

                        « L’ennui naquit un jour de l’uniformité « (Antoine de Lamotte Houdard ) etc …etc …

             

                        Quelques rares poètes ont cependant osé célébrer cet encombrant parasite , ou plutôt son départ ,   comme , par exemple Adoré Floupette ( pseudo de Gabriel Vicaire et Henri Beauclerc ) qui écrivirent :

                        « Les tœnias

                        Que tu nias

                        Traîtreusement s’en sont allés

                        Dans la pénombre

                        Ma clameur sombre

                        A fait fleurir des azalées . » (Cité par Claude Gagnière in « Pour tout l’or des mots « ..)

 

                        5)Dans certains  vieux ouvrages  il est écrit concernant les dégâts des vers qu’ils ont fait « Chère-lie * «   du livre  

 

                        6) Enfin …une énigme ….Owen Gingerich  parle dans  « Le livre que nul n’avait lu « (ISBN :9782100496112...page 70 ) d’un livre qualifié «d’ »Exemplaire  d’association VER «…en l’occurrence un exemplaire de la première édition  du « De revolutionibus Orbius Celestium « de Copernic  paru en 1543….je n'ai pas réussi à trouver  quelles pouvaient être les caractéristiques d'un tel ouvrage ni ce qu'est une "Association VER " 

L'UN D'ENTRE VOUS EN SAIT-IL PLUS ?

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 09:23

JU-MU

                               Bois du sud de la  Chine aujourd’hui disparu  ayant servi à la confection de meubles et tables d’écriture.

                               Il a donné naissance à l’expression « Ju Mu San Fen «(« Pénétrer le bois de 3 centimètres en profondeur « ) caractérisant l’opiniâtreté  et la détermination dans l’exécution d’une tâche par allusion au maître calligraphe Wang Shi-Zer  qui passa tant d’heures à sa table de  JU MU que son pinceau y creusa un trou  de trois centimètres de profondeur .  

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 09:21

JUBILATOIRE

                                Ce mot qui exprime le plaisir intense éprouvé lors de la réalisation d’une  chose  n’aurait guère sa place ici s’il ne se rencontrait pas assez souvent pour exprimer le plaisir éprouvé par certains dans le fait d’écrire ou de lire.

                                Le langage actuel en abuse cependant en l’appliquant souvent à des choses insignifiantes et ce au point que Jean loup Chifflet l’a inclus dans son livre « 99 mots et expressions à foutre à la poubelle « .

 

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 09:20

JOYAU                                                                                                                                     

                               Un exemplaire “Joyau” d’un livre  est enrichi de tirages spéciaux de gravures,de reliques ayant un rapport avec l’auteur,de cuivres ayant  servi au tirage des gravures et est tiré à tout petit nombre d’exemplaires pour une élite d’amateurs...le  culte de ce genre d’ouvrages à parfois suscité des réalisations   outrancières  frisant le ridicule....

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 08:36

TRI                                                    

              1)Action d’examiner des documents des livres etc...en les classant et en éliminant ce qui n’est pas jugé digne d’être gardé.

              La notion officielle de tri est apparue lors de la révolution lorsqu’il s’est agi de classer l’énorme masse de documents confisqués  à la noblesse et au clergé ...le tri pratiqué alors fut trés inégal ...éclairé ici ....à la hussarde là-bas ....!

 

 

              Il a existé de 1796 à 1801 un “ Bureau de triage des titres  “ constitué de neuf personnes  supposées “versées dans la connaissance des chartes * et des lois ...” chargé d’effectuer le tri de la masse de documents recueillis dans les dépôts * révolutionnaires .

              Il est à noter  que nombre des documents jugés  indignes d’être conservés furent envoyés aux arsenaux pour en faire des” cartouches * “ ou des ” moines   *  “

              On peut effectuer un tri qualitatif (critères d’intérêt ),alphabétique ,chronologique(par ordre logique ou fonction des évènements survenus ), aléatoire ( par sondage ),systématique (tri de tous les dossiers ),expéditif (en ne gardant que le strict essentiel),combiné ( selon plusieurs des précédents critères )

              Le tri ,relativement simple lorsqu’il est reversible et  que le seul but visé est le  classement, devient singulièrement plus délicat lorsqu’il s’agit de choisir des documents ou des livres à éliminer définitivement ...

              Ce dernier cas de figure ,longtemps débattu par les archivistes * ,fait l’objet de l’article premier de leur code de déontologie (“tractatus éthico-archivisticus “ )mais la trés maigre bibliographie* existant sur ce sujet  montre assez qu’il est sensible  et controversé ....

              Et , d’ailleurs, qui n’a pas , à son modeste niveau, été confronté à cet irritant  problème ....et n’a pas fais de mauvais choix...? il suffit souvent d’avoir éliminé un document ou un livre inertes depuis des lustres pour que , dans les jours qui suivent leur élimination , la nécessité de les consulter apparaisse ! 

              2)Dans la papeterie * ancienne :

 

             - Le tri des papiers était effectué par les lisseurs * qui les classaient selon leur qualité en cinq catégories : “ Bon “ , “ Retrié  “ , “ Chantonné  “ , “ Court  “ et “ Cassé  “.

 

              -Le tri des chiffons était effectué par les « Dilières * « qui les classaient en « « Fin* « , « Moyen* « , « Bulle* ou Dur* « répartis dans divers « Caissous * « ou « Macalous * «    et éliminaient « Racle* « , « Poussière* « et « Cordat* « utilisés pour la fabrication des papiers « Trasse * « ( * : Voir à ces mots )

 

              3)En matière postale on nomme « Tri « le classement du courrier par destination .

              Cette tâche restée longtemps manuelle en raison de la non standardisation  des enveloppes est mécanisée depuis qu’une présentation standard de celles-ci a été adoptée et ce sont des machines telles que les « HD9(1964) ou « HMO » (1973)qui assurent le tri du courrier « Départ « dans les grands bureaux.

              Le tri du courrier « arrivée « demeure nettement moins mécanisé et les facteurs procèdent encore manuellement au tri du courrier de leur tournée .

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 08:30

FATRAS                                                                                                      

 

                                               1)Autrefois le mot a désigné :

                        -Les recueils de poésies dit aussi  “fatrasie*” de style burlesque,frisant parfois le non-sens, en vogue à la fin du XIII°° et au début du XIV° siècles qui étaient parfois appelés “resveries * ”  ou “ Pièces  farcies  *  “ (une forme fixe appelée” fatras*  ” devint un jeu  )

 

                       -Les petits livres populaires (aussi nommés “ Billot *  “)imprimés à Troyes analogues à  ceux de la bibliothèque “ Bleue * “ (Voir à ces mots ) , seuls livres que pouvaient vendre les marchands non membres de la communauté des imprimeurs et libraires .

 

                                   2)Jeu trés prisé au moyen-âge, consistant à insérer des vers improvisés entre  des vers imposés et choisis à l’avance et qui , au fil du temps ,a évolué vers une forme plus simple enchaînant des mots les uns aux autres avec  pour fil directeur la similitude de leur début et de leur fin :  Fatras,Trapèze,Pèse-lettres,par exemple...

                                   3)Haillons ou guenilles ayant souvent finis en chiffons destinés à la pâte à papier

                                   4)Amoncellement de choses confus et sans logique et réunion de pensées , d’adages,de réflexions présentées sans ordre.

                        Le mot a parfois servi de titre à des œuvres volontairement établies de la sorte mais,s’il qualifie un livre ne portant pas ce titre ,il désigne une œuvre rassemblant des éléments disparates et sans lien entr’eux et cela devient très péjoratif !!

                        Voltaire , lorsqu’il prit ses distances avec l’encyclopédie dit qu’elle ne serait jamais qu’un “ gros fatras  “ ....  

                                   5) À  une époque  ou le désir d’ordre  et surtout  l’incapacité à l’organiser a suscité l’émergence du nouveau métier de « Clutter consultant « (expert en désordre) il n’est peut-être pas inutile  d’examiner ce qu’il en est concernant la « Chose écrite « …

Le mot "  Fatras" peut  qualifier un amas de papiers ou une bibliothèque ou la confusion et le désordre règnent...ou semblent régner...

                        On doit cependant être circonspect dans l’attribution de ce qualificatif concernant les bibliothèques d’écrivains, d’intellectuels ou simplement privées qui apparaissent souvent sur les photographies ,comme d’inextricables fatras mais ou leur propriétaire se retrouve souvent fort bien ,leur désordre apparent traduisant d’avantage une pensée bouillonnante ,fulgurante et multiforme plutôt que désordre et confusion .

                        Il arrive cependant que le fatras reste  impénétrable pour son organisateur ....Prosper Mérimée dans l’une de ses lettres (1859)  s’excuse auprès de son correspondant de n’avoir pas retrouvé un document :”...je suis sûr de l’avoir chez moi ,mais vous connaissez mon cabinet et la difficulté d’y faire des recherches ....”

                        Pour n’en citer qu’un célèbre , mentionnons le bureau de Jean d’ Ormesson  à l’Unesco,qui , sur la photo publié dans la revue “ Lire “ en 1992 ,croule sous un amas de documents entassés * interdisant tout usage du bureau pour l’écriture ....état de fait confirmé par une photographie prise à son domicile parisien de Neuilly  publiée dans la revue « Le Point « n°2222 du 9 Avril 2015…

                        Certains d’entr’eux ,tel Georges Dumézil,utilisaient d’ailleurs  eux-mêmes le mot “Fatras “  pour désigner leur bibliothèque....!

 

              On peut rencontrer l’expression « Bibliothèque de Babel « pour les caractériser ....

                        Et que  ceux qui seraient tentés da faire un parallèle entre le désordre d’un bureau et l’esprit de son utilisateur méditent cette réflexion d’ Einstein : « Si un bureau encombré évoque un esprit encombré , alors , que faut-il en déduire pour un bureau vide ? «

                         

 

 

 

 

             

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 09:29

JARGON                                                                                           

                                                     1)Langage propre à un domaine précis et difficile à comprendre pour les non initiés (ce qui est d’ailleurs sa raison d’être...) le jargon est voisin de l’argot*   et , bien que ce dernier mot ait une connotation péjorative,les deux appellations sont , dans la pratique, souvent synonymes .

                                         Au départ (XVII° siècle) on parlait de “Jargon de l’argot” titre d’un livre d’ Ollivier Chereau paru en 1628 et ayant eu plus de 20 rééditions en passant de 216 termes à 600 au fil des réimpressions successives (  “ le royaume d’argot étant la cour des miracles qui avait,cela va sans dire, son langage ésotérique*.)

                                         Chaque activité humaine a , peu ou prou, le sien  mais,dans un souci de cryptage ,  on assiste à une floraison de jargons lors des conflits majeurs et les exemples en sont innombrables basés sur les langages du “ Base-ball  “ ,des fleuristes , des marchands de poupée etc ...etc ...

                                         On peut citer en exemple  le film américain « Air Force Bat 21 »dont l’action met en scène un pilote abattu au Viet-Nam qui  utilise le langage du golf pour communiquer discrètement avec les avions de sauvetage.   

                                         Les jargons administratifs , universitaires ou techniques  sont souvent décriés car ils sont parfois adressés  par des  personnes devenues incapables de s’en affranchir , à des interlocuteurs  situées hors de leur sphère normale d’application          

                2)Le mot , employé pour désigner un langage spécialisé (jargon juridique par exemple ..) n’est pas péjoratif mais il le devient si on l’emploie pour stigmatiser un style confus et difficilement compréhensible.

                                         Les divers secteurs d’activité de la “ chose écrite “ ont le leur , plus ou moins élaboré.

                                         Le plus riche est sans doute le jargon des imprimeurs suivi par celui des bibliophiles * …voici ce qu’en dit Renaud Muller in « Une anthropologie de la bibliophilie « (L’Harmattan-1997) : « L’existence de ce jargon …vise à tracer une rupture dans l’espace sonore avec l’univers non bibliophile….langage de sélection et d’accroche ,dans la mesure ou ceux qui se sentent exclus se désintéressent et ceux qui connaissent identifient leurs semblables «  

                                         

                               On peut rencontrer le régionalisme normand « Jergon « qui a aussi le sens de « Bavardage «

                               3)Sans aucun rapport avec la chose écrite les dictionnaires anciens notent que ce mot désignait des pierres précieuses de couleur rouge …

 

JARGONNER (EUX )                                                                                                                        

                               Parler ou écrire un langage obscur et peu compréhensible faisant appel à des termes d’argot* ou du jargon* d’une profession …celui qui s’y adonne est un « Jargonneux «

                               Plutôt rare en littérature , le jargonnage est fréquent dans d’autres domaines comme , par exemple , la publicité  domaine dans lequel l’informatique occupe une place de choix en produisant des textes publicitaires totalement abscons * pour le non-initié ..

                               Dans les domaines de la  philiosophie*  , de la psychanalyse* et dans une moindre mesure de l’enseignement on  jargonne aussi volontiers , plus par snobisme et  désir de « rester entre soi » que par necessité …  

 

JARGONOPHASIE

                               C'est un synonyme de   “ Glossolalie *   ,Écholalie,et Verbigération  désignant une pathologie  poussant à  tenir des discours  incompréhensibles ou à rédiger des écrits  semblables .

 

JARGONOGRAPHIE                                                                                       

                               Manière d’écrire incohérente  accompagnant souvent la la jargonophasie

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 09:11

Avatars du jargon ; il existe de nombreuses variétés de langages  "exotiques " 

SABIR                                                                                                    

                                              Langage mixte,parfois nommé « Lingua franca « (« Langue franque « )  en général parlé  et à grammaire très pauvre, utilisant des éléments de plusieurs autres langues notamment l’italien et l’espagnol ; Il peut toutefois exister quelques écrits dans cette langue ,principalement  dans les dialogues de certains romans*ou pièces de théâtre.

 

                                               Rabelais fut l’un des premiers écrivains a en inclure des passages, cependant plus proches du galimatias ,  dans ses œuvres, par exemple lorsqu’il fait dire à Panurge : « Delmeuplistrincq » (« Donne moi, s’il te plaît à boire . « )… et Molière lui emboîta le pas  d’ans la scène V de  l’acte IV  du « Bourgeois gentilhomme «   en faisant dire au Mufti :

                        « Mi star mufti                             Moi être mufti

                        Ti qui star ti ?                               Toi, qui être toi ?

                       Non intendir                                  Toi pas comprendre

                        Tazir, tazir .                                   Te taire , te taire

                                             Le “Bichelamar*  ” du Pacifique,  aussi  nommé “Bichlamar” et “Bêche-de -mer” , est un sabir mêlant l’Anglais,le Français et divers éléments des dialectes locaux, le Tamalog *des Philippines  même espagnol , chinois et américain

 

                                                         I

 

                                           Le Pidgin* est un synonyme de sabir mais avec une structure grammaticale mieux établie.

 

                                           Le sabir ne doit en principe pas être confondu avec l’argot *  mais dans la pratique le mot  est souvent employé comme synonyme  pour désigner un langage mélangeant plusieurs langues et  réservé à une communauté restreinte et fermée ; la pratique de ce langage pouvant avoir diverses dénominations locales comme , par exemple , « Faire de la dravière « en Picardie , « Gasconner « à Lille, »Donner des coups de pied à la France « à Roubaix , « Faire des coups de mer « à Boulogne (source : Expressions du Nord Pas de Calais « de Fernand Carton )

 

                                         Parlant du monde de l’édition Robert Laffont , dans une interwew , déclare : “ On y  parle une sorte de dialecte , de patois , de sabir ....”

 

                                        Le mot est parfois employé de façon peu flatteuse pour caractériser un style confus   et difficilement compréhensible et , aussi , par ceux qui déplorent la disparition du « bon usage « de la langue française  comme  Paul Guth  lorsqu ‘il écrit dans sa « Lettre ouverte aux futurs illétrés « : « Notre langue de princes est devenue un idiome de clochard,un sabir de poubelle ou des loques de frangelis s’accrochent  à des débris de parler journalistico-radiophonico-télévisuel »

 

                                       

 

                                      On a proposé de le nommer « Hybridation « mais l’appellation n’a pas eu de succès et la désignation « Cénisme *« qui se rencontre dans des textes anciens est devenue inusitée  

SABIRER

                   Rare néologisme dérivé de « Sabir * « désignant la pratique de ce langage

 

 

PIDGIN

              Comme le « Sabir * « le Pidgin est , en principe, strictement oral  , mais  des extraits peuvent émailler les conversations de certaines œuvres écrites .

              Le pidgin peut être la déformation d’une seule langue ou faire appel à des emprunts variés ; il en existe plusieurs variétés comme , par exemple , le « Tok-Pisin « de Papouasie ou le « Bichelamar « du Vanuatu

            Le « Pinguin* »  (voir ci-dessous ) en est un dérivé 

 

PINGUIN

                       Déformation de " Pidgin " utilisée pour désigner le jargon en usage dans les milieux de l'aéronautique civile et des essais en vol qui est  un mélange des langues des divers pays coopérant pour la fabrication ou  la mise au point d’un   avion  .

L'appellation " Zorbut " la concurrence ..

 

 

ZORBUT 

                        Le « Zorbut » serait un désignation générale du  jargon en vigueur dans le monde de l’aéronautique…et plus spécialement  dans la sphère des essais : presqu’exclusivement oral il n’apparaît à l’écrit que sous la forme de bribes inclues dans des textes en langue ordinaire .

 

              L’origine du mot est peut-être à rechercher du côté du langage de  Zorglub , le savant mégalomane créé par André Franquin dans les  aventures de Spirou qui manie en effet   un vocabulaire plutôt ésotérique ?

              Toujours dans le domaine aéronautique , le « Pinguin » (le mot est sans doute une déformation de « Pidgin * ).

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 09:25

FESSE                                                  

                                  1)Un” Fesse-cahier” est un écrivain de médiocre qualité contraint d’écrire pour vivre et qui ,donc, écrit vite et sans grand soin... (le mot “Fesser       “ impliquait autrefois une notion de rapidité   ...)

              On disait parfois de façon plus concise : un “ Fesseur “ et l’on peut donner en exemple de cet emploi ces vers  satiriques  du XVII° siècles destinés à Pierre de Montmaur :          

              “...Témoin Montmaur , ce professeur

                   Qui serait un pauvre fesseur

                   S’il n’avait point les trois Estiennes ...”

 

              Le mot a aussi servi à désigner les « Nègres * « qui écrivent anonymement un ouvrage pour un autre 

 

                                   2)« Fesse marmots « ou « Fouette-Cul « était des appellations irrévérencieuses pour désigner un instituteur

                                  

                                   3) »Fesse-culs » a été employé pour désigner péjorativement  un correcteur * ou un critique :

« Les fesse-cul et pédants eslourdis  osent sur moy vomir leur sotte bile … » (Alciat in « Les Emblêmes – Contre les détracteurs »-1615 )

 

 

                                   4)Le mot sert parfois à désigner les ouvrages de « Curiosa * « qui sont alors dits « Livres de fesses «

 

                                   5) Dans la papeterie à l’ancienne le mot désignait une quantité de papier  de 30000 feuilles  composée de 60 rames* de 20 mains * 

             

              « ….c’est à scavoir chacune fesse  soixante rames et  en chacune rame  vingt mains … »( « Historia universitalis Parisiensis « par Cæsare Égassio -1673_Tome 6 page 317 )

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 09:11

FÉRULE

              Sans être un acteur direct de la chose écrite , la férule fut trop présente dans l’environnement scolaire ancien  pour la passer sous silence …            

 

C’était une sorte de martinet*(ou de « Robinet « pour les lyonnais …) consistant en un manche portant à son extrémité deux plaques de cuir destiné à asséner châtiments corporels,fessées et coups sur les mains dits  « Patoches * « aux élèves des écoles d’autrefois….certains « pédagogues «   poussaient le raffinement jusqu’à tremper la férule dans une solution saumurée afin d’en rendre les coups plus cuisants .

                                  

                                   Son usage très fréquent a donné naissance à l’expression "Être sous la férule de …. » et elle  fut représentée dans de nombreuses illustrations de l’époque comme ,par exemple , dans un exemplaire d’ »Heures à l’usage de Rome «de Kerver daté de 1522.

                                   Le mot vient du fait que , dans l’antiquité , on employait pour cet usage une plante nommée « Férule « (« Férula communis « )voisine du fenouil dont les tiges deviennent très dures en séchant et ,la nature faisant bien les choses, dont la moelle était réputée arrêter les hémorragies ….

 

                                 Si la férule à disparu depuis longtemps  Le Martinet , sorte de fouet à lanières multiples descendant de l’ « Anguilla * « romaine , demeura  en usage  domestique jusqu'à une époque récente et  , jusques  à la fin des  les années 50 il  figurait couramment dans l'assortiment de marchandises offert par les épiceries , les quincailleries ou les bazars ... ...

 

Mais le mot a eu d'autres sens en rapport avec la chose écrite :

 

MARTINET                                                                                                                               

                        1)Par référence à l’oiseau éponyme on appelait ainsi au moyen-âge  un  étudiant vagabond,peu sérieux ,fêtard ,semeur de trouble et changeant souvent d’école ….Villon fut l’un d’eux …

              On employait parfois l’abréviation « Ma « …..

              2)Le livre a parfois pris la forme insolite du fouet nommé martinet           :on connait une “ Histoire du monde “ datée de 1595 constituée de nombreuses bandelettes imprimées attachées sur un manche comme les lanières d’un martinet

             

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