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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 09:10

 

HERBIER                

                        1)Le mot désigne , avant tout , un livre réunissant des échantillons botaniques séchés accompagnés d’un texte,souvent manuscrit ,  précisant leurs genre,espèce,lieu de récolte etc... (celui qui le constitue est un “ Herboriseur *   “  )

              L’un des premiers herbiers imprimés fut réalisé en 1720 à Copenhague  par Jokum Wielandt :de format in/4°il comportait un texte imprimé ménageant des blancs pour y coller des échantillons de plantes véritables ….la formule ne se répandit ensuite qu’à partir de la fin du XVIII° siècle …

              Les herbiers sont tout particulièrement sensibles aux attaques des insectes* et leur protection est  très difficile ,c’est ce qui explique la multitude de procédés expérimentés pour assurer leur longévité :aspersions à l’acide arsénieux,au chlorure de calcium,à la glycérine,utilisation de papiers imprégnés etc ...tous procédés présentant des inconvénients divers dont le plus fréquent était de modifier les couleurs et l’aspect des échantillons .

              Par ailleurs , les plantes desséchées  étant très fragiles , ces ouvrages sont extrêmement vulnérables lors de  manipulations brutales ou sans soins ; c’est pour cette raison que certains herbiers anciens  comportaient  en introduction une mise en garde comme par exemple cet “ Avis pour tourner les pages  “ figurant en exergue  * d’une “ Flore des Pyrénées “ établie en 1872 ...

                        C’est en partie à cause de ces inconvénients qu’il a existé des herbiers ne comportant que les empreintes des plantes obtenues par leur  pressage entre deux feuilles vierges après enduction d’encre :cette “ impression naturelle* “ (Voir à ce mot )a été utilisée par le naturaliste Aimé Bonpland lors de ses expéditions en Amérique centrale au XVIII° siècle :on a proposé pour désigner cette technique d’impression les néologismes * «  Phytotypie «  et «  Phyllographie «  qui ne se sont pas répandus ….

                        Le mot désigne aussi un livre de gravures ou dessins plus ou moins fidèles  décrivant des plantes , souvent dans un but thérapeutique ,dont le  plus ancien connu date du 1° siècle (“De materia médica” de Dioscoride )  .

 

Parmi les plus anciens  on peut citer : »Circa instans «  de Matthæus Platearius (XII° siècle), «  Tractatus de herbis «  de BartholomæusMino de Senis (XIV° siècle ), “Hortus sanitis     ”  1485,  ou «  Arbolayre «  de Peter Metlinger (circa 1486) suivis d’un grand nombre d’autres à partir de la fin du XV° siècle se différenciant plus par  leurs textes que par leurs gravures qui sont souvent les mêmes .

 

              L’ »Herbier de France «de Bulliard   fut , quand à lui , une publication qui parut de 1780 à 1793 et comporte 602 planches botaniques d’une remarquable qualité .

               

 

Le terme peut aussi désigner le rassemblement en un même lieu d’un certain nombre de livres contenant des plantes séchées:le “Grand herbier de la Franceoccupe ainsi tout un étage de la section de cryptogamie du muséum d’histoire naturelle...

               

              Pour ceux constitués d’échantillons véritables on en connait des exemplaires à partir du XVI° siècle .

              On connait certains herbiers ,en particulier chinois , comportant des représentations brodées très fidèles .

              On ne sait trop dans quelle catégorie classer les livres comme “ L’arcadie  “ de Mme de Genlis  constitués de planches décoratives réalisées avec des herbes et des fleurs véritables : ces ouvrages ont la nature physique  d’un herbier mais n’utilisant les plantes que comme moyen et non comme but il n’en ont pas le contenu intellectuel ..

              Un certain nombre de livres dont ce n’était pas la destination ont été transformés en herbier en raison de leur format in-folio * ou in -plano et ont été  irrémédiablement endommagés par la maculation des sucs des végétaux...

              Sans aller jusqu’à la constitution d’un herbier , la pratique consistant à mettre des fleurs à sécher entre les pages d’un livre est courante ...et ,bien que la découverte d’un bleuet ou d’un trèfle à quatre feuilles dans un livre ancien soit évocatrice et pleine de poésie, on doit la déconseiller en raison des tâches ainsi  occasionnées  aux pages du livre...

              2)Le mot est parfois employé au figuré :

-Comme synonyme de “ Glossaire  *” ou “ Lexique  * “ , ouvrages qui , comme un herbier collecte des plantes  , rassemblent des mots .

-Pour désigner un ouvrage recensant des éléments caractéristiques d’un domaine déterminé : l’écrivain Georges Pérec avait le projet , resté inabouti, d’ un «  Herbier des villes «  recensant tous les menus objets , livres, imprimés etc … constituant l’environnement quotidien du citoyen urbain . 

              3)On nomme “ Alphabet herbier  “ le classement alphabétique de plantes ou de fleurs soit dans un but logique , soit en guise d’iconophores pour illustrer les lettrines d’un  dictionnaire .

              en voici un à base de végéteaux  : Algue , Bouton d’or,Chardon ,Datura,Ellébore,Fraise,Géranium,Houx,Immortelle,Jasmin,Kaki,Liseron,Marguerite,Nénuphar,Oseille,Pivoine,Quassia,Renoncule,Silène,Trèfle,Utriculaire,Violette,Whlenbergie,Xéranthème,Yucca, Zinnia.

 

                              4)La constatation dans les herbiers anciens que les plantes avaient laissé une empreinte quasi-photographique sur les pages support  a amené certains spécialistes en sindonologie a émettre l'hypothèse que les impressions visibles sur le " Suaire  de Turin " résultent d'un processus analogue .

 

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