Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 07:49

POCHE                           

 

                                            1)Boucle ornant une lettre en calligraphie.

                               

                                         2)Le Livre de poche était,au départ le  nom propre d’une collection (hachette-1953  ) qui   est devenu ,au fil du temps , un nom commun  pour désigner des livres à bon marché,produits industriellement en très grandes quantités et destinés à mettre la littérature à la portée du plus grand nombre.

 

                                         Se présentant sous une forme brochée agrémentée d’une couverture illustrée,ils sont de médiocre qualité du point de vue de la bibliophilie mais donnent le texte intégral des oeuvres publiées, parfois accompagné d’une préface*, d’un appareil* bibliographique et de commentaires et notes (auxquels on a reproché ,dans les premières années ,d’être trop peu critiques et d’affadir le texte ...)

 

                                         Les ancêtres en sont sans doute le “Penguin*-book” Anglais (créé par Sir Allen Lane en 1935),les “pocket book” Américains (1939) , les collections allemandes “ Tauchnitz  “ et  Rororo “,“Le livre plastic  * ” diffusée par les éditions Belges Marabout après la 2° guerre mondiale , la collection espagnole “ Austral  “,la collection « Que sais-je ? » (1941) et  autres «  Signet* book » , «  Bantam* book » , »Alcotan * « ou  »Libri di Pavone * « ( * : Voir à ces mots )

 

            Mais,si  l’on s’en tient au critère strict qu’un “ livre de poche  “ est un livre qui peut  prendre place dans la poche d’un vêtement ,le genre existe depuis bien plus  longtemps et c’est sans doute  le libraire romain Secundus qui l’inaugura  vers 80 en publiant les “ Épigrammes  “ de Martial en très petit format ,livres dont Martial disait à l’adresse du lecteur potentiel :“...achète ceux que le parchemin resserre entre deux courtes tablettes .Laisse aux bibliothèques les gros volumes.Une main suffit pour tenir un livre ....Va trouver Secundus ....”

 

                                         Il fut suivi des Irlandais qui ,dés le VI° ou VII° siècle réalisèrent des manuscrits de petit format  parmi lesquels on peut citer  le “ Missel Stowe  “ ou “ l’antiphonaire * de Bangor  “ puis de Alde Manuce dont les livres de petit format permettaient à Sigismond Thurzo .”...les consulter en marchant ....et ...en jouant au courtisan 

 

                                         A l’époque de la renaissance ces livres de petits formats étaient cependant boudés par les acheteurs qui préféraient les in quartos  * ou in folios * sans doute plus valorisants dans une bibliothèque ...

 

                                         Bien qu’inconstante la tradition persista et l’on peut ,parmi une foule d’autres , citer l’exemple de Bernardin de saint Pierre qui écrivait en 1789 dans la préface d’une édition de « Paul et Virginie » au  format in /18° : »J’ai fait faire sans souscription cette édition in /18° en faveur des dames qui désirent mettre mes ouvrages dans leur poche «…et toutes les éditions de petit format dont certaines telles les Cazin * ou les Charpentier * sont passées à la postéritéet sans oublier ces exercices de style que sont les livres miniatures * ( * : Voir à ces mots )

                               

En France ,c’est la collection “ Que sais-je   ?  qui la première adopta ,en 1941, de façon massive un format de poche mais ,par les sujets traités,elle était moins accessible au grand public...

 

                                         Entre les deux guerres une tentative semblable de popularisation du livre avait été faite en particulier par les éditions Fayard (Le livre de demain) et Ferenczi (Le livre moderne illustré) mais sans atteindre le colossal succès du livre de poche actuel et en suscitant quelques critiques  comme celle de René fauchois qui développait  dans “ Les Marges “ en 1923 l’idée qu’une édition populaire était indigne pour la publication de Baudelaire ...

 

                                         Le succès de ces livres est tel que certaines librairies (Bibliopoches* ) se consacrent exclusivement à leur vente.

                               

                                         Une bibliothèque consacrée au livre de poche est une Pochothèque*

 

                                         Y être publié  est ,pour un auteur,la consécration du succés d’une œuvre et certains auteurs ne sont devenus vraiment célèbres qu’aprés leur publication en “ Poche “.....: Le “ Désert des tartares  “ de Dino Buzzati s’était vendu à 5000 exemplaires en 10 ans lorsqu’il sortit en “ poche “ et se vendit immédiatement à 70000 exemplaires ...certains rares auteurs,Julien Gracq par exemple ,  ont  cependant refusé de voir leurs œuvres ainsi vulgarisées .

 

                                         D’autres ont été redécouverts tel Chrétien de Troyes qui n’était lu que par un petit nombre de spécialistes avant sa publication en “ Poche” qui se vendit à 30000 exemplaires dans les années 60...

 

                                         De nombreux éditeurs sont en compétition sur ce marché qui ,cantonné à ses débuts, aux auteurs confirmés s’est ,peu à, peu élargi pour faire une place aux jeunes talents .

 

                                         Les tirages,trés importants pour les auteurs à succés  (plus de 3000000 d’exemplaires ...) ,montrent à l’évidence l’impact profond du “ livre de poche “ qui, selon le mot de Jean Giono, “est en train de révolutionner toute notre cuture “

.

                                         Concernant les tirages , il faut distinguer les livres imprimés sur rotatives * qui tirent à trés grand  nombre  et ceux imprimés à l’aide de procédés “ à plat “ dont les tirages sont moindres .

 

                                         On parle couramment de “ Format Poche  sans que cette appellation désigne un format trés précis ( 10x18 comme la collection de ce format ?....format de la collection “Le livre de poche  d’origine ?....) il s’agit d’avantage  de désigner un genre plus qu’un format précisément coté ....

 

                                         À ce jour , le fait qu’il existe plus de 300 collections de poche éditées par quelques 80 éditeurs  et totalisant plus de 30000 titres pour  10000 auteurs permet  d’affirmer que l’apparition du livre de poche a été une véritable révolution culturelle ....fait confirmé s’il en était besoin , par les chiffres de vente : 13,4% du chiffre d’affaires de l’édition et plus du quart de ses     ventes en volume en 2007…..

 

                                         Le nom est devenu commun et l’on dit “ un poche  ou “ C’est en poche “ pour désigner un texte publié dans l’une des collections à ce format .

 

                                         Du point de vue de l’amateur de Bouquins * ” les collections de poche ne présentent en général d’intérêt que pour la recherche de certains textes difficiles à trouver ailleurs mais on peut noter que certains livres de poche commencent à être  recherchés des collectionneurs en raison de leur tirage  faible ,d’un relatif insuccès ayant fait surseoir à des rééditions,ou de décors de couvertures des premiers tirages  non repris sur les rééditions successives  d’un même titre.

 

                                         Il peut en aller de même lorsqu’il s’agit de livres ayant appartenu à un personnage célèbre et ce serait ,par exemple, le cas des quelques centaines de “poches “ que le président Mitterand conservait à Latché s’ils venaient un jour sur le marché...

 

                                         3)Certaines machines spécialisées dans le pliage des cartes géographiques et  routières sont dites “ Machines à poches  “ .

 

                                         4)Les poches des vêtements contiennent souvent des livres et il n’est pas rare que ceux-cis les mettent à mal ....

                                Nodier dépeint dans “Le Bibbliomane  “ un personnage reprochant à son tailleur d’avoir omis de faire à son vêtement de “ Poches in quarto *

 

                                         5)Au moyen âge le mot désignait le sac que les écoliers portaient à la ceinture pour y ranger tablette de cire et nécessaire à écrire et il a aussi désigné les «  Livres à queue * «(Voir à ce mot ) s’accrochant à la ceinture qui étaient dits «  Livres à poche «  et ,parfois, «  Livres de poche ».

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Dictionnaire du livre de TITIVILLUS
  • : Recherche du sens de mots rares ou disparus dans la sphère du livre et de la chose écrite , recherche d'éléments divers concernant ce même domaine et publication du résultat de ces recherches .
  • Contact

OBJET DE CE BLOG

 DICTIONNAIRE DU LIVRE DE TITIVILLUS

Recherche

Liens