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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 08:02

  LECTURE                         

 

                                                        1)Action de lire* et raison même de l’existence du livre ....car “ Il n’y a de complet que le livre lu ...”

                                         On distinguait  autrefois  la lecture intensive consistant à ne lire inlassablement qu’un seul livre ( la bible souvent ...) et la lecture extensive consistant à en lire de nombreux .

                                         D’autres classements distinguent cinq sortes de lecture : détente,utilitaire ,étude,information et consultation chacune d’elles   pouvant être pratiquée sous forme “ Vocalique *  “ , “ Subvocalique  * “ , ou “ Mentale   *” selon que l’on lit à haute voix , à voix basse ou silencieusement.

                                         D’autre  subdivisent la lecture en « Littérale * », «  Allégorique * «  , »Morale * «  et «  Anagogique * «  ( * : Voir à ces mots )et on peut citer  Paul Claudel qui écrit à ce propos  dans son journal (Oct.1930) : »Il y a un sens immédiat et littéral du texte sacré,mais aussi un sens allégorique par lequel nous découvrons un enseignement moral.et un sens anagogique par lequel nôtre âme se trouve élevée vers l’amour et le désir de dieu . « 

  

Il y a mille et une façons de lire depuis la lecture attentive de l’étudiant à la lecture distraite ou nonchalante *du voyageur dans un train..et il y aussi de nombreux types de lecteurs *...

Ces diverses formes de lecture ont été désignées par des noms variés parmi lesquels on peut signaler le «  Broutage * «  qui désigne la lecture méthodique,appliquée et  complète d’un texte et le «  Furetage * «  ou la «  Chasse * «  qui désigne une lecture discontinue privilégiant les points essentiels ,ce mode de lecture demandant une certaine pratique pour être efficace . 

                                         Les pédagogues distinguent  la lecture «  Courante » qui permet de lire et de comprendre,la lecture «  Correcte «  qui respecte prononciation et ponctuation ,la lecture « Intelligente « qui montre que le texte lu est bien compris et , enfin, la lecture   «  Expressive «  qui adapte le ton à la nature du texte  et permet d’en exprimer les sentiments .  

                                         Dans les ordres religieux la lecture prend un caractère rituel bien défini par les règles  : c’est la “Lectio  * divina  ”    pour les textes sacrés et la “Lectio scholastica  ” pour les textes profanes....” ...quand nous lisons ,Dieu nous parle ...” disait Smaragde ...

                                         Dans la Rome antique la lecture publique  ( Récitatio* ou Epideixis * ) était souvent ,pour un auteur,le seul moyen de faire connaïtre son oeuvre

                                         Avant de devenir individuelle la lecture fut durant fort longtemps collective et  souvent prétexte à rassemblement , la lecture individuelle étant même considérée d’un mauvais œil comme c’est encore le cas dans les sociétés primitives .

                                         De nombreux auteurs ont prodigué des conseils de “ bonne  lecture » que,pour les conditions matérielles, l’on peut très schématiquement résumer ainsi : un bon éclairage de face sur un livre sur un livre tenu  à trente centimètres des yeux et ne comportant pas de lignes d’une longueur  supérieure à dix centimètres ,le lecteur s’accordant une courte pause tous les quarts d’heure et une suspension plus longue toutes les deux heures ...idéal que chacun adapte à sa personnalité , à l’heure et au lieu ....

                                         Pour ce qui est de la teneur des lectures , les conseilleurs ont été encore plus nombreux , certains ne se contentant pas de conseiller mais interdisant certaines lectures par à l'“ Index  *  “ ...

                                         Les avis concernant ce que doit être une bonne lecture ont , à toutes les époques été multiples et contradictoires et si un évêque pouvait écrire en 1913 que ,de son point de vue  , “...presque toujours la lecture est mauvaise  “ les opinions opposées n’ont pas manqué comme par exemple celle de Bertrand Poirot-Delpech qui écrit que “ Rien ne remplacera jamais l’immersion silencieuse dans les caractères d’imprimerie ....faute de ce recours ,oui, une forme insidieuse de régression barbare peut se produire ....”  

                                         Pour conclure retenons  la sage opinion exprimée par Montaigne au chapitre 10 de ses “ Essais  “ : Si ce livre me fasche , j’en prends un autre ....    ! ” 

                                         Les études scientifiques concernant la lecture sont fort complexes et font appel à des disciplines très variées telles que  linguistique , psychopédagogie , sociologie , médecine, psychiatrie,psychologie , etc

Au fait que ces études ne sont  pas toujours corrélées entre les différentes disciplines  s’ajoute la difficulté d’ “ écrire sur l’écrit   “ et de tomber dans les pièges ou défauts que la “ chose écrite  comporte...

                                         Il est difficile d’établir des chiffres significatifs concernant la lecture : certains enquêteurs  privilégient le temps  passé à lire ,d’autres le nombre de livres lus ...certains lecteurs considèrent comme lecture la consultation d’un annuaire ou d’un catalogue ,d’autre ne considèrent que  la littérature ...

                                         Les études prenant pour base le chiffre des tirages ne sont guère fiables …ouvrages achetés et non lus,livres lus par plusieurs lecteurs, invendus,exportations ,autant de facteurs faussant les statistiques * !

                                         On peut toutefois dégager quelques tendances :

                                         -On lit plus au Nord qu’au Sud...

                                         -Les 15/25 ans lisent plus que leur aînés...

                                         -Les femmes lisent un peu plus que les hommes ...et c’est une belle revanche sur l’époque ou de nombreux moralistes considéraient que la lecture pouvait leur être néfaste...et entraînait donc un sentiment de culpabilité *  

                                          -98% des bacheliers lisent au moins un livre par an (contre 50 % des non-bacheliers...)

                                         -Les bibliothèques publiques prêtent ,en moyenne,quatre livres par an et par habitant....

                                         -Les Français achètent de plus en plus de livres ...

                                         -Chaque français consulte annuellement environ huit kilos de papier imprimé dont un kilo de livres .

                                         Tous ces chiffres  n’empêchent pas certains de déplorer que le temps consacré à la lecture soit de plus en plus réduit et la constatation est ancienne comme en témoigne Banville constatant,en 1883,   que le lecteur de son époque n’a  plus que deux minutes par jour à consacrer à la lecture . 

                                         L’apprentissage de la lecture a,de tous temps ,donné lieu à de nombreuses études et à des controverses qui sont loin d’être éteintes à l’heure actuelle ....

                                     Parmi les quelques 600 méthodes recensées on peut distinguer plusieurs familles):

                                         -Les méthodes mécaniques ou globales  privilégiant l’acquisition de mots entiers(Méthodes de Radonvilliers,de Jacotot,deFreinet, de Decroly par exemple ...)

                                         -Les méthodes syllabiques commençant par l’apprentissage des syllabes .

                                         -Les méthodes “ Naturelles” ou “d’épellation” avec apprentissage des lettres puis leur regroupement en syllabes et ,enfin ,en mots.

                                         Mais il y eût aussi des méthodes «  Maternelles « , « Analytiques «  , «  Intuitives «, »Simplifiées « , »Pratiques « , »Méthodiques » , »Omnibus », »Sans Épellation « , « Mnémonique », »Logique « , »Universelle «  , »Autodidactique », »Idéovisuelle «  et quelques autres aux noms aussi savants qu’éphémères : «  Statilégie », « Autobaxie «  , « Scriptolégie , « Autolégie », »Solilégie «  etc ….  etc …

 

 

                                         Les maisons d’éditions ayant été en compétition très active à ce sujet , il existe des dizaines d’auteurs  ,souvent groupés par deux ou trois, pour des méthodes variées de lecture : «  Gabet et & Gillard «  (Hachette ) , «  Belot-Devinat-Toursel «  (Delagrave ), «Guyau-Bedel-Mironneau » (Armand Colin ) , «  Cuissart «  (Librairie de l’éducation nationale ), »Bosher «  (Belin)   

                                         -D’autres méthodes ,plus ou moins éphémères comme la “ Statilégie * “ ,la méthode Nicolas Adam (XVIII° sièvcle : «  Du connu à l’inconnu … ») celle  de Berthaud ( 1787) associant images et sons,La Phonématique * et la Phonomimie* de Mms.Page-Carpentier et Borel-Maronnie ou d’Augustin Grosselin y joignant des gestes codifiés , ou les méthodes de René Jolly (1931) ,mixte de Lemaire ou de Romain et Piquemal , J.Ségelle,Peigne ,Édouard Jauffret,J.Juredieu & E.Mourlevat visant à amuser,François de Neufchateau,J.M. de Gerondo,Kergomard,Grimaud, Féline,Charpy,Briss et une foule d’autres    ont aussi existé .....

Certains auteurs  se sont ingéniés à inventer des aides à l’apprentissage comme le” Bureau* typographique “ , le “ Quadrille* des enfants “ou l’ »Alphabet * mobile Thollois « 

                                         La polémique n’est pas close et certains font encore remarquer les insuffisances des méthodes actuelles qui , soulignent-ils,s’arrêtent au stade de la lecture orale de déchiffrement sans chercher à perfectionner la rapidité et obligent les lecteurs  à se perfectionner en autodidactes .

                                         La capacité de lecture acquise , encore reste-t-il à en donner le goût et , pour cette tâche ardue les écrits et les méthodes sont nombreux ....contentons nous de citer Tristan Bernard qui conseillait dans “ Les parents paresseux   de Laissez le bon livre dans une chambre d’enfant sur la table ou sur la commode;l’enfant et lui finiront bien par se joindre et la rencontre sera d’autant plus agréable qu’elle semblera due à un heureux hasard 

         La simultanéité des apprentissages de la lecture et de l’écriture , aujourd’hui jugée indispensable  n’est de règle que depuis le XIX° siècle et , auparavant ces deux enseignements étaient dissociés, l’apprentissage de l’écriture n’étant entrepris qu’après acquisition de la lecture : un grand nombre d’élèves quittant prématurément l’école ,il s’ensuivait que toute une partie de la population savait à peu prés lire mais que ceux sachant écrire étaient beaucoup plus rares .....(ce qui , soit dit en passant , rend très aléatoires les estimations d’alphabétisation basées sur le dénombrement des signatures sous forme de croix dans les anciens registres paroissiaux )

 

Elle fut introduite ,vers 1880,par M.Block qui mit au point une méthode «  Analytique-synthétique » qui , pour la première fois se proposait de mener de front les deux apprentissages  ,initiative fort louée par Ferdinand Buisson qui , dans son «  Dictionnaire pédagogique «(1887)  écrivait : «  C’est le dernier terme des perfectionnements réalisés par la pédagogie moderne pour l’enseignement de la lecture « 

                                         Les études et les avis ont aussi été nombreux concernant le genre de lecture convenant à telle ou telle population et des autorités religieuses mettant des livres à l’index * aux pédagogues de tout poil rêvant de réécrire “ L’émile “ ou le “ Télémaque “ en passant  par tout ceux voulant simplement imposer leurs goûts, la palette est vaste mais la palme de l’aveuglement revient à l’évidence à ceux qui se sont piqués de définir les lectures convenant aux femmes * et qui ont émis à ce propos des opinions  d’une incroyable partialité machiste  (voir à “ Roman *   “ )

                                         Dans certains milieux ,agricoles en particulier ou marine ancienne , la lecture fut longtemps considérée comme une activité malsaine ou plutôt comme une “ non activité “vue d’un très mauvais œil et  à laquelle on ne pouvait se livrer sans un fort sentiment de culpabilité .....il fut un  temps ou les enfants allant garder oies ou vaches se voyaient interdire la lecture pour meubler ce temps pourtant relativement  inactif...

                                         Dans d’autres milieux  les interdits étaient les mêmes pour des causes morales ou religieuses ...

                                         La façon de lire et la “Physiologie “ de la lecture ont aussi suscité beaucoup d’études ,l’un des premiers a s’occuper de ce domaine étant Émile Javal ,directeur du laboratoire d’ophtalmologie de la Sorbonne,qui publia en 1905 “ La physiologie de la lecture et de l’écriture” ouvrage dans lequel il démontrait que le processus de lecture se déroule par saccades et non de façon continue comme on le croyait jusques là ...complétées par de nombreuses études (Yarbus , Stark ...) et    expériences menées avec des moyens modernes d’investigation ( “ Tachyscope *  “ , “ Ophtalmogramme *  “ ,” Scopogramme  *  “,“Électro-oculographe * ”   )ces observations ont conduit ,de nos jours, à une connaissance approfondie du processus d’acquisition visuelle permettant la lecture  et à la création de méthodes de lecture rapide .(voir : “ Vitesse  *  “ )

                                         On distingue ainsi :

                                         -La lecture globale ,très rapide, qui permet de saisir d’un coup d’œil l’essentiel des informations contenues dans un texte .

                                         -La lecture discontinue pratiquée lors de la recherche d’une information contenue dans un texte .

                                         -La lecture continue pour la lecture attentive et complète de textes tels que romans etc ...

                                         C’est pour ces raisons que les publications de presse organisent leur présentation en trois niveaux répondant aux trois modes de lecture précités .

                                         A côté des études “physiques “ de la lecture ont été conduites des études sociologiques , psychologiques, littéraires etc ...et , pour la commodité de ces investigations on a subdivisé les lecteurs en “ Liseurs * “ , “ Lisants  * “  et “ Lectants * “                                          

                                            Le processus d’acquisition cognitive demeure cependant encore mal connu et , si l’on s’accorde généralement pour admettre que le lecteur procède à une vocalisation mentale de ce qu’il lit , on ne sait guère si le processus d’acquisition est le même pour un chinois lisant des idéogrammes * que pour un français lisant un texte alphabétique ou pour un Israéliens lisant des mots sans voyelles...

                                         On peut cependant  résumer le processus de la façon suivante : l’œil procède par brèves fixations d’environ 250 millisecondes au cours desquelles quatre à six lettres sont perçues distinctement en « vision fovéale * "  leur voisines étant seulement devinées en «  vision parafovéale «,cette vision est alors mise en relation avec l’acquis mental au cours d’une phase nommée «  accès au lexique «qui permet d’identifier les mots et de les mettre en relation entre ‘eux .

                                         Pour ce qui concerne l’activité cérébrale liée à  la lecture , il reste beaucoup à découvrir mais l’on sait déjà que la lecture de textes informatiques comportant des liens * hypertextes * mobilise beaucoup plus de zones cérébrales que la lecture traditionnelle  sur papier …avantage ?...inconvénient ?...la question reste pendante !   

                                         Certains auteurs ,dont Arno Schmidt ,ont exprimé le souhait de faire figurer des indications de lecture en marge de leurs textes un peu comme sur les partitions musicales ou l’on indique dans quel esprit elles doivent être lues (“ Allegro” etc ...)...si le procédé avait eu du succès on aurait pu y trouver des indications du genre “ à lire un jour de pluie ...” ou  déclamer à haute voix ...” voire des notes de musique *   

                                         Cette idée n’est pas neuve et , déjà  au milieu du XIX° siècle, Décembre Alonnier signalait un auteur écrivant sous le pseudonyme de “ Catulle  “ et désirant faire mettre des notes de musique en regard des dialogues de son œuvre pour en indiquer le ton ...

                                         Personne ne conteste les méfaits psychologiques  possibles d’ excès de lectures mal choisies , mal assimilées ou compulsives  mais certains auteurs en  ont étudié les répercutions physiques  possibles  et l’un d’eux , Heinzmann, décrit en 1796 une impressionnante liste de pathologies possibles “ ..rhumes , maux de tête ,défaillance de l’acuité visuelle , éruptions, goutte, arthrite,hémorroïdes, asthme,apoplexie, maladies pulmonaires , indigestions,...etc .”...on en frémit !

                                         D’autres  , comme Cervantès ,ont préféré montrer les excès auxquels la lecture pathologique pouvait conduire :Don Quichotte vendit plusieurs fanèques de terre de semence pour acheter des livres de chevalerie et «  Del poco dormir,del mucho leer se le secó el cerebro … » : »….par manque de sommeil et excès de lecture son cerveau se déssécha .. »

                                 

                                         La lecture  d’un texte faite en public peut en outre selon le degré de théâtralisation que l’on y met s’apparenter à un spectacle ...

                                         L’émergence des moyens audio-visuels a fait craindre une disparition de la lecture mais il n’en a rien été .

                                         Outre le fait que ces moyens ont suscité leur propre littérature écrite (il n’est que de voir le volume des modes d’emploi et “ Tutoriels  *   d’ordinateurs ...) il s’est avéré que l’acquisition de connaissances demeurait bien plus rapide par le biais de la lecture car chaque lecteur peut adopter son rythme propre ce qui n’est pas le cas avec les médias * qui imposent le leur ...

                                         Pour fixer les idées on peut remarquer qu’un conférencier moyen prononce environ 9000 mots à l’heure alors qu’un lecteur moyen en lit 27000 dans le même temps  ou que le contenu d’un  journal télévisé de 30 minutes  ne présente que l’équivalent de trois minutes de lecture ....

                                         De plus , la lecture est la seule à permettre  un  certain nombre d’actions qui, pour peu rationnelles qu’elles soient , n’en ont pas moins une très grande importance dans l’acquisition rapide d’un message : “ pages sautées “   “ Raccourcis   “ Retours en arrière   , “ Feuilletages   ont sans doute bien plus d’importance qu’on ne le croit généralement !

                                         Une autre question , très actuelle en cette époque friande de records * , est de savoir quels sont les auteurs les plus lus et l’on voit se détacher nettement Barbara Cartland , Agatha Christie, Simenon ,Frédéric Dard , Hervé Bazin , Henri Troyat,Françoise Sagan ....

                                         Les amateurs de statistiques * et de calculs ont aussi cherché à savoir quel pouvait être le  nombre de livres pouvant être lus en une vie et sont arrivés à des conclusions variables , certains donnant de 10 à 40000 ouvrages , d’autres  ,se basant sur un lecteur lisant trois livres par jour durant une  vie normale ( !!) ,arrivent au chiffre de60 à 70000 livres .

                                         L’écrivain Remy de Gourmont estimait pour sa part qu’en lisant deux heures par jour durant toute une vie on pourrait lire toutes les œuvres conservées , à son époque , à la bibliothèque nationale ce qui apparaît comme très irréaliste quand on sait que la “ BN “ contient prés de huit millions de volumes ....

                                         S’agissant des bibliophiles ,une opinion courante veut qu’ils ne lisent pas leurs livres ....c’est  vrai  pour  ceux atteints de “ Biblioléthie *   mais , souvent , les vrais amateurs possèdent deux éditions d’une même œuvre , l’une pour le plaisir  du bibliophile , l’autre ,en édition ordinaire pour la lecture.

                                         C’est dans cet esprit qu’Honoré de Balzac possédait  un exemplaire très bien relié de son œuvre et un autre ,plus simple, destiné à la lecture et portant de nombreuses annotations et corrections .

                                         En dehors des études diverses concernant la lecture , il faut noter que de très nombreuses  œuvres romanesques comportent  des scènes de lecture  voire incluent la lecture dans leur titre comme , par exemple :”Lecture des auteurs profanes  “ de Saint Basile , ”Lectures pour une ombre  “ de Jean Giraudoux ( 1917  ) , Lectures  “ de Pritchett ( 1953)

                                 

2)Cabinet*   de lecture:Ancêtre des bibliothèques ou,pour une somme modique,on pouvait louer des ouvrages.

 

                                         3)En typographie on distingue trois types de lecture en fonction desquels seront choisis les caractères* servant à l’impression:

                                -lecture continue pour la littérature,le roman etc...        -

                                -lecture discontinue pour les annuaires dictionnaires etc...

                                -lecture globale pour les affiches

 

4)Le mot est parfois employé avec les sens figurés :

 

    -D’interprétation et c’est ainsi qu’un même texte peut avoir plusieurs lectures  en fonction de la sensibilité,des  opinions ou de l’expérience du lecteur....

L’exemple des textes religieux est à ce propos caractéristique car ils peuvent faire l’objet d’une lecture littérale , historique , morale , allégorique ,anagogique* , mystique ...

 

-Érotique ou le terme «  Être en lecture «désigne,en argot ,  le travail des prostituées

   

                                5)Comité de lecture :réunion d’un certain nombre de personne chargées de lire un ouvrage et de donner un avis le concernant .

                                Les comités de lecture fonctionnent surtout au sein des maisons d’édition et émettent des avis sur l’opportunité de publier les ouvrages qui leur sont soumis....en commettant parfois de retentissantes erreurs d’appréciation comme , par exemple, dans le cas de Marcel Proust qui fut contraint de publier son premier livre à compte * d’auteur .

 

                                6)On appelle “ Livre de lecture  “ :

 

                                         -Un livre spécialement destiné à l’apprentissage de la lecture comme , par exemple le célèbre «  Francinet «  édité par Belin en 1873 et couronné par l’académie française et ou le célébrissime «  Tour* de France par deux enfants » de G. Bruno                                           -Les bibliophiles* appellent “Livre de lecture  , “ Livre de bonne lecture  “ ou “ Livre à lire *  “ un livre destiné à être lu et ne présentant pas de particularités dignes d’intérêt en ce qui concerne sa condition matérielle  par opposition au “ Livre de bibliothèque * ”   qui nécessite une manipulation précautionneuse et qu’on ne lit généralement pas .

 

                                         7)La lecture a suscité de nombreuses expressions et maximes :

 

-                         -“ Avoir de la lecture “ qui , aujourd’hui signifie “disposer de livres ....ne pas manquer d’ouvrages à lire “ avait autrefois le sens beaucoup plus fort de “ Avoir de la culture

 

                          -« La lecture est à l’esprit ce que l’exercice est au corps «  (in “The Tatler N°147 ”-1709)

 

                                         8)L’émission littéraire télévisée «  Lecture pour tous «de Pierre Dumayet et Pierre Desgraupes (1953) fut  la pionnière du genre et , durant une longue période, constitua un point de passage incontournable pour les amateurs de lecture  avant que l’émission « Apostrophe «  «  de Bernard Pivot ne vienne la supplanter.

                                         Le succès en fut tel que son titre fut employé comme expression commune du langage , voire « adapté «  par le langage populaire comme lorsque Frédéric Dard fait dire à son héros « …pour vous montrer ce que  ça donnerait si j’allais « lecturepourtousser «  … (in « La rate au court-bouillon «  [1965] )

 

                                         9) On nomme «  Bibliothèque de lecture «  une bibliothèque rassemblant principalement des ouvrages * littéraires ,des romans et des œuvres de fiction.

 

            La notion s’oppose à la «  Bibliothèque de cabinet * «  et aux bibliothèques de bibliophiles* constituées sur d’autres critères

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