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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 09:04

 

IDÉAL                                                                                                  

              On a longtemps glosé sur ce que devrait être le livre Idéal et encore d’avantage sur la bibliothèque idéale....

 

                                        1) Pour ce qui est du «  Livre idéal «  certains pensent que chacun à le sien , constitué d’extraits et de passages des livres lus qui en se fondant et s’amalgamant constituent une sorte de “florilège  * “ personnel qui ,la plupart du temps reste inconscient ou à tout le  moins inexprimé mais , il existe des cas de tentatives de matérialisation comme , par exemple, Blaise Cendrars qui ne se séparait jamais des “meilleures feuilles “ arrachées dans les livres qu’il avait aimés ...

                       Les avis sont cependant aussi variés que les sensibilités et les goûts et il n’y a sans doute pas de réponse universelle ......

                       On peut toutefois citer quelques définitions :

                        - Dieter Roth :” Le livre idéal est celui qu’il ne serait pas nécessaire de lire..

                        -Proust :”Ce livre essentiel,le seul vrai livre,un grand écrivain n’a pas,dans le sens courant,à l’inventer,puisqu’il existe déjà en chacun de nous,mais à le traduire.Le devoir et la tâche d’un écrivain sont ceux d’un traducteur.”

                        -Pour Gustave Flaubert,c’était un «  Livre sur rien * «  ( * : Voir à ce mot )

                        -Italo Calvino : “Le livre que je cherche c’est celui qui donne le sens du monde  après la fin du monde ,au sens où le monde n’est rien que fin de tout .....”

                        -Pour  Renaud Muller c’est une œuvre “ ...faite de  couches qu’on enlever l’une après l’autre sans arriver jamais  à l’ultime graine , au sens caché “

                        -Pour les bibliophiles , le livre idéal serait “ l’édition originale ,imprimée sur le plus grand papier, tiré dans le plus petit nombre,portant un envoi de l’auteur à une personne connue,enrichi d’une lettre de l’auteur évoquant l’ouvrage et de documents l’interessant  , le tout  étant couvert par un relieur renommé qui l’a signé “

 

                                                2) Pour ce qui concerne la «  Bibliothèque idéale «  de très nombreuses études, enquêtes ou sondages ont été menés sans qu’aucun parvienne à la définir réellement tant le concept  est évanescent et personnel .

              Parmi une multitude d’autres, l’enquête menée en 1956 auprès de 200 personnalités ou écrivains sous le patronage  de Raymond Queneau (« Pour une bibliothèque idéale « NRF-1956)inspire les réflexions suivantes :

             

                       L’enquête demandait de choisir 100 œuvres parmi une liste indicative de 2300 le champ restant ouvert à tout autre texte choisi par le « sondé «  .

                       Sur les 200 questionnés 40 répondirent en jouant le jeu et en sélectionnant parfois plus des 100 œuvres demandées, 40 dirent  ne pas pouvoir répondre soit qu’ils s’estimassent incapables d’une telle sélection restrictive  , soit qu’ils y soient philosophiquement opposés  et les cent vingt derniers ne répondirent pas .

                       Cette répartition des résultats montre en elle-même toute la vanité de la démarche et si l’on essaye d’analyser ces réponses on constate :

                        -Que ceux qui ont répondu paraissent avoir fait une sélection très convenue répondant d’avantage à ce que le « bon ton « le «  politiquement correct « , »la figure de l’honnête homme »,  «Les   livres qu’il faut avoir lus » ou le «  Souci de paraître «    commandent qu’à leur véritables goûts personnels … Shakespeare,la Bible,Proust,Montaigne, Rabelais , Baudelaire et Pascal classés sept premiers au palmarès général  ne sont sans doute pas ,hormis peut-être pour la bible  ,  lus aussi régulièrement que ce palmarès le suggère ….

 

                        -Que ceux qui ont  répondu sans procéder à une sélection obéissaient à deux motivations :

                                   -Incapacité de faire une sélection  se restreignant à 100 œuvres.

                                   -Opposition « philosophique «  et/ou de principe .

 

                        -Qu’une majorité de sollicités n’a pas répondu pour des raisons   que l’on peut supposer identiques à celles des personnes  du cas précédent ,seul le manque de courtoisie les en différenciant .

 

              Quelques unes des réflexions de ceux qui ont répondu méritent cependant attention :

 

                        -« On a la bibliothèque qu’on mérite ….je lis tout ce qui me tombe entre les mains…les livres sont pour moi une espèce de mouvement perpétuel et une bibliothèque , une pile atomique «  (Blaise Cendrars )

 

                        -« Il n’est pas ,je crois, de chef-d’œuvre dont on ne se lasse … » (Maurice Garçon)

 

                        -« J’attends , précisément ,votre publication pour me faire une bibliothèque d’homme sérieux «  (Jean Anouilh)

 

                        -« Tout livre peut servir de livre de chevet …je propose pour la bibliothèque idéale le “Guide de la boulangerie ” et “L’anthologie de Panama”  « (Jacques Audiberti )

 

                        -« Ma bibliothèque idéale est une lecture …non une relecture … » ( Gaston Bachelard )

 

                        -« L’objet même de vote enquête m’irrite….je ne connais rien d’essentiel, rien de négligeable … » (Hervé Bazin )

 

                        -« J’ai bien peur que la bibliothèque idéale soit celle que l’on montre et que l’on ne lit pas … » (Yvon Belaval )

 

                        -« On se trompe déjà en couronnant un livre ,pourquoi risquer de se tromper en en couronnant cent ? »(Roland Dorgelès )

 

              -« Aucun livre ne m’est nécessaire … » (Marcel Jouhandeau )

 

                        -« J’ajouterais volontiers à la liste la collection des cartes Michelin et un recueil de chansons … » (Jean Meckert )

 

                        -« Ceux [les livres …] qu’on cherche on finit toujours par les obtenir…tous valent la peine d’être l’objet d’une passion… »(Brice Parain)

 

                        -«…. je ne crois pas trop qu’il y ait des ouvrages  essentiels.Je pense qu’il y a des pensées essentielles auxquelles on finit en général par arriver à propos de n’importe quels ouvrages , ou sans ouvrages du tout . »(Jean Paulhan)

 

                        -« Pourquoi chercher à imposer le catalogue d’un nouveau snobisme ?..pour moi la bibliothèque idéale est celle qui comprendrait le plus grand nombre de volumes .. » (Jules Roy )

 

                       Et pour finir et hors de ce sondage , citons Hermann Hesse qui dans «  Magie du livre «  écrit : « Une liste de livres qu’il faut avoir lu absolument et sans lesquels il n’y a ni salut ni culture , n’existe pas ! « 

                        Et le philosophe  Ernst Cassirer qui a écrit : « Chaque bibliothèque est bien la matérialisation de la délicate recherche d'un « bonheur extravagant » que seule procurerait la bibliothèque idéale, contenant tous les livres.

 

                       La FNAC a procédé en 2001 à un sondage visant , parmi 200 œuvres proposées ,à sélectionner les «  50 livres du siècle «  et des 6000 réponses reçues il ressort que le champion est « L’Étranger » d’ Albert Camus suivi de la «  Recherche «  de Proust et de «  Le Procès «  de Kafka, la liste comprenant par ailleurs « Le lotus bleu » d’Hergé(n°18), »Lolita » de Nabokov (n°27), »Le Chien des Baskerville «de Conan Doyle   (n°44) ou «  Le Meurtre de Roger Ackroyd » d’Agatha Christie (n°49)

                       Sélection un peu moins conventionnelle mais sans doute pas exempte non plus d’influences extérieures…. un sérieux doute subsiste concernant  la réalité de la lecture de certaines œuvres plébiscitées….

 

                        3) Les auteurs rêvent , bien sur, d’un «  Lecteur idéal « qui pénétrerait toutes les subtilités de leurs œuvres  et en percevrait à demi-mot le sens caché….pour , bien sûr, constater qu’il n’existe pas ce qui suscite chez certains amertume et dégoût et c’est ainsi que Flaubert écrivait à Ernest Feydeau en Janvier 1859 : « Nous nous sommes arraché du ventre un peu de tripes que nous servons aux bourgeois ….La foule nous passe sur le corps …..C’est de la prostitution au plus haut degré et de la plus vile ! »  

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 08:57

 

RELECTURE                                                                  

                                         1)De nombreux lecteurs relisent les livres qui leur ont plu...certains livres ont même l’air d’avoir été écrits pour être relus maintes et maintes fois...

                       Colette disait à ce propos :”Des livre !  des livres !  des livres! Ce n’est pas que je lisais tellement.Je lisais et relisais les mêmes......”

                       Et François Mauriac :””Dis-moi ce que tu lis et je te dirai qui tu es”,”il est vrai que je te connaîtrai mieux si tu me dis qui tu relis”.

                       Et Lucien Descaves “ Dés soixante ans , on relit beaucoup plus qu’on ne lit ! “

                       Et Le Clézio : « …si on n’écrivait plus rien aujourd’hui,on pourrait lire et relire pendant des siècles … »

                        Et Montherlant qui ne comprend pas pourquoi  « Les gens cherchent des maîtres parmi les contemporains  alors que touta été dit : les contemporains ne font que répéter … »

                                   Il arrive que certains lecteurs relisent inlassablement un même ouvrage...selon sa nature ,cela peut s’apparenter à de la bibliomanie *, traduire une certaine lassitude (tous les livres sont pareils ...) ou une  recherche de spiritualité et du sens profond des choses ....il est cependant bien évident  que la relecture  inlassable d’un roman policier n’a pas le même sens que la relecture de la bible ou des œuvres de Baudelaire ...

                                   Italo Calvino , analysant le processus de relecture au travers de l’un des personnages de “Si par une nuit d’hiver un voyageur ...” ,remarque que chaque relecture est différente de la précédente, le lecteur ayant changé, y intégrant des éléments de ses dernières expériences ou lisant dans un environnement différent ,idée reprise par Gérald Cahen qui écrit : “ L’homme qui relit n’est plus le même que celui qui lisait .

                                   Le   russe Nicolas Roubakine , dans son  “ Introduction à la psychologie bibliologique  “ (1916)  montre qu’un même livre lu et relu *  par un  même lecteur à des moments différents de son existence n’est pas du tout perçu de la même manière.

                                   Et Tzvetan Todorov écrit à propos des contes fantastiques : »La  première et la seconde lecture (…) donnent des impressions très différentes (…) la relecture devient très vite méta-lecture ,on relève les procédés  au lieu de subir le charme .. »(in : «  introduction à la littérature fantastique »(1970)

                                   Hermann Hesse exprime la même idée lorsqu’il écrit dans «  Magie du livre » : «  Il est étonnant de voir comment , à la deuxième lecture ,se dégage la substance d’un  livre….quand l’effet purement extérieur , la tension de l’action ,sont suspendus «  

 

                                   Mais , le fait d’avoir déjà lu un livre peut aussi susciter un regret ou un sentiment de frustration lorsqu’on le rencontre à nouveau comme Mme. De Stæl l’exprimait à propos de «  Lettres écrites de Lausanne «  d’Isabelle de Charrière (1788) : «  Mon dieu que je voudrais n’avoir pas lu Caliste cent fois !... » ou comme Isabelle Baladine Howald l’exprime en 2006 dans un article de la revue « Lignes « : «  Comme vous aves de la chance de lire cela pour la première fois ! «  (in « L’original & le copiste « )et d’ailleurs quel amateur de livres rencontrant chez un bouquiniste un livre qu’il possède déjà n’a pas éprouvé ce sentiment ?

             

                                   Relire peut aussi permettre de percevoir des subtilités passées inaperçues à la première lecture : «  Relire, c’est bien ,car on peut laisser l’histoire,qui est principalement là pour le public inattentif ,et profiter du sens ,qui se trouve dans les détails ; «  (Charles Dantzig )

 

                                   La relecture peut également être décevante comme le note Cioran lorsqu ‘il écrit : « Combien les lettres de Rilke que j’aimais tant autrefois me semblent maintenant exsangues et fades ! »(in «  Exercices d’admiration -1986»

 

                                   Lionel Bellanger dans son ouvrage « Les méthodes de lecture «  (1978) note «  Un livre se traverse en tout sens…se lit de toutes les façons…l’approche globale donne un ton ….le plaisir apparaît dans l’approfondissement en direction des domaines préférés ,choisis,adoptés,découverts … »  ce qui implique  bien plusieurs lectures … 

 

              Dans son ouvrage « La folie et la chose littéraire « (1978)  Shoshana Felman note que «  Toute pratique linguistique répétitive véhicule une puissance d’hypnose »  et c’est peut-être ce fait qui explique  la propension des jeunes enfants ou de certains lecteurs à lire et relire un même texte  .

 

                                   On connaît des cas de personnes ayant passé des laps de temps fort long à relire les mêmes ouvrages : F.X.Swediaur ,l’un des plus grand spécialistes de la syphilis passa son temps de 1736 à1764 à relire les commentaires sur la coutume de La Rochelle  et sur l’ordonnance de 1681  et le traité des prises …

 

 

 

                                   Freud avait noté ce plaisir des retrouvailles avec une œuvre et le rattachait au  désir enfantin de  relecture d’une même histoire .

                                   Certaines revues littéraires consacrent une rubrique régulière  à la relecture d’œuvres classiques .

                                   On peut rencontrer le terme du langage de la typographie “ Relute  *  “ (Voir à ce mot )

 

                                   2)Le mot désigne aussi une nouvelle version d’un texte déjà connu écrite avec un point de vue nouveau ou un esprit différent : c’est ainsi que l’on peut parler de diverses “ relectures “  de la bible , la présentant de la façon jugée la mieux adaptée au lectorat visé .

 

                                  3) La relecture peut aussi être :

-Le fait , pour un écrivain de relire son texte avec un œil critique afin de le perfectionner :Jean Guénot dans son ouvrage «  Écrire «  (1983) parle de relecture « au sabre* «  et de relecture «  Au plumeau* « la première étant faite rapidement et et sans pauses de  façon à conserver présente la vue d’ensemble du texte  , la seconde , minutieuse , s’attachant aux détails et prenant d’avantage de temps .

           L’écrivain du XVIII° siècle Samuel Johnson écrivait à ce propos : «  Relisez ce que vous écrivez et à chaque fois que vous tombez sur  un passage  qui vous semble particulièrement réussi , biffez le ! « 

           Heminway , pour sa part , a écrit dans «  Paris est une fête « : «  J’étais sûr  que j’avais faitdu bon travail ; ; toutefois  je n’en  aurais confirmation que le lendemain  en revoyant ce que j’avais écrit « 

             

                        -C’est aussi une opération classique de l’édition consistant à faire relire le texte d’un auteur par des spécialistes chargés de détecter les fautes , impropriétés, lourdeurs,contradictions, anachronismes*  etc ..et d’apporter au texte (ou de suggérer à l’auteur de le faire …) des modifications sensées l’améliorer …cette opération n’étant  pas toujours sans dommages pour l’ego de l’auteur….

 

                                               4)Et pour finir mentionnons le désir incantatoire de relecture de certaines œuvres  manifesté par des lecteurs qui , la plupart du temps  , ne les ont pas lues …

              Philippe Delerm dans son livre « Je vais passer pour un vieux con «  écrit à ce propos en 2014 :

              « Mais  la plupart des visiteurs potentiels de “ La recherche ”[du temps perdu ]….n’osent formuler ouvertement leur absence de pratique .Ils disent alors ,assez timidement , :je vais relire Proust…. »

 

                        Et l’on pourrait constater la même chose pour la Bible , Platon ,Saint Augustin , Krisnamurti,Kafka,Machiavel,Sun-Tse, Pascal  et une foule d’ autres concernant lesquels il est « politiquement correct «  (« Quand on est cultivé, on relit Proust « ( Édouard Philippe in «   Des hommes qui lisent «   ) de laisser entendre qu’on les a lus  mais que cette lecture déjà lointaine nécessiterait une remise en mémoire….ce qui est sensé expliquer , sans le moins du monde  tromper personne ,le fait que l’on est incapable d’en parler ….   

 

 

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 08:18

DONDON

              Ce mot du langage familier désignant une femme corpulente,fut assez prisé de quelques auteurs d’autrefois dont certains , comme l’épistolière Mme. De Graffigny se l’appliquèrent à eux-mêmes ..

              Parmi d’autres  auteurs l’ayant employé on peut citer :

              Scarron : « C’était une grosse dondon,grasse,vigoureuse, bien saine ….. » et Béranger : «  Ma dondon , riez donc !...sautez donc !.. »

 

Son emploi actuel est quasi-injurieux ....

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 08:13

NOSTRADAMUS                                                                                                        

                                 1)La littérature concernant Michel de Nostredame dit «  Nostradamus «  est pléthorique et outre les diverses éditions de ses œuvres, dont les «  Prophéties «(1555)  sont les plus célèbres, une foule d’exégètes «  Nostradamiens « se sont livrés à des détorquages* plus ou moins osés de ses écrits pour essayer de leur faire épouser des thèses parfois bien fantaisistes .

                                 Mais , Nostradamus  ne s’est pas intéressé qu’à ce domaine et a ,entr’autres , écrit en 1552 un  «  Traité de confitures et fardements «  concernant des préparations végétales à visée thérapeutique .

                                 2)Type de plume métallique fabriqué par " Baignol & Farjon " longtemps utilisé par Jean Giono pour l’écriture de ses œuvres.

            J'ai longtemps cru que cette plume présentait des caractéristiques particulières mais il n'en est rien et  il semble que l’attachement que Giono lui portait soit d’avantage du à son nom évoquant une célébrité provençale ...

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 07:59

 

NON PAREIL   & NON PAREILLE              

            1)Caractère typographique d’une force de 6 points* compris entre le “petit texte “ et la “ sédanaise “  présentant une variante :la grosse non pareille de 96 points qui ,  avec le caractère «  Perle * « ,est l’un des plus petits utilisé en imprimerie.

            C’est la non pareille qui servit de base à Fournier pour l’établissement du point  typographique.

            Les typographes poètes n’ont pas manqué de la citer dans les œuvres qu’ils écrivaient pour agrémenter les festivités de leur corporation comme , par exemple, Éverat  qui écrivait en 1811 :

                                             “Il a Gaillarde et Gros canon

                                             Dans sa garde qui toujours veille

                                             Il est lui-même un parangon

                                             Et sa gloire est la Non pareille “

            L’appellation paraît pouvoir venir du nom des dragées minuscules qui étaient utilisées autrefois pour décorer les surtouts de table…  

            2)La bible “ Nonpareille “ est une édition révisée  imprimée par Robert Estienne en 1545 et comprenant le texte de la “ Vulgate  *  “ et une traduction latine dite “ des Zurichois “  effectuée en 1543 par divers traducteurs dont  Bibliander, Pellikan ,Jud et Cholinus.  

 

            On rencontre parfois l’orthographe : “ Nompareille “.

 

            Le mot a aussi désigné ,au XVIII° siècle, outre les dragées déjà citées ,toutes sortes de petites  choses rubans,colifichets  etc...

            3)Le papier “”Non-Pareil “  est une autre appellation du papier dominoté* “Peigné droit “  

             4)En matière de mercerie la «  Non-Pareille «  est une sorte de ruban étroit qui fut parfois utilisé en reliure pour la couture des cahiers * ou la confection de rubans * de fermeture et de signets *

            Rousseau ,dans le livre IX de ses « Confessions », dit ,en parlant du manuscrit de «  La nouvelle Héloïse «  ,avoir employé «  …de la non-pareille bleue pour coudre           ses cahiers «  .

 

 

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 07:59

COMPTE & CONTE ....???

 

Il  est curieux de constater que , dans presque toutes les langues les mots désignant le «  Conte « et  le «  Compte «  sont quasi homonymes : « Count «  et «  Recount «  en anglais , »Zahlen «  et « Erzählen «  en allemand , »le saper » et «  li saper «  en hébreu , « Shu «  et «  Shu «  en chinois….il y a là un phénomène à creuser … ! 

                                     Une piste possible serait que les contes vont souvent en nombre et qu’il y a une notion d’énumération sans doute à l’origine de l’orthographe de «  Comptine «  qui s’écrit avec un «  P «  comme «  Compte «  ….mais ce n'est qu'une hypothèse bien hasardeuse?

 

QUI EN SAIT PLUS ??

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 07:53

COUPLE                                                                                                                 

                                               1)La vie de  couple avec ses joies , ses peines , ses aléas ,ses hauts et ses bas , ses péripéties et ses avatars a été explorée, disséquée et examinée sous tous ses aspects par les divers genres de littérrature ...plus intéressant est d’examiner ce que fut le “ Couple littéraire  “ que l’on peut envisager sous deux aspects :

                        -Œuvres écrites par des auteurs,mariés ou non ,  vivant en couple au sens sentimental du terme et œuvres écrites par deux ou plusieurs auteurs qui seront plutôt qualifiées de duo *, trio * ou collectives * .         

              On peut ,sans prétendre être exhaustif citer  :

                        -”Cléopatre , César et Marc Antoine “ couples successifs auquel  la bibliothèque d’Alexandrie * dut  d’abord sa destruction puis sa résurrection . 

                        -”Chateaubriand et Mme. de Récamier “qui , bien qu’ils n’aient rien écrit en commun ,se sont  mutuellement influencés dans leurs actes littéraires

                        -”Madame du Deffand et Horace Walpole  “ qui entretinrent durant la quinzaine d’années que dura leur amitié amoureuse une correspondance de haute tenue littéraire.

                        -”Victor Hugo et Juliette Drouet   “ dont la liaison qui dura un demi siècle a eu son importance dans l’œuvre de Hugo et a suscité une abondante correspondance .

                        -“Alfred de Musset  et Georges Sand “ dont l’idylle suscita une abondante correspondance et inspira à Musset “ La confession d’un enfant du siècle “ (1859) et à Georges Sand  “ Elle et lui  “(1859) (auquel répliquèrent le frère de Musset dans “ Lui et elle “ (1860- ) et Louise Colet  dans “ Lui  “   (1860)  ) 

                        -“ Colette et Willy “ couple marié à la collaboration “ un peu “ forcée par Willy(“Claudine “ -1900/1903)

                        -”Anne et Serge Golon “ créateurs d’ “ Angélique  “ etc …etc ….

 

                        -Œuvres ayant mis en scène des couples devenus célèbres voire légendaires :

                        -”Roméo et Juliette “ de Masuccio de Salerne ( XV° siècle )

                        -”Tristan et Yseult “ Auteur anonyme (Moyen-âge )

                        -”Aucassin et Nicolette “ Chantefable * du XIII° sècle

              etc ...etc ...

 

                                   2)Pour ce qui est des rapports du couple et du livre les conjoints des amateurs de livres, des écrivains ou des bibliophiles  ne partageant pas toujours leurs  centres d’intérêt : il s’en est souvent suivi des difficultés et les cas furent innombrables ou le recours à des ruses ,dissimulations ou artifices durent être  utilisés par les bibliophile pour dissimuler leur «  coupable » penchant…on peut , pour ne donner qu’un exemple , rappeler le cas d’un acquéreur de l’encyclopédie de Diderot qui dut la démenbrer cahier par cahier pour l’introduire à son domicile à l’insu de son épouse  …

              Les causes de cette absence d’intérêt, voire de cette aversion du conjoint  sont multiples et peuvent aller  de la simple avarice à la jalousie en passant par toutes les nuances intermédiaires : dépenses jugées trop importantes, encombrement du aux livres envahissant le logement ou jugés comme «  Attrape poussière »  , manque d’attention pour son conjoint de l’amateur absorbé par ses livres,sentiment d’infériorité parfois aggravé par l’attitude des relations  et amis du bibliophile   etc …

              Et les artifices mis en œuvre pour tromper sont aussi variés : dissimulation du vrai prix des ouvrages acquis, introduction de ceux-cis en cachette ,disiimulation des livres au domicile etc …

              Les bibliophiles étant en majorité masculins , il s’ensuit que leurs épouses leur survivent très souvent et les cas sont légion ou celles-ci  se sont empressé de liquider leur bibliothèque en faisant souvent la fortune d’un bouquiniste ….d’autres détruisirent des manuscrits jugés inconvenants (comme Mme de Grignan pour certaines lettres de sa mère la marquise de Sévigné…. ), s’opposèrent à la publication de certaines œuvres ( L’épouse de Céline por «  Bagatelles pour un massacre « )   ou veillèrent avec rapacité  à la perception des droits d’auteur …

«  Conjoint * « 

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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 08:46

COUPE-PAPIER                                                                              

              Sorte de canif  à lame émoussée (parfois nommé “ coupoir  “ ou “tranche *- Papier  “  ) permettant de séparer proprement les feuillets d’un livre présenté non -coupé* (ce qui était la règle générale il y a encore peu de temps)

              Aujourd'hui seuls quelques ouvrages sont encore présentés  de cette façon et le coupe papier a tendance à devenir un simple ornement de bureau....et un objet de collection car les variations sur ce thème ont été infinies autant pour la forme  privilégiant   épées (cimeterres  orientaux , épées de matador , sabres de samouraï...)  ,dagues , poignards * et autres armes y compris ...le boomerang .que pour les matières allant des plus banales aux plus précieuses : bois,os,fer,étain,argent, ivoire , or etc ..etc ...  

              Qu’il l’imite ou non, le coupe papier ,tout comme le stylet * , a très souvent servi d’arme et les affaires criminelles dont il fut un acteur principal sont innombrables ....         

              Les signets* ont parfois été fabriqués en carton fort de façon à servir de coupe-papier pour “ouvrir * ‘” un livre

              La frontière entre le “ Coupe-papier  “ et l’ ” ouvre * -lettre  “ est bien difficile à établir tant ces deux accessoires de bureaux se ressemblent !

              L’usage du coupe-papier , à l’époque ou il était la règle, était perçu de diverses manières ,certains y voyant une corvée , d’autres y trouvant un certain plaisir .

              L’auteur italien Italo Calvino loue en ces termes les joies de l’usage du coupe -papier dans son roman “ Si par une nuit d’hiver un voyageur ....”  :

              “Pénétrant entre les pages par en dessous , la lame remonte vivement........avec un crépitement amical et gai le papier de qualité accueille ce premier visiteur ....tu te fraie un chemin dans ta lecture comme au plus touffu d’une forêt .....”

              Mallarmé , pour sa part voit dans son usage une sorte de viol et une  “ prise de possession ...dont saigna la tranche rouge des anciens tomes ...”

              Théophile Gauthier ,plus désabusé, note que “ ..le seul frisson qu’un livre me procure encore ,c’est le frisson du couteau d’ivoire de ses pages non coupées ...” (“Les jeunes frances “ [1833] )

              Colette,entichée à l’age de dix ans des fournitures* de bureau , recense dans «  Le Képi »(1943) les coupe-papier du bureau de son père : «  …trois ou quatre en bois de buis,un en faux argent,le dernier en ivoire jauni fendu tout de son long … »

              Jean Ferniot dans « C’était ma France «  loue son usage en  regrettant sa disparition : »C’était un accessoire indispensable à qui aimait le livre …Il occupait la belle place…sur le bureau ou la table de nuit .Il était cadeau flatteur …Le lecteur devait réfréner son impatience …le plaisir s’en accroissait . « 

              L’expression” Digne du coupe-papier “ fut un temps de mode pour désigner les livres méritant d’être lus et donc d’être “ Ouverts  *  “....la disparition de cette pratique l’a rendue obsolète ...

              La ressemblance de nombreux coupes-papier avec un poignard* a parfois permis des confusions comme , par exemple lors de la vente aux enchères d’objets ayant appartenu à Julien Gracq ou un authentique  poignard touareg «  Katouba «  fut catalogué sous l’appellation de «  Coupe-papier baillonnette (sic) «  …mais , après tout , on aurait bien vu bien  Aldo l’utiliser de la sorte dans la chambres des cartes du «  Rivage des Syrtes « !! 

 

                                                                         

              On  peut remarquer que faute de coupe-papiers spécialement dédiés une foule d’objets ont été utilisés pour cet usage comme canifs, ciseaux, aiguilles à tricoter,règles plates etc …ou , toujours disponible , le doigt *   son usage se nommant «  ouverture au doigt »

Certains coupes-papier ont été conçus pour remplir plusieurs fonctions : loupe ,règle, décimètre ,pèse-lettres ,calendrier, porte-plume (les porte*-plumes « Dagron* »par exemple ..),support publicitaire, porte-crayon ,marque-page etc ….   

 

Le coupe papier inspira beaucoup les poilus artistes durant la guerre de 14 et nombreux sont les «  Objets de tranchées «  destinés à cet usage :généralement , en cuivre et/ou laiton ils confectionnés à partir de douilles ou de ceintures d’obus , d’étuis de cartouches , de ceintures ou de pièces diverses de rebut.

 

              ²Voici un petit texte  de Jacques Simonomis  rédigé en leur honneur :

 

              « Je vois des assauts à la gnôle et des bras tombés du ciel  dans cet éclat d’obus dont le diable bleu fit un coupe-papier pendant sa convalescence .

              Je ne peux l’approcher d’un livre de poèmes sans voir gicler le sang d’ Apollinaire (J’abhorre les douilles de 75 fleuries par l’innocence )…. »

 

                                              

 

              En guise de conclusion, voici ce qu’Hélène Hanff écrit à ce propos  dans «  84 Charing Cross  road»(2001) : « Vous ai-je dit que j’avais fini par trouver le parfait coupe-papier ? C’est un couteau à fruits à manche de nacre …. »

 

 

 

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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 08:29

CAFÉ                                                                      

                                                           1)Dans les grandes ville ,et à Paris principalement, les cafés ,en qualité de lieu de réunion ,ont  tenu une grande place dans les  mouvements littéraires,certains d’entr’eux,parfois nommé “ Cafés musains  * “ , se spécialisant même dans ce genre...

                                               Tous les types d’établissements ont été concernés et des bars de luxe aux très simples estaminets* en passant par les tavernes, brasseries, bistrots* et autres caboulots ou «  Rambouillets * «  on peut dire que chaque catégorie a joué , à un moment  ou un autre , son rôle littéraire . 

                                               Leur nombre passa de  250 à la fin du XVII° siècle à plus de  1800 en1780 et ,en 1813, le « Manuel du voyageur à Paris en recensait  3000 …. !

                                               Maurice Barrès a pu écrire à leur  sujet  dans “ La quartier latin  ( 1888) que “ ....Les artistes les plus délicats de cette époque (1850-1914) ont beaucoup fréquenté les brasseries .C’est là qu’ont été mûries la plupart des esthétiques  avant 1870 “

                                               Ernest Raynaud ,qui les fréquenta dans les années 20 au double titre de poète cofondateur du “ Mercure de france  “  et de  commissaire de police du XV° arrondissement,  décernait quand à lui aux cafés le titre de “ Salon du pauvre “   et Paul Valéry  ,qui les fréquenta lui aussi, dépeint dans “Existence du symbolisme  “ (1957) atmosphère qui y régnait  : “ ...sous les écharpes lourdes de fumée ,au milieu du vacarme des soucoupes ,des cuillers, des exclamations des joueurs et des cris aigus de quelques femmes qui se chamaillent ...”

                                               Léon Paul Fargue, célèbre “ Piéton de Paris  “  en évoque de nombreux  et note que “ ...on travaillait,on rimait,on composait au café ...”

                                               Tristan  Tzara écrit quand à lui que “ ....Tout se tramait dans les différents cafés de Montparnasse ...”

                                               Huysmans  a fait , dans “ De tout  “(1901) , une  très réaliste  description des clients des cafés et  de certains des intellectuels qui travaillaient au café “ Caron “ “ ...il s’affaisse sur la banquette ,enlève d’une petite serviette en toile cirée un manuscrit asiatique,et,cassé en deux sur la table ,tirant sur un porte-cigarette en plâtre imitant l’écume,il souffle,relève la tête,apprête longuement le bain de Barèges de son absinthe ,boit une gorgée,grimace,remet de l’eau,remonte son pantalon,griffonne avec un crayon dont il mouille le bout,sur les marges du manuscrit que ses doigts tapotent . “

                                               Et dans «  Émile zola et assommoir «  (1877) il complète cette description par la  sentence : « …car les véritables maîtres dans l’art de penser et d’écrire vivent chez eux et ne travaillent pas dans les cafés. »

                                               Alphonse Allais écrit en 1889 : «  J’abhorre la vie de café, car je considère  le temps qu’on passe dans ce genre d’établissement  comme dérobé à l’étude  et à la prière  «  (in «  Le Bottin « )

                                               Aragon écrit en 1926 dans « Le paysan de Paris « : »Voici que j’atteins le seuil du café Certa,café célèbre […](choisi ) par goût de l’équivoque des passages […]c’est ce lieu qui fut le siège principal des assises Dada[…]me voici repris par le spectacle du passage … »  

                        Chaque époque a eu ses modes et l’on peut ,par exemple citer:la “Pomme de pin “ , “ La Mule “, “ Les Trumelières  “, “ Le Cheval blanc  “ , “ Le Grand Godet  “ au temps de Villon et de  Rabelais ,la “Croix de Lorraine “ , le “Mouton blanc “,la “ Fosse aux lions “ , « Chez Rey «, «  Le Parnasse «  , «  Les Trois cuillères «     »La Régence «  ,,le “Procope   ”, créé en 1686 fréquenté par Lesage,l’abbé Terrasson , Dumarsais et bien d’autres  et qui fut le premier à se nommer “ café  “,aux XVII° & XVIII°  siècles, cafés  «  Des aveugles «  , «  de Naples «  , « Bidaut «  , « Des Mille Colombes «  , «  Borel , «  Anglais » , «  Fitz-James «  ….et «  Mécanique «  équipé d’un dipositif de service mécanique …au Palais Royal

les cafés “ Frary “ , “ Laurent “ , “La Rotonde  “ ,” Des Militaires  “ ,”Gradot “,” De la veuve Laurent,  du “ Caveau “  , “de Chartres  “ , “ du Prophète Élie   “ , “ de la Régence  “ , «  Le Sabot «  , »Le Panier Fleuri «   au XVIII° siècle ,le “ Dagneaux  “ ,le “ Divan * Le Peletier “ et le “ Momus  “  vers 1840 le “ Riche  “ et le « Hardy ( «  dont on disait par plaisanterie qu’ »il fallait être riche pour aller au café Hardy et hardi pour aller au café Riche «)sous le   second empire , le “ Soleil d’or  “ , la “Vachette  “ , la “ Taverne du panthéon  “ ,le “ Zut “ , le “ Lapin agile  “,le «  Baratte «  , »Le café du lycée des arts «,le «  Café Lemblin « »La perdrix rouge « devenue «  Perdrix amoureuse « le «  Café de la Porte saint Martin »surtout fréquenté par les dramaturges, »Chez Bouvet »,le »Café de Suède », »Chez Piton »,le « Café Anglais «  , le »Café Iche » dont on disait qu’il avait conservé le nom sans en avoir l’R ,le «  Saint Roch »,le «  Robespierre »,le «  Tabourey «,  le «  Divan Lepelletier »le «  Voltaire »et le « Soufflet » ou l’on ne fumait pas ,le « Mazarin «  et le «  Belge « ( qui deviendra «  Brasserie du Rhin «)fréquentés par les étudiants turbulents,le «  Théodore «   et la «  Brasserie Andler «  plus politisés, la « Brasserie des martyrs «  fréquentée par toute une pléiade d’éternels aspirants au succès     et  le «  Paul Niquet « chers à Nerval  à la fin du XIX° siècle ....

                                               La profusion atteint des proportions considérables à la belle époque ou ils ont  constitué un lieu de réunion privilégié pour tous les littérateurs qui n’avaient  pas accés aux salons *  

                                      Les citer tous est impossible mais on peut évoquer le nom de quelques uns ....“ La Source  “ , ,”Le François 1°  “ , , “ La Brasserie Grüber  “ , “Le Rhin  “ , “ Le Soufflot  “ , “La Vachette  “ , “ Le Balzar  “ , le “ D’Harcourt  “ , “ La closerie des lilas  “ chère à Hémingway et qui , dans une version précédente avait été chère à Verlaine , le “ Café des Vosges  “ , “ Le Voltaire “  que fréquentèrent Verlaine , Gambetta, Gauguin,Mallarmé ,Gide, Héminway..., “Le Flore “ ou Rémy de Courmont composa plusieurs de ses œuvres, “ le Weber  “ , “ Le Grand café  “ ,le “ Dôme  “ , la “ Rotonde  “ , »Le nègre de Toulouse «  , le «  Falstaff », le «  Dingo Bar «  ,S “ Le Bar de la Paix  “ , “ Le Napolitain “ ,” Le Rat Mort  “ ,” Le Mirliton  “ , “ Le Carillon  “ , “ L’Ane rouge  “ ,” Le Clairon de Sidi-Brahim  “ cher à Mac-Orlan ,” Le Billard en bois  “ , “ La Nouvelle Athènes  “  , “ Le Franco-Italien  “ , “ L’Univers  “ ,fief des auteurs dramatiques,” Le grand écart “ , “ Le Florence  “,” Le Flore  “ ,”Les deux magots  “ ,” La brasserie Lipp  “  dont Léon Paul Fargue disait que “ ....l’on ne saurait écrire trente lignes  dans un journal à Paris ....sans consacrer au moins un soir par semaine à cette brasserie “ ,”La taverne du bagne “ , “ Le divan Japonais “ , “Le  Certa  “du passage de l’opéra , “ Le  Cyrano  “ , “ La déesse noire “ , “ La belle poule ,” , “ La grande pinte  “ , “ Le Caveau du soleil d’or  “ , “ L’académie des tonneaux  “ , “ Le Caveau “ , “ La régence “ , “ les  café  “ Manoury  ,Harger, de la Victoire , D’Apollon, des mille colonnes , Hardy, Frascati,Cardinal , Tortoni,Riche ,américain , l’écritoire si bien nommé  etc ...etc ........

                                                               L’époque de l’après seconde guerre mondiale eût les siens nommés «  Bar vert » , »Flore », »Méphisto », », »Catalan », »Les deux magots «  , «  La reine Blanche «  ,  etc ..etc ..   auxquels vient s’ajouter  la foule anonyme de tous ces autres, parfois fréquentés par des littérateurs bohème ,   évoqués dans ” Le Piéton de Paris “ : ” Bars éphémères,incrustés,usés,inamovibles,russes, nègres , malgaches,  lesbiens, platoniques , ...” .....   

    

                                                           Certains d’entr’eux méritent une mention spéciale :

*

                                               -Le   “ Procope ,né en 1686 et qui après s’être appelé “ Zoppi  “ redevint “Procope “ et survit encore .

Ce  fut l’un des plus anciens : surnommé le «  Bureau du savoir « ou le «  Temple des encyclopédistes «   au temps de l’encyclopédie..il s’y  élabora ensuite  nombre d’idées révolutionnaires et, au XIX° siècle,il  anima un cabinet de lecture .                     

-Le “ Bœuf sur le toit  “ qui ,à partir de 1920 ,vit défiler nombre de futures célébrités littéraires et artistiques dans ses divers ports d’attache ( rue Duphot ...rue Boissy d’Anglas ...rue de Penthièvre ...rue Pierre 1° de Serbie ...)

                                               -Le «  Café Mably «  & le «  Rendez vous des cheminots «  pour Jean Paul Sartre 

                                               -Le “Voltaire  “ de Zurich ou Tristan Tzara baptisa le  mouvement “ Dada  “

                                               -Le «  Café Caron «  décrit par Rémy de Gourmont et fréquenté par Huysmans,Arène,Lafenestre….

 

                                               De nombreux auteurs (Sartre,Simone de Beauvoir,Hemingway ,Jacques Laurent ,Hémingway , Colette par exemple ..) ont écrit près des zincs*  et certains cafés  présentent une ambiance si propice à  l’écriture que Léo Crozet ,dans une étude sur l’équipement matériel des bibliothèques publiée en 1936 préconise dans le “ Bulletin du livre français  “ de s’en inspirer pour la conception des salles de travail des grandes bibliothèques .

                                      Pour nombre d’auteurs  ayant écrit dans les cafés  le choix de l’établissement ne fut pas toujours exempt de considérations très matérielles  comme , par exemple, la qualité du chauffage ...

 

                                              

                                               Le phénomène de la  “ Résonance * stochastique “ expliquerait en partie la propension de certains écrivains à ne pouvoir rédiger qu’avec la présence d’un bruit * de fond  …mais aussi  , pour certains , sans le risque de voir apparaître des personnes de connaissance  comme Hémingway l’exprime dans «  Paris est une fête « lorsqu’il parle d’un « café idéal pour travailler  et qui n’était fréquenté par aucune de vos connaissances « 

                                               Rares sont les écrivains qui ont décrié le café mais , parmi eux  on peut évoquer:

                                                        - Cendrars ,qui,  dans “ L’homme foudroyé  “,dit toute l’aversion que lui inspire la vie que mènent les gens de lettres “ devant les glaces pleines de reflets des grands cafés de Paris “ et  emploie,pour qualifier la mégalomanie qui les anime souvent ,le  terme  “ Kafee-Wahn  “ (folie ou illusion du café ) emprunté au vocabulaire psychiatrique  allemand ,terme qui , curieusement se rapproche de “ Kahvehane “ qui , dans le monde turc désigne un café  à vocation littéraire .....(aussi nommé “ Kiraathane “ )

 

                                                           -Charles Cros qui écrit dans “Le coffret de santal “  :

                                                                       “Dormir tranquillement en attendant la gloire

                                                                       Dans un lit frais l’été,mais,l’hiver, bien chauffé

                                                                       Tout cela vaut bien mieux que d’aller au café ! “

 

                                                             -Balzac , pour sa part,déplorait le fait que les étudiants soient conduits à étudier au café par suite de la mauvaise qualité de leur logement : « Commen,t espère-t-on faire rester des jeunes gens dans de pareils hôtels garnis ?Aussi les étudiants étudient-ils  dans les  cafés… »(in « Z-Marcas »-1840)

                                                             - Le père de Georges Courteline qui , après avoir assisté en 1893 à la première représentatuion de «  Boubouroche «  émit ce jugement péremptoire : « Ça ne restera pas ,ça se passe dans un café ! « 

 

                                                                 -L’artiste Scanreigh a parfois donné comme nom d’éditeur le nom du café dans lequel il a conçu ses livres ( “ Le Liminaire  “ , “ Les deux rives “ etc ...)


                                                                   

 

                                                          

 


                                                          

 

                                              


                                             

                                                           -

                                                                        

                                                                                                                  

 

    

    Il est arrivé ,rarement cependant , que des tenanciers de café publient une chronique comme par exemple Madame Bourette tenant un café rue «  Croix des petits champs «   au XVIII° siècle qui publia en 1755«  La muse limonadière «  recueil d’anecdotes en vers et en prose relatant les faits et gestes des gens de lettres fréquentant son établissement (Marivaux,Vadé, l’Abbé Prévost Piron , Maupertuis …etc …)…œuvre qui ne fut pas dédaignée puisque l’on en connaît un exemplaire aux armes de la reine Marie Leczinska dédicacé à son père le roi Stanislas et ayant ensuite fait partie au XIX° siècle de la bibliothèque du baron Double .                                                          

                                                       

On peut citer aussi     « Histoire anecdotique des cafés et cabarets de Paris «  d’ Alfred Delvau (1862)

Signalons un rôle plus modeste tenu par les cafés en matière d’écriture : tous tenaient à disposition de leurs clients des  nécessaires à écrire et du papier à lettres à leur en-tête et les lettres de célébrités rédigées sur ces papiers sont légion ….

 Toutes les grandes villes du monde ont eu leurs cafés célèbres …pour n’en citer qu’un seul, rappelons le souvenir du «  Café Richmond » de Buenos Aires  que fréquentèrent Jorge Luis Borges, Saint Exupéry,Mermoz,et que Graham Greene  mentionna dans « Le consul honoraire «  (1973)

L’appellation «  Écrivain de café ou de bar «  parfois rencontrée peut , certes, désigner un écrivain rédigeant ses  œuvres dans les cafés mais est le plus souvent employée péjorativement pour désigner un écrivain discourant au bar pendant des heures ,et le plus souvent en mal,  sur la littérature des autres et sur les œuvres que , c’est sûr , il ne tardera ,un jour prochain , pas à écrire  

 

                                                           Et  , pour conclure , remarquons que la  satisfaction des cafetiers concernant la notoriété donnée à leur établissement  par la fréquentation des « Gensdelettes «  fut parfois nuancée par  la parcimonie de certains écrivains qui passaient  chez eux de très longs moments sans consommer : Pierre Boubal , patron du Flore disait ainsi : «  Sartre !Ce fut mon plus mauvais client ! Il demeurait des heures à gribouiller du papier  devant une unique consommation du matin jusqu’au soir , jamais renouvelée « 

 

                                                           Certains de ces tenanciers ou quelques membres de leur personnel  devinrent des amis des écrivains qui , parfois , les brocardèrent gentiment comme , par exemple , lorsque Guillaume Hannoteau , usant du contrepet * , baptise «  L’atome de l’oncle Cazes « le chasseur de petite taille  de la brasserie Lipp dont le patron se nommait «  Cazes »

                                                        

    2)Le café, introduit en tant que boisson en 1669 lors de la visite de Soliman Aga  émissaire de Mohamet IV,puis popularisé par l’apparition des «  Cafés «  dont le Procope fut le précurseur . a constitué, pour certains écrivains, un élément  absolument indispensable à leur inspiration ...le cas le plus flagrant est Balzac qui ,atteint de caféisme  *  , aurait consommé, pendant la rédaction de la “Condition humaine  “,50000 tasses d’un mélange de Bourbon,de Martinique et de Moka qu’il achetait chez trois fournisseurs différents et dont la consommation gargantuesque a ,selon certains chroniqueurs,été un élément déterminant dans la pathologie qui l’a emporté ...pathologie dont il n’ignorait rien puisqu’il avait publié en 1838  un “ Traité des excitants modernes “ dans lequel le café tenait une bonne place et ou il parlait des gens “ brûlés “ par son excessive consommation .... : »Enfin ,dernièrement,un artiste,Chenavard est mort brûlé … »et ou il livrait certaines de ses expériences : « …j’ai découvert une horrible et cruelle méthode que je ne conseille qu’aux hommes d’une excessive vigueur…..il s’agir de café moulu froid et anhydre pris à jeun …. » .. » …Excitation fatale car elle me donne d’horribles douleurs d’estomac « (propos ..1845)

                                      Mais cela ne l’empêchait pas d’en vanter les effes positifs : «  ..il [le café ] tombe dans votre estomac …dès lors , tout s’agite : les idées s’ébranlent comme des batailons de la grande armée …le  papier se couvre d’encre car la veille  commence et finit par des torrents d’eau noire « 

                                                          Voltaire , Buffon , Napoléon et bien d’autres furent eux-aussi de grands consommateurs de café ...et madame de Sévigné  a écrit le 29 Janvier 1690: «  Nous avons ici de bon lait . Nous sommes en fantaisie  de faire bien écrémer  de ce bon lait  et de le mêler  avec du sucre  et de bon café « …mais , dans une lettre écrite le 1° Novembre 1688 elle écrivait que «  Le café est tout à fait disgracié …il échauffe et met le sang en mouvement ….bête de compagnie comme vous me connaissez, je n’en prends plus … »

                                      Un peu plus tard Samuel Auguste Tissot écrivait dans son livre «  De la santé des gens de lettres «  ( 1770 ) : «Les gens de lettres sages devraient  en général réserver le café  pour leur remède  favori, mais ne jamais en faire leur boisson quotidienne …habitude qui dégénère bientôt en besoin …on sait qu’on s’empoisonne  mais le poison est doux et on l’avale …. »

                                                            

 

Marcel Proust ,sans en faire une consommation excessive, était très exigeant concernant la qualité du café qu’il consommait et sa bonne , Céleste Albaret,rapporte dans ses mémoires qu’il  ne buvait que de  l’ »Essence de café «  de marque Corcellet exclusivement acheté dans une boutique de la rue de Lévis dans le XVII° arrondissement ,préparée dans un filtre Corcellet, servi sur un plateau de la même marque ,et dont il consommait deux  bols par jour qui constituaient souvent sa seule nourriture : « Je n’ai jamais entendu parler de personne d’autre qui ait vécu des années en ne se nourrissant que  de deux bols de café au lait et de deux croissants par jour /… » (Céleste Albaret  in «  monsieur Proust «  )

 

 Victor Hugo réalisa un certain nombre de ses dessins à l’aide d’un mélange d’encre de gouache et de café et pour saupoudrer et sécher ses écrits il utilisait du marc de café ou de la cendre de cigare.

  Il a aussi été célébré en poésie comme le note Jean Pruvost dans  « Le dico de  dictionnaires «  ( 2008)

 

                                                                                  « Prends du café : ce jus divin

                                                                       « Pour chasser le sommeil et les vapeurs du vin  «  (Maumenet )

 

                                                                       « C’est toi , divin café ,dont l’aimable liqueur

                                                                       « Sans altérer la tête , épanouit le cœur «  (Balzac )

 

                                                                       « Le café vous présente une heureuse liqueur

                                                                       « Qui d’un vin trop fumeux chassera la vapeur «  (Berchoux )

 

                                               Certaines de ces poésies célébraient ironiquement  l’opinion autrefois assez répandue , que le café donnait du faux esprit à ceux qui en étaient naturellement dépourvus :

 

                                                           « À l’esprit imbécile

                                                           Café sert de second

                                                           L’auteur le plus stérile

                                                           Par luy devient fécond… » (Anonyme …)

  Le café a suscité de nombreux écrits soit techniques pour parler de sa culture, de sa torréfaction ou de sa préparation(...contentons nous de citer le “ Manuel de l’amateur de café “ de Henri Monnier – 1828  )soit romanesques comme  Jean Baptiste Rousseau qui ,en 1694, écrivit une pièce sur le sujet  qui lui valut quelques critiques du genre “ ...Le café toujours nous réveille ....le café chez toi seul endort  !  “

                                               Voltaire  rapporte , sans doute faussement , que  Madame de Sévigné,parlant de Racine ,    aurait dit   “ Racine passera comme le café  ! “

                                               Certains livres d’art * volumineux et luxueux sont nommés par les anglais “ Coffee table books  “ (“livres pour tables basses ou à café “ )

                                                

                                               L’expression «  Propos de café du commerce «  synonyme de «   Propos de table* « peut se rencontrer pour qualifier péjorativement un texte superficiel et peu abouti .

 

                                      Les «  Gens du livre «  n’ont , pas plus que les autres dédaignés d’ »améliorer «  leur café en y rajoutant des alcools    le breuvage prenant alors des noms divers tels que « Grand deuil « & «  Demi-deuil «   (sans ou avec  cognac ) …

 

CAFÉDO(TO)MANCIE

                                      Méthode de divination par le marc de café remontant au XVII° siècle ( Thomas Tamponeli ) qui est considéré comme une “ Chose écrite “ sur laquelle on peut lire des indications sur l’avenir.

                                      On peut rencontrer les synonymes dérivés de l’anglais “ Tassegraphie  “ et “ Tasséomancie  “ .

 

CAFÉISME                                                                                                                                      

                                      Addiction entraînant une dépendance à la consommation de café * et divers troubles pathologiques ...Honoré de Balzac en fut atteint ....comme bien d’autres “ gens de plume “ ce qui donne à ce mot le droit de figurer  ici .

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 09:35

BOÎTE              

                1)En typographie

                        -Synonyme de : “Casse*   “ et aussi de l’ atelier lui-même avec parfois une connotation péjorative .

                        -La “Boite à merde “ est l’encrier de la presse mécanique .

                        -La “ Boite aux pâtés  “ servait à rassembler les caractères défectueux mis au rebut et avait un usage analogue au “ Cassetin * du diable  * “ et au “ Sabot  *  “ 

                        - “Faire sa boite  ” signifie : distribuer les caractères*.

              -Sur les presses anciennes la boite était une pièce de bois servant à centrer la vis .

              Dans le cadre des rites initiatiques d’admission nombre d’apprentis se sont vus confier la mission de chercher une hypothétique «  Boîte à guillemets » qu’ils n’ont jamais trouvée …

              2)Étui* de carton réalisé aux dimensions d’un ouvrage et destiné à l’abriter:;quand il  est totalement fermé on parle parfois de “ Livre- boîte  “ cette dernière appellation étant parfois rencontrée pour désigner assez improprement les “  Schraub * médaille “  

              Ces étuis sont réalisés par les relieurs * mais peuvent l’être aussi par les layetiers * (là ou ils existent encore ...!!!)

              La bibliothèque nationale ,qui en emploie beaucoup ,a mis au point un système informatique qui ,en  transmettant au fabricant les côtes et le poids de l’ouvrage à protéger , permet à celui-ci de confectionner une boîte adaptée sans manipulations physiques du livre à protéger .

              La “ Mise en boîte  “  est parfois adoptée par certains bibliophiles qui trouvent commode de regrouper sous un même contenant tout ce qui concerne un seul et même objet .

              Le procédé a parfois été adopté pour dissimuler des ouvrages interdits et  dans son livre “ Le bonheur de vivre en enfer “ , Emmanuel Pierrat cite le cas d’un samizdat  * de Boulgakov présenté sous forme de clichés placés dans une boîte *  et mélangés à des photos de famille .

              Le même ouvrage signale également le néologisme “ Biliopyxidiste  *  “ désignant les collectionneurs mettant leurs livres dans des boîtes .

              ²Certains collections d’ouvrages éditées sous emboîtage sont qualifiées de «  Bibliothèques* portative , du voyageur, des dames ,de l’enfance etc … » 

 

              3)Étal  de  bouquiniste  sur les quais de Paris constitué  d’une  caisse  fixée  à cheval sur le  parapet  dans laquelle les amateurs viennent fouiner*: on parlait parfois de “ Boite à quatre sous “ pour désigner les étals à bon marché .

              Les boites mesurent deux mètres et,nombre de bouquinistes en possédant quatre, l’exercice de la profession est parfois nommé par la métaphore “ Faire ses huit mètres “ .

              Parmi bien  d’autres Léo Larguier a chanté leur charme :

              “Je connais chaque boîte et tous les bouquinistes

              Sédentaires ainsi que de vieux alchimistes ...”

 

              4)Etui de carton ou d’autre matière servant à contenir divers accessoires du domaine  de l’écrit:papier*,crayons,plumes, timbres  etc... ou de domaines divers mais dont la décoration comporte souvent un texte écrit et décorées selon une multitude de techniques : peinture , laque * ,”Fixé * sous verre “ ,lithographie * etc ...

             

              Les plus recherchées semblent être les boites de plumes dont il existe une infinie variété ...leurs collectionneurs sont des “ pyxicalamophiles   * “mais il existe aussi des “ Pyxiatélophilistes   *  “qui collectionnent les   boîtes à timbres * , des “ Pyxilithophilistes   *  “ qui collectionnent les  boîtes portant un décor ou des inscriptions réalisées par un procédé lithographique * et des «  Publipyximétaphiles * «  qui collectionnent les boîtes publicitaires .

               

              -Certains livres ont été transformés en boîtes par suppression des cahiers : c’est le cas , par exemple , d’un livre de fête * aux armes de Louis XV établi à l’occasion du mariage du dauphin avec sa seconde épouse Marie-Josèphe de Saxe qui figura , transformé en boîte à la vente des livres de Roger Peyrefitte en 1977.

              Parfois ce sont plusieurs livres qui sont accolés et creusés pour créer une boîte de grandes dimensions .

              D’autres livres ne le sont que partiellement et sont aménagés pour le rangement de lunettes * ou,comme certains manuels de changeur ,pour le logement  d’un trébuchet.

              D’autres boîtes encore sont , dés l’origine, façonnées en forme de livres et s’apparentent alors d’avantage au “ Livre feint  *   “ 

              Certains relieurs, Randeynes & fils dans les années 30 par exemple ,s’étaient fait une spécialité  de  la transformation de livres en boîtes

 

              5)Certains livres “ à système  *  “ comportent une boîte à musique* ,parfois nommée «  Componium* «  pour produire un effet sonore en rapport avec le contenu du livre :ce dispositif peut être actionné par ressort , manivelle *  ou , pour les plus modernes, être électronique (mais on dit plutôt “ puce  *  “ dans ce cas ...)

              D’autres forment des “ Boites - bibliothèques “ en forme de meuble abritant une série de livres miniatures * en général destinée à la jeunesse .

 

              6)En matière d’administration postale on distingue :

 

                   A)Les boîtes destinées à la collecte du courrier à expédier dont les premières ,nommées “ Boëtes pour les lettres  “ “ ,furent mises en service à Paris  par Renouard de Villayer vers   1653 ; d’abord à usage interne puis pour la “grande poste “.

              Sous diverses appellations (“Boîte de la poste “ [académie 1788] ) elles ont ensuite ont donné lieu à une foule de déclinaisons :

              - Boites à la fleur de lys  portatives et en bois.

-Boîtes fixes en bois puis vers 1895  bornes en fonte supportant des «  Réclames * « .

              -Boites “ Mougeotte  “murales ou sur pied mises en service en 1899 par Louis Mougeot  alors sous-secrétaire d’état aux postes et télégraphes : en fonte de couleur bronze et décorées de palmettes, feuilles d’acanthe et écailles, elles avaient l’inconvénient d’être peu faciles à vider .

              -Boîtes Lanaud mises en service vers 1900 et comportant deux compartiments pour le courrier intra-muros et pour le courrier extérieur ;elles eurent  peu de succès…

              -Boites “ Vincent  “ mises en service en 1908 par le sous-secrétaire d’état Simyan :de couleur vert empire rehaussé d’or elles arboraient l’emblème du coq gaulois et avaient un fond incliné facilitant leur vidage .

-Boîtes «  Symianette « inventées par le sous-secrétaire d’état à la poste  Symian  en 1908 : en fonte de couleur bronze et décorées du coq gaulois  certains modèles avaient un fond incliné pour faciliter leur vidange…..elles ne survécurent pas au départ deleur inventeur …

              -Boites en tôle apparues en 1911 et toujours vertes avant de passer au bleu foncé en 1912.

              -Boîtes «  Delachenal « :

-Fixes en tôle de couleur bleue et munies d’un écusson « RF «  doré.(1918)

-Mobiles dites « de gare » destinées au courrier déposé dans les gares pour être embarqué dans les wagons postaux au passage du train .(1930)

              -Boites en tôle  “Foulon  “ apparues en 1929 sous une livrée bleu foncé pour le courrier normal et bleu clair pour le courrier aérien.

              -Boites type «  Dejoie «(1950)en fonte d’aluminium ,de couleur bleue,murales ou sur pied .

              Suivront divers modèles avec adoption de la couleur jaune plus visible .

 

              -La boîte à lettre la plus isolée du monde se trouve aux îles Galapagos et le courrier qui y est déposé n’est relevé que trés épisodiquement par les navires de passage.

 

              -Les Wagons postaux ont durant longtemps comporté une boîte aux lettres , certains d’entr’eux ayant été à une certaine époque la seule boîte disponible pour toute une région : c’est le cas du Wagon qui desservait au début du XX° siècle la ligne Rosheim-Ottrott en Alsace, wagon qu est en passe d’être classé monument historique .

 

                                   B)Les «  Boîtes à caractères «  qui contenaient l’assortiment de caractères typographiques nécessaires à la mise à jour quotidienne des tampons* d’oblitération des timbres.

 

                                   C)Les boîtes idividuelles des particuliers destinées à abriter le courrier dont ils sont destinataires  dont l’apparition  est plus tardive que celle des boîtes de départ mais trés diffiçile à dater de façon précise .

              Elles n’ont longtemps eu aucun type standard et la plus grande fantaisie a pu s’exprimer dans leur conception jusqu’a ce qu’une norme les réglemente à partir de 1979.

 

7) -Une “ Boîte aux lettres morte est une appellation utilisée par les espions pour désigner une cache sur la voie publique ( trou de mur,banc de square etc ...) servant à l’échange de courrier entre deux personnes qui ne se rencontrent jamais .

 

              8)Pour les imprimeurs en taille douce le mot peut désigner deux choses:

              -Un accessoire en bois en forme d’arc utilisé pour faire tourner le rouleau de la presse.

              -Une sorte de réchaud à braise utilisé pour réchauffer les plaques gravées avant  leur encrage .

              9)Dans certaines régions (Isère par exemple ..) le mot désigne un claquoir * en forme de livre .

10)Certaines boîtes destinées à contenir des matières qui n’ont rien à voir avec le domaine de l’écrit  s’y rattachent cependant lorsqu’elles portent un texte imprimé ou un dessin : c’est , entr’autres , le cas des boîtes lithographiées dont les collectionneurs sont les “ Pyxilithophilistes   *  “ et des boîtes publicitaires collectionnées par les “ Publipyximétaphiles  * 

              Ces boîtes en tôle, ornées de lithographies à compter de 1877,  furent l’un des premiers supports publicitaires .

              Certaines d’entr’elles ont par ailleurs été utilisées pour la réalisation de livres d’artiste * comme par exemple pour celui présenté en 2010 par Mya Frey La Coutellerie à l’expostion des livres miniatures de Lyon et qui s’enroule dans une boîte à sardines .

              11)Les graveurs pratiquant l’aquatinte * nomment “ Boîte à grains  “ une sorte de grosse salière leur permettant de répandre uniformément la résine sur la plaque à graver ;

              12)Certains livres ou florilèges * portent ce titre comme , par exemple, “La boîte à esprit  “ (collectif-1801),ou”La boîte en argent “ de John Galsworthy(1906)

              13)Dans l’argot du XIX° siècle la tête d’un écrivain ou d’un homme de lettres était parfois qualifiée de “ Boîte à surprises  “ .(Delveau ) et le sexe féminin de «  Boîte à lettres «  .

              14)Les messagers d’autrefois parfois nommés  “ Messagers à boîte  *  “ étaient munis de boîtes ou de coffrets * très solidement construits , fermant à clé et comportant sur le dessus un compartiment séparé destiné à abriter le «  passeport * «  accréditant le porteur en cas de contrôle .

              Ces coffrets,attachés à la ceinture ou portés en bandouillère, comportaient tous , à l’intérieur de leurs deux couvercles, des images pieuses  qui , en raison de leur situation ont la plupart du temps été très bien conservées ,certaines d’entr’elles étant même devenues des pièces uniques .

              Lorsque ces boîtes étaient destinées au service de personnages importants , elles pouvaient être de réalisation luxueuse comme, par exemple , celle commandée par Jean le Bon en 1352 qui , émaillée aux armes du dauphin et diaprée de feuillages, avait coûté 75 livres(# 2500 € ..)

              Au fil du temps ces boîtes sont devenues non fonctionnelles et , au XVII° siècle , elles n’étaient plus qu’un insigne symbolique de fonction …certaines d’entr’elles ,conservées de nos jours  dans des musées, sont encore parfois arborées en certaines circonstances comme , par exemple , à Ribeauvillé  ou l’appariteur municipal l’exhibe lors des fêtes sur sa tenue de cérémonie .

 

15) On emploie parfois l’expression «  Boîte à outils «  pour désigner la panoplie des moyens employés par un écrivain pour la réalisation de son œuvre : outre les outils matériels tels que plume, encrier , etc ….peuvent y entrer dictionnaires , ouvrages de références , banques de données  numériques ,presse , enquêtes de terrin , photographies etc….etc…

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